LIVRE VI
le cansuial pour son iiève Caius. De non v<' Il es attiaiDatioDS s'élèvent; Auguste prend la (Mirole : « A Dien ne plaise , dit-il , qne la république soit de noaveau réduite à la nécessité où je Tai trouvée, de se donner un consul (|ui n ait pas acquis l'âge de vingt ans. » Il préparait ainsi les eitoyens à voir ses fils obtenir poor cet âge la souveraine magistratore.
Ce fut I objet d un décret |)roposé ensuite et adopté dans les eomiees. Gains et Lucius forent désignés au consulat ponr l'exercer cinq ans après qnlk auraient reçu la robe virile, qui se [)reuait il ordinaire a Tâge de quinze ans. Un autre décret des comices nomma Caîas pontife, et Lncins angnre , pour entrer en fonctions du jour où ils prendraient la robe virile. Auguste aurait eu le droit de les élire ; mais il abandonnait sonyent aux comices les attributions qu'il exerçait en leur nom, et il voulait alors rendre populaire la pro^ motion de ses deuxlils au sacerdoce.
D'antres honneurs leur furent déférés pour la même époque , et Ton peut ainsi concilier le témoignage de Tacite , (nii les leur fait accorder encore enfants , avec celui de Dion , qui assigne à cette concession l'époque on ils reçurent la robe virile. Le sénat décréta qu'ils pourraient à cetle époque siéger dans ses assemblées, et prendre place sur les bancs réservés à ses membres dans les jeux et les spectacles publics. Les chevalfers les autorisèrent à prendre alors le titre de princes de la jeunesse. Ce titre servit jadis à dislin^^ uer les jeunes patriciens des autres chevaliers ^ il était tombé en désuétude , lorsque les chevaliers avaient cessé de former la cavalerie des légions. Auguste le rétablit , après avoir remis en vigueur tes anciennes iubUtutioub des chevaliers; mais il lui donna une acception nouvelle , et
aoo SIECLE D'AUGUSTE.
8*en servit pour désigner ies héritiers présomptifs du prince du 0èiiai(i).
Tibère s'alarmaU de ces honueure prématurés, lorsqu il obtint pour lui-même uue association de cinq ans à la puissance tribuDitienne. Go ne peut dire si Auguste Toulut ainsi satisfaire Livie , ou s il fut inspiré par la politique dont il avait usé jadis eoTers Agrippa ; celte faveur devait, au surplus, produire de semblables résultats.
LolKus était alors cbargé de former aux aiftiires les jeunes Césars. Renîréen grâce après ses revers par 1 intervention de Mécène, il avait conservé, même après avoir perdu cet appui , l'ascendant qu'il exerçait dans les conseils du prince par son esprit , par ses lumières et par sa longue expérience. Ses soins pour dévoiler les intrigues de Tibère lui avaient mérité ce dernier témoignage de la confiance du prince. Soutenu par les anciens amis de Mécène , qu il s'était ralliés , et par rinfluence de la faveur accordée à ses pupilles , il atU* rait même auprès d'eux ceux qui s'étaient montrés les plus assidus à la cour de Livie. Saisi d'eflIVoi par la faveur accordée à Tibère » il inspira les mêmes craintes aux jeunes Césars. Auguste parut céder à leurs vœux^ et ne faisait peut-être que remplir ses desseins secrets , lorsqu'il s'autorisa des nouvelles de TArménie pour éloigner Tibère de Rome.
Les troubles excités dans ce royaume allié avaient peu de gravité ; mais Auguste feignit d en être alarmé, et donna Tordre à 'l'ibère de partir sur- le-champ pour rOrient avec la puissance prœonsulaire. Cet ordre imprévu déconcerta le fils de Livie, et le poussa à une
(I) Dion, ibid. - Tacit., Ami ,1.3.- Cenot* Pii., pag. lOS et suiv. — HoAnann , Hist. triumv. , S 17.