‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 61 sur 160 · LIVRE JY · texte numérisé non relu

LIVRE JY

iue à ses volontés. Nous avons vu qiio la loi Julia sur lé mariage obtint, par leur concours , tous les développemeiiis qui devaient lui awurer une si grande inflaence sur la législation civile.

La loi Julia sur les ailuUères était liesliaée à exercer la même ibfluenoe sur la législation pénale. Vom la ferons connaître lorsque nous aurons raconté les expéditions dans la Germanie et dans lOrifnt, qu'Auguste avait alors eulre|uises pour détourner de ses dangereuses innovations les regards des citoyens (1).

L'expédition de la Germanie avait été provoquée $ a, par Tiiivasion des Sicauibres, qu'Agrippa voulait * poursuivre sur leur territoire , lorsqu'il fut appelé en Espagne par la révolte des Gantabres. Tibère obtint ensuite le commandement de Tarmée du Ulun où il ne tarda pas à être remplacé par Lollius. Ce lut 1 o* rigine de la haine qui divisa depuis ces deux généraux; Lollius n'espérait point se faire pardonner la préférence qu il avait obtenue , et Tibère attribuait les préventions doDt il était 1 objet aux intrigues secrètes de son adversaire.

Lollius ne semblait pas alors inférieur à cette audacieuse rivalité ; toutefois, il devait surtout le haut rang on il s'était placé dans Testime publique à ses adroites manœuvres , ainsi que la plupart des * itovens distingués , dont le caractère et les mœurs s étaient formés sons rinfluence de la nouvelle monarchie. Habile à faire valoir sa capacité dans les fonctions publiques , il ne les recherchait que pour s'enrichir ; d autant plus corrompu que le masque de la vertu couvrait tous ses vices.

Sa première campagne avait néanmoins été glo-

(f) Clcer. , Phîllp. , fl, 13 SihuUinR Jn V\p. frag., tit. t.

SIÊGLS D'AUGUSTE.

riciise. Dérobattlia marchi* »in Skaaitoreft^ii avait m^luriileontroiipes enom disf^enées^el lesAvait laîMées

en pièces. Ses exploits rapides et le ravage de leur territoire les avait réduits a acheter te paix. |Mur w iiatlé qui les sottHMtiait à un tribut ABiMiet Pour eu êamr&r la perception , et maiateoir leur dépesdauee , il av«t laissé uoe divisiou de sou armée dans uu camp Detraïuiiô qui «^appuyait w46i rives de la U^^.

La cupidité de LolUus devait lui ravir tout le Irait de ses exploits. A la tin (iu piiuleuips de i au 738 de jiome , sous le caoâuiat de DoiBÂtiiis et de Scipiou » tout occupé de grossir fies trésors {lar les esactloiisde ses agents dans les Gaules, il laissait encore ses lègioiis oisives dans leurs caniounemeiits de la l^ieigiiiue. Les Sifiambres paraissent alors avee de grandes fioree^ MalaurveilÛs pM*ees lieuleMnls , ils avaient «arprls et accablé les divers corps des Romains qui parcouraieiU leur pays pour ia perception «lu tribut; abusant avec férooité de la victoire , ils avalent fait fOi^irer leurs prisonniers sur une croix, et apportaienl sur la rive gauche du Rtiia la Douveilede ce désastre.

Leur général Mélon avaU provoqué et ^gé ce soulèvement ; lorsqu'il apprend que Lolëus marche coulrelui, U lait tracer un campa la manière desKo^ mains et s> retranche avec des craintes affectées. La cai^lerie4e LolUus s'avançait sans méfiance ; MMon sort la nniï deson camp, la surprend au point du jour, fi(t se porte jnik la poursuivant sur les flancs «dégannis dfis4élPiPiiB» que cette attaque imprévue déoonoerte ot disperse dans la plaine. L aigle de la cinquième légion et le piUage du riche camp des Komains sont le prix de sa victoire. Graignantalors que sessoidats ne désertent leurs drapeaux pour mettre leur butin en sûreté , il

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JMr pMmde 4'6a tommr w yaHe trophée, q«t est

consumé par les flammes.

