‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 39 sur 160 · LIVRE U · texte numérisé non relu

LIVRE U

parmi lesqudte on distincuait une belle ewlaye nom*

mée Tecmusa , que nous verrons obtenir une influence sans bornes sur l'esprit de ce prince. Loin dinsister sur rexécution du traité , il désirait conserver le motif

légitime de rupture dont il ne devait pas tarder à faire usage.

Cë fut Tobjet des instructions qu'il adressa à Mécène. Un décret des comices , proposé par les consuls , vota la guerre contre les Parthes , et lui en décerna le commandement. Un décret du sénat , qui ordonnait Touverture du temple de Janus , signala I importance de cette guerre. Auguste (it aussitôt expédier des ordres pour en presser les préparatils , et se disposa à consommer son usurpation par la même voie qae son père adoptif tenta jadis , mais avec une issue bien différente , par une guerre entreprise contre les Partbes.

Uarmée était déjà réunie siir les côtes de TÉpire y j ^4

attendant le lieutenant d'Auguste qui devait la con- 733. duire dans la Syrie , et persuadée que cette mission était réservée pour Agrippa. La surprise fut générale lorsqu'elle reçut les ordres de Tibère , qui venait d'arriver à Apollonie.

Livie donnait la plus haute idée de son crédit , en obtenant pour son fils une mission qui seinblait ne pouvoir être dignement remplie que par le vainqueur d'Actium. Cette opinion , quoique unanime , ne 1 avait pas découragée ; elle connaissait les vrais sentiments d'Auguste , qui n'avait accepté qu'à regret Tappui d' Agrippa , et qui n'aspirait qu a lui susciter des rivaux. Elle lit entendre qu'Agrippa ne pouvait sans imprudence être éloigné de Rome : les citoyens n'hélaient que trop disposés à tourner vers lui leurs re-

SIECLE li AUGUSTE.

gards dans tous les daag^era publics ; si Aopiste avait

besoin d un second , pourquoi choisir celui auquel ils s'étaient accoutumés à rapporter tous les suceès? Ne valail-il pas mieux en former un antre par ses leçons , et préférer son beau-fils , qui lui en laisserait du moins toute la gloire ?

Tibère avait ainsi w se Justifia cette confiance dans sa fortune , que les plus dures épreuves ne devaient jamais lui ravir ; son orgueil le portait à considérer comme une justice la taveur du prince ; il sem^ blait même autorisé à envisager dans Tavenir la plus vaste et la plus brillante carrière. 11 se voyait en effet, à râge de vingt-trois ans , préiéré aux plus illustres g^énéraux de 1 empire : il débarquait à Apollonle , dans ce même port où Auguste avait jadis apparu , comme lui , dans la première jeunesse : comme lui , appelé à combattre lesParthes. Les mêmes prédictions l'y attendaient, qui avaient jadis si puissamment exdtè rambition naissante du fils de César: il obtint aussi un brillant horoscope des astrologues ; déjà disposé , par les impressions qu'il avait reçues de Livie » à une foi aveugle dans ces croyances superstitieuses. Des oracles favorables les justiiiaient : lorsque, à la tête des légions de la Macédoine, il passa devant le camp que l'armée des triumvirs avait jadis formé sous Philippe, les autels de ce camp brillèrent d une flamme subite, phénomène qui lui offrait dans l'opinion générale le présage le plus certain de sa future grandeur. Il éUit livré tout entier à ces décevantes illusions , lorsqu'il parvint dans la Syrie.

Le fils de Gicéron y commandait. Les cinq années d intervalle que les lois exigeaient entre son consulat et le gouvernement des provinces expirant à Tépoque

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ou Agrippa fat rappelé pour recevoir la main de Jolie,

il avait obtenu de lui succéder Nous verrons qu'Agrippa y fîil rappelé dans la suite , et Joséphe est le seul des bistorieas qui n'ait pas distingué ces deux

missions successives. Le ûls de Cicéron lut alors remplacé par Tibère y et ne put même obtenir de remploi dans la guerre contre les Parthes. On ignore s'il lut sacrifié à la rivalité du fils de LIvie , ou desservi par Agrippa, qu*il avait insulté dans un festin ; il ne devait plus obtenir l'occasion de signaler ces talents mi* litaires qui l'avaient fait juger digne d'accroître l'éclat ci un nom, déjà si célèbre, et 1 histoire ne fait plus Diention de lui depuis cette époque (1).

Cependant Auguste avait quitté le port de Messine, et débarquait sur les côtes du Péloponèse. Les habitants de Lacédémone lui avaient témoigné leur zèle dans la guerre contre Antoine ; il accepta Tinvitation . il leur repas public et leur fit don de Tlle de Cytbére. Les Athéniens expièrent alors leurs adulations pour Antoine et pour Cléopàtre ; il leur défendit d'aecor* der à prix d'argent le droit de cité, et détacba de leur territoire la ville d'Erêtrie et l'île d'Egine, qu'il réunît à la province d'Asie. Il excita ainsi des ressentiments qui devaient se manifester avec éclat au temps des Devers de sa vieillesse.

Traversant ensuite la mer Égée , Auguste débarqua dans i lie de Saaios. Il y avait mandé tous les ma- Ipistrats des provinces , et , sous le nom de puissance proconsulaire, il y exerça toutes les prérogatives de la souveraineté. Cyzique , qui avait massacré des citoyens romains dans une sédition, fut rayée du

(1) Cenoi Pisana, pag. 294. — Le Blond, Acad, de» Insc. , tom. 40, pag. 61.

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nombre des villes alliées ; Tyr et SIdon farent punies

(}e leurs émenlrs yiw la |h ivaliim de leurs franchises. Les ambassadeurs de ia reine Candace obtinrent alors la ratification du traité conclu avec Pètronius ; Au* gwsiv donna une grande solennité à l'audience où des peuples barbares , dont l'existence était presque ignorée dans Tempire > venaiejat en reconnaître la suprématie.

Aux preniit beaux jours de Tan 73 V de Rome et du consulat d'Apuléius et de Silius , il prit ia roule d'AnCioche. Tous les préparatifsétalent terminés; plusieurs légions bordaient TEuphrate , impatientes de voir renaître les occasions de se signaler ; des corps de cavalerie , levés dans le pays , rivalisaient d'agilité et d'adresse avec les escadrons des Parthes ; l'appareil des machines de guerre el de siège était formidable. Les ambassadeurs de Pbraate firent alors demander une audience.

Le roi des Parthes n'avait pas même osé se mettre en défense; ses sujets en armes lui semblaient plus redoutables que ses ennemis. H réclamait l'exécution du traité et offrait toutes les réparations qui étalent en son pouvoir. De nouveaux otages furent exigés , le jour fut iixê où les prisonniers et les enseignes enlevés aux Romains devaient être restitués en présence de toute Tarmée.

Tibère , qui s'était flatté d'établir par la guerre sa renommée , n'obtînt que Thonneur stérile de recevoir au nom d'Auguste cette éclatante réparation. Assis sur un tribunal élevé , entouré des officiers et des corps d élite des légions , il reçut des Parthes ces enseignes , qui avaient si longtemps flatté leur orgueil et qu'ils déposaient à ses pieds , tuiume le trophée d uue

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