‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 32 sur 160 · LIVRE n · texte numérisé non relu

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de juin, pour dépouiller sa magislraluie avec des formes plus flolennelles. Apfès avoir ainsi rassuré les

républicains , il acheva de se les concilier, en se faisant remplacer par Lucius Sesiius.

Seslliis y digne de ieor estime par son 2éle et sa bravoure , avait surtout gagné lears oœors par son dévoueiueiil j)oui liriUus , dont il était questeur au camp de Philippes. Fidèle après sa mort à sa cause , il n'avait accepté !*amnistie de Mésène que pour venir publier son éloge, et pour offrir, dans une salle recalée de sa maison , une sorte de cuite à sa mémoire. Aagoste lot le visiter, voulut être introduit dans cette salle, et donna des éloges à nn si noble attachement, îl fit ensuite accorder à Sestius le consulat pour le reste de cette année.

Le sénat, qui s'alarmait de Tépoque alors prochaine d'une nouvelle revue , fut touché de cette démarche d'Âuguste^ et lui accorda sans, résista ace les décrets qoi devaient remplir ses vœux. Les citoyens firent surfont édaler leurs transports lorsque Pison et Sestius, recommandables par les périls essuyés pour la défense de la liberté, vinreut présider rassemblée des comices. Ils sanctionnèrent avec des acclamations, et comme un juste hommage de la reconnaissance publique , les décrets que le sénat venait de rendre en sa faveur.

Parées décrets, qui forent publiés Ie5i7 juin comme ^ loi de Tempire, la puissance impériale fui foiuli'M'sur des 731. concessions inamovibles. Le premier décret accordait an prince , ponr sa vie , la puissance tribnnitiennè. Auguste inventa ce nom , dit Tacite , lorsque , rejetant le nom de roi et de dictateur, il voulut néanmoins obtenir un titre supérieur auic autres dignités.

ICtt SIÈCLE ]y AUGUSTE.

Ce fui par ce tilre de puimnce qu il renouvela chaque aanée sa prise de possession de rautoritè sovYeraine ,

et désigna ensuite le successeur qu'il s'était choisi. L'opinion qui attachait le pouvoir suprême à ce titre prévalut si pleineineBi» que le titre é'imperator^ aeeordè par les prétoriens, ne ponyail ensoite le sop^ pléer. L'empereur un se regarda comme légalement élu qu'après avoir obtenu le décret du sénat qui lui conferait la puissance tribunlliettne.

Mais en désignant sous ce titre la sonverainélé populaire , qu'il exerçait déjà en vertu des lois qui lui avaient conféré les prérogatives du tribunat, Auguste n'avait pas négligé la puissance militaire^ qui émanaii du prénom d imperator. 11 désirait seulement la dissi* muler, et c était pour ce motif qu'il ne l'avait jusqu'alors exercée que sous le titre de consul. Depnia son abdication , un nouveau litre de magistrature lui devenait indispensable , el il i obtint par le second décret du sénat.

La puissance proconsulaire lui était accordée povr toute sa vie par le premier article de ce décret ; ce fut désormais le tlln« sous lequel il exerça le pouvoir militaire ou le transmît à ses délégués. 11 la conserva dans Rome par Teffet du second article > et fut ainsi dispensé des lois qui ordonnaient que rentrée dans la ville d un proconsul aurait 1 effet d'une abdication. La puissance proconsulaire soumit à ses ordres tous les proconsuls , en vertu du dernier article de ce décret.

Le troisième décret semblait d une importance bien inlérieure aux deux autres. Il accordait à Auguste , pour toute sa vie , le droit de rapport ou de proposition an sénat. Pour préparer les esprits à la concession de la puissance consulaire, qu li jugeait encore

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pràoiaUirée y ie prince se faisait accardiîi l une de mb prérogatives (1).

Une politique habile avait cependaDt prèvMMi les $ i^ombrages que devaient faire ualtre de si graves huiovaiioDs. Les deu^ cbafs les pins éoûDeotsdes républicains y Pisoo el Sestiua , se rnootraioAt dans l'appareil de la souveraine magistrature , et donnaient seuls des ordres dans Rome ; ils présidaient aux assemblées , ou l'on voyait ie prince du sénat., confondu , sans aucune distiDCtion , avec les autres sénateurs. Lorsqu^Us réunirent ensuite les comices pour les élections, Auguste vint donner son suffrage avec les autres membres de #a tribu. Les seotiœeiUs que manifestèrent les citajens oflHreot la preuve du succès des mesum qu'il avait prises pour leur en imposer ; ils avaient presque entièreuiept perdu le souvenir de leurs décrets eu faveur d^Auguste ; ils le croyaient sans foudions et sans honneurs , parce qu'ils ne rapercevaieiil dans l'exercice d'aucune magistrature.

Gepeudaut les désastres publies , qui ezcitaieut déjà de vivee alarmes au temps de son abdication au consulat, et qui Tavaient peut-être hâtée, devenaient plus menasants. L'épidémie renaissait plus meurtrière encore , et muHipliaii ses victimes ; le Tibre débordé pénétrait dans les rues de Rome , ébranlant les fondements des édifices; on annoucait de toutes parts des proditfcis f qui répandaient un sombre effroi; la foudre était tombée sur plusieurs monuments publics , et ses

éclats de sinistre présage avaient même endommagé le Panttiéon. Mais ie plus iuueste des présages résultait de rinsufBsauce des dernières récoites ; les gienieis publifiBétaieiit d^ vides : la fomine, s'annon$ant par

<t) Dion. « LUI . 17 el 3i ~ T«i-il. , Aiin. 111 , 30.

