‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 62 sur 160 · LIVRE IV. 20i · texte numérisé non relu

LIVRE IV. 20i

Parmi les autres lieulenanls d'Âupiste dans TOe- $ lo.

eident , on a distingué Siliiis , qui avait remplacé Drusus dans le commandement des légions de 1 Italie : Velléitts Paterculas , célèbre depuis comme historien, servait alors dans son armée comme tribun de légion.

Silius soiunît plusieurs des nations de la Ligurie. Lé soulèvement desPannomens rayant ensuite appelé sur leur territoire, Il les força d'implorer la paix et de livrer toutes leurs armes; il envahit aussitôt après la Moricie, qui leur avait fourni dessecours. Ces peuples^ déjà vaincus dans les rangs de leurs alliés , n*06éront pas braver de nouveau le clioc des légions , et , pour mettre un terme à leurs calanùtéSy ils se rendirent à discrétion. LaNoricie devint une province de l!empire. . Plancus , à la même époque , conduisait une colo* nie de vétérans dans la ville des Rauraques , heureusement située sur la courbe du Rhin , prés du lieu depuis occupé par la ville de Bàle. Il agrandit son enceinte , y conduisit de Teau par des aquéducs , Torna de monuments publics, et y ht construire un vaste amphithéâtre. Pour défendre cette colonie , qui reçut le nom d'y^ugusta Baurieontm^ il la couvrit d une forterei»se dont les murs dominaient le fleuve. Il avait commencé sa carrière par la fondation de la ville opulente de Lyon , sur les bords du Rhène; il la terminait alors en (ormant , sur les rives du Rhin , un nouveau boulevard pour i empire.

Mais celui que ses exploits guerriers et ses dignités éminentes avaient laissé dans Tavilissement où le jetaient ses liasses adulations, ne pouvait pas espérer de s'en relever par ie^ travaux de la paix. La mort de Plancus , qui survint peu de temps après , devait être le seul terme aux mépris qu il s'était si justement ai ti-

rés. Il laissait un grand nombre de courtisans, fermés à son écaie , et parmi lesqaete, ëU Sénèque , ie seal" Paiêrealag pewvail loidi^pûter le pilx âê r«dkii«tfM. lUancus 1 avait réduite en théorie : « Le flatteur , disait-il , atteint rarement son but , s'il recàerebe des alhMMWiB dètooniées; il gagne beaucoup à être pris sur le fait , et plus encore àèti% répriimndé et obligé de rougir. »

$ 11. Agrippa s'était ètoigné de Rome pev aprèB le dàpêti d'Augnete. Sevèlo de ta puisaaAce prooônefilâire

sur les provinces de rOrieot, il allait y surveiller tes expéditions déjà entreprises par Tordre de ce prince. Cette miiBion offirail m dagaiier cemrasfe ttvee celte qui avait autrefois servi de voile à sa disgrâce. La bpiendeur dont Agrippa s'y entourait semblait même pea dfaecerd airec les Itabifadea anstères de ce grand capitaine; mais II avait él6 contralfif de céder à hm épouse impérieuse qui avait voulu i accompagner dans ce voyage et en ordonner tous les apprêts. Jolie avait amené ses deuil fils : Gains, déjà sensible

aux adulations qui devaient corrompre sa jeunesse , et Lucius, encore dans 1 enfance. S'offrant ainsi, comme la fille et la mére des Césars, aux faommaged empreafiés des peuples, elles'en montrait digne par sa beauté, alors dans tout son éclat, et par les grâces de sa conversafien y que la ceur d'Augnste , ^ éclairée et si polie , avait admirées. LoriMin'elle paraissait en public, avec le pompeux cortège formé des plus illustres habitants et des plus riches monarques de TOrient , elle semblait attirer vers elle setile la toute puissance ptû^ consulaire. Sardes , Éphèse , toutes ces villes de TAsié dont la paix, avait ramené Tancienne opulence , rivalisèrent pour la somptuosité et réclat de leurs liftfes.

