LIVRE II
ott reeoDoaUra celles qui deYatent être peu après accordées au j>réfet de Rome
Agrippa en ûl usâge avec une modéralion qui hiî cooeilia la faveur publique. Les républicains , dont il avait toujours conservé Testlme , secondèrent ses efforts; les factieux , se voyant abandonnés, n'osèrent braver sa fermeté souvent éprouvée. Les citoyens étaient déjà peu après si pleinement rendus à leurs habitudes oisives, qu'il suflil pour attirer toute leur atteolion, d*une discussion frivole qui s'éleva entre les deux consuls. lisse disputaient le droit d'élire le préfet dé la ville, dont la mission se bornait à les suppléer dans Rome pendant les quatre Jours consacrés aux fériés latines. Ce choix appartenait au premier consul : mais totts deux s'attribuaient ce titre ; Lollius , comme nommé le premier ; Lèpidus , comme nommé, sur le refus d Auguste , à la première place. Agrippa, n'ayant pu les concilier, décida qu'il ne serait point nommé de préfet de la ville pour cette année.
Cesquerelles de factions, ces disputes de suprématie , avaient une même vame : ractivité inquiète dont tant de guerres avaient fait le caractère national des Romains, et qui n^avait plus désormais d*aliment. Les * expéditions que nous avons annoncées n'étaient donc pas moins propres à favoriser les mesures d' Agrippa , que les desseins d'Auguste. Mais il est temps d'offHr ce récit, et d'abord de suivre Pelronius en Egypte, où il avait conduit la flotte de Misène (1).
Lorsque Auguste réunit rÉgypte à l'empire, alarmé $ I9. des facilités que son opulence, le difficile accès de ses frontières, et le génie inquiet de son innom-
(1) DiOD, LIV. G.— La Btctîerie, ^/cod. des Imcrip., loni. SI, ptg. 309.
m SIÈCLE i> ALGUSTE.
brable popolatioii , ollMt à m dwf «pibiUeiix pour
établir son indépendance , il pourvut à ce danj^er par une organisation toule spéciale. li ordonna que le gonveraenr serait pris dans Tordre des Aevaliers , et 80U9 le titre modeste de préfet , n'obtiendrait que l'autorité militaire , qu'un procurateur exercerait ranlorilè administrative ; que le ebef de l'antorité jadiciaire serait choisi parmi les habltuts. Son aetive surveillance avait achevé lOuviage de sa politique; l'Égypte était devenue à la fois la plus soumise et la plus florissante province de Templre.
Coruélius Galius eu fut le premier préfet. Poète ingénieux, non moins qu habile guerrier, Gallus avait obtenu le immier rang dans cette brillante jeunesse , qui seconda les débuts de rhéritier de Jules-César. Il avait justifié cette préfère nco , lorsque , attirant sur la frontière opposée toutes les forces d'Ântoine y il avait ouvert aux légions d'Auguste la route d'Alexandrie , et décidé ainsi la conquête de TÉgypte.
Ce gouvernement si envié lui avait paru d'aiiord ua digne prix de ses services. Mais , uni àPollion par le goât des lettres , il était animé des mêmes sentiments , îors môme qu'il se jetait à son exemple , au milieu des factions qui déchiraient sa patrie , et s'était ensuite repenti comme lui d'avoir concouru à lopprimer. Obligé de dissimuler ses regrets , il les épanchait dans la société de quelques amis, qu'il croyait siocères^ censurant les vices d'Auguste et la iiassesse de ceux qui avalent légitimé son usurpation.
Auguste en fit éclater son ressentiment. Il rappela Gallus à Rome , déclara qu'il abjurait son amitié, et lui défendit Ventrée de sa maison et des provinces de son partage.
UVR£ II.
Vaiérius Lai'gus, le coumemal de Gailus, Taccusa alors d'aYoir conspiré contre Angostei et , pour entraîner les légions dans ce complot , de leur avoir abandonné le pillage de la Ttiéha'tde. Gallus avait sans dratOi en ravageant cette contrée, et saccageant Popalente ville de Thèbes y sous de faux prétextes , fait un odieux abus de son autorité , mais il était incapable de la tourner contre celui qui la lui avait couiiée. Un décret du sénat le condamna néanmoins à Tinterdiction de Teau et du feu , et ordonna des actions de grâces aux dieux pour la découverte du complot. Accablé par un arrêt si rigoureux , Gallus se perja de sonépée.
Auguste , en remerciant le sénat de son zèle , déplora sa propre condition lui seul ne pouvait à son gré borner las effets de son ressentiment contre ses
amis. Mais pourquoi les abandonnait-il à ses délateurs ? C'est ce qu'exprima Proculeius y lorsque , voyant Largua s'approcher de lui , il couvrit de sa main son nei et sa bouche , pour faire entendre qu'on ne pouvait même respirer avec sécurité en présence d un tel homme , et cette démonstration de l uu des plus intimes familiers d'Auguste prouve assez que des propos téméraires avaient été l'unique crime de Gallus.
Pétroniusle remplaça dans ia préfecture de 1 Egypte. Des soulèvements avaient éclaté dans Alexandrie et dans plusieurs autres villes ; Il rétablit partout le bon ordre par son activité et par sa vigueur. Il eut pour successeur Mhus Gallus.
Auguste avait rappelé Pétronius pour concerter avec lui une invasion en Arabie , qui devait être ia première de ces expéditions lointaines, vers lesquelles il voulait alors détourner les regards des Romains. Le
projet de cette invMton remontait au temps même de la prise d*Alexaiidrie. On répandait alors dans tout
rOrient des récils fabuleux sur les richesses enfouies dans l'Arabie , et les Égyptiens s'attachaient à les accréditer : Jaloax des Arabes , qui les avaient précédés dans le commerce des Indes, et dont les établissements leur opposaient une redoutable concurrence ; Ils aspiraient à armer leurs yaincpieurs contre leurs rivaux. L'invasion en Arable était depuis cette époque un vœu populaire chez les Romains.
Pétronius engagea le princeà le satisfaire. L'Égypte était pacifiée ; un petit nombre de cohortes suffisait désormais pour la contenir. L'activité des habitants était absorbée par les travaux de lindustrie et par les spéculations maritimes ; Ils respectaient la domina* tlon romaine, qui en protégeait les succès. Les légions élaient pleines d ardeur, et même impatientes d'une trop longue inaction. Hérode , roi de Judée ; Obodas , roi des Arabes nabathéens y habitué à combattre dans ces contrées d*un accès difficile ; plurieurs antres, alliés de l'empire, offraient de puissants secours. Un plan d'expédition fut résolu ; Mïim Gallus re- {Ut des instructions pour entrer sur-le-champ en campajîne.
iElius avait mérité , par son activité et par sa bravoure^ le choix d* Auguste. Mais il appartenait à cette présomptueuse jeunesse qui remplaçait à la tête des armées les généraux dont le prince redoutait la célébrité Jaloux des talents d liérode , vantés dans tout rOrient, il s'était privé de ses secours, dans la crainte de partager avec hil la gloire dusueoés. Il s'était laissé abuser par les démonstrations d Obodas , qui entretenait de secrètes intelligences dans TArabie , et par