‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 34 sur 160 · LIVRE IL · texte numérisé non relu

LIVRE IL

sa flotte avec des cohortes d'élite , et se dispose à tes coBdnire en personne. Alléguant ensnte les vents

contraires , il relâche dans le port de Messine ; et dès que le ciel se montre plus favorable » il transmet le commandement à Petronius , qui part pour TÉgypte comme successeur d'iElius Gallus. Nous ferons bient6t connaitre les détails et le résultat de cette guerre« Auguste était resté dans Messine » où il recevait par Mécène des nouvelles de Rome. Les citoyens n'étaient déjà plus occupés que des dangers de TEgypte , devenue le grenier de l'Italie. Leurs alarmes avaient relevé rasoendant du prince , et , dans les comices te* nues pour les élections, ils Tavaient unanimement désigné pour la première place du consulat. Les candidats s'étaient ensuite disputé la seconde place avec une violence presque sans exemple, et leurs luttes, qui ensanglantaient la place publique, s'étaient enfin terminées par l'élection de LoUius , Tun des amis de Mécène.

Auguste n'accepta point le consulat. Loin d'être alarmé 4es troubles que son refus devait faire renaître , il jugeait utile d'effrayer encore les bons citoyens par le retour de ces désordres dont il les avait affran* chis , et qui s'étaient trop effacés de leurs souveairs. lies emportements des factieux surpassèrent son attente (1).

Lorsque, au 1er janvier de Tan 733 de Rome, on j ^7, vit LoUius prendre seul possession de la souveraine 733. magistrature, les factions de Lépidus et de Siianus, qui se disputaient la place vacante, s'exaltèrent jusqu'à ia fureur. Le tumulte fut si violent dans Tassem-

(f ) royez les Mémoires de Tabbé de La Blelterie et du ban» de Saiale-Cr<Hi. Amâ, 4» inMcript , tom. S4 et 40.

il6 SIECLE D AUGUSTE.

Mée deg comices , quo Lolltos fut contraioi de la sè'

parer, après avoir Icnlé vainement de recueillir les suffrages. Par le conseil de Mécène, il manda les deux concurrents dans le sénat, et leur déclara sa résolution d'inviter Auguste à venir en personne réprimer leurs hrifrues farfîeusi^s. Inliiniiie^ par ( elle menace, ils furent trouver le prince à Messine, protestèrent de leur déférence à ses ordres , et promirent de ne pas rentrer dans Rome avant l'issue des élections. Les comices furent assemblées de nouveau , et les partisans de Lépidus lui obtinrent la minorité des suffrages.

Le calme semblait rétabli , mais des rassemblements secrets piêsageaieiit de nouveaux orages. Mécène, dont i œïi vigilant avait pénétré ces ténébreuses manonivres, charge Lollius de suppléer à son absence, et s'empresse de joindre le prince à Messine. Il hii expose la nécessité et l'nrgence d'une mesure décisive. Sous l apparence de ces brigues |>our les élections, les factieux dissimulent les plus vastes desseins, et n'attendent plus qu'un chef pour les faire éclater. Leurs regards se portent déjà sur Mityiène , et sur ce général dont la disgrâce semble leur garantir Tappui. « Il fiint vous hàler de les détromper; vous avez même besoin â\in second pour les contenir : le rappel d'Agrippa devient indispensable. » Auguste s'ëtant alors récrié : « Vous avez fait Agrippa si grand , poursuit vivement Mécène , qu'il faut désormais choisir, ou de le perdre , ou d'en faire votre gendre. »

Agrippa fut rappelé et reçut Tordre de se préparer à Thymen avec Julie , par la répudiation de Marcella. Il refnsait d'y souscrire , par amour pour son épouse, par métiance de Julie, par ressentiment contre Auguste. Mécène eut recours à Tintervention d'Octavie.

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