LIVRE lY
AVttil imf^MkMÊmmi nf/M les excoM^e m gMi-
dre. Âgiippa était parti , revéta de la puimBoe fnn»consulaire. La terreur de son nom et la célérité de ses DMiiirea avaient décmœiié leaPaaMMem; apréi nue oofirte campagne, il avait «Memi leurteamiiM et la remise de leurs armes. Quoique la saison fût en** ngoureuse, il avait aussitôt {^agné 1^ cètes de la mer kwîeniie, et il ^tait venu débarquer à Taraile. Il succomba à ce dernier eflbrt ; Auguste arriva tvop lard pour recevoir ses derniers soupirs.
Accablé par une perte dont il comprenait un peu tard tonte Tétendoe , Auguste vmdnt néanmoins immener lui-même à Rome la porape luiièbre. Ils arrêta dans le Forum ; un voile tendu lui dérobait la vue du dèfiint pendant qu'il prononsait son éloge. Il vonlot que le corps d' Agrippa tàt brâlé avec ka solennités prescrites pour ses propres funérailles; et, quoiqu'il lai eût £ait don d'un tombeau dans le CluM»p-de-Mars, il ordonna de déposer sea cendres dans la sépaltare
qu il avait construite pour lui-même.
Telle fut la iin d' Agrippa , que 1 on peut dire prématurée , car il n'était âgé qoe de einqnante^nn aiia. Ses jours furent abrégés par les chagrins que loi causait Julie, par le rude esclavage que lui imposait la jaiomie de son beaii-pére , peut-être aussi par le remorda de devoir tonte sa gloire à l'asservissement dfli KomaÏQS.
Ou distingua , parmi ses écrits ^ des Mémoires de âa vie dont la perte a exeilé de vifs regrets. Sa deserip-^ tion de la terre a obtenu les éloges de PlUie , qui en Ét un fréquent usage.
Vipsanla fut Tunique fruit de son mariage avec Attica. Julie lui avait donné deux ftls et deux filles :
MO SlBCLe VAUGUSTE.
elle ètaH àkm eoceliite d'un troinème ûte , qui fut Affrippa-Posthume.
Sa fortane, dont il fit un si noble usage , égalall oeile d'uD puissant monarque , et Tétendue de ses donaines dans la Sidie avait paisé en proTerbe. On a remarqué , dans sa succession , ta sowveraîneté de la GhersoDèse de Thrace , récemment conquise par Pison. Auguste , nommé héritier par son testament, acquitta le legs fait au peuple romain de ses Jardins et des bains qui portaient son nom. Il ordonna ensuite, sous le même nom ^ une distribution de 400 sesterces par tète aux citoyens.
La douleur fut si générale , que les jeux publics et les spectacles restèrent déserts. Auguste ne put y ramener le peuple que par son exemple , et en faisant annoncer son Intention de présider le prochain combat de gladiateurs (1).
{ ig. Zvous avons ajourné les détails qui concernaient la loi Julia des adultères , et qui eussent trop détourné Tattention des événements politiques ; car il ne suffisait pas de faire connaître la plus fameuse des lois pénales d'Auguste, il fallait aussi développer linfluence qu'elle exerça sur tontes les autres. Ce prince fut amené à la publier par les objections fondées sur la licence des femmes qui furent opposées , Tan 736 de Rome, an premier projet de sa loi Julla sur le mariage, et qui décidèrent le sénat à le rejeter. Il semblait alors peu disposé à s'occuper de la correction des mœurs , et i on avait remarqué son indulgence envers un jeune homme accusé devant lui d'avoir [mvoqné, par un scandaleux adultère, la répudiation d'une
(I) Dion., LIV. - Sue!., Mig, , I3.--Pliii., Hist. Mt. UI, 3, et VU, S.
