‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 75 sur 160 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

en personne le passage du KbiD. Tibère reçut ensuite le commaiideiiient « et guida la principale division le long des rivée dti Mein , ponr attaquer les SaèYes. Il confia la seconde division à Domitîus , chargé de comiiatlre les Sicami)res. Cet appareil menaçant frappa de consternation les peuples germains , déjà al>attus par leurs revers, et qui s'empressèrent de solliciter la paix. Auguste ne voulut pas recevoir leurs députés; avant toute négociation , il exigeait que les SIcambres » premiers auteurs de cette guerre, vinssent offlîr leurs soumissions.

Les principaux chefe des âicamhres se rendirent alors au camp de Mayenee. Ils arrivaient sans cralute,

se confiant dans la foi du prince et dans leur caractère sacré de députés , lorsqu'ils se virent tout à coup arrêtés et jetés en prison. Ënvoyés ensuite et détenus dans les villes de la Gaule, Ils se tuéreut de désespoir. Mais, à la nouvelle de cette perfidie, tous les Sicanibros en âge de porter les armes étaient accourus à leur arrnéOf qui se précipita sur les légions de Domitius. Leurs attaques furieuses se renouvelèrent pendant tout le jour; ils succombèrent enfin sous la discipline romaine : la nuit , qui survint , couvrit la fuite de leurs tristes débris.

Tibère avait cependant reçu I ordre de poursuivre sa marche contre les Suéves. 11 semait la division entre leurs chefe par dinsidieuses négociations, et les attirail a des combats où ses habiles manœuvres lui assuraient la victoire. Les ayant ainsi poussés à cher-* cher un asile au delà de l'Ëlbe , il leur ferma le retour par des postes fortifiés sur le fleuve , et revint sur les pays que leur retraite laissait sans défense. Ces peuples, consternés par ses ravages, ayant offert de se

SIÈCLE D'AUGLSTE.

rendre à discrétion , il renveya au prince lenrs députés. Auguste accorda la paix , et n'exigea qu uu tribut et des otages ; mais il reâua de coupreMire les Sicambresdansle traité. Il reprit ensuite la roate de

Rome, laissant à Tibère l'ordre de cou^ouimer la ruine de ce peuple infortuné.

Un grand nombre de Sicambres étaient réfugiée dans les bois de la Germanie , et devaient blentAt répondre à i appel du cbef ambitieux des Marcomans. Tous les autres , au nombre de quarante mille . lurent transportés hors de leur pays , après avoir vu leurs bourgades livrées aux flammes. Leur nation fut effacée de la Germanie ; des terres leur furent assignées smr les bords du Rhin , avec défense , sous des pdnes sévères, de s'en écarter. On retrouve leur nom et leurs haines dans celle ligue des Francs , qui devait être si redoutable à leurs vainqueurs dégénérés.

Ainsi finit la guerre que Ton api^a Steambrique , du nom de ce peuple , qui l'avait provoquée et qui en fut la victime. Le traité qui la termina soumit au tribut la plnpart des nations germaines qui habitaient entre l'Elbe et le Rhin. Auguste prit de nouveau le titre d imperator , et accepta un décret qui établissait des Jeux équestres pour Tanniversalre de sa naissance. Il agrandit aussi Tenceinte de Rome , en vertu de la prérogative constamment réservée aux généraux qui avaient reculé les frontières de Tempire (1). $17. La prorogation de Tautorité qu'Auguste partageait «fW. avec le sénat sous Te nom d'empire , eut lieu peu a près son retour. Depuis la mort d'Âgrippa , il n'avait plus

(I) Patcrc. , II, 07. — Suét. , Tib. Q et nolcf de Canutioo. Tacit. , Ann. H, SS.^Ccnot, Pis. > pag. 155. -Gibert, jiead, é9$ Inse., loin. 80.

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