Cette .année liâompiiaiiie s'avançait dans la Bel- I^Vne , et se flattait de la subjuguer ; mais la défaite de Lollius avait été plus honteuse que sanglante , et ■s^ tégioDSf Taagéesen arrière de ia Moselle, en dëfendwent vatUanuiient le {lassafe. Le général des Si- 4SMibres perdit me partie de ses troupes dans ses inn* •tiles eiforts pour le iorcer. Découragé , et voyant Ja «aisa» .déjà trop AWioée. ii revient au delà dn ftlno , et Adtwn appel aox peuple ligués, leur promettant des succès plus décisifs pour la campagwe suivante (1 ).

lîla JH^ipremuii les revers de l'armée du Rhin » Au- § 7. goste avait annoncé l'intention de s'y rendre en personne. C'était un prétexte à son départ , dont nous ^prenc^ par Dion le véritable motif : ii venait de fVblier ses lois , et, ne voulant ni user d'indoigenee ^our leur tafraetloo , ni compromettre sa popularité par sa rigueur , il avait pensé , comme Solon , qu'elles ^aieiit mieux affermie» .par son absence. L>a plupart soupçonnaient à ce voyage un motif moins honorable pour un émule de Solon. Auguste, dont la passion pour Té^r^tia, femme de Mécène, s'était réveillée , désirait 'la soustraire aux .malignes observations des Romains.

D'autres soins retardèrent ensuite son départ jus* qu à Tan 739 de ^ome , sous le consulat de Libon et ite Hapn : il dédia le^temjple de Romains Quirinus^» dont on dovait remarqiuer dans la suite les W colonnes , comme ayant exprimé le nombre des années de ^ yie. U partit , apsés avoir célébré cette dédicace .par des combats de gladiateurs , donnés sous le nom de Tibésre et deDrusus.

il) Dîoii, UV.-Cbroiiiq. d Kmèbe.-Paterc, II,«7.»Horat ,0d. IV, 0.

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Agrippa ne devait pas tarder à se inetlre en route pour commander dans l Orient ; il présidait alors , comme membre du collège des quindécemvirs/ ans jeux quinquenoanx qui avaiept élé institués en mémoire du combat naval d Actiiim.

Lorsque A u^^usle parut sur les bords du Rliin , Mélon , à la tête d'une nombreuse armée , se préparait à tenter le passagre du fleuve. Inlimidé parla présence du chef de l'empire , il fit résoudre par Ja ligue des Sicambres qu'on lui enverrait des députés. Auguste se contenta d'exiger de nouveaux otages et renouvela le' traité qui avait été conclu avec Loliius; Uattendait, pour le venger , le succès de ses autres prcgets de conquête dans rOcddent.

Revenu à Lyon pour les diriger. Auguste voulut d'abord apaiser les Gaulois, dont les dispositions bostiies s étaient manifestées lorsqu'ils avaient appris les succès des Sicambres. Ces soulèvements étaient provoqués par les concussions de Licinius.

Licinius , affrancbi d'Auguste , était né dans les provinces où il était ensuite devenu son pro< ni ateur. Non moins valu que cupide , il se plaisait à opprimer ceux dont il avait jadis envié la naissance ou la fortune: il aggravait les taxes sans pudeur , alléguant les prétextes les plus dérisoires ; les tributs se payant par mois , quand ceux du mois de décembre , qui signilie dixième, éUient acquittés , il réclamait encore deirx mois , comme le solde de l'année.

