‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 85 sur 160 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

tion dont od devait plus tard obtenir uoe si iieui*euso influence sar la prospérité de Tagricalture (1).

Auguste sefforcail surluut de relever les beaux- ^ arts , déjà menacés , dit Winckelmaon , d'une rapide 740. décadence. Il invitait les pius célèbres artistes de la Grèce à rivaliser, dans ses monuments publics , avec les chefs-d'œuvre dont elle avait été dépouillée, et leur offrait dans Kooie une nouvelle patrie. Ses eObrls eurent d'abord peu de succès , et les Romains semblaient devoir renoncer à la gloire des beaux -arts. Virgile les consolait en s'écriant que i art des Romains élail de commander aux autres peuples. Il aurait pu ajouter que cet art s'était aussi dégradé par Tabus de la liberté, qui les avait réduits à accepter d un maître les lois qu'ils croyaient encore donner au monde.

Yttruve leur préparait de plus Justes consolations en ramenant le ^oiil du beau dans lesarfs. Cet ati liilecte fameux, dont le génie naissant avait été démêlé par Jules-César, seconda puissamment les vues d'Auguste. Il imprima un caraclère plus noble aux monuments publics; il dirigea les artistes chargés de les décorer. Il exigeait d'eux une vaste érudition, alléguant la nécessité d*ètendre les lumières de lespril pour féconder ses créations , et justifiant celle opinion ))arson juopre exemple; car ii avait publié des écrits sur tous les arts libéraux , et ce fut lui qui employa le premier le nom ii Lncj clopcf/ic , ou plutôt d' Encj ciic , dont ou se servit ensuite pour les désigner.

Les soins de Yitruve eurent un plein succès. £n inspirant aux artistes une généreuse émulation et feu dont il était lui même animé, ii les éleva a la hau-

fl) Pline, XVI, 170, et XXXVl, 14. — Joly, ^cad. des Insc , lom. XL. — Vilruv. , X, 10. — Gnner, surPatlad., I, ii.

m SIÈCLE D'AUGUSTE.

levr de lenra modèles. L'admiration des contemporains hésita plus d'une fois , dans les monuments publics , entre les Douvelles créations des bi aux-arts et les chefs-d'œuvre auxquels élles avaient été associées.

Mais un spectacle donlourenr vient attrister nos regards, lorsqu'ils se portent sur ces édifices où le siècle de Périclès et le siècle d'Auguste avaient réuni tant de titres de leur gloire. Déjà pétille dans le lointain la flamme qui yient les réduire en cendres; sa funeste lueur éclaire la tour élevée où le parricide fils d'Agrippine , debout ^ en habit de théâtre , déclame les vers qu'avait inspirés le sac de Troie , et considère avec de sauvages transports ces monuments du génie et de la victoire qui disparaissent au milieu des ruines embrasées. « Pertes irréparables , s*écrie Tacite , et qui seront à jamais déplorées par tous les amis des beaux-arts (i). »

(Ij Pline, 111, S, et XXXVI, 0. — Viiruv., 1, I — Tacit., Aon., XV, 18. — Winckelm. , VI, 4.

LIYRË SIXIÈME.

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