‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 56 sur 160 · LIVRE III. ^8d · texte numérisé non relu

LIVRE III. ^8d

du droit de eMé. TlneYoïilait pas augmenter le nombre

de ces privilégiés , qu'il n osait pas faire cou tribuer, par des taxes régulières , aux charges publiques. Suétone prétend que celte résenre, et la restriction apportée aux affranchissements, avaient éiralement pour but de préserver le peuple romain de tout mélange avec le sang servile et avec le sang étranger. Mais , ainsi que Fa fait observer Montesquieu , les maîtres du monde étaient la plupart d origine servite , et Suétone n'a prouTé autre cbose que le mépris qu'inspiraient les étrangers.

Ce mépris avait pour cause leur déirradatioD légale; les étrangers étaient privés des effets du mariage légi* , time , et du patronage snr les aflhianchis; ils ne pouvaient donner ni recevoir par testament , et le fisc héritait de leurs biens, lorsqu ils décédaient dans Home. Ces lois si dures avaient été modiUées pour quelquesuns par des privilèges, et nous avons vu Mécène proposer de les étendre, pour admeilie su( cessr.rnieiil au droit de cité tous les habitants de Tempire. Auguste s'y refusa , parce qu'il eût fallu en même temps abolir les comices populaires.

Leur maintien lui tut un nouveau motif de ne pas accroître le nombre des citoyens. Il fit rendre la loi Mensia , qui décidait que Tenfant d'une Romaine et duu étranger, quoique né duo mariage illégitime, suivrait la condition de son pére. Il refusa le droit de cité , que Livie sollicitait pour un Gaulois , et n'accorda que l exemption du tribut, n J'aime mieux , lui dit-il f causer des pertes au trésor qu avilir le titre de citoyen. » Il ne laissait voir d'autre dessein que de conserver aux Romains leur prééminence, et aflecfait même souvent de la leur rappeler. Ayant un jour re-

m SIÈCLE D AL&USTJS. UYR£ 111.

marqué, em entrant dans la talte Aes jeux publics \ que plusieurs n'étaient pas revêtus de leur toge, il leur an fit de vi6 reprocties. « Eat-oe donc là , s'écnà-i-^tl en leur appliquant an vm de Ylrgile , es^- là œ peuple en toge qui donne des lois au inonde? » Les èdMes reçurent ensuite des ordres pour faire refuser, l'entk^ du Fonim et du Cirque à fana ceux qui ne porteraient pas le vêtement disUnetif des Komaius.

Ânguste voulut néaumoins pourvoir aux intérêts de la civilisation et do commerce , par dîTersea concessions aux étrangers. Un mandat du prince pourvut aux intérêts de ceux qui affluaient sans cesse au centre de Tempire : il ordonnait au préteur des étrangers d'assurer Texéeution de leurs dmiiéres volontés (i).

(1) Snét. , Aug., io. — Cujac. Observ. XV, IS. — Caun^gielcr ad Ulp., XX, 14. — Grand, des Rom., ch. XUI.

LIYKE QUATRIÈME.

Page 1