LIVRE IH
A rapproche de ses derniers moments , îl demanda ses uiaiiuserits pour détruire sou Enéide, et voulait du moins ordoBuer , par son testament , qu'elle fût brûlée. SestamiB Tacca et Vadus lui ayant déclaré qu'Auguste ne le permettrait pas , il leur Ic^jrna re poëme , avec déteoâe dy faireaucnn ( linn-^'cnK ut , même pour terminer les vers, imparfaits. Auguste ^ institué son Uritter pour le quart de ses biens , lui fit rendre les honneurs funèbres à Naples, qifi! avait clioisi pour le lieu de sa sépulture ^ et surveilla par lui-même, dans la publication de son Énéide , Texécution de ses dernières volontés.
Auguste n était pas encore parti d Athènes , au pre- 735. mier Janvier de Tan 735 de Rome , lorsque Senlios Satnrninus prit possession du consulat. Il vit arriver, peii de temps après, des députés du sénat qui solliritaieat son retour pour mettre un terme aux désordres causés par ks factieux.
Sentius avait néanmoins dignement justifié le choix qui le donnait à Auguste pour collègue. Sévère envers les pubHcains,en dévoilant les fraudes de leurs comptes» il les avait contraints à restituer au trésor des sommes considérables. Lorsqu'il présidait aux comices pour i élection des questeui'S, il avait obligé les candidats indignes à se retirer , par la menace de leur faire sentir tout le poids de l'autorité d*un consul. Mais en relevant ainsi I éclat de la souveraine magistrature , il n'avait fait qu'aceroitre Tardeur de ceux qui se disputaient la place restée vacante par les refus d'Auguste.
Égnatins Rufus les surpassait tous par son activité et par son audace ; il s'était fait remarquer , pendant son édilité curule, en paraissant toujours des premiers
SiECUù D AUGUSTE.
que Mêiène eût ausoilôt fait établir pour le mèiiu* oJbjel un oorf^ deû ceoto esdave» {Nibiics , ËgDatius était raaté 1 objet fiiMM te tMMmm ét li mvltltude. Abusaut des égards que le prince affectait alors pour la liberté des éleclions , il s était fait Donmer préteur pour Tamito snlfint», an niépria de la M qui exigeaildenxtfia iTtelervaileeBtra leeprintipaiea loagidtralures. La même loi l excloait du consulat pour cette année ; il ne laissa fiai de se préseBler ». enhardipait la laveur puMiqveel ^ legrasdMiBbpe de wa partiaaiis.
Sentius l'avait ravé de la liste des candidats : lorsqa il le voit paraître dans leurs rangs , malgré cette esdoflion, il ansMNMe lea nolitaqni ravaienl dietAe» el 800 ferme dessein , si les suffrages toi aaiit firratablea , de no pas proclamer une élection contraire aux lois. Cette déclaration excite des murmwria et utte si viotante agilatieii, iin'îl Be peut rttabHr l'ordre et recueillir les suffrages de rassemblée. Il se décide alors à la séparer ; mais la multitude irritée se réunit dans • les mes voisines et repouMo lea aeldata dm eonsuh Sentlos les fiilt retirer , et , snivi deaatoalevralea ptaa populaires , se mêle dans les groupes qu'il parvient enfin à disperser.
L'intervention dueaaloritèplQS puissante deveMil indispensable pour mettre un terme à des tronUea si alarmants , el celle aulorilé pouvait être attribuée an consul par la fameuse formule qui lui aurait ordenné de vellto an salut de la république. Oéyà même tes rassemblée du sénat que Sentki&nvalt eenveqnée , la m^orité des sulïiages se [>rononçait pour Ten revêtir. Mais l'ami de Livie ne pouvait se laîaser abuser par
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hi feioto modènilioii d'Augnsle. fl propoM et fit adof-
lt»r un décret <iiii < onférait à ce prince (oiis les pouvoirs uôccflBaires au rétabliMemea t de la |)a i x publique. Des dépirtèB ▼fanrmt le lui pfëÊeakt à Âlhénat , ifvee les autres décrets qui avaient éié rendu» en son booneur.
Avgotto UM des pomrinrsqui kilétaienldèférès, pfittr Ronnoer à Ift place vacante dans le consulat. Toujours
attenlif à se montrer plus zélé pour la liherlé quand il Importait une nouvelle atteinte, illit choix deLucrètios y ïvm des dépotés , ancieii proscrit , à qui le dévouemest de sa fettinie atatt Jadis sairré fa^te, qui était rentré dans Home après faninisiit» accordée par le traité de Misène. A t'^ard des autre<^ décrels du sénat» Auguste accepta celui qui ordonnait réfection d'un antel votif pour la fortune Heâttx , ou favorable au retour, et celui qui instituait une iéte annuelle poar le Jour oà II rentrerait dans Rome. Cette féte , que l'on appela le» AofEfOStales, Ait depuis fixée au quatrième des noues , en au douze d octobre, et Ton institua des jeux pour la célébrer.
MécéM avait prévu les désordres «ne le refitls éa eoMoilat par Aogoste venait d*anieiier dans Rome ; mais il les jncreait utiles à sa politique , et avait mAme Favorisé leur explosion » en éloignant de Rome Agrin^ j ^tN^t la présence aurait pa inttmîder les factieux. S'autorisant de la nouvelle que les Sicambres venaient de passer le Ktiin et d'envabir la Belgique , H avait fiait donner an gendre d'Auguste la détégMion de la puissance proconsulaire sur les provinces de rOccident , et 1 ordre de partir sur-le-champ pour prendre le commandement de I armée des H a nies.
Cefte liivailion lui paraissait alors peu redoutable ,
us SJËGLE D'AUGUSTE.
parce qae les Sieambres se canfondaieiil encore, aux
yeux des Romains, parmi les nations barbares qui s'étendaiiiDt vers la mer du Nord , indépendantes de ia ligue des Suèvies. On apprit bienUM qu'ils avaient formé une ligue non moins puissante , dont iisétaient reconnus les chefs. Les détachements qui avaient passé le Khia n'étaient destinés quà provoquer des soulèvements dans la Belgique. Une nombreuse armée ne tarda pas h les suivre , abondamment pourvue d'armes et de vivres, et formée à des habitudes de discipline qui anaoosaient Tascendant d un cbef expérimenté. Le général Mélon , dont les historiens ne font mention qu'à cette époque , parait avoir été le véritable auteur de la ligue et de l invasion des Sicambres.
Les agents qui le précédaient dans la Belgique
avaient été favorablement accueillis , et des armements se préparaient en secret dans plusieurs villes. D'autres dispositions se manifestèrent lorsqu' Agrippa^ qui venait d'entrer dans Lyon , transmit des ordres pour la réunion des cohortes éparses dans les Gaules. Sa brillante réputation avait commencé jadis dans ces contrées ; Tioinonce de sa venue fut accueillie avec enthousiasme , et cet élan générai se communiqua aux peuples de la Belgique , qui formèrent les troupes qu ils armaient en corps auxiliaires des Romains. Les agents des Sicambres, cliassés de toutes les villes, ne regagnent leur camp que réduits à un petit nombre , et y commuiiiqueiU leurs ressentimenls des dangers qu'ils venaient de courir. Les divers cor-ps de Tarmée se séparent de leurgénéral , et , se dlsperoant dans la Belgique , la désolent par leurs brigandages. ' Agrippa avait cepcudant réuni ses légions, el,s;a-