LIVRE V
Unce df!S Caltes Mais déjà les Sleambres , après Um
avoir chassés «le leur lerriloire, élaient parveuus au delà du Wtiâer. En arrivant sur ce fleuve , Drusus aperçut à Tautre bord leur armée et celle des Ghérus* ques el des Suéves ranfçèes tu bataille. Ses oflicier;» voulaient tenter le passage. ]l objecta la dîtUcultè d assurer les convois au delà du fleuve. Il allégua au^ un présage que Ton regardait alors comme funeste : Tessaim d'abeîlles qui avait été trouvé dans la lente dHostilius Kufus, préfet du camp.
Les Sleambres avaient espéré lattirer et Tenvelop^ per dans ces contrées difficiles. Quand ils le vireni revenir sur ses pas, ils repassèrent le fleuve avec leurs alliés ) et engagèrent le combat dans une vaste plaine couverte de joncs et de marais Les Hoïiiaiiis , appesantis par leur armure, enfoncés dans cette fange, n'ofposaient qu'une faible résistance à Tatlaque de ces ennemis agiles , d'une haute stature, qui los perçaient de leurs Um^?ues piqiK^s. Dnisus. après avoir essuyé une perte considérable , les amena enfla , épuisés de fatigue y sur un plateau élevé où les ennemis n^osèrent le poursuivre.
Il continuait sa marche, croyant se diriger sur la Lippe ; mais des guides infidèles l'avaient égaré , et le conduisirent dans un défilé dont les issues étalent déjà gardées par les Sicanibres. Ses eflbrts pour forcer les passages furent impuissants; il fut réduit à établir son camp ^ans colieu , prêt à manquer de vivres , éloigné de tout secours Ses soldats , déjà alarmés fi.u un présage sinislre, croyant alors le voir se réaliser, aban-* donnaient leurs travaux, errant* avec des e^KfHWlons de désespoir, sur le front des retranchements. De sinîs très pressentiuiculâ agitaient 6on kme , jusqu alors si
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iaf réplde. Telle èUII dose la triaie réalilé où venMMl
aboutir de si brillantes espérances! Il ne pouvait aiéme se promettre d'iUiiiirer ses derniers moments par une mort glorieuse.
Lee poêles emieeuis s apereevaie&l 9m loin t éclairée par une multitude de feux , retentissant de chants de trioioplie. Sur ua autel élevé au centre de leur camp, vingt eentttrioiieyelioifis parmi les priioDiiien du dernier combat, furent amenés chargés de icrs , et inimoiés à leurs larouclies divinités. Croyant s'être aesiiré la proteeiiaii céleste par ce barbare sacrifiée , les Sicambres réglèrent l'attaque du lendemain , et passèrent le reste de ia nuit dans les festins. Ils partageaient avec leurs alliés le prix de la victoire ; ils s'adjugeaient les prisonnier», abandonnant aux Cbérue-* ques les chevaux , et aux Suèves l'argent et les bagages. Dès que le jour conuiience à paraître , tous prônent les armes , et ceux mêmes qui gardaleut lee défilés Jaloux d'avoir part au butin , viennent joindre leurs camarades. Leur fouie tumultueuse couvre bieotèt toute la plaine, et se porte eu désordre sur les re« tranehements des Romains.
Cette folle témérité ranime la confiance deDrusus. 11 parcourt le front du camp , il exborle ses braves légiODuaires. « L'ennemi vient se livrer entre vos nudas ; soutenez ses premiers efforts, je vous réponds de la victoire. )> Les Sicambres , repoussés contre leur attente , reviennent sur leurs pas avec fiireur ; et cette attaque nouvelle, uon moins impuissante, aebéve de rompre leurs rangs. Tandis que leurs chefs s'efforçaient de les rallier, les sons aigus des trompettes et des clai* rans , et la brusque sortie des Romains , les frappeut d'une soudaine terreur. Après une courte rc&is tance ,
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Us le diiperseAi dans la plaine , se dirigeanl par ttue course rapide vers les défilés. IVfais la cavalerie voaiaiiie les avait devancés , et les rejette sur les légions , qui en font UD grand car uagc. Les approcbes de la auit sau* véreiU enfin les débris de cette armée, qni venait de se ravir, par sa présomption , une victoire i^resqne assurée.