Auguste dissimula les torts qui n étaient pas avérés, et s'efforça d excuser les autres, rougissant d'avoir confié son pouvoir à un tel homme : il s'était promis d'ailleurs de les lui faire expier. Mais son procurateur l'amena dans une salle , entièrement remplie de

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meubles précieux et de monceaux d'or et d'argent, et Voilà, dil-il , les trésors dont j ai privé les Gaulois, et qu'ils destinaient à soutenir leur rèrolte. Ces dé* pooilles n'ont été amassées que dans yotre intérêt » et c'est à vous qu'elles appartiennent, w Licinius désarma son juge en le rendant ainsi son complice. Sa part resta néanmoins si considérable, que ses ricbesses passèrent en proverbe. « Je suis plus riche que Licinius et que Pallas , » disait ensuite , dans Juvénal , cet afflrancbi , qui voulait prendre le pas sur le préteur. ' Auguste exigea de Licinius de fortes contributions , quand les fonds lui manquèrent pour ses cliemins ou ses monuments publics. S il lui eût survécu y il aurait recueilli la plus grande part de cette riche succession, espérance qui était le mobile ordinaire des missions qu'il accordait à ses aûrancbis, et de son indulgence pour leurs rapines; elle venait d'être justifiée par le testament de Védius PoUion. Cet alTranchi d'Auguste, regardé alors comme le plus opulent des Komaios , avait accru les baines qu'exdtaient ses concussioiis par son' atroce cruauté envers ses esclaves. Pour le plus léger délit, il ks faisait jeter aux énormes murènes qu'il entretenait dans ses viviers. Pendant un repas qu'il donnait à Auguste , Tun d^eux, qui avait cassé un vase de cristal, fut condamné à ce supplice. L'infortuné courut se jeter aux pieds du prince \ il ne demandait pas la vie » mais une mort moins aflTreuse. Auguste fît briser en sa présence tous les vases qui ornaient le buffet , prononça la liberté de l'esclave , et ordonna que le vivier serait comblé sans délai.

Tel était l'odieux affranchi dont Auguste recueillit i entière succession , celte môme année , sous la î>eule condition d'élever un monument à Tusage du public.

Il fil raser le aamplvew édifiée cpae Yéiim «rail iMi<-

bité dans Bon^e , et construire sur cet emplaceBieal un portique 4é4ié ii Livie*

Ses riebes^ » 4oiil la minse 4MI aînai qwolpwileip Mupure , recevaient 4m m^m toujews vue Mble^de»tinatîon. Les travaux pour rembellissement deltome ».9af0miX èf^rouviiè aneweiiptonipiiQui 4e mk rtsenee-; le p^rti^e de P«ttl«8 . détroit par «a inoeiidie , le^ uail d être reconstruit à grands frais et sous le nom de son auteur. Aug^uste faisait en même tempe .dédier , dans le GapUale ^ le leaaple 4e Jupiler Tanaa»! , vemarquaMe par sa linUaDte caupole , qm était ornée de ctoclies., à J imitation de celle du temple de Bodone. 11 TiMFaU or«0 pei^taAl la fnerre eantateiqve» m recomaissaiieedeses jours épargnés par la fondae^fai avait tué son esclave sur le devant de sa litière.

^Itleadwl itts etfets de sa munUieeoice daas les province , Aingiiste na^yail des wamm considtumMec aux babiitant^ de Papiios , pour rebâtir leur ville , 9P*/|jiaAi^mblQo»eAt de terre avait jreavejnsàe. llprodigqait iies fffiw élever 4e8jaMiniHMnl8 pjiiUîea dans les autres villes . excitant par son exemple iH par des privilèges les plus rie lies des habitants à ces tHtVpraiUes dépenses ; se moatra^t.ainsi ioii^oursi'aiir leur ou le mo^e des d^velappemepts de la poevéïâlé

publique (1).

