LIVRE IV
fcfoe fur le§ «DiIms |»etf tiques. Les augures «vatent
le droit d'empêcher rassemblée des comices , ou de la <lii6€Midfîe 9 ou d annuler ses délibérations. Dans 1 ansèe qni Tenait d'expirer, «a augrn^ ayant déclaré ifoe les auspices avaient été contraires pendant Tèlection des édiles curules, ib furent contraints d'abdiquer sur • le-cbamp leur dignité.
La direction du collège des prêtres sibifllins assurait néanmoins au souverain pontife bien plus JHnâuence. Dépositaires des livres sacr^, ils pouvaient sattls déclarer les mêles des dieux. C'était pmr ce motif que le sénat les aTait maintenos sousea dépendance, et qu Auguste, par le décret du peuple, rendu ays^ ia victoire d'Actinm » s'était Mtrilraié les droits dn sénat pour la direction de la religion. En vertn de ce décret , cinq ans avant la mort de Lépiilus , il avait choisi parœi les livres sacrés , presque co^nsumés par leur vétusté , ceux qu'il Jugeait antbentiques , les avrit fait transcrire par les prêtres sibyllins , et les avait déposés , dans deux cassettes précieuses , sous ia slatM d'ApoUon-Paiatin. Les autres livres sur la divination ,et le culte des dienx , au nondire de plus dn deux mille , avaient été placés sui un bûcher élevé dans le Forum , et brûlés par les sacrificateurs.
Auguste sinvait ainsi rexemple donné jadis par le sénat, imitant d'ailleurs sa tolérance pour les religions étrangères. Celles qu'un esprit de prosélytisme rendait suspectes avaient seules été conslamment exceptées, sous le nom de superstitions égyptiennes. Auguste les avait de nouveau prohibées dans son sixième consulat , et il avait donné Tordre de démolir les temples qui leur étaient consacrés dans Rome. Lorsque Agrippa reçut le gouvernemenl de Rome, après son mariage
2t6 S1£CL£ Il AUGUSm
«vec Julie, U prit des jnesoiBS séTères pour rexAmlte
de cet édit(l].
$ 16. Auguste accepta peu après une nouvelle proroga*tion de Fempire, dont il limita également le terme à
cinq années. Prenant ensoite possession de la préfecture des mœurs , il s'occupa de la revue du sénat et reconnut alors les funestes effets de rabaissement oà ce corps était tombé.
Les sénateurs s'étaient avilis par leurs déférences; ils n'osaient plus se rendre à leur assemblée qu'après s'être présentés à Taudience du prince , où ils se coi»fondaient avec la foule de ses clients : ils lui prodiguaient les plus basses adulations. Dans une cause d'adultère, l'accusateur ayant menacéÂpuleiusetMécéiie de les dénoncer comme complices , Auguste était allé remplacer le préteur dans sa chaire curule , et , déclarant qu'il ne laisserait pas mettre en jugement ses parents et ses amis , il avait levé Taudienee. Cet abus de pouvoir fut vanté comme une preuve de la sensibilité du prince ; les sénateurs votèrent en son honneur une statue , dont les frais, devaient être acquittés par leur cotisation volontaire.
Le prince même concourait à leur abaissement , en se dispensant des égards qu'il leur avait toujours témoignés. P^ous avons vu ses mépris , lorsqu'ils voulaient signaler son avènement au souverain pontificat. Dans une autre séance , Sisenna , piqué des reprocbes qu'on lui adressait sur les désordres de sa femme , répondît qu'Auguste les connaissait quand il l'avait engagé à l'épouser. Auguste sortit avec humeur, et fit dire ensuite, par ses amis» quii avait mieux aimé
(1) Suet , Aufî., 31 et 43.— Dion, UV. — Cicer. , 4c Leg.*ll, 1i. — Val. Max., 1^ 1.
UYRE IV.
manquer an aéaai par sa brusque mrtie que Taffliger par la répression des propos téméraires de Sisenna.
La liste qui lui fut adressée pour la revue du sénat lui inspira d'autres sentiments. Un grand nombre de places étaient restées yacantes : les fils des sénateurs ayaient répudié œt hMta^ de leurs pères ; lesnafistrats n'avaient pas réclamé le droit d'admission que les lois leur assuraient en sortant de cbarge ; tous alléguaient de yaines excuses , et surtout le défaut de cens. Auguste avait, il est vrai, porté le cens du sénat à un million de sesterces, ou 200,000 francs; mais il Tavait réglé sur le progrès des fortunes privées et n'aspirait qu'à le suppléer.
Il s'autorisa , par ses libéralités , à porter sur la liste tous ceux qui avaient droit d'y être inscrits. Remontant ensuite aux causes de leur répugnance , il prit des mesures pour relever les sénateurs. De nouveaux règlements ramenèrent l'ordre et la dignité dans leurs assemblées; ils devaient s'y rendre directement, et, Imque le prince y entrait , ils recevaient assit ses salutations. Leurs attributions furent étendues , les affaires et les causes les plus importantes furent soumises à l^r décision ; les sénatus-consnltes, devenus plus fréquents, formèrent la première base de la législation de l'empire.
Auguste ranima ainsi la confiance générale» et, lorsqu'il vint donner son suffrage pour l'élection aux magistratures y on ne songea point à remarquer qu'il avait formé sa puissance de leurs dépouilles. L'étendue de cette puissance ne peut sans doute être contestée ; l'autorité des magistratures n'avait d'autres limites qu^ leur opposition mutuelle , et il les avait réunies sur sa téte ; leur responsabilité était fondée
218 SIECLE D ALGUSTE.
mr tevr durée mttuelte , et illes anit oMeiHm pour
loute sa vie. Faut-il néanmoins en conclure, avec IVIojiiesquieu , que û ies KomaîDS ne voulurait f>oiot 4e roi , ce ftil mîqnemeDt pmr ne point en Mmffrir les nanièm? On pmmit soatenfr a^ec pim 4e fondement qu'ils ne croyaient point en avoir donné Va puissance , quand ils n apercevaient auteur d'eux que 4e6 institutions républicaines. Ces apparences n^en tînposaient sans doule qu'à la multitude. Mais les principaux citoyens étaient amollis par les douceurs de la |ute f et rebutés par les souvenirs si réoenis de leurs désastres. Peur se dissimuler à eux-mêmes ces sentiments, ils voulaient paraître abusés par les illusions que le prince ue cessait pas de leur offrir (1). $ 17. Auguste s'apfilaudissait de sa puissance ainsi affermie , lorsqu'il perdit le ^rand capitaine qui l'avait préparée par ses victoires. Aux ides de Mars de 1 an 74-2 de fiome , sous le consulat de Messala et de Bar-balua, il célébrait .la féte de Minerve, au nom de ses ftls, par des combats de gladiateurs. Informé , par des dépêches de Tarente , qu'Agrippa était arrivé malade daub cette Tille , H partit sur-le-champ pour s*y vendre.
Agrippa revenait de la l-annonie , où il avait été envoyé Tannée précédente. Il n'avait reçu qu'à regret cette mission. Après son refus du décret du sénat qui lui accordait le triomphe , et son association pour dnq ans à la puissance tribunitienne, il s'était llatté de goûter le rqpos, qui pouvait seul rétablir sa constitution» depuis longtemps affaiblie. Mais Auguste , qui s'alar* mait du soulèvement des Pannoniens lorsque Drnsua élait éloigné 9 et qui n osait se conlier dans Tibère,
{{) Dion, LIV. — Kî»pril des lois . XIX , 3.