Arrivé triomphant sur les bords de la Lippe, Drusns établit son camp au confiuent de cette rivière avec l'Alice. Il dédommagea les Cattes , en leur cédant m ^
vaste lerriloii e sur la rive droite du Rhin. Le reste de la campagne fut employé à construire des chaussées, et 4e^ forts pour les proléger. Le principal de ces forts fut bâti prés de son camp , sous le nom iS^Alison ^ dont on a fait depuis Elsen, De retour a Rome , il ob- UlKi^ ATAernents iriompbaui: , 1 ovation et la délé* gatiott delà puissance prooonsuiairesurlesGauleaCi).
Drusus avait aussi été élu à la préture, quil géra j 7. Tan de Rome , où fut consul , av( r Fabius » Jules- 7^^. Antoine, le fiis du triumvir et de Fulvie , quOclavie avait fait rentrer en faveur auprès d'Auguste. Les JqUX qu ii donna au peuple furent magnifiques : il avait été autorisé é leur consacrer les dépouilles enlevées aux Germains. Mais » tandis qu'il célébrait ainsi leur défaite, ces peuples indomptables s'étaient occupés de la venger. Les Sieambres avaient obtenu de leur ligue de nouveaux eftrts ; les Chémsquet et les Suèves avaient armé tous leurs guerriers; le^ Cattes eux-mêmes» cédant à l'impulsion générale,^ avaient repris poisessim de leur ancien territoire , et' se préparaient à le défendre contre les Romains.
{)rusus partit avec Auguste, qui avait voulu le
(i; Dion, LIV. — Florus, IV, lit. — Jul., Obieq. , cap. uii.
suivre jusqu'à Lyon , et fut joindre son armée , déjà réuDie dans les environs de Bonn. Les Gaulois avaient dignement répondo à ses soins pour se concilier lenrs affections ; leurs corps auxiliaires dépassaient le contingent assigné aux divers cantons; peu inférieurs eu nombre aux légions romaines , dignes d*elles par leur courage, ils s'exerçaieu l a i miter leur discipline. Drusus passe le Rliin , traverse le territoire que les Cattes avaient abandonné , les chasse de leur ancienne contrée , et se dirige ensuite » à marches fimées , sur le pays des Sicambres.
Ces peuples avaient fait indiquer le rendez-vousdes alliés auprès des sources de la Lippe , dans le volsi- Dâge du pays des Chérusques , et , pour faire parade de leurs forces, ils avaient amené tous leurs guerriers en Age de porter les armes. Instruits que leur pays , resté sans défense , va être envahi , ils se hétent d y accourir. Mais Drusus avait employé celte manœuvre pour les séparer de leurs alliés ; il revient aussitôt sur ses pas, et les attaque sans leur laisser le temps de se ranger en bataille. Deux braves Gaulois qui commandaient les JNervienSy âeneclius et Anectius, formaient la téte de son avant-garde. Ils engagèrent le combat avec une bravoure si intrépide , qu'ils méritèrent la palme de cette sanglante journée , où 1 armée des Sicambres succomba après une opiniâtre résistance.
Leurs alliés , frappés de terreur, avalent aussitôt repassé le Weser. Drusus parcourut tous ces pays, qui étaient abandonnés à sa vengeance , n'épargnant ni le sexe, ni TAge , détruisant par le feu toutes les faabitalions. Ces cruautés lui étaient sans doute ordonnées; Auguste n'espérait dompter cette population si fière qu'en Técrasant* Mai^ elles inspirèrent une telle