‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 8 sur 160 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

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suffrages populaires , par le noble usage de leurs talents y loaifi mxfà\eur» à m maître , par de serviies ioirigaet; hmtmmrtA comfirimé par la crainte d*iii- ^irer 4e l'ombrage, et leur âme s'avlHC par ta iiaiiiiiiie ou par i éguï^ue. Vous amèneriez les Romains à re- • graHer lemnêmàmneê iBslknlioDi; mm vom prépaporiw à TiNia-nAne dea dlBienliés eam nmbre. y«m seriez obligé d'établir de nouvelles taxes pour suffire a«x dépenses publiques ; car les citoyens opulents ne TMriraîasi fim faira hommage à ta pateie de kmn ridba§aa0,llseraiiidraiait juMiQ^au sanpçoa #asplrer à la popularité; les citoyens pauvres r\r pourraient tDanver à ieur taur un soutagemeat du poids des im^ ptia ditts ta ierrtae aiHitaiFe, que ta roonarcliia ré* serve pour une clas^ privilégiée , exempte des charges publiques , et qui ne sert qu'à les rendre plus ac-

cabtaAtes* La aïonaroiita asige » es outre , que vous ranfaitrtaa dans vos maias radmiatatraiion de ta jiit>

tice, et vous prépare ainsi de nouveaux obstacles. Ce peij^pte 6i fier et qui , jusqu ici , n a eu pour juges que Midgam« déiigaés par ta iort on par lei suffkagei, eaoaeiilira«*t4l à vcras abandonner ta choix des hom* mes appelés à prononcer sur son honneur et sur «a tartiine ?

D Mata on p M grave obstecta nallraît aneoia da

Top portion de vos Intërètoavec ceux des hommes su*périeurs qui ont fait jusqu*à ce jour la force de ta répubhqiia. Pour maintenir voire puissant, vans se* rtaz réduit à rabaisser ranctanne iUustratioadasnaa, à épuiser les grandes richesses des autres , à les éloigner toiis , sans disljnction , des premiers emplois. Ce sera donc à des hommes faibles ou avilis qua vous

confierez radmiaiftlratian de vos provinces , ie commandement de vos armées , It? soin d inspirer la coufiance à vos alliés , la terreur à vos ennemis. Vous reslerez cependant exposé anx ressentiments des citoyens généreux, qui n'auront encouru votre disgrâce que pour avoir été trop favorisés par la nature ou par la fortane. lis ne sont d^ que trop enclins à suivre l'exemple deBrotus et de Gassins; eux senls avaient inspiré au jeune I.épidus le téméraire projet de vous attaquer au sein même de votre triomphe. Un grand nombre d^entre eux ont » il est vrai , soccombé dans les guerres civiles ; mais les guerres civiles forment toujours plus d'hommes audacieux qu'elles n'en détruisent; les sentiments qui les animent sont même contagieux; et le complot de Salvidîénus n'autorise que trop vos méfiances envers ceux que vous avez le plus comblés de vos faveurs.

» J'approuve donc votre généreux dessein de rétablir notre ancienne constitution par des lois sages ; c'est rintérêt de votre gloire , mais c'est aussi la condition de votre sécurité. Lorsque Syila renon$ait à la dictature, il avait bien compris le génie de ce peuple» trop habitué au commandement pour se résigner longtemps à la dépendance (1). »

Mécène prit alors la parole : il était aussi d'avis qu'Octave devait aspirer à régénérer la république; Mais , pour alteindre ce but , le rétablissement des lois anciennes ne pouvait suffire ; Tautorité d'un magistrat suprême devenait indispensable pour garantir leur observation et leur durée.

- « Je ne prétends point , ajouta- t-il , contester la prééminence de létat populaire ; les citoyens lui du-

a> Dion,, lib. M.

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rent tours i^rospèrHés , jusqu'à TépOf ne on ils te laissèrent corrompre par leurs eonquêles au delà des mers , et coDseoiîrail au traiic de leurs sufîra^. La répubtique » vesdue akirs aux grao^a Kone , dèciiicée eosnile par le«r» divMious , s*«fll dé|è vue plus d'une fois sur le peiicliaiil de sa ruine. Elle y serait eatraioée si vous laissiez renaître l aoarchie^ doot voua seul Tavea délivrée. Vous péririez toutefois avaut elle , car vous ne pouvez plus impunément reparaître désarmé au milieu de tant de cito^ensi qui vous détestent comme Tauteur de leurs calanilés , ou qui vous redoutent comme le plus puissant obstacle à leurs vues ambitieuses. L'exemple de Sylla appartient à une époque où le succès de cette démarche hardie n'était pas encore désespéré. Toutefois, en cette même année , plusieurs de ses lois furent abolies , et il vit renaître les dissensions intestines. Sa iiioi t , qui eut lieu i année suivante*, fut jugée volontaire ; il ne voyait plus d'autre recours contre les attentats dont il était sans cesse menacé.

» Auriez-vous à craindre le reproclie d avoir tenté d'abuser ie peuple romain par des motifs spécieux ? 11 est reconnu que le meurtre de votre pére vous a cou* train t à prendre les armes et à former une ligue avec Antoine et Lèpidus. Si vous avez été conduit à d autres projets par rinjostiee de vos ennemis, c est pour leur en foire porter la peine. Tous les bons citoyens vous ont applaudi, et la pi oteetion des dieux, qui vous désignaient pour leur chef et leur sauveur, s est manifestée par le succès de vos armes. Cette proleclio|i suf. lirait pour renverser des obstacles, qàe vous vous èles d'ailleurs exa^ïérés, ainsi que le prouvera i examen du plan de gouvernement que j ai à vous proposer.

