LIVRE II
vieUMre dont ils n*av«ieol |ftas même oaé lenler !«* hasards. Les prisoniiiero parurent ensuite , mais en
petit nombre. Plusieurs s'étaient donné la mort par ennui de leur captivité , la plupart des autres, rougissant d'exposer leur vieiUesse avilie aux regards de
leurs cou citoyens , s étaient soustraits à toutes les recherches.
Cette pompe solennelle dans la réeeption des dépouilles qu'Auguste recouvrait sans combattre, et par
la seule terreur de son nom , nï;tait pas au suri)lus un vain appareil. Ainsi que tous les peuples guerriers, les Komains considéraient moins la cause que reffiH du succès , et ils ne distinguaicut pas d'une glorieuse victoire cet aveu de leur faiblesse qui venait d être arraché aux vainqueurs de Graisus et d Antoine (1). . Un peuple immense entoura les courriers qui arri- ^ ^o. valent aux portes de Rome , avec leurs dépêches or- tm, nées de lauriers, et se pressant ensuite autour de la tribune où elles furent lues par les consuls , fit retentir d'applaudissements longtemps prolongés la vaste enceinte du Forum. Le sénat se réunit pour exprimer à Auguste la reconnaissance publique : un décret lui accorda le triomphe ; d'autres décrets ordonnèrent des actions de grâces aux dieux; l'érection d'ini an dt» triomphe , qui oil'rait dans ses bas-reliets 1 humiliation des Parthes ; la conslmctiofi d^un temple dont les murs seraient ornés par les enseignes qu'ils venaient de restituer. Auguste n'accepta que la pompe modeste de Tovation , et voulut que les deux monuments votés par le sénat fussent élevés h ses frais. Il devait pins tard y poui' rappeler un ancien usage des Komains,
(1) Dion , ibid. Joseph. , Aiit. , XV.t-Plin, XIV, Si el XXVIII,
Digitizeo i.
dépocer dan» le l(»ple de Ma» des heuelim votiiii, aàseraient gravésIegéTènemenIsâontii offraitThommage aux dieux, qui l avaient couTert de leur protection toute piiisianle(l).
AngDste obtint enasi , par an décret du sénat , la préfecture des cheminâ, honneur qui rappelait Tun des plus beaux tilres de sa gloire , les voies militaires cobstraUes M réparées dans toat Tempire. Sa prise de possession fot signalée par une colonne dorée qui s éleva dans le Forum, auprès du temple de Saturne ^ et qui , sous le nom de Mille d'or , défait marquer le point de départ de tontes les voles mllitàires. La direction (les voies principales fut confiée à des curateurs ou intendants annuels. D'autres emplois turent élabUs pour fadministration des monuments d'atilllè publique, et aooiNrdés aux plus illustres des consulaires. Messala , resté sans fonctions depuis ses victoires &à AjquUaine , fut nommé euratenr desaqoédacs.
La clôture du temple de Janus avait aussi été ordonnée; plusieurs savants lui ont assigné une autre date , celle de i'ére chrétienne , époque de la paix rétablie dans le monde. Mais la paix subsistait encore au temps de Fére ebrétlenne , quoiqu'une cérémonie solennelle ne leût pas alors signalée : on ne confondait pas avec les guerres de Tempire , les invasions irréioUéres et aussitôt réprimées des peuples barbares. L'autorité d'Horace cou firme notre opinion , car il célèbre comme deux événements contemporains les portes d|i temple de la guerre fermées , et les ense^es restituées par lesParthes. Nous offrirons comme une autre preuve le but qu Auguste s'était proposé, lors-
(1) Dits, de Manlcii, Aead, ées Ifuerip, , (oro. i , pag. m.
UVAE H. 135
qu'il avait rétabli celte anlique oèrèmoDie; carîlavait seotemeiit voulu donner un caraclère religieux k ses
victoires , el désoniiaiâ il ne se moDtra ^iu6 en personaeà la téte de se& armées.
Amsk le verrons-nous ensuite laisser les portes du lemple de Janus fermées , inème à l'époque où ses Ueutenaots furent engagés dans des luîtes périlleuses, contre les peufta guerriers de llllyrie el de la Gwmanie. Les inolifs personnels qui le décidèrent à les rouvrir dans son extrême vieillesse nous fourniront des raisons nouvelles pour rappearter à la fin de la guerre contre les Parthes , la Irolsiénie elAlure éo temple de Janus (1).
Tandis que ces hommages publics attiraient les re- ^ n, gards des eiloyens sur Antiocbe , Auguste s'y monirail dans toute la majesté du maître du monde. Sur le tribunal élevé dans cette capitale de TOrient , il exer^it la Juridietioft suprême dont les monarques de ees contrées n'étaient plus désormais garantis par leur diadème.
Le sénat l'avait jusqu'alors comprise dans ses prérogatives , et venadt même d'en user contre Antioebus, roi de Comagéne. Ce roi , allié de l'empire , avait fait assassiner son frère Auliochus , qui se rendait à Rome pour solliciter une décision sur leurs diffiferetuls ; arrête dans sa capitale , et amené en criminel devant le sénat, il avait été condamné à perdre la téle. Le fils de Mitbridate » encore enfant , avait été nommé pour lui succéder. Les attributions du sénat allaient désor> mais appartenir à la puissance proconsulaire , et Au-
(1) Horal. > Od. IV, 15. — Episl. il, 1. — Saiiitt-Croix , .laid, des Insc, tom. XLIX , i>ag. :5y5 cl suiv. — Massicu , --/carf. des Insc, » tom. i , pag. 18i.
SIECLE D ALGLSTE.
gittte M dispoiait à les eiAneer, en piMMçaiil but
raccusation intentée contre Hérode , roi de Judée.
Hérode tenaille premier rang parmi h s rois alliés de Tempire dans rOrient ; quoique resté Ûdèle à Antoine, qui Tavail élevé sur le trône , son noble caractère lui avait concilié la bienveillance d'Auguste. Sa sœur Saiomë avait ensuite irrité ses passions fougueuses pour le dominer; elle avait, obtenu , par d'infiàmes calomnies , le supplice de son épouse , la belle Marianne , dont elle redoutail l ascendant; elle avait également abusé de ses remords et de ses soupçons pour lui faire immoler ses amis les plus infimes ; et désormais elle exerçait sous son nom la plus odieuse tyrannie.
Le désespoir des Juib éclata lorsque Agrippa vint à Mityléoe ; ils firent aeeuser leur roi devant lui par
leurs députés, lléiode les prévint auprès du lieutenant d Auguste , et , s'étant fait livrer les députés chargés de fers y il leur rendit gtoéreusement la liberté. 11 acheva de gagner Taffection de ses sujets, en usant de ses liaisons avec Pétronius, préfet de l'Egypte, pour mettre un terme à la iamine qui les désolait. Mais Salomé avait ensuite signalé son funeste ascendant par de nouvellM injustices. Les députés des Juifs étaient venus en solliciter la répression , et Zéuodore> tétrarque de la Trachouite y les avait suivis pour les seconder.
Héi ode , arrivé comme accusé , recouvra bientôt la confiance d Auguste , et ses accusateurs , menacés de lui être livrés , se tuèrent de désespoir. Zénodim , son ennemi personnel , s'étant soustrait par le poison
à sa vengeance, Hérode fut autorisé à se mettre en possession de la Tracbonite. Il obtint aussi d'être