LIVRE II
vesiie, lorsqu'elle accourut avec de uouveUes forces; mais elle n'arriva devant cette place que pour la TOir emportée d'assaut et saccajîée.
Candaee envoya alors à Pélronius des députés y sous prétexte de traiter de la paix , mais en effet pour le retenir dans Napata jusqu'à Tépoque, alors prochaine, où Texcès des chaleurs rendrait le séjour de cette ville et la retraite également funestes à son armée. De nombreux partis étaient cependant répandus sur la route de Syène, pour enlever les approvisionnements, boucher les sources d eau vive , et détruire par le feu tes pâturages. Pétronius, à cette nouvelle , rompt les négociations , disperse les troupes de la reine , et , ne laissant qu'une cohorte d'élite pour défendre le fort de Premnis » ramène ses troupes chargées de butin dans tes murs de Syène.
Candaee se flatta au moins de reprendre Premnîs. Repoussée de cette forteresse, découragée par tant de reverSy elle accepte les conditions de paix qui lui sont dictées par Pètronius. Par ce traité , la reine cédait la portion de ses états qui eoDlinait à TÉgypte, consentait à un tribut annuel , et acceptait les clauses d'al* liance qui avaient déjà soumis tant d*autres états à la suprématie de l'empire. Ses ambassadeurs partirent aussitôt pour obtenir la ratification d'Auguste.
Ce prince venait de quitter Messine pour se rendre $ n. dans rile de Samos. Il accueillit les ambassadeurs avec 7t3. bienveillance , et n accepta ni les cessions de terri* toire , ni Tobligation d'un tribut ; mais ^ en vertu des autres clauses du traité , les états de Candaee , qui comprenaient dans l oi»inion commune toute FÉthiopie, Oreut désormais partie des états alliés soumis à Tempire. Une voie militaire , qui partait de Syène, les
Iraversa (l'abord jusqu'à la ville de Sycaminos. Cette voie fut ensuite prolongée , à travers le pays des Troglodites y jusqu'au fort de Glysmos , construit par les Romains sur les bords du golfe Arabique, à neuf cents milles de Syène. Des postes fortiûës ou présides furent disposés sur les stations principales , pour pro* léger cette direction nouvelle accordée au commerce de rÉgypte.
Une autre expédition se préparait alors pour réunir à rerapire la fertile contrée de Phasania > depuis
le Fezzan, qui était le centre du coniinerce de la Lybie intérieure avec l Egypte. Les Garamantes, peuple conquérant » dont la domination s'étendait sur les vastes territoires qui devaient former dans la suite le royaume de Bournou , avaient occupé cette contrée, où ils avaient bâti Garama, leur ( ai)itale. Cornélius Baibus , d'origine espagnole , et qui devait sa fortune à son oncle , l'un des lieutenants de Jules-César , arrivait comme proconsul de i Afrique , avec ordre de leur ravir cette conquête. Il dissipa leur nombreuse armée , et s'empara de leur capitale ; mais leur vigoureuse résistance prolongea pendant deux ans cette guerre y ce ne fut» spivant le témoignage de Pline, 4iu'après s'être emparé de leurs principales villes , qoa Baibus obtint enfiii le traité qui cédait aux Romains la contrée de Phasania.
Le liiomphe , que lui méritèrent ces exploits, ne gît pas seulement remarquable par les fanages des villes , dont les noms mômes étaient encore ignorés des géographes ; c'était aussi le premier triomphe qui e^t élé célébré par un étranger , et il devait être le deruier triomphe accordé à de simples lieutenants. Auguste réserva désormais cet iionueur , ainsi que la
UYKK 11. làdélégation de la puissance proconsulaire , aux membres de 1(1 famille impériale (1).
Ces diverses entreprises , favorables à la prospérité § 25. de Tempire, n'avaient pas assez d'éclat pour remplir les desseins d'Augiisle. Les exploits de ses lieutenants ne pouvaient même lui suffîre pour obtenir de Tenthousiasme des Romains la dernière et difficile concession qu'exigeait encore rétablissement de la puissance inipèriaie. Il fallait qu'une bnilanle expédition offrit le prince lui-même, dans des contrées lointaines y toujours suivi de la victoire , toujours couvert de la protection divine. Il lallait quon le revit ensuite à Borne dans 1 appareil du triomphe , rappotant tous les andens souvenirs par l'éclat d'une gloire toute récente.
Tel était le dessein d'Auguste , et il n'avait pas même attendu ^ pour s'en occuper» la soumission de CSandace ; en apprenant les premiers succès de Pétrouius , il avait annoncé son projet d'entreprendre en personne la guerre contre les Parthes. Nulle guerre n'était plus propre à flatter les ressentiments inspirés aux Romains , par les désastres de Crassus et d'Antoine , et ne promettait plus de gloire au vainqueur de ces peuples , qu'ils regardaient comme les pins redoutables de leurs rivaux . Nous avons vu qu'Auguste avait favorisé cette opinion , mais qu'il avait cessé de la partager depuis le temps où , revenant de TÉgypte conquise , il s'était arrêté dans Ântioche pour obser* ver la ligne de TEupbrate.
Les Parthes étaient alors épuisés par la sanglante guerre civito , qui les avait délivrés de la tyrannie de
(1) Plin , V, 5. — Malte Brun. Geog. Malhem. , tom. 10, pag. SM«
SIECLE 11 âUGUSTB.
Phraate , et leur avait donné pour roi Tiridate. Ils ne purent soutenir le choc d'une faible armée de Scythes qui ramenait Phraate et le rétablit sur le trAne. Tiridate fugitif vint trouver Auguste, remit entre ses mains le (ils de Phraate qu'il avait fait prisonnier, et le sollicita de lui rendre la couronne , offrant de la recevoir comme tributaire des Romains. Auguste ne lui accorda qu'un asiie dans la Syrie; mais il donna des ordres secrets pour lui fournir des secours d'hommes et d'argent.
Tiridate vint de nouveau !e joindre à Milan , après la guerre cantabrique. L'éloignement des Scythes l'avait ramené sur le trône » leur retour lavait contraint de le céder à Phraate ; les Parthes , jusqu'alors si fiers , acceptaient désormais sans résistance le roi que leur imposait une peuplade voisine. Le roi déchu, Tlridate , renouvelait Toffre d'un tribut pour obtenir tes secours des Romains. Mais Phraate l'avait fait suivre de prés par ses ambassadeurs , chargés d'obtenir à tout prix qu^on lui livrât son ooncurrent.
Auguste les renvoya également à Rome devant le sénat. A son retour, il les présenta lui-même à l'audience. Autorisé par un décret à prononcer sur leurs demandes , il accorda Tasile que demandait Tiridate , et un état de dépenses conforme à son rang. Il convint ensuite avec les ambassadeurs de Phraate qu'il ne serait donné à Tiridate aucun secours ^ et que les Parthes reslitûeraient les prisonniers et les drapeaux conquis sur les Romains. Le liis du roi devait rester en otage pour la garantie de cet engagement.
Phraate ratifia le traité , mais il éluda de Texécuter, irrité de l asiie accordé à Tiridate. Auguste lui renvoya néanmoins son fils avec de riches présents,