AN& OK ROME
Eq commençant ses innovations dans la jurispm- $ i*'. dence civile , Auguste avait annoncé qu'il venait d as- ™' SQcier Agrippa pour cinq ans à la puissance tribunitlenne. Suivant Texpression de Dion, il l'avait pris pour son collègue à Tempire, si Ton entend toutefois I par cette expression , Tautorité temporaire qu'il exerçait en partag^ avec le sénat. C'était pour s'assurer un appui contre les factieux , que ses progrès avaient irrités , et pour avoir moins à redouter ieiirs attentats , qu'il se désignait ainsi à Tavance un successeur.
Mécène avait allégué ces motifs pour vaincre la répugnance d'Auguste à Télévation d'Agrippa , et Livie n'avait pas osé les contester, tout occupée à faire oublier les témérités de Tibère. On pourrait sans doute attribuer à ses intrigues la réduction à i inq ana de cette autorité pour laquelle Auguste allait accepter un collègue , et l'adoption que nous verrons bientôt lui désigner d'autres successeurs. Mais ne doiton pas regarder comme Tinévitable effet du pouvoir suprême ces ombrages , dont Auguste ne put jamais se défendre , contre le ûdèle instrument de ses vie* toires ?
18ë SIÈCLE D'AUGUSTE.
Agrippa les démentail par sa vu; eoliére. Du iiièiue âge qu Octave , il lui avait consacré ses affections dès sa première jeunesse ; et Jules-Gèsar avait approuvé celte aniilié , en lui accordant la grâce de son frère, qui venait de ie combattre en Aù ique. Agrippa ne tarda pas à justifier Testime du dictateur et à relever Tobscurité de sa naissance par Téclat de ses qualités éminentes. Il iH admirer sa vaste capaeilè pour les opérations militaires * soit lorsqu'il guidait les légions dans la guerre de Pérouse et au cceur de la Germanie , soit lorsqu'il préludait , avec des marins sans expérience, à cette victoire navale qui devait affranchir Auguste de la rivalité de Sextus Pompée. Son activité dans Texécntion répondit toujours à Tétendue et à la i)rofon(ieur de ses desseins; et la sévérité antique qui! montrait pour le maintien de ta discipline Alt toujours autorisée par son Infatigable constance dans les travaux , les veilles et les dangers. Il apprit plus tard de Mécène à concilier, avec ces vertus de la république » des sentiments plus analogues aux circonstances : l'art de temp^er Téclat de sa gloire , la soumission sans bassesse à un seul , lorsqu'un ascendant naturel l élevait sans effort au-dessus de tous les autres.
Tel il se montra dans Rome après son hymen avec Julie ; et lorsque sa seule i)réseuce déconcerta les intrigues dont on avait espéré le rendre complice. Sa réserve modeste , et le reftis du triomphe après de glorieux succès contre lesCantabres , avaient ensuite secondé les efforts de Mécène pour lui obtenir ces dernières faveurs. De nouveaux dangers semblaient , au surplus, rendre son appui plus indispensanic. Les factieux mon iraient une violence inusitée , dénonçant