LIVRE V
ûam i iiiiérét de sa McCe , ia vénératiao atUcbée k cet iostiiot de Pytliagore , qui avait jadis régénéré la
Grande Grècc. Ce philosophe, chéri d'Au;4usle, s était aussi coudiié la bienveillance de Livie , en lui offrant ses eansolatiMS dans ia douleur où l'avait jetée la perte de son premier épouic .
Augusle avait alors conçu de Tombrage des efforts deQ. SextîQS , qui s'efforçait de remettre en bonneur le régime de vie et les pratiques pythagoridennee ^ et qui s était concilié les stoïciens, en mêlant a ses dogmes ceux du Portique. Comme il i avait vu combattre dans tes rangs de ses adversaires ^ et se refuser ensuite aux avances des triumvirs , ces témoignages de son zèle philosophique lui paraissaient inspirés par le désir de ramier les Romains aux ancienDes mœurs répablicaines. Pour dissiper ces impressions , Aréus l>orta tout le zèle de ses disciples vers l étude de la nature, et il favorisa ainsi ia grande vogue d'Ana&iiaus.
Anaxilaas de Larisse, médecin distingué, s était d'abord fait connaître par dheureuses découvertes dans iessciences naturelles ; il y joignit renseignement des doctrines sur la magie, science supérieure et oceulie ,qne Pytbagore avait cachée sous la fameuse théorie des nombres. Son ai tleur pour la célébrité l'entraîna ensuite à (^rir , dans des réunions secrètes , ces effets merveilleux de la magie naturelle , qui remplissaient ks spectateurs de crainte et d admiration. Nous le verrons s'attirer ainsi une punition sévère ; ses suc cès lui firent alors partager avec Aréus la gloire d a voir remis en honneur la secte de Pytbagore. Il séduisit même un grand nombre de disciples de Platon, en mêlant leurs doctrines aux enseignements de cette secte.
Ce retour vers les platoniciens favorisa leur réno- 5 ^*
SlfiGLE D'AUGUSTE
valioa» entreprise alors par Tlirasylle, et cooDue sous le nom de Dèoplatoiiisiiie. Thmylle , natif de Mendés
en Egyple, et que Ton surnummaill asU oioguc, parce qu il était fort versé dans les sciences magiques , en fit usage pour relever le crèdil de Tacadémie. Il soutint qu'elles s'accordaient avec la doctrine secrète de Platon , qui les avait empruntées aux manuscrits laissés par Pytiiagore* De ces sciences et de i'invocatioD des génies il forma un nouveau système ^ qui sèduisiC tous les esprits , en flattant la superstition , à laquelle ils étaient poussés par 1 iucrédulité religieuse ; qui entraîna à sa suite les âmes faibles ou passionnées , en offrant une carrière sans limites à leurs espérances. L'interprétation allégorique, qui prévalait alors dans Alexandrie , fut une des bases de ce système ; il s en servit pour rattacher les dogmes de sa philosophie aux mystères des antiques religions de l'Orient.
Les innovations des pythagoriciens et des autres sectes furent absorbées dans ce vaste syncrétisme , et, réunies aux spéculations des platoniciens , formèrent un enseignement complet et dogmatique. Thrasyile avait ainsi fondé , dit Tenneman , uneècole d'enthousiastes , qoi se prétendaient éclairés par une haute lumière intérieure. Mais il avait remplacé le doute par des convictions, et il avait profité du syncrétisme de sa secte pour lui approprier les systèmes les plusaecréditës dans Alexandrie. Le Juif Philon continua son ouvrage avec un tel succès , que plusieurs lui attribuèrent la fondation du néoplatonisme*
Thrasylle obtint dans Rome les mêmes succès, et les dut surtout aux sciences magiques. Nous verrons comment il se garantit de la réprobation qu'elles attirèrent sur d'autres sectes de philosophie.
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La prolecUoii accordée aux philosophes s étendit J so. à tous les savaols , dont ils étaient d'ailleurs les rlvaus* pour Tétude des sciences. Leors travaux étaient se<» condés dans Alexandrie par sa fameuse bibliothèque, établie sous les Ptolémées, incendiée pendant la guerre, relevée par les bienfaits d'Antoine et d'Auguste. Ce prince lui donna pour rivale dans Rome la biblio- Ihèque d'Apollon Palatin , devenue bieiUùl par ses soins le rendez-vous des savants les plus distingués de Templre. Nous avons vu des citoyens opulents, animés par Texempie de Pollion, imiter eett<^ noble muniiicence.
Tennemann a fait observer que ces secours furent
plus nuisibles qu'utiles au progrès des sciences , et que les iaciiités obtenues pour acquérir de l inslruclion ou pour la répandre avaient fort affaibli l'originalité des recberehes. Les pliilosophes , en effet , déjà trop portés à la spéculation , négligèrent la pratique et rexpérience. Le même écrivain appliqua son érudition d'emprunt aux sujets les plus divers , et c'est ce qui explique comment les deux traités sur Tari de la guerre que ce siècle a produits furent I ouvrage du médecin Gelse et du mythologue Hygin. Leur génie perdait en profondeur ce qu'il avait acquis en superiïcie; les sciences restaient statiounaires , les décour vertes nouvelles semblaient même infécondes. On avait constaté , par d'heureux essais, que les fluides pouvaiciil t Ue trcs-ulileiiit iii employés comme moteurs , et toutefois celte branche de la mécanique ne devint une véritable science qu'au siècle suivant, comme on le voit |)ar les traités de Froiitin.
