LIVRE V. 27 i
la grandeur de Tesprit humain. Tovtefoia , cette protection teodait aussi à seconder les desseins politiques du prince. En ravisageant le progrés des lettres sous ce point de vne qui appartient à i'itistoire ^ nous poarrons découvrir quelques aperçus nouveaux dans uo sujel épuisé^ d autres égards par la critique littéraire.
iKoiiBexpiiquenias d'abord ainn ic» innovations qne Ira af^emMiaées dans l'enseignement des lettres. Les rhéteurs en étaient ciiargés; glorieux de montrer à leur lôle ce même Cîcéron qui avait offert tes modèles^ et qui dévoila ensuite les secrets de l'art oratoire: leurs exemples ôlaient puisés dans lt»s chefsd œuvre qui s'étaient pi oduits sous i inspiration de la iftbeglè» ai qui en attestaient toute la puissance^
Auguste aspirait à leur substituer les grammairiens, bornés d abor l aux règles du lanuML:<' qu ils enseignaient à l'enfance , et qui déjà étendaient leurs leçons aux fables de la mytbologie , expliquées par les écrits des poêles. Il profita de Téclat donné à ces études [)ar Varron, qui les avait appliquées à de curieuses investigations sur les origines nationales. Il combla de bienfaits son plus célèbre émule , Hygin , qui fut préposé à la garde de la bibliothèque d Apollon Palatin. Les leçons de cet ingénieux savant sur les traditions anciennes , sur les fables de la mythologie , sur les écrits des poètes, séduisirent une jeunesse passionnée , qui n'avait plus que rarement sous les yeux les luttes de la tribune , et qui consuma toute son ardeur dans ces études oisives.
Le grammairien Verrius Flaccus devait a ces goûts nouveaux le succès de son école. Auguste rétablit dans son palais et lui confia Téducation des jeunes GésarSi en lui laissant tous ses élèves. La prééminence
SIÈCLE D'AUGUSm
sur les rhéteurs pour reofielgnemeiit fut dès km aera-
rêe aux grammairieDS, maiâ ils donnaient leurs leçons en langue grecque. Cœcîlius adopta la iaogue lalioe et offrit pour modèles les poëtes de ce siècle : c'était le même qui avait offensé le prince par la séduction de i épouse d'Agrippa. Il obtint son pardon en intéressant l'amour*propre uatioual à des leçons qui faisaient prévaloir, sur des études plus sérieuses, les séduisantes fictions de la poésie.
Les poêles latins se montraient dignes de cet hommage» et Lucrèce lui-même , quoiqu'il eût employé , pour décrier le culte des dieux , le langage qui avait dû son origine au désir de lui donner plus de solennité. Nous verrons comment une fausse philosophie avait préparé cet abus , qui produisit son effet ordinaire, le rapide progrès de la superstition. Telle fut la vogue attachée dés lors aux croyances de f astrologie judiciaire, que les injures du temps , qui détruisirent les poëmes si vanlùs de Valgius , de Rabirius et deVarius, respectèrent néanmoins les ^strono^ miques de Manilius.
j 21. Ovide venait alors de publier ses Métamor^ 746. phases , 1 un des plus beaux présents , dit La Harpe , que nous ait faits fantiquité. Il avait débuté par un essai dans Tart dramatique , et sa Médée a obtenu les éloges de Quintilien. Mais xluguste ne voulait favoriser ni les tragédies, devenues l'un des exercice» pour Tart oratoire, comme on le voit par ïCEdipe de Jules- César, et par les drames de Pollion; ni les comédies^ où la censure des mœurs pouvait devenir une satire politique : c'était pour les décrier également ({u'il avait inspiré au peuple le goût des danses paulomimes.