LIVAB IV. ^1
teuBe qu'il vonlaiiApoiifler, Auginto parai iMglMBfa
lié§it«r. « Les guerres civiles , dtl4i este , ont produit de graves désordres. Jetons uu voile sur ie passé , et réservoir une juste sévérité pour l'avenir. » La di^ ewsloii élevée dans le sénat ne lui permettait pfaia d'ajourner leur répression , il proposa, Tannée suivante, sa loi Julia sur les adultères, et nous avons vu ses motîfe pour la présenter au peuple sous la forme d'm plébiscite.
L'assemblée avait été convoquée sous la forme des comices par tribus, en vertu de sa puissance tribuni*tienne. 11 combla d*éloges celles des dames ramaines qui conservaient les mœurs des beaux temps de la république , et les exhorta à persévérer ; leur exemple aurait plus d'influence que les lois les plus rigoureuies. Mais le nombre de celles qui se laissaient entraîner au torrent de la corruption générale s accroissait de jour en jour, et Ton était forcé de reconnaître que les peines établies étaient désormais impuissantes. La loi proposée seconderait le zèle des magistrats, en leur assurant des moyens de répression plus eificaces. Auguste termina son discours en exhortant les bons citoyens à s*miir à lui pour ramener ces mœurs antiques qui nV vaient pas aïoins contribué que leur valeur aux dévoioppements de la puissance romaine.
La loi Julia fut adoptée par les comices. Elle changea tout le système de la répression des délits contre les mœurs ^ qui n'avait été jusqu'alors exercée que par les jugements du tribunal domestique et par les notes de blâme des censeurs. Elle soumit à la publicité des jugements du Forum les délits dont on avait jusquV iors, dans Tintérét même des bonnes mœurs, renfermé les honteuses discussions dans rinlérieur des familles ;
iii SIÈÙÏM D'AIWUSTE.
Mis surlMl elie aalori»a factmmtiÊm fiiMk|w pMr le erine d'adallère.
$ i9. L accusation publique n'avait été jiisqa'alorsailmifle 7ii. contre tes <kélit& qui intéressaieAt Tordre iociaâ ; —Pi ftt twM mtmrn ra qu'elle teadait à le corrompre jwr 1 infamie des délateurs. Le moment seuib lait mal choisi pour Tinvoquer contre les délits domestiques : 1 époux offensé ne pouvait plus ni lee réprimer sans tes exposer au grand jour , et faire ainsi expier à ses enisnts les torts de leur mère ; ni sacrifier ses ressentiments, sans appeler rinquisition des délateurs au sein desafamHle.
L'anteiir ée l'Esprit des his allégne, en fafonr de Taccusation publique pour 1 adultère , que, dans la république» une si grande violation de mœurs intè- .fessait le gouvernement. Mais comment cet intérêt n'avalt«il été aperçu qu après la chate même de la république ? Le véritable intérêt était celui du prince qui venait de la renversa. Auguste voulait soustraire le jugement de ces déHts aux trlbnnânx domestiques, et le transmettre aux magistrats qu'il se flattait de placer sous sa dépendance.
Nom avons déjà fait voir, au sujet de la loi Jutia judiciaire , que les droits de la justice avalent été plus d'une fois sacrifiés aux passions de la démocratie. Le même système d arbitraire dans les lois devait y fttire désormais prévaloir les passions du prioce. Cet abus ne devait cesser que par le retour aux règles immuables de Téquité , qui sont les mêmes à toutes les époques et sons toutes les formes de gouvernement. Parmi les réformes qui signalèrent leur triomphe , on peut citer la loi par laquelle Constantin abolit l accusation publique pour le crime d'adultère. Nous ne devons plus tolérer, disait le législateur, que les ménages
UYABIV.
iranquilles soient troublés par Taudace des étrangers.
