LIVRE lY. âl
Auguste arriva des Gaules Tan 741 de Rome , deux S i*mois après que Tibère eut pris possession du cousu*» Ui avee Varos. Entré de ault dans la ville • il parut le iendemmo mus le pcHrtkfiie de sa maisen, et salua ie peuple , qui était accouru par toutes les avenues. Il se readit avee ce cortège au temple du Gapîtole, pour offrir ses actions de grâces , et déposer aux pieds de la statue de Jupiter les lauiiers qui eutouraient les faisceaux de ses licteurs.
L'assemblée du sénat était réunie; il lai présenta un rapport écrit sur les actes de son gouvernement dans les provinces, et, s'excusant sur un rhume, en lit donner lecture par son questeur. Il fit lire aussi plusieurs édits , qu'il se proposait de publier. Le plus remarquablo avait pour objet de satisfaire aux réclamations des soldats. Nous le fenms connaître à Tépoque où le service militaire reçut uneorganisation définitive.
Les fêtes qui célébrèrent ensuite Tbeureux retour du prince lui offrirent [ occasion de montrer au peuple son fils adoptif . Gaïus César y figurait dans les jeux de Troie , et rappelait aux Romains le fils d*Énée chanté par Virgile , le brillant Iule , guidaut sur un ^ursier fougueux les enfants de son âge , qu'il effarait par sa grâce et par sa beauté.
Lèpidus , souverain pontife , mourut sur ces entrefaites. II avait trouvé son ancien collègue toujours implacable » et il aurait été sacrifié avec les prétendus Gomplieesd'Égnatius,sl Auguste n'eût pas craint d'affaiblir le caractère sacré attaché à sa dignilè , ou de la recevoir comme la dépouille d un proscrit. Mais Lèpidus avait cruellement expié cette clémence forcée- Arraché de la retraite , où il songeait bien moins à tramer des complots qu à dérober aux regards sou
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naît jamais sod avis que le deruier des consulaires , et se voyait en butte aux é&nàom des ûalteurs du yrîiice. Ce Irailmeut barbare avait avancé le leraie de 8a carrière. Le 6 mars de cette année il perdit , avec la vie, ce titre qui o'avait servi à la prolonger ^e poar es rendre ia fia plus buBûliante et |iias douloureuse.
Auguste prit possession du souverain pontificat. Mais ne voulant pas signaler son avènement à une dignité qu'U prétendait lui appartenir à Utre hérèditaira, il refusa les honneurs que les sénateurs offraient de lui déeeruer. Blessé même de leurs instances, trop anlarisèes par tant de refus simulés » il ouèMa ks . égards dont il ne s'était pas encore départi , et aerilt brusquement de la salle des séances. I/édrfice destiné au souverain pontife fut abandonné aux vestales, pour le joindre aux bAliments conligos qu'elles necupaient.
Il fit alors rétablir en sa faveur ia dignité de flamine de Jupiter. Cette dignité ne prenait rang qn'aprts «elle du souverain pontife ; mais son caractère était
. plus sacré , parce qu'une superstition ancienne faisait oonsidérer la mort du ilamine, dans Texerpice de sa charge , oomme le présage des plus funestes cataniH tés. Aussi était-elle restée vacante depuis la mort de Mérula , qui avait paru justifier ce présage au temps de Syiia.
L'autorité du souverain ponttfè s'exerçait par trois
sortes de collèges. Par le collège des pontifes , il réglait toutes les affaires religieuses*
Le collège des augures lui assurait une grande in«-