ANS DE ROUE
Tandis que les citoyens déploraient à Rome la mort $ l*'d Agrippa, le jeune Druêiis aspirait à leur prouver qae la perle d'un grand capitaine n'était pas irréparable. Appelé à la tète de lannée du Rhin , soit par l'effet de préférences secrètes, soit comme un frein à rambition de Tibère , il se montrait à leurs regards entouré des témoignages de la faveur d'Auguste.
Ornsus paraissait devoir la justiûer. Non moins distingué que son frère par ses avantages extérieurs ou par ses talents guerriers , il lui était supérie^ur par la noblesse de ses sentiments ; son ardeur pour la gloire était moins I effet de ses desseins ambitieux que Tétan d'une âme généreuse; affable envers tous, et sans prétention avec ses amis , son heureux naturel et sa franchise lui avaient gagné tous les cœurs.
Auguste , charmé de ses succès dans la guerre de . Rbétie , lui destinait alors Texpédition qui devait le plus Illustrer son princtpat. Il n'avait pas seulement pour but d'humilier ces Gers Sicambres qui se vantaient d'avoir vu fuir devant eux les aigles romaines. Nous avons déjà fait observer quUI regardait la limite de 1 empire sur l Euphrate comme pleinement affer-
SIECLE D AUGtt>TE.
mie , et la paix imposée aux Parthes avait justiliê son opiniou. La limite du Rhin lui inspirait, au contraire, de justes alarmes, et tes intérêts de sa gloire ne lexcltaient si vivement à la ^erre de Germante que parce qu'ils s act ordaîent avec les desseins de sa politiqae , pour établir la séenrité de l'empire. La grandeur de ses préparatib était nn témoignage de Ylm^ portance qu'il attachait à cette guerre: il avait réuni sur le Rhin huit légions» complétées par des soldats d'élite. Le nombre des troupes alliées était fort supérieur à celui des légionnaires , contre la politique accoutumée du sénat , que le prince avait déjà cessé dimiter dans la compositigii^e s^ annétt$. $ 2. Drusus eût voulu entrer en campagne Tannée précédente , et aussi lùi après le départ d'Auguste. Maïs ses instructions exigeaient d autres mesures ; il devait confirmer d'abord la soumission des Gaulois , que Tindulgence de ce prince pour Licinius avait Irrités , et que son éloignemeut venait d'enhardir. Plusieurs villes prenaient déjà les armes : leur prompte et sévère répression prévint le soulèvement de toutes les autres. Drusus envoya aussitôt des ordres pour réformer les erreurs du cens , et , par son zèle à accueillir toutes les plaintes , il changea la disposition des esprits. Il mit le sceau à cette réconciliation par une cérémonie solennelle , déjà préparée au temps où Plaucus gouvernait la Gaule lyonnaise.
Le temple d'Auguste et de la ville de Rome , dont le proconsul avait jeté les fondements au confluent du Rh6ne et de la Sa6ne, venait d'être terminé; soixante colonnes en formaient le pourtour , sur lesquelles était j^ravè le nom d un iioûibre égal de nations des Gaules, qui avaient lait les frais de sa con-