‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 42 sur 160 · ANS DB BONS · texte numérisé non relu

ANS DB BONS

Àoguste avait quitté les côtes de la Syrie, ei dét>ar- { i-r. <iuait dans File de Samos , où il voulait attendre Tef* ^u.

fet (les mesures qui devaient lui assurer la puissance consulaire. Mécène suppléait dans home à son absence, et y du sein des vastes jardins, où les plans de sa politique avaient été le plus souvent concertés , il en surveillait rexécution.

Cétaît l'habile et sage ministre qn'ÂugusIe avait attaché jadis à sa fortune , après la retraite de Matins, Tancien ami de sou père adoptif et le premier guide de son orageuse carrière. Sa confiance intime dans Mécène ne s'était pas depuis démentie ; il partageait sa tente avec lui , lorsqu'il attaquait Antoine devant Modène , lorsqu'il négociait la formation du triumvirat près de Bologne^, loraqu il combattait Brutus et Gassius sous Phiiippes. Le nommant ensuite son délégué auprès du sénat , il lui avait remis un cachet semblable au sien ) et Ta vait autorisé à corriger sesdëpéches, à publier même en son nom des édits. Depuis ce temps il n'avait pas eu d'autre conseil pendant son séjour à Bomo , d'autre délégué pendant son absence.

Mécène était plus âgé qu'Auguste d'environ dix ans.

m SIÈCLE D'AUGUSTE.

Horace el Properce k foui descendre des rois d'Ltrurie : mais ii ne portait que le titre de dievalier , et refusa toujours de s élever au-dessus de cet ordre. Il n'acceptait que des missions temporaires, où Ton admirait sa vigilance, pénétrait les trames les plus secrètes ; sa fermeté , qui imposait aux factieux les plus intrépides. On le voyait bientôt dans sa retraite, au sein d une société choisie, se consacrer sans partage à Tétude des lettres, et annoncer ainsi à ceux qui les cultivaient le ministre justement célèbre , dont le nom devait passer en proverbe el suûire à Téloge de leurs protecteurs.

Ainsi é'étalt maintenu le crédit de Mécène , malgré les efforts de Lîvie , jalouse de tout partage , et qui redoutait sa dangereuse pénétration. Il rendait vaines toutes les intrigues formées contre lui , en persévèrant dans la coudai te modeste que les ombrages du prince lui avaient constamment inspirée. Mous le verrons même blenlét se refuser à de nouvelles missions, pour goûtmr sans trouble les Ingénieux loisirs qu'il s'était ménagés dans ses jardins. Auc^nste venait souvent le visiter , ou pour se £aire traiter dans les indispositions qui étaient au nombre de ses mesures poli-' tiques; ou pour discuter avec lui les aiïaires du gouvernement ; ou pour en dissiper les ennuis par la 4niltiBre des lettres, avec les hommes éminents dont . les immortelles productions préparaient la renommée du siècle auquel il a donné son nom.

Dans ces jardins , se réunissaient aussi ceux dont Auguste redmchait la conversation : Matius , dont il appréciait la noble franchise , el 1 alTection toujours désiotéressée; Oppius, qui offrait aussi pour titre d'andens services , et les charmes d'une conversation

LIVKE 111. f«S

non moins piqnanle Taiiée ; Memla , le plus aimable (les Romains , dont Auguste devait trop mettre en oubli les talents militaires ; Pollion , dont il feignait d'avoir pardonné la nentralilé hardie dans la lutte contre son phis ledontaiile rival. Delllns s*ètait Mt admettre , quoique décrié par ses mœurs infâmes ei partes honteuses intrigues avec Clëopàtre. Mais il avitfil MA Antoine pour Octave ; ses écrits historiques étaient justement vantés ; on admirait surtout lenjoueœeut et les grâces de son esprit , qui avaient rendu oonilalitor^ . pour lui seul , la femme la pluseaprl* cleawet la plus extraordinaire de son siècle. Des amis particuliers de Mé4:èue étaient aussi appelés à faire paflio do ces réunions , où il leur fournissait Tocca-» riaptie se concilier la faveur du prince. Fumius, qui n'était connu par des succès à la tribune , obtînt ainsi le commandemcgat des armées et le consulat. lioUiès^ Varus préparèrent» par les mêmes voies, leÉr^^feÉnte fortilne , destinés à signaler , Tun par sa tin horUiMist' , i auUe par de funestes revers, le terme de^ leur hf iliante carrière.

MÉRsène semblait désormais n'avoir plus à redouter les eai>ri('( s de la laveur, et toutefois nous le verrons siiocomber plus tard a i'iniluence de Livie. Mais alors Aaâgimîm wait concerté avec lui toutes les mesures qatifonalent d'assurer les développements de sa puis^ sauce, et <( lublait iiièiue avoir imité sa prudente réserve dans les précautions qu'il avait prises pour ne pnstéveiller les ombrages des républicains:

' En arrivant dans 1 île de Samos, Auguste reçut des dépêches de Mécène , qui l'informaient du résultat des élections. Des suffrages unanimes Tavaient porté à la première place du consulat : Mécène avait fait aocor-

der la secoiide place à Seatns SaliumiMS, secondé par Livie et dMlugné d'ailtenrs par ses talents et par

^ services.

Auguste aiiuoii(a son relus du consolai et prit la route d'Athènes. Avant son départ ^ il remercia les

habitants de Samos des témoignages constants de leur afleclioD , et ieur accorda les privilèges des peuples alliés de Tempire. Les ambassadeurs de Pandîon et de Poras, rois de llnde ^ furent ensnlte admis à son audience. Ils lui présentèrent la ratiiication du traité d alliance qu'ils avaien t signé à Milan, et lui offrirent en présent les productions les plus rares de ieur pajra.

Un de leurs sages , nommé Zanmiros, lesnivil à Athènes , pour lui offrir 1 étrange spectacle donné jadis par Calanus devant Alexandre. Il ol>tint» quoique hors du temps prescrit , son initiation ans mystères de Gérés. Il monta ensuite, au milieu d'une foule . inunense de spectateurs, sur le bûcher qui s élevait sur la place publique ; leur déclara que ysatîsùit des faveurs de la fortune, il avait résoin de ne pas s'exposer à ses caprices , et cou sidéra sans s'émouvoir les flammes qui s élevaient pour le réduire en cendres.

Virgile venait d'arriver a Athènes y avec Tinlention de se rendre en Asieet d'y consacrer trois ansanx deroières corrections de son Enéide. Sur les^ instances d'iVuguslCy il i^ourna son voyage et promit de le suivre À Rome. Une grave indisposition ayant retardé son départ, il ne put s'embarquer qu'au printemps de Tannée suivante. Mais son mal, aggravé par les roulis du navire, le retint à Brindes, et suivant d'autres à Tarante. Ce fut dans Tune de ces villes qn'il termina ses joûrs » vers la fm de septembre , à peine âgé de cinquanteuu an^-

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