EHe pitt»la«t M prMedips do» toi ptoMM , et 8#n

emar , déjà trop Mminfra , acheviAt dé m défMt^r par de telles séductions, 1 Orient éUHmè ûmi revoir une- Mbre GièopâM.

Parai hê raî» «HIfo MgMtoitl à ronri 9t» regards, Julie De distingua que le seul Hèrode doot la sédaisanta conversation lui rappelait les* plos ingé^ 0iMx foiiiim d'Auguste. EHe ainMÉI mn»mî à l'e»tretenir de la reme d'Égypte; ses récits de profusions et de Toluplés presque fabuleuses avaient un charme toujours prar cette' Asse ardeale el pnsiottsèe.

O fU à la erasidèpatiott du roi de Ji>dée fa'eMe pardonna aux habitants dliium. Julie avait voulu * visiter ces contrées , dont les chants de 1 Énéide vénale»! de renoii'veler la célébrité , et , en traversante Scamandre pendant la nuit , elle faillit périr dans ses eau récemment débordées : elle se plaignit avec hau^ UNir des lu^itantSy qui n'étaient pas aecovns poar lui servir de galdes; et, quoiqu'elle ne les eét pas informés de son arrivée y elle exigea de son époux leur eoBdaamtton à une aneade de cent mille drachmes, ou 80,000 franl».

Hérode leur fit accorder la remise deccUe amende. U obtint aussi que le proconsul de i Orienl viendrait te Yisitei^ éaM JérusMem , qui jooinatt alors d'une grande célébrité. Agrippa fut frappé de hi richesse et du goût e&quis qui signalèrent les fêtes ordonnées paw Vj feeefoir ; mais il admka surtout kr maguîA* oeuoe du temple des Juife et la pompe de leurs céré-^ monies : il voulut y offrir en sacrilice une hécatombe, et donna ensuite un repas spiendide au peuple de Jérusalem (1).

(1) Joiep., ADl. Jod., XVI. - Cenol. , Pis. , pag.

$ is. Laissant ensuite Julie à Éphèse, Agrippa fut inspecter les divisions de ses lieutenants. iMarcelius ramenait ses légions dans la Macédoine ; il avait ouvert la campagne par la répression dea Thraces Besses y qui attaquaient le fils de Gotys , roi des Tiiraces Volryses, et allié des Romains. Revenant aussitèt sur ses pas , il avait mis en faite les ScordisifiieB qui ravageaieut sa proviiicc. Ce peuple tirait son origine des Gaulois y venus jadis en Grèce sous la conduite de Brennus , et occupait les Aancs da mont Scordus ; il y avait chercfaé vainemmt un asile après sa dMilte. Forcé dans ces défilés , qu il croyait inexpugnables , il n'avait obtenu la paix qu'en acceptant l'alliance romaine.

Lucius , propréteur en Mœsie , avait , cette même année , vaincu les Bastarnes , et 1^ avait chassés des pays arrosés par les bouches du Danube. Agrippa réunit ces contrées à l'empire sous le nom de Scytiiie romaine.

Au seeonAmois du consulat de Grassus et de Lentu*lus, Tan 7&0 de Rome , et lorsque Agrippa venait de rentrer dans Ephèse , il fut contraint de reprendre les armes, pour venger l'attentat commis contre Asandre, roi du BosphoreCimmérlen. Asandre avait sans doute usurpé jadis ce royaume sur le fils de Mithridale , sur Phamace , dont il était le générai ; mais il l'avait ensuite obtenu d'Auguste , avec ie titre d'allié du peuple romain. Scribonius, qui commandait sur les frontières quelques cohortes , envahit néanmoins ses états» supposant un ordre d'Auguste qui l'avait reconnu pour le petft-flls de Mithridate. Asandre, cassé de vieillesse et abandonné par ses soldats , se tua de désespoir.