18 SIÈCLE n*AUGUSTE.

Votre premier soin doii être de réformer le sénal , pour n'y conserver qne les membres qni l'hono*

renl ; et si ces membres n'ont pas le cens nécessaire , voufi y suppléerez par vos largesses. Les places que cette réforme aura rendues vacantes seront données aux personnages les plus éminents de Rome , de Fltalie et mèiue ties provinces. En appelant ainsi aïi sénat réiite des batMtants de l'empire ^ si vous ne gagnez pas leur affection , vous les priverez au moins des eheis , qui pourraient donner à leurs soulèvements un caractère dangereux.

» Vous aurez seul le droit d'élire les magistrats; car c*est de vous seul que toute autorité doit émaner. En leur laissant leurs anciens honneurs, vous restreindrez leurs allributions : ils oc doivent conserver que celles qu'exigent l'accomplissement de leurs devoirs et le maintien de leur dignité.

)) Vous choisirez paruii les* consulaires un préfet de Rome , à qui vous déléguerez votre autorité dans la ville ; un sous-censeur, qui devra vous suppléer pour les fonctions de la censure. Vous los déclarerez inamovibles : ils ne pourront sa rendre redoutables, puisqu'ils ne seront Investis .d'aucun pouvoir militaire; et s*tls avalent à craindre d'être exposés à des vengeances en sortant de charge, ils nsoraicnt de ménagements nuisibles aux intérêts de votre pouvoir et de la justice. Vous étendrez leur joridiction à cent milles au delà de fenceinte de Rome. Vous diviserez le reste de litalie et les provinces en gouvernements, dont Tëtendue n'excédera point les forces d'un seul homme ; un consulaire ou un ancien prêteur sera choisi pour les régir; il recevra un traitement fixe, pour ne laisser aucun prétexte aux concussions ; il restera en charge

de trois à cinq ans : nn moindre terme rendrait les améliorations impossibles ; un plus \on^ deviendrait favorable aux abus d'autorité. 11 administrera la jus* tice , mais ne pourra oonnrtire des aceosations contre les centurions et contre les magistrats des villes municipales. Ceux-ci n'auront que vous pour juge : ils ne doivent voir qoe vous seul dans leurs craintes comme dans leurs espérances.

)) Dans la réforme de 1 oi dre des chevaliers , vous procéderez comme pour la composition du sénat; TOUS étendrez vos cboix aux habitants > distingués des provinces. Je voudrais même que le droit de cité fût insensiblement accordé dans Rome, h tous ceux qui en jouissent dans leur patrie. Cette politique bienveillante amènerait la fusion des intérêts et des senliments, entre les diverses parties de Tempire.

» L'ordre des chevaliers vous fournira deux préfets, pour le commandement de vos cohortes prétoriennes ;

ce comoiau dément manquerait d imité , si les chefs étaient plus nombreux ; il otlrirait des dangers, confié à un seul homme. La nomination à vie de ces préfets excitera leur zèle ; leur modeste origine ne leur permettra pas de concevoir des projets ambitieux. Vous prendrez également dans cet ordre un préfet des veilles, chargé de pourvoir à la sûreté de la ville pendant la nuit ; un préfét des vivres , ayant la police des marchés ; les divers chefs auxquels vous confierez i administration des finances ; ceux-ci n'auront aucune autorité sur les soldats ; vous devez éviter de cumuler dans les mêmes mains , le maniement des deniers publics et les fonctions militaires. Vous devez tendre . même à multiplier les emplois , pour placer sous votre

SO SIKOLE D AUGUSTE.

dépéndaiic<ï , ou former aux affaires un plus grand nombre de citoyens.

» L'éducation des jeunes gens, dans les deux premiers ordres de Tétai , éf eillera snrtont vos sollicitudes. En exigeant qu'ils soient , dans les écoles publiques y assidus aux leçons des maîtres ies plus habiles, ▼ons développerez leurs talents et vous mettrez les lumières en honneur. Cette politique est bien préférable à celle des princes qui cherchent à les étouller, car les hommes instruits sont moins dangereux que céux qui n'ont Jamais appris à cultiver leur esprit , ni à régler leurs passions, et que loisivelé ou le désordre de leurs ailaires entraînent le plus souvent à des résolutions désespérées.

» Quant aux mesures à prendre pour contenir et réformer le peuple roniaiii , la principale consiste dans de nouvelles règles pour le service militaire. Retenez le soldat sons le drapeau , jusqu'au temps fixé pour la tétérance ; vous réserverez ainsi Tusage des armes à une partie des citoyens , que les habitudes de la discipline formeront à la soumission ; vous affermirez cette soumission , en choisissant vos soldats dans la classe la plus indigente, et vous pourvoirez d'ailleurs aux besoins des hommes qui seraient le plus disposés àtiroubler la paix intérieure.

n Tous les citoyens seront tenus de contribuer aux charges publiques ; mais ce n'est point là une nécessité de la monarchie; elle est commune à toutes les formes de gouvernement. Vous radoucirez en faisant vendre une partie des terres de Tétat , qui gagnera ainsi à la fois le prix de ces terres, et les taxes auxquelles elles devrcmt être soumises. Vous achèverez d'apaiser les murmuiies par utte sage distribution des

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