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rapiée aerroineBient du priiL de§ denrées , §emblaU , àè» §es premières atteintes, ètoofier le sentiment de

toas les autres fléaux. Les sages mesures d'Autiste lavaient prévenue dans d autres circonsiances : mais alors il affectait d aliandonner sans partage anx consuls te gonyemement de la ville. Le peuple menacé d*un sombre avenir, et n apercevant plus les secours ipi'une s<Nrte de providence invisible loi avait tant de fols offerts y était tombé dans nn profond découragement.

i 12. Telle était la disposition des esprits lorsque, au premier janvier de Tan 73â de Rome , Marcellos et Arrunlins prirent possession de la souveraine magistrature. Ils n'osèrent pas la signaler par des jeux et tous les autres divertissements publics furent également interrompus. Les citoyens erraient dans les mes , ou formaient des groupes , dans le Forum , se communiquant leurs terreurs. Une superstition ancienne leur . faisait envisager^ comme un signe de la colère céleste, ée pareilles calamités ; des insinuations habiles leur en montraient l'origine à l'époque où ils avaient applaudi à la retraite dAuguste, et laissé ensuite sans magistrature ce pacificateur de l'empire , que les dieux leur avalent envoyé pour mettre on terme à leurs malheurs. Ils s'abandonnaient à leurs regrets, et se reprocbaient leur ingratitude, quand tout à coup le bruit se répand que le sénat vient d'entrer en séanee : ils courent assiéger son palais , menacent d'y mettre le feu . et le contraignent à rendre un décret qui nomme Auguste dictateur. Armant aussitôt vingtquatre lieteurs de faisceaux et de bâches, ito vont présenter à ce prince les signes d'une magistrature, récemment abolie, et qui leur avait été toujours si odieuse.

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Auguste fait éclater les témoignages de son mdignalioû et de sa douleur, il se gloriûe de leur afTectiou; il Ta méritée en les délivrant de leurs enn^nis ; iicontiDaera de la justifier en rejetant une offre impm* dente. Ou n'a pas oublié les niaiix causés par la dictature : et 1 ou voudrait qu il en favorisât le rétablissement ! qu'il démentit en ce jour sa vie entière ! qu'il imprimât une pareille tache à sa mémoire ! Ses discours étant restés sans elTet , il a recours aux prières , il s'abaisse jusqu'à fléchir le genou en suppliant. I^essé alors par de nouvelles instance», il serdéve avec l'e«-* pression du plus violent désespoir , et déchirant sa toge , expose sa poitrine à leurs coups. La mort lui cause moins d^effroi que cette odieuse magbtmture ,

qui fut toujoiii s funesLe à la liberté publique.

Le prince aurait pu prolonger cette scène , bien assuré de ne pas rebuter des citoyens qu'animait la saperstition et le sentiment de leurs maux. Il s'éMt ménagé un moyen de la terminer, sans démentir les sentiments qu'il venait de manifester. Les auteurs secrets de ces mouvements proposèrent qu'on Tobli* geât au Tiioiiis (Faccepter la prérecture des vivres; et il céda à ces nouvelles sollicitations.

Aaguste réunit alors la préfecture des vivres à la puissance proconsulaire, ainsi que Tavalt fait jadis Pompée y et ce ne fut pas la seule fois qu'il imita la poUtique du rivai de Jules-César ; mais il se montra plus lûdille que lui dans celle drconslance. Car Pom^ pée avait aussitôt manifesté le dessein de s'élever par les concessions à la dictature , Auguste , au contraire, inspira aux citoyens la confiance qu-elle ne serait jamais rétablie. Il avait d'ailleurs pris en secM des mesures pour le succès de sa nouvelle luissiou , et

i06 S1£GLË il AtGUST£.

rabmdaiiee ne tarda fia» à reparaître dans Rome.

Tibère , qui gérait la questure , fut alors chargé de poonroir avx appnMrîsioDildmeDts de la ville. Seeoiidè par les inteUtgeoeee de Liyle , déjà fort étendaea dans

le§ provinces , il remplit avec succès cette diflicile mission.

Les dtoyeos n*aqiiraient qu'à eiprimer lear reeon^

naissance pour Aufçusle, et , dès leur première assemblée y ils votèrent par acctamalioo un décret qui le Bommail oenaeiir perpéCael. Auguste rejat ce décret eomme une eoooessioft à vie de la préfecture des mœurs : il continua néanmoins d'en prendre possession tous lea eioq ans, ce qui concilie Tassertlon de Dion , qu'il obfttut tous les cinq ans la préfecture des mœurs , avec celle de Suétone, qui la lui fait accorder dans cette occasion pour toute sa vie.

Il voulut ensuite que Ton proeédAl à Télectioo des censeurs. Lépidus et Plaucus obtinrent cette êt^ gnitë; Tun fils, laiilre frère d'un proscrit. Décriés dans l'opinion, le premier par son incapacité, le second par ses mœurs corrompues , ils achevèrent de ae l aliéner par leur mésintelligence , et n'osèrent continuer Texercice de leurs fonctions. Auguste les suppléa en sa qualité de préfet des mœurs , comme on le voit par les édita qu'il publia ; pour réprimer le iuM des repas; pour étendre aa\ chevaliers romains la défense de danser sur le tbëâlre ; pour déterminer le nombre des gladiateurs , qu'il aérait permis de ftdra descendre dans Taréne ; pour attribuer aux préteurs I intendance des jeux , régler leur dépense et I imposer au trésor public.

Depuis cette époque , il ne lit plus élire de censems. H navait conservé les aulies magistratures dont il

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