‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 41 sur 160 · LIVRE IL · texte numérisé non relu

LIVRE IL

nommé proenratoiir du prince pour la Syrie ; cet emploi , destiné d'abord aux affranchis d'Auguste , était déjà compris parmi les lémoigiiages de sa bienvelllaiice pour les rois.

Auguste quitta bientôt Anlîoche pour visiter la Syrie , suivi d'Hérode qui avait achevé de le séduire par ses vues élevées sor les moyens d'assurer la pros» périté de cette province. Il en profita surtout pour favoriser le commerce de la Syrie avec les Indes et la tiaute-Asie, et ce ^ fui alors que ropolenle ville de Palmyre , qui en était TentrepAl , déjà liée par un traité de neutralité avec les Parthes , se fit admettre sous les mêmes conditions dans Talliaoce de Tempire. Vers la fin de Tautomue , Auguste fol s'embarquer sor la flotte qui Tattendait à Laodioée.

Tibère avait réuni ^ dans le camp formé sous An- § 2s. tiochey Tannée qui venait d'imposer la paix aux Parlhes. Il reçul alors des ordres pour la guerre projetée contre Artaxe, roi d'Arménie.

Artaxe était iils d'Artabaze , que les intrigues secrètes d'Auguste avaient jadis excité à trahir Antoine dans la Médie. Lorsque son pére eut succombé , victime de la vengeance d Antoine , il obtint des Parthes un asile et une armée. Pendant la lutte entre les deux triumvirs , il recouvra' son royaume et sacrifia à ses resseutiments la plupart des Romains qui s'y étaient établis ; alarmé ensuite par Tarrivée d'Auguste dans la Syrie , il sollicita la paix , qui lui fut accordée sans autre condition que délivrer pour otage son frère Tigrane.

Auguste traitait avec indulgence un roi dont ilnforiune avait été son ouvrage, et quil ne voulait pas réduire à se jeter dans les bras des Pai liies j mais il

Digitizeci b>

s'était promii de ne pis le laisser en possession d'un trône recouvré par leur secours. On vit du moins , après la conciusioa du traité avec Pbraate , les députés des Arméniens se présenter devant Ini , accuser Artaxe de tyrannie , et demander poor roi son frère Tigrane. Auguste accueillit leur demande, et dépêcha à Home un courrier qui portait à Tigrane l'ordre de partir sur-le-champ pour la Syrie.

Tibère se sépara de lui à Laodicée , pour aller attendre le nouveau roi dans Antioche et soutenir ses prétentions. Il se flattait de voir renaître , pour établir sa renommée militaire , une occa^on que la paix avec les Parthes venait de lui ravir. Mais ses espérances devaient être déçues , par Teffet des mêmes in« trigues qui avaient soulevé TArménie. Les mécontents n avaient pas attendu 1 arrivée de Tij^rane, et s'étaient mis en campagne pour tenter le sort d'une bataille. Artaxe avait été tué, suivant les uns, dan» un combat ; si Ton en croit d'autres témoignages, dan» son palais et par la trahison de ses proches > au moment où il allait monter à cheval pour prendre le commandement de son armée.

Lorsque Tibère , suivi de Tigrane, parut sur les frontières de TArmènie, le nouveau roi était déjà reconnu par tous ses sujets. Privé de l'éclat qu'il attendait de ses exploits , il voulut y suppléer par la pompe du couronnement. Sur un tribunal élevé dans la place publique , il reçut Tigrane ^ qui lui offrait à genoux l'hommage de ses états , le releva pour Tembrasser, lui lit déposer la tiare, et ceignit son front du diadème.

Tibère obtint néanmoins , par rinûuence de Livie , un décret^du sénat , qui accordait en son honneur des

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acUons de gi acM^ s niix dieux. 11 s en laissa éblouir , et cette stérile expédition lui inspira des jactances que Dion a remarquées parce qu'elles élaieot d'ailleurs peu analogues à son caractère. Un nouveau témoignage de la faveur du prince juslilia néanmoins ses espérances} nommé au commandement de Tannée du Rhin « il partit pour recevoir à Rome les instructions d'iVuguste (1).

(1) Dion, UV. Saei , lib 9.

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