L'astronomie et la géographie obtinrent seules, par les soins d'Auguste , un nouvel essor. L'astronomie ,
4e tool temps en honneur dans rOrient, s'était accréditée dans Rome au siècle de Cicéron; et l'on voit^
par ses dialogues sur la république , qu il aspirait à découvrir les principes qui doivent être sur la terre les bases de Tordre social ^ par l'étnde de Tordre admirable qui préside aux mouvements des corps célestes. Auguste maniiesta son z^le pour celte élude en faisant transporter de la ville d'HéliopoHs un obélisque qui fut élevé au milieu du Champ-de-Mars. Une méridienne, tracée à sa base, devait .servir a mesurer la longueur de l'ombre , et à la comparer avec celle des nombreux obélisques ou gnomons qu'il avait lall établir dans les principales villes de l'empire pour déterminer leur latitude.
Mais ce prince voulait surtout ainsi favoriser les progrès de la géographie ; il les seconda plus directemeiil par se» s»oins pour teriiiiaer la descripliou du monde romain , commencée dans Tannée de la mort de Jules -César, en vertu d'un sénatus- consulte. xVgrippa fit recueillir un très-grand nombre de mémoires et {iréparer une carte générale. La mort le prévint lorsqu'il faisait construire le portique sous les voûtes duquel il voulait la faire graver ; le portique fut élevé sous son nom , la carte y fut gravée après avoir été complétée et étendue au reste du monde. Le globe terrestre , suivant l'expression de Pline , fut alors offert pour la première lois aux regards de ses habitants.
Les savants les plus distingués avaient concouru à
cette vaste entreprise; le roi Juba leur avait donné Texemple, par les investigations sur TAirique qu'il provoqua y et voulut lui-même rédiger. Denis deCharax, chargé par Auguste d'instruire son fils Gains
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César, célébra, dans uo poème en vers grées,
progrés de la géographie.
Strabon , qui n^était connu jusqu alors que comoie philosophe et comme orateur , se livra désormais tout entier à cette science , dont il vérifia dans ses voyages les découverles. Sa géographie est restée, malgré les savants travaux de IHoiémée j un des plus beaux, monuments élevés par les anciens à cette science : on la recherche ponr les desiriptions , qne la présence des lieux semble reudre plus vives et plus pittoresques ; pour les anecdotes nombreuses qui suppléent aux laponnes des historiens ; pour le goût si pur qui semble le cachet du siècle d'Auguste (1).
Âuguste obtint aussi de nouveaux progrès dans les j 54, arts* et le caractère de grandeur qu'il donna à ses 7id. monuments publics atteste Tinvention de machines qui sufDsaieiit au transport des plus immenses fardeaux. C'était par leur secours qu'il avait décoré le Gfaamp-de-Mars d'un obélisque enlevé à la ville d Héliopolis. L u autre obélisque de la même ville devait être le plus bel ornement du Cirque : l'arrivée du navire qui ramenait dans le port d'Ostie excita , dit Pline , des témoignages unanimes do surprise et d'admiration. Ce navire y fut conservé jusqu'au temps de Claude , qui le fit couler à fond pour servir de base à la vaste digue construite en avant de ce port.
Les macbiues de guerre furent aussi perfectionnées ; leur usage trop fréquent devait être une des causes de l'altération dans' la discipline qui a été remarquée par les historiens.
On ignore si Tart de la guerre lit alors des progrés ;
(I) Tennemarn cl Brucker, ibid, — ¥\\M, lli, S.
U^9> rirconslancos lui élnient devenues moins favorables; et , tandis que le prince invitait les savants à discuter ses théories, il condamnait les plus illustres capitaines à une retraite prématurée.
L art (1<^ rajrncullure semblait destiné à plus de succès ; il réparait les désastres de la guerre chez les peuples civilisés ; il favorisait les développements de la civilisation chez les peuples barbares. Mais les savants discutèrent en vaio ses théories ; vainement Columelle rédigea ses préceptes dans des écrits remarquables par les formes de style , aussi variées que la nature elle-même, dont il enseignait à obtenir les Inenfaits. Cet art y si noble et si utile , tendait à sa décadence , parce que ses travaux , jadis honorés par des mains victorieuses , n'étaient plus désormais exercés , surtout en Italie, que par des esclaves.
La funeste inftuence de Tesclavage fut dés lors attestée par VInutilité des efforts d'Auguste pour eneourager la constnulion des moulins à eau, et rendre ainsi aux travaux de ragriculture une multitude de bras employés à broyer le grain avec le pilon ou la meule, (ietle invention récente, et depuis justement vantée y obtint alors si peu de faveur, qu'elle était encore presque sans usage au temps de Pline. C'était ainsi , suivant Topinion de Vltruve , que la guerre » en m ul II pliant sans mesure le nombre des esclaves, avait étendu sa funeste inUuence au sein même d'une paix profonde : l'esprit humain semblait frappé de stérilité ; dans le citoyen opulent , qui ne savait recourir qu aux bras de ses esclaves; dans Tesclave, qu'avait abruti le sentiment de sa misère. Telle fut, comme Ta fait observer dans la suite Tannotateur de Palla-dius, la véritable cause qui rendit inutile une inven-