‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 86 sur 160 · CAÏUS CÉSAR · texte numérisé non relu

CAÏUS CÉSAR

ANS OB RONB 746 — 757.

Auguste avait d*abord ressentî vivement la perte de $ v^-

Mécène , et ne parut bientôt occupé que de sa tendr^ise pour ses deux iils adoptifs, et de ses soins pour les en rendre dignes. Il présidait lui*mème à leur édu* cation , assistant à leurs exercices , leur donnant des leçons de nalation et leur enseif^nanl les éléments des lettres. Il avait étabii dans son palais l'école de Verrios Flaccus, pour leur assurer les avantages de Téducation publique. Sous le premier consulat de Tibère , ii les présenta au peuple, dans les jeux que les préteurs faisaient célébrer pour la dédicace du théâtre de Marcellus. Tous les spectateurs se levèrent , les saluant par de bruyantes acclaïualions. Auguste blâma des hommages qui blessaient la dignité du peuple romain et pouvaient corrompre un âge aussi tendre ; mais il dissimulait ainsi vainement sa joie secrète.

Tibère lavait remarquée, et lorsqu il viut présider aux jeux de son consulat , il tenait par la main Caïus César , qui fut accueilli par de nouveaux applaudissements. 11 eucourutainsi de vifs reproches, et Auguste défendit aux Jeunes Césars d'assister aux jeux publics

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sans sa permission, l.e fils de Livie n avait pas même coDSulté ses vrais îutërèts ; dans lexcés de sa jalousie contre Drasiis ^ il avait favorisé une riTalité bien plus dangereuse; il reconnut son aveuglement lorsqne Auguste se rendit ensuite sur les bords du Rhin. Caïus César i avait suivi et parconmt avec lui tous les rangs, dans la revue générale de Tarmée. Les soldatsmanifestèrent leur cnlhousiasme pour l'iiéritier des Ct sars, et reçurent en son nom une distribution générale.

Caïus César se montrait digne de ce glorieux héritage; sa physionomie était pleine de grâces; ses manières avaient la séduction qui prépara jadis les succès de son pére adoptif ; ses talents précoces s*annonçaient par la vivacité et le feu de ses regards. Son frère Luctus autorisait déjà les mêmes espérances. Ces deux rivaux préférés s'offrirent aux regards de Tibère dans tout Féclat de la faveur , lorsqu'il revînt de la Germanie : TuD , dont les acclamations des soldats lui avaient appris à ne pas dédaigner lajeunesse ; lautre, qui semblait devoir mettre cette concurrence hors de ses atteintes.

Tibère n'avait plus que l'appui de sa mère, et devait-il s'en flatter , après la mort suspecte de Drusus ? Il se confiait toutefois dans ce sentiment qui dominait chez elle tous les autres, dans cette ambition dont il était plus que jamais Tinstrunient nécessaire. Son attente ne fut pas trompée ; il obtint , par le crédit de Livie , le triomphe , que Ton n'osait plus solliciter depuis le refus d' Agrippa, et qui lui fut également décerné contre les lllyriens, qull avait subjugués ; contre les Germains, dont il s'attribuait moins justement la répresbiou. 11 se fit accorder pour la seconde f ois le titre éUmperator, devenu plus rare encore et plus envié ; il

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fut enfin désigné au consulat poui Tannée suivante(i ).

Tibère prit possession de son second eonsulat avec j a. Pison , Fao 7kl de Rome. Gomme les lois loi dèfen-> 7i7. daieot d entrer dans la ville avant son triomphe , le sénat avait été convoqué hors de i enceinte des murs, dans le portique d'Octavie. Il lui annonça le dessein de restaurer le temple de la Concorde, en son nom et en celui de Drusus. Il avait même voulu que les trophées de son frère concourussent avec les siens à rornement du triomphe, qui fut célébré le même jour.

L'éclat qu'il donna à celte pompe , depuis longtemps inusitée , excita Tadmiration des citoyens et renlhousiasme des poètes. Ovide la chanta dans des vers que plusieurs ont rapportés au triomphe célébré peu de temps après le désastre de Yarus, sans réûéchir qu'un deuil trop récent n'eût pas alors permis de telles solennités. Le poêle décrivait le pompeux appareil qui avait précédé le char de triomphe. II offrait les images de la (lermanie suppliante, de ses villes conquises , du Bfain » qui cachait sous des roseaux ses urues brisées. Il montrait ensuite les chefs captifs secouant leurs chaînes et relevant un front farouche pù respiraient la. fureur et la vengeance.

Dans les fêtes qui suivirent , Tibère célébra la dédicace d uu temple sous le nom de Livte , et traita le sénat dans le Capitole , tandis que sa mère présidait au festin où il avait fait inviter les dames romaines. Moins occupé néanmoins de célébrer sa {:\ini v qu a la rendre un instrument de son ambition , il aspirait à faire naître des circonstances dîlBciles y pour se mi^ntrer comme uu appui nécessaire et obtenir l'adoption

(I) Dlua, LIV in f. et LV.<*-Suél., Aug., 50.

(rAuguste. S il pouvait devenir ainsi l égal des jeunes Césars, il se flatlaii de surmonter aisément leur rivalité .

Les dépêches de ses lieutenants ayant alors apporté la nouvelle que ses avant-postes venaient d'être forcés et contraints de se replier sur leur camp, Tibère considéra cette attaque comme le prélude d'un soulèvement général. Il s'excusa de ne pouvoir présider les jeux qu'il allait donner pour Theureux retour d'Auguste , et partit sur-le-cUamp , décidé à rallumer la guerre dans la Germanie. Mais plusieurs des officiers de Tar* mée étaient des créatures de LoUius; Auguste fut bientôt instruit que cette agg;ression de quelques cbefs^ secrètement provoquée , avait aussitôt été désavouée par les Germains , et donna l'ordre d'accepter leurs soumissions. Après une campagne stérile , Tibère revint dansKome, humilié d'avoir saus fruit laissé pénétrer ses desseins.

Caïus Césai l avait remplacé i)()iir la présidence des jeux , proûtant ainsi de son absence pour se montrer avec éclat aux regards des citoyens. Il devenait plus que Jamais Tobjet des affections populaires, et Toccasion ne tarda^pas a s oflVir pour lui en assurer de nouveaux témoignages (i).

Antlstius et Balbus, parvenus au consulat Tan Tid de Rome , célébraient leur prise de possession par des jeux, publics. Lucius César entre inopinément dans ia salle y excité en secret ou poussé par sa curiosité ; les citoyens lui applaudissent ^ cbarmés de sa naïve jeunesse , car il entrait à peine dans, sa douzième année. Il répond avec grâce aux expressions de leur bienveillance; il en sollicite un témoignage , et demande

(1) Dion , ibia. - Ovtd. , Tritt. » IV, S « de Ponto , V.

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