‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 72 sur 160 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

de Leotulus , et pousse devant lui les fuyards, qui se repliaient sur le camp que les Daces avaient formé près

des rives du Dauube.

De nombreux renforts s'y trouvaient rassemblés. Tons les guerriers de cette vaste et belliqueuse con* trée , en apprenant leurs succès , s'élaient empressés d accourir pour avoir pari au pillage , et de nouveaux corps de Mysiens s'étaient réunis sous leurs drapeaux. Se croyant assurés de la victoire par leur nombre et par leur audace , ils se rangent eu avant do camp y et engagent les premiers le combat. Après une lutte opiniâtre , les légions hésitent et reculent ; Tibère les rallie , et , pendant qu il soutient les efforts de lennemi , il fait avancer son corps de réserve , qui le prend en flanc et le met en désordre. Le général des Daces et leurs chefs les plus intréfûdes, qui s'étaient avancés pour repousser celle attaque imprévue, succombent dans la mêlée. Tout se disperse après leur diiite : la plaine est couverte au loin de fuyards, qui se portent vers leur camp ou sur les rives du Danube. Mais Tibère lesiait envelopper par la cavalerie romaine, et les poursuit vivement avec ses légions , défendant de faire des prisonniers. Le carnage fut si^ horrible, suivant le témoignage de Strabon , que I on n'eàt pu trouver alors , dans la vaste étendue de la Dacie , quarante mille hommes en état de porter les armes (1 .

Lorsque , dans cette Germanie de l'orient , limite j lo. de Fempire sur le Danube , on vit arriver les faibles tu.

débris des tribus sans nombre (jui Uaversaient naguère le fleuve » des cris de terreur retentirent jusqu'à

^1; Slraboii, lib X,pag. 2t0. — Mouuin. ancjr.

teon habitatioiiirles plus rtcuhèes. L'aflflemMèe gteè-

raie fut aussitôt réunie, et des députés furent nommés pour solliciter la paix. Leur départ fut ensuite suspeada , dit Sirabon ; les princifMnix ehefeéesSoèveSy à la nouvelle des premiers succès des Daees, ayaieot quillé les bords dii Weser, pour concerter avec eux des eiforts communs. Ils relevèrent les courages abattus, en promettant d'amener de paissants secours.

Tibère était bien éloit:né de les rendre nécessaires, et de provoquer ainsi le renvoi de Drusus à son armée. Il ayait même déjà résolu de ne pas tenter une conquête, qui n'était pas ordonnée par Auguste, et qui eut trop retardé son retour auprès de ce prince, il profila de rabattement des Mysiens pour ramenei partout la soumission e( se faire livrer des otages. Gonliant eusuite à Lentulus le soin de les contenir , il revint sur les Pannoniens.

Son retonr si prompt et st glorieux les avait gJaoés d effroi , et leurs députés accouraient pour implorer sa démence, li imposa des conditions de faix rigourouses 9 ei dispersa ses troupes d ans le pays pour assurer la remise de toutes les armes. A présayolr ordonué de les réunir et de les briser , il les fit jeter dans la Save , pour que leurs débrîs , au loin dispersés par la fleuve , répandissent , sur tout son cours , laconslernation.

Les Dalmales cherchèrent en vain des ressources dans leurs efforts désespérés ; après une lutte sanglante , où leurs plus braves guerriers restèrent sur

le champ de balai lie , tous les autres furent contraints de se rendre à discrétion. Les prisonniers furent rédulls en esclavage et condamnés à fouiller

leurs mines pour les Romains. La plupart des autres

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