LIVRE V« m
de»juffem«itfl erimiMls, et des déoemiift m% procès,
qui présidaieot les dix sections du tribunal des centumvirs. Il ordomiaiique ces magislmiures seraient désormais ao nombre des charges oufoDcItoos publiques
qui ne pouvaient pas êlrc refusées ; qu elles seraient conférées À des membres de i ordre des chevaliers ^ et qa elles les rendraient de plein droit candidats pour les magistratures supérieures.
On rapporte à cette même année i édit du prince qai réformait une erreur commise par les pontifes dans le classement des jours intercalaires. Ponr maintenir l'ordre ainsi rétabli dans le calendrier, il ordonnait de le graver sur une table d airain. Le mois de sextilis y Ait désigné sous le nom d'Auguste en vertu d'un dicK t du sénat , et nous en avons fait par corruption ie mois d'août (1).
Mécène terminait cependant sa carrière. Depuis j 19, quelque temps, dit Tacite , il n'avait plus conservé que les apparences de la faveur ; Livie dominait dans les conseils du prince par baliuste . qui s était dévoué à ses intérêts. Ce nouveau confident d'Auguste était le neveu du célèbre historien , héritier par l'adoption de sa fortune et de ses magnifiques jardins. Il offrait de singuliers rapports avec Mécène , dissimulant , ainsi que lui , sous des apparences efTéminées la vigueur de son âme et l'aclivilé d'un espril supérieur aux plus • grandes affaires. 11 avait imité sa modestie , fuyant Tédat des bonneurs et refusant de s'élever au-dessus de Tordre des chevalier?. Cette conformité de caractère^ soit naturelle, soit inspirée par la politique, i éleva à une semblable fortune. Mais il obtint bien moins de
(1) Dion, LiV inf.ctLV. - Su(H., Aug. 36cl5S. — Lips. adTacit. , AoD. U, SI.— Macrob., Sal. Il, 4.
célébrité : les eireonsUmees étaient changées ; il resta
toujours subordonné à 1 lia hi le épouse qui Favait porté à la faveur et pouvait seuie Vy maiiiteoir.
La fortune de Mécène était opulente , et Ton adml* rail ses jardins , construits sur un vaste terrain qui lui avait été accordé par le sénat. Il nomoiait Auguste son héritier et l'arbitre des legs portés dans son testament. Il recommandait Horace à sa bienTdlknioe y mais ce poëte célèbre venait de précéder dans la tombe soo généreux protecteur.
Mécène > dans Topinton de Sénéqiie » eût pu deve* nir le digne rival des écrivains dont il favorisait les succès ; ses molles habitudes avaient èoervë sou génie, et son style s'était corrompu avec ses mœurs. Non moins dépravé que le prince , c^était en le recevant à sa table que le mari complaisant dont parle Juvé* nal 9 que Galba disait à soo esclave ; Je ne dors pas pour tout le monde.
Ses torts furent expiés par le noUe usage qu'il fit de son crédit : ardent protecteur des lettres, non moins aélé pour adoucir le joug qui pesait sur les Romains , ce fut surtout par son influence qu'Auguste surmonta un naturel sanguinaire t;l les habitudes atroces du triumvirat , pour prendre , après la victoire , les sentiments d'un grand prince (i).
j 20. Mécène ne fut pas seulement le ministre de la politique d Auguste , il le seconda aussi pour la i)roleclîon des lettres, et contribua puissamment à l'éclat qu'elles offk*ireot dans ce siècle , compris depuis au nombre des quatre siècles qui ont servi d époque à
(I) Gtoer. ad Fam , VU, 94. - Suél , Aug. . 78. - TMit , Ann. III, 90. - Seii«e., Kpisl. 111. — Jttven., Sat. I, lli. — Plultrc, Kroliii.