‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 76 sur 160 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

de molffii pmnr la restreindre à cinq ans , et lobtint

alors pour dix années.

Sa reprise de possession de la préfecture des mœurs annonçait une nouvelle revue du sénat , mais qui n'était plus redoutée. Ses soins pour relever la dignité , du premier corps de J état , et pour étendre sa juridietion» en avaient fait Follet de l'ambition générale : sa Hste offrit cette année les citoyens les plus éminents de 1 empire.

Le prince éprouvait plus de difficultés à les exciter à la poursuite des magistratures. L'institution de»

préfets impériaux les avait rabaissées, lui-même coneouraità iesaviiir; ses fréquentes interventions entravaient surtout la préture y qui était encore Tobjet des respects des citoyens , comme le dernier appui de la liberté publique. Nous l'avons vu se rendre en personne an tribunal . pour interdire à l'accusateur de mettre en jugement ses amis.

Mécène, que cette démarche avait proléjré , fut néanmoins si frappé de ses dangers , qu'il lui conseilla de ne plus la renouveler. Mais» dans la dernière année de laguerre Sicambrique, Auguste y fut entraîné de nouveau par Tuu de ces vétérans , dont le zèle lui paraissait encore nécessaire au maintien de son autorité. Cet homme , longtemps impuni , près alors dé succomber dans une accusalion de violence, étant venu solliciter son appui, Auguste voulait charger son questeur d'assister en son nom au jugement. « César» dit le véléran , c est en personne que je combattais pour vous à Actium. » Auguste céda et se rendit au tribunal , où il obtint 1 absolution de l'accusé. Frappé, toutefois , des murmures qu'avait provoqués dans le Forum ce scandaleux sacrilice des devoirs du prince

aai. Intèrèto da général , il aYalt de nouireau renoncé ' à d'odieuses interventions , lorsqu'il y fut entraîné ,

cette même année , en faveur de Nonius Asprénas , l'un de ses amis les plus dévoués, et s'attira ainsi la , censure do fameux orateur Cassios Sévérus, qui avait intenté raccusation. Nous en réservons les détails pour Tépoqiie où ses ressentiments, longtemps contenus, lui dictèrent une des plus funestes innovations de son principal. Il suffit ici de faire observer Favilissement de la préture, si vivement exposé par cet orateur, que la plupart des candidats s'étaient retirés avant rassemblée des comices pour les élections.

J 18. Auguste releva 1 éclat de celte maf^istratnreen èten- 74Ô. privilèges , et en faisant accorder aux pré-

teurs un droit qu1ls avaient vainement sollicité; c'était le droit de proposilioii au sénat , dont Timportance s'était accrue depuis que Je prince Tavail fait comprendre dans sa prérogative. Us devaient ensuite ' être détrompés , et Ton ne voit pas quMfs en aient fait im fréquent usage. Mais les candidats , éblouis par cette concession , recommencèrent leurs brigues.

La décadence du tribunat ne pouvait pas être de même dissimulée. Les sénateurs, qui avaient jadis obtenu de SylJa cette candidature comme un privilège, la répudiaient à Tenvi cette année. Auguste ordonna que chaque magistrat en exercice désignerait l'un des chevaliers romains qui serait de droit candidat pour le tribunat.

Un sénatus-consulte établit alors le vigintivirat , pour éviter à l'avenir de telles mesures. Il comprenait sous cé nom les vingt magistratures inférieures, celles des quatùorvirs des chemins, des triumvirs des moD«^ naies , des triumvirs capitaux , délégués à FeiLècutioB

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