§9. Ses lieutenants avaient cependant poursuivi Jies ex- 739. ||éd^iip]iS:quiJeurétaientciii44e8.1>n^

de Livie , avait commencé. Tannée précédente, une carrière qui devait étre.&i .courte , «tais sigionieu^e. A

(1) Dion, LIV — Pline, IX , ^4 - Juven. , Sal. i, 106. — Senec . «le ïrâ, UI, 40 — SueL . Aug., 29. — Pouqueville, Voyage en Grèce»

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la léle àm légioog de lltille , 41 avait allaqvé les

Breoncs et les Genaunes, qui coHservaient eocore leur indépandapce aur taa Aaoycs 4eê AH^s Noriq uea , et , apfteme Imttie dftiwiapArtg , ias avattHorete de iuMr k joug des Romains.

Drusus était di^tioé, €elteanoée,à une expédition pUia inpQi4aBte. Gér«Dt alors Ja ^neslore , en veKu d'une dispense d âge , il avait été désigné par unsénatnsconsuite pour remplacer, dans les fonctions de la prétur« de ia FÂUe , Tibère , mui veoait de suivre Auguste à l'jimiée du Ahîn. Il reçut peu apvés l'ordre de prendre le commaudement des K j^ions de la Pannonie, jK>ur venger sur les peuples de ia Âhétie le sang de plnaiettrs KoBuaiui massacrés en traversant leor ter^ ritoire.

i.es Rbèti^s descendaient d une colonie nombreuse 4IUB les Étiiusques avaîwt jadis «euvuyéedaDsles Alftf)^ TiMentines , leiisque rinvasÂen desjGanlois les avait

resserrés dans les limites de la Toscane. Devenus sau- . vages coome les «entrées qu'ils halûiaieai,llsdéso> laieut tuua les pays voisins par leun mytnes. lis s'a*

vancèrent contre Drusus , se conGant dans leur grand

j(iomMi:e et daus leui audace , traînant sur des ciiariots leurs femmes et leurs enfants. Leur sanglante défaite renouvela les traits de férodté des Gimbrea

vaincus par Marins. Les femmes massacraient leurs enfoits , et , s'èlançant de leurs chariots , ramenaient Les fuyards au coooÂMit » pour y périr avec eux.

Drusus reçut les ornemeuls de la piélure , pour pri]Lde sa victoire. 11 traversait toute la contrée sans éprouver de résistance , ouvrant des routes , oecupant

les défilés et les forts qui étaient reslés sans défenseurs. Les Rhétiens vaincus avaient trouvé un asile dans

la VindèKcle; la population tout entière* de cette

contrée s'était soulevée en leur faveur. Une multitude féroce, non moins avide de butin que de vengeance', au lien de rentrer dans la Rhétie, pénétra dans la Gaule lyonnaise, et y exerça d'affreux ravaj^es. Planeus commandait alors dans ceUe prov iiicp ; il surprit ces corps indisciplittés , qu'il repoussa dans leur pays, après en avoir fait un grand carnage.

Cependant Tibère , envoyé avec une division de Tannée, avait occupé Yiudonissa, depuis Windisch, dans TArgovie , ouvert les épaisses forêts du pays des Tigui ins , et construit un j^rand nombre de bateaux de transport. Traversant alors ie lac des Brigantes , depuis lac de Constance* il fondit sur les corps ennemis , qui rentraient en désordre dans la Vindéllde. Tous prirent la fuite à son approche; mais^ arrêtés par les légions de Drusus , écrasés par une nouvelle défaite t ils furtsnt contraints de se rendre à discrétion^ Tous les guerriers furent vendus comme esclaves et emmenés hors du pays ; les autres habitants furent contraints d'habiter les plaines et de s'y livrer à la culture des terres.

Auguste forma de ces deux contrées la province de Khétie. Pour la maintenir sous le Joug , il y fonda deux colonies : dans la Rhétie ^ Drusomagus , depuis Memmingen ; dans la Vindélicie , Augusta Fiudclicorum^ qui devait être la ville d'Augsbourg. U achevait ainsi de réunira l'empire de vastes pays qui, sous le nom de provinces îllyriennes, devaient former sa frontière septentrionale , et s'attribua tout Thonneur de cette glorieuse entreprise, qu'il avait jadis commencée en personne, qui venait d'être terminée sous sa direction.

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