LIVRE lil
naii aux eonrals U» ornemenU de leur dif^ltè , leurs
lonclioiis acT^nidimées dans la xillc, leur autorité sur tous les niagistralâ, la présideuce de toutes les assemblées. Il mainUotau consulali par cette adroite poli* tique , une prèémineoee qui l*ant6risait à ne pas c esser de Toffrir comme le faîte des lionireurs. Nous le verrons s'en revêtir dans les occasious importantes; lorsqu'il voulait paraître avec éclat , dit Suétone , il acceptait l'élection des comices à la souveraine magistrature (1).
Les dessiBins d'Auguste étaient accomplis avant le S terme de l'autorité temporaire, qu'il exerçait sous le nom d empire. Son autorité inamovible, tît^guisée sous le litre modeste de priucipat , et déjà sans liornes dans les provinoes , par Teffet de la puissance proconsulaîre, venait de recevoir par la puissance consulaire la iiirîme extension dans la cité souveraine. 1! avait dissimulé ces graves innovations , en laissant aui; ma* gistrats leurs pompes accoutumées et les audiences du Forum ; en conservant aux comices du peuple leurs délibérations tumultueuses, les brigues , les soilieitaUons et les largesses des candidats. Ce prince, qui dominait les magistrats et dlrigeail-les comices, s'offrait rarement aux regards , le jilus souvent renfermé dans sa modeste maison du Mont-Palatin,
Mécène le recevait d'autres fois dans ses Jardins, confident assidu de cette politique , qu'il avait le premier conseillée; si babile lui-même à dissimuler I usage du pouvoir, qu on l avait cru uniquement occupé à charmer ses loisirs par la culture des lettres, lorsque, pendant les trois années qui venaient de s écouler, il
(1) VtliMf^ead, des insc. » lom. H, H. pag. IS7. — Siiet. Aug. 80. —mon, UV, 10 «t tof?.
SIECLE D ALGUSTE
avait svpplèè à lalMence d'Auguste daM le cealrê de
rempilé. Il ne s^était pas borné à prévenir aiasl les ombrages du prince , il lui avait aussi récooeilié €et atitre mioiitre , doai les tervioes iraf^ éolaUuaU wtmtàmi été payèf jaiqii'akivt qm fmr dea disgiiee^. Depuis qu il avait obtenu pour Agrippa la main de Jolie, il ue s était plus occupé qu'à lui conserver 1 affecticm d'Auguste, en lui faisant adopter des seiiti'^ aients pioa ooinformes aui drconstaneiw , et qni naicnl de se manifester par le refus du Irionijdio il lai avait mspiré celte politique en lui dévoilant les asaaiBiivres de Livle , qui as|wrait également à les perdre , pour attirer sur elle seule et sur ses amis toutes les faveurs d Auguste.
Cette épouse ambitieuse venait doffrir une noihveile preuve de son crédit. Aux premiers jours de t an 736 de Rome , et lorsque Pubifus et Cnaeus Len- Hilus venaient d'entrer en possestton du consolai , son fila Tibère a'éloigna de Rome pavr aHer pvenArn le eemmandemevt de ramsée du Rbin. Mà1# trop impa l ient de rivaliser avec la gloire milItaired'A grippa , Tibère lit aussitôt des préparatifa pour envahif le territeiredeaSioamiHres. Méeèner refiféseniU les tautilcp dangers de celte provecaHen , et rappela les teaiÉ^ rités qu on avait reproctiées dans 1 Orient au tîls de Livie.
Tibère nefut ordte de se maintenir sur ta déM**
slve. Ses légions furent employées à constniire des têtes de pontsinr le Rbin , et à couvrir la ligne de ce fleuve par dea pestes fortifiés. Les eantrées qui In bordaient forent détachées- de Itt Belgique / et tbt^
mèrent deux nouvelle» provinces, séparées par la Moselle. Celle qui fut comprise entre cette rivière et
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les sources du Btkim rafvt le nom de Heule-GeraMime ; laBaflfle-GeriiiaBie s'étendait d'antre part jusqu'à I Océan septentrional. Le dépit de Tibère, qui se voyait réduit à ces travaux de la paix , s'ètaot manifesté par ét Moveiles Jactaace», Mébéic es profila |»Mrlefidra feaiplaoer dans le gouvernement de la Belgique, qui fut donné à Lolltus.
