LIVRE VI
démarche dont sa présomptioii lui dissimataU la témérité. Il allégua que sa santé trop altérée i obligeait à reooacer aux fonctions pabliques^et demanda la permission d'aller jouir > loin de Rome , du repos qni M était devenu indispensable.
Livie tenta vaioemcnl de coinbailre cette imprudente rèsololion. Auguste reprocha sans plus de succès à son gendre , dans le sénat , qu'il voulait TabandoDoer quand il étaii comblé des témoignages de sa tendresse. Tibère fut inflexible» et donna même alors» si Ton en croit Suétone , un témoignage singulier de son obstination naturelle , en menaçant de se laisser mourir de faim. Pédant quatre joiirs il refusa toute espèce de nourriture. Autorisé enfin à partir , il fit son testament , dont il donna lecture à Livie en présence d Auguste. Se séparant ensuite de Julie , dont il n'avait en qu'un fils mort en bas Age , et de Drusus , qu'il confia aux soins de sa mèreVipsania , il prit seul la route d Ostie. Plusieurs de ses amis s y étaient rendus et insistaient pour s'embarquer avec lui. II refusa leurs offres , alléguant qu'il ne voulait pas les entraîner dans sa dis^^râce, craignant, en elTet, de voir surveiller ses démarches ; lorsqu'il entra dans son navire, il les embrassa froidement, et reçut leurs adieux sans dire un seul mot.
Tibère débarqua sur les cotes de la Campanie , où la nouvelle se répandait qu'Auguste venait d'être atteint d'une grave maladie. Sa méfiance ordinaire y fut trompée; il retarda son départ. Désabusé bientôt, et informé des propos qui se tenaient à Home , il mit précipitamment à la voile ; les vents contraires Tayaut obligé de relâcher dans File de Paros, il exigea des habitants la vente de leur statue de Yesta , pour
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orner son temple de la Concorde. Il aborda eafla
dans I lie de Rhodes, douL le sile et le climat Tavaient . charmé à son retour de TAraiéaie , et résolut d y établir son séjour.
On expliquait diversement sa retraite. Suivant les uns, accusé dun complot contre la vie des jeunes Césars, il s'était justifié auprès d'Auguste; mais, . alarmé de ses soupçons, craignant peut-être auasi de nouvelles révélations , il avait saisi la première occasion de Cuir sa présence. Suivant les autres , il était poussé à bout par les désordres de Julie, qu'il n*osait punir , ni même dévoiler. Le iiiolit le décida , dit le cardinal iSorris , d apurés buétone , fut qu'Auguale ne pouvait se passer de son appui , et que des circo»stances difficiles amèneraient blenlAt son rappel . Cette couûance , également inspirée par sou orgueil et par les prédictions des asUrotogues , se déguisait sous des prétextes semblab les à ceux qu'A g r i p pa avait jadis al Wguês Les jeunes Césars allaient jouir des honneurs qui leur étaient destinés; il ne voulait désormais paraître ni leur concurrent, ni leur censeur (1).
Auguste avait reconnu sans peine des prétentions mal dissimulées , et se promettait de ne pas souffrir que ce nouveau gendre ^ dont la grandeur éiait son ouvrage , aspirât impunément au rèle d'Agrippa : il s'occupa tl abord de le faire oublier , ea attirant sur son iiU adoptif les bommages de&Komains.
C'était l'époque où il devait revêtir Caîus César 'de la robe virile ; et , voulant donner plus d éclat k cette solennité , il s était fait élire pour la douzième lois au oonsiilat. Peu de jours après qu'il en eut pris pusses*
(1; Ceaolapbw Pîsana, ibid.