UYRE IV. ^

Les habitanto d« Bosphore, que Scribonius avait abusés, apprennent a iors que Polémon , roi de Pout, est envoyé par Agrippa pour les soumettre. Dans ta oraipte d'être traités en pays oonqitis , ils massacrent Scribonius, et font inviter Polémoii à attendre de nouveaux ordres pour entrer sur leur territoire. Le voyant continaersa marche, ito Tattaquentavee fonwr, et le contraignent à se replier sur son camp , où ils le tiennent assiégé. Mais Agrippa étant alors arrivé pour les copibattre , à la tôte des Taisseaux et des légions qu'il avait foit rassembler dansCyzique, iisenvoyérent des députés pour implorer sa démence. Agrippa accepta leurs soumissions et réunit ce royaume allié aux états de Polémon.

Les Arméniens avaient profité de Téloignement de $es légions pour chasser leur roi Tigrane , qui devait la cwronAe aux Romains. Agrippa le rétablit sur le trAne , après avoir dissipé leur nombreuse année. Le grand nombre de Parthes qui iaisaicnt partie des prisonniers ayant alors trahi l'intervention secrète de leor roi Phraate, il résolut de Fen pnnir. Ses légions et le contingent des alliés furent dirigés sur TEophrate, et des préparatifs formidables furent ordonnés pour le passage du flenve. Le roi des Parthes , saisi d'ef* fni f s'empressa de désavouer son intervention ; il obtint la confirmation du traité conclu avec Auguste, en envoyant pour otages ses quatre iils du premier lit.

Ce fut Tifius y neveu de Plancus , qui reçut ces otages. Aussitôt après la ratification du traité, Agrippa l'avait nommé gouverneur de la Syrie , et avait repris la route de Rome (1).

(1) ISic. Damasc. in inst. AugusU. Le Blond, ^cod. dêsinse.t tom. io.— Cenot. Pis, |Nig. 295.

tfO SIÈCLE D'ACJAUSTE.

i 15. La préiMce d'Agrippa amblait DèaBamM mé»poMMbie mnr le» firontièm de la praviaee dT Aaie, akm

menacées par une puissante armée de Tbraccs. Mais il n'avait pa» voulu »'enfi^ager dans une guerre qui de* viM étie kMgsa et opioâAIre. Lucius PiaoB » Mm lieiH tenant dans la Pampbilie, eu était chargé et avait reçu le commaDdement de rarmèe.

Celle guerre élail Teffet des reflBeotiaieiitft ifse le§ Thmces Dmoi avaient eoMervès depuis que Granm, ponr les punir d'avoir voulu se joindre aux ennemis %ui menasaient de i'accalder dans ia MoBsie , les avait éoraiés par nue rapide expédition dans leurs moB^ tagnes. Il les avait dépouillés d'une partie considérable de leur terri loire qui était consacrée à Bacchus, le dieu le ptaa véaéréde ceseootrées, et l'avait donwà^&ùx Tliraeet Cklry8es,allièieoBStaut9de»lloiMia8.

Nous avons vu les Besses tenter de la reprendre sur les jeunes liisdu roi Cotys. et céder aux légions de MarceUus. Lors^u'oBe partie de ces légiomfot enmHe dirigée sur le Besphere , Yologése, prêtre de BaeelMn, profite de cette circonstance pour obtenir d'eux un pfaw puifisanl effort. Il parcourt tout le pays ^ les baraague au Bom de leur «fieu» et lève use nombirnse armée qu'il couduit contre les Tbraces Odryses. Vainqueur de Kbascy poris , tiis de Cotys , qui est tué dans le combat , il s'avance contre. iUiéniélalcéi, son oncle, roi de laChersonése, qui marchait à son secours.

Vologèse établit son camp auprès de celui de Rhémétalcés , dont il lait pratiquer en secret tes soldats. Ses m^aees de la celére^de levr dieu , qai venait de ia manifester par la lia tragique du fils de Cotys, ayant entraîné leur défection , il poursuit son adversaire dans la Ghersonése et le contraint de l'évacuer. Secondé

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