LITRE I
mH rêmplmr alors pm tes princtpaux olleim. Une
indisposition lui avait servi de prétexte ; mais Otoa absence avait un plus gravç motif.
Le Ûls de Jules-César craignait de trahir les irrèso- $ s* IntioDS qui VagHtàettt , m moment de manifester ses desseins, jusqu alors si habilement déguisés. Il s'était autorisé de la piété filiale , pour combattre le& meurtriers du dictateur ; des maux de la guerre civile, pour accabler ses adversaires ; des extravagances d'Antoine, pour perdre ce dernier rival. 11 se voyait désormais contraint d'affecter l'autorité souveraine , dont Tèclat trompeur ne pouvait plus loi dissimuler les peines , ni les ennuis. Un complot récent venait même de lui en rappeler les dangers.
Mécène avait découvert ce complot , Famiée précédente : Octave , qui venait d'annoncer son retour en Italie , devait y être assassiné , à la faveur du soulèvement des vétérans , provoqué par les conjurés. Le fils de Lépidus , qui ne s'étidt fait jusque-Ûi remarquer que par les agréments de sa ligure , fut d abord seul dénoncé. Mais lorsque Mécène eut appris par l'enquête , dont il avait chargé le consul Balbinns , le grand nombre et la liante naissance des complices , il se h à ta de suspendre les informations. Octave approuva cette réserve, et fdgnit de ne voir que Teflet d'un ressentiment personnel ^ dans le eomplot du fils de Lépidus , qui le paya de sa tète.
Mais il ne pouvait désormais révoquer en doute les dîspositioos secrètes des principaux citoyens. Loin dé trouver dans leurs déférences un motif de sécurité » il se rappelait avec effroi les hommages trompeurs qui avaient en quelque sorte servi de signal au meurtre de Jules-César.
* Sénèque dévoila plus tard noe autre came des ir-
lésolutîonf^ d'Octave , lorsqu'il voulut peindre cette passion^ qui oe s'empare de notre cœur que pour le tounnenter sans relâche jusqu'au terme de notre carrière. L'homme reconnaît la vanité de ses illusions, dès qu*il a obtenu Tobjet de ses plus ardents désirs , et rbéritier triomphant de Jules-César éprouvait les déceptions d un ambitieux vulgaire , après le succès des plus vastes projets qu'un mortel eût jamais osé concevoir. « Parvenu au faite des grandeurs , il n'asr pirait plus qu'à descendre , si toutefois il pouvait descendre, avec sécurité. Tel était le vœu de cet homme, que tous les autres invoquaient dans leurs vœux(i).
Octave ne pouvait l'accomplir sans se perdre; il reconnaissait y dit Suétone » que la puissance souve* raine était désormais son unique refuge , après de si grands attentats. Il voulut néanmoins s éclairer des avis d'Agrippa et de Mécène, et provoqua cette conférence fameuse où furent agités les plus grands intérêts qui puissent être soumis à la discussion des hommes.
Octave était seul avec ses deux confidents , et cependant il ne put celte fois même dépouiller sa dissir mulation habituelle ; résolu d'affermir les hases de Tempire , ii parut ne les consulter que sur son projet dejétablir la république. Après avoir invoqué le secours de leur amitié dans une circonstance aussi décisive , il fit observer que de nouveaux sentiments succédaient aux premiers transports des Romains , même à 1 enthousiasme des compagnons de ses victoires ; que les principaux citoyens regrettaient surtout leur ancien patronage sur les villes et sur les rois , s^ndignanl qu'il disposât à son gré de ces honneurs, souvent
(i) De brcvil. rUu' ,1,4.