AgripiMi avait prokHigé iM 8é|foorÀ2<ii«niea, ffta* la pqîaMWice pfDCOfiwriaire dama lea prmlmeêê ét 1 Occident, autorisé ainsi à surveiller les démarches de Tibère ; on est m^ne porté à croire qu'Auguste atiackaitéa riiiipoftaiioaàeetleiiilSÉioii« Jusqu'à œtte époque il avait réclamé ie coucours d' Agrippa pour la revue du sénat, qui devait avoir lieu prochainement. U voalut alors , ainsi que Ta foit observer Suétone , y procéder sans collègue.
Toutefois cette revue lui préparait de graves obsta- ^ 9. dus , et inspirait de vives alarmes aux sénateurs. On avait pn jsgar de lem cralnias par leurs efforts pour se condHer la bienveiUanee d'Auguste ; ils avaient méoie rendu un décret pour 1 autoriser à publier des loia» qni seraient désignées sous le nom de Lois AugnalBlas , et po«r s'engager eux-mêmes à prêter entre ses mains le serment de leur obéir. Auguste accueillit froidemeot ce témoignage de leur déférence, et déclaiA «ne ranlorilé dent il jouissait suffisait désormais praar assurer le nudntieD de la paix publique.
Cette adulation suspecte accrut même ses môlianees; et, pour éloigner du sénat les flatteurs qu'il jngeail pins dangiveiEX qne ses ennemis déelaréa, il manifesta le dessein de le réduire au nombre de trois cents membres, prescrit par les k>is ani^ennes La flesda smnettee de ce projet ayant excité on soulève^
m SIÈCLE D'AUGUSTE.
meDt général , il conaeDtil au nombre de dkx œnls membres , établi par les lois de Sylla , et se flattait de
par^énii àsoii but par des dLMnissioiis volonliures. Mais nul des sénateurs m voulait répudier uoe digoUé où il s'était maintenu par tant de condeseendanoea.
Poor éviter de prendre sor lai des raesnres ri^OQreuses, Auguste eut recours à un procédé qui était nsilé poor ta milice romaine. Aprésavoir juréde choisir le plus digne , il forma, une liste de trente sénateurs. Chacun d'eux pnMa entre ses mains un pareil serment, et présenta cinq candidats entra lesquels le sort devait prononcer. £n faisant continuer la liste par des sénateurs ainsi désignés, le prince se flattait delà compléter et d exclure ainsi indireclemoni les membres qui lui faisaient ombrage. Mais il ne put même obtenir TexcluMon qu'il désirait le plus , celle de Lépidus. Il avait ménagé cet ancien collègue , non par ce sentiment de grandeur qui fait respecter un ennemi abattu , mais pour attendre Toccasion de cacher la main qui devait le frapper. Il la jugeait alors favorable ; nul dessénaleurs ainsi choisis n'oserait lui présenter un nomquon savait lui être odieux. IVlais son attente fut trompée par la générosité de Labéon, q,u'il avait lui-même nommé « et croyait s'être concilié, parce qu il venait de le faire élire à la préturc pour Tannée suivante. Lorsque , sur sa liste de cinq candi* dats , il lut pour premier nom celui de Lépidus , il se récria avec violence et Taccusa de parjure : <i Je n'ai point trahi mon serment , dit Lahéon , j ai maintenu dans le sénat celui que vous maintenez souverain pon- . tife* » Labéon ne.démentit point ce caractère, lorsque, le prince ayant nionlré des alarmes pour sa sûreté , des sénateurs proposèrent d'y veiller euiL^mèmes peu-