Ce {)rinci(»6 d arbitraire ^ qui domtBUt alors daos la Ugîalalioa , peni seul expliquer commeRl le même léglilaleiir , qui introduisait raeensation pubitcfue
pour I ndiiUèiT . ;n ail laissé subsistai' la loi qnî aiifoirl^t le iiiâirvA prétei? sa femme. Moiitasquicua teuté lia nopcitttf an Jeux loi»» en distingiml leur nature.
<t L une , dit-il , était une loi civile . établie pour conserver leé muôiii é ; i autre élail une lot |iolilique , em-
HUpiÉilda^Lyeiifgue pour donner à ta répulilifseëes Rifem > A*und bonne espèce^ Gaton avait pr6ié sa
i^mmo à iiortensîus , et Caioti n était poitU iiomiiie a ^ioier l^i04&4k&ou pays. >>
Jiwg ipBWf Brioae aisément qne cette lot de Lycurgue , empruntée de son propre aveu au code des liaamn^^vaii jamais souillé celui îles Romains, et que Il^lff0mtl0 dO'GaCoa , qui Tavait iotrodutte dan» leurs coutuaMS^ étaitreffet des enseignements dé Zénon , qui prétendait que les femmes devaient être communes en- Ife les saie&4;Mais nous n'avons à considérer que i intèi!4^4';4lii(Miiaaiiniaioiiendune loi si favorable à ses mœurs Kceneieuses. Les citoyens, ainsi autorisés à ppèti^r ieur lemoie a uu aiui , pouvaient-ils la retuser
^.fijUugfavM de l'Usloire na |>as (Permis de rerueiUîr
les iré(|ueiUs exemples de ce sinjzulier abu» d autorité. Un seul a mérité d être distingue par l iogéuieuse ariMB.^'il inspira à Âthénodore , Tun des plus intimes familiers d'Aujïuste. Ce philosophe était présent lor^i^Hai ie ceuluriou , envoyé pour emprunter la InMM^aatt amit arriva suivi d'une litière couverte. ITémoin de la résignation honteuse des deux époux , U revêt les habits et le voile de la temme , et entre
SIÈCLB ir AUGUSTE.
ààoê la litière qui eti déposée dans un appartemaat Meret du paWa. Aogvste , raté seol , aeéoaralt me
empressement, lorsqu'il voit paraître Athénodore, tenant à la main son épée nue : « iSe craignez -tous pas , dit le phitoflopbe , qu'on ennemi n'emploie contre TODg le même artiflee? » Angruste sourit , et prit désormais des précautioiis jmiir sa sûreté.
Au surplus y la loi des adultères devait se ressentir dis mcnin de ses antears qui étalent , suivant la remarque des historiens, les deux adultères les plus scandaleux de leur siècle. Auguste Favait eu effet rédigée de concert avec Mécène. Elle loi préparait en expiation un trait fbneste de ressemblance avec le 1é- 0s!ateurdes Locriens , et devait servir dans la suite à la condamnation de ses propres enfants (1). j âo. La loi Jnlia établit , pour prononcer sur l'aceusation d adultère , Tun de ces tribunaux criminels , que Ton désignait sous le nom de questions ou commissions perpétuelles. Leur institution n'était pas ancienne ; Fnsage s'était longtemps maintenn de porter l'accusa tion devant le peuple , qui chargeait une commission d informer sur le délit , et lui en déléguait même d'ordinaire le jogem^t Dans le vi* siècle de Rome , la loi Calpurnia ordonna que 1^ comices éliraient chaque année un préteur pour statuer sur les accusations de concussioii ^ et la même disposition fut snccessivement insérée dans les lois qui ststaèrait sur les crimes de ma jesté , de brigue et de pèculat. Chacune de ces lois déterminait les caractères et la peine da délit, la forme de. procéder dans le jugement, le nombre d'assesseurs dont le préteur formerait son tri-
(1) Esprit det loii, VU, 10; XXVI, fS. - TMlt.» Ano. UI, Ù el Mhr. -idtteD, XHl, %i. — hiM da Mariage, dnp. ly.