LIVRE V
ralioosde sa sagesse; qui garantit , par sa Jusiice, les récompenses promises à la vertu ; qui rèfrle la société
civile par des lois immuables, dont lesénatet le peuple ne peuvent s'écarter dans leurs lois ni accorder de dispenses. »
Les doctrines de Platon auraient obtenu la prééminence , si la secte académique ne les avait pas décriées, en ne les présentant que comme des opinions probables. Son éloquent interprète fut la victime de ce doute, dans les dis?2rrâcesde la fortune ; les inconstances que i on a reprochées à ce grand homme n'avaient d'autre cause que la faiblesse de ses convictions.
L'esprit de doute s'accrut chez les disciples de Platon par leur lutte avec les stoïciens. Ces sectes avaient été toutes deux fondées sur Tabus du syncrétisme. L*analogie que cette origine commune avait pro(}uite entre leurs doctrines s était manifestée dans les tentatives du stoïcien Panœtius pour les concilier , et ensuite dans les écrits de l'académicien Antiocbus d'Ascaloii , qui soutint que l opposition apparente de leurs préceptes n était fondée quesur des différences de mots.
Mais une rivalité jaloose les avait ensuite poussées à des extrêmes contraires. Les stoïciens avaient imité le dogmatisme de Técoie d'Épicure , et leur sage avait étendo à ses opinions rinviucible fermeté qui Inspirait toutes ses actions. Les académiciens avaient compromis» par Fexcès du doute , Tascendant que le génie spéculatif des peuples de TOnent leur assurait dans rècoie d'Alexandrie. Ils avaient ainsi favorisé le succès de la nouvelle école sceptique , établie par iEnésidéroe dans cette ville » au siècle de Cicéron.
L'école éclectique , qui tendait , At Brucker , à for-
mur on cteoe des opUont diwBêft te pteihMOpiieo f ^aoloriM, poar faire m dioix dam I0119 les systèmes,
de la disposiliod des es[>i its à les eoulester égalemeot. PoUmoQ rouvrit dans Alexandrie aasîède d'Auguate, ii l*on en crait Soldas. Bmcker o'eD assigne la fondalion qu au siècle suivant ; mais il convient que, dès lors , le syncrétisme de plusieurs philosophes ne différail pas de Técleaisme. On n*a pas bien connu les doctrines de Potamon; il paratt les avoir soiiout empruolëes des méthodes d Aristote et des systèmes de Pytbagore , qui tendaient à prévaloir dans Alexandrie (1).
J 28. La secte d Aristote dul ses succès, dans TOrient , auji enseignements de r^icolas de Damas, ou Damascène. Nicolas devint ensaite le confident d Hérode , et rhisloire universelle qui accrut sa célébrité fut entreprise à la sollicitation du roi de Judée ; mais il mêlait ces études aux spéculations philosophiques, aimanté voyager, disait-il , mais aspirant toujours à rentrer dans sa patrie. Son esprit et sa vaste érudition lui obtinrent ensuite la familiarité d Auguste Us sôduisir^t même les Romains, peu favorables jusqu'alors à une ' secte qui n était pas moins spéculati\ e que celle de Platon , et qui n'avait pas eu comme elle un éloquent orateur pour interprète.
Arèns relevait en même temps dans Alexandrie la secle de Pylhafîore ' il prolitail du décri de la secte de Platon , et se rapprochait de ses doctrines, pour imiter leur analogie avec celles qui prévalaient dans 1 Orient. Appelé ensuite auprès d Auguste pour lui enseigner la philosophie , il réveilla chez les iiomains,
(I; Midlel , Vie Uc Cicéron , liv. XII. — lirucker tl Teuncmau, iù