LIVRE VI
«ton avec Gaméliiis Sylla , et Tan lk9 de Home il se
montra avec tout Tappareil de la souveraine magîs* trature sous le portique de son palais, où ses parents et ses amts étaient d^ rassemblés. A travers une foule Iflimense de citoyens , et tenant par la main ce jeune fils, objet tant d'espérances, il se rendit au Capitole poui invoquer sur lui la protection de Jupiter : il conduisit ensuite son cort^e au Forum , devant le Iribunai du préteur, et dépouilla son tUs de la robe de i eufance pour le revêtir de ia loge , le déclarant ainsi parvenu à l'âge de remplir des fouctions publiques.
Caïus César fui des lors aulorisé à prendre le titre 4e consul désigné et de pontife , et à jouir des honneurs que le sénat lui avait déférés : il suivit Auguste au Champ-de-IMars . ou lr> chevaliers avaient été convoqués pour une revue générale , et reçut de leurs mains me Tance d'argent en signe du titre de prince de la jeunesse , qui devait servir à désig^ner le chef de leur ordre. Tous les citoyens qui avaient part aux distributions de grains reçurent en son nom soixante deniers par tète, ou kS francs. Le récit des fêtes brillantes qui succédèrent ne s'est pas conservé; on en jugera par la somptuosité de celles qu occasionna peu après la prise de la robe virile par Lucius César.
INicolas de Damas venait alors d'arriver à Rome , chargé par Hérode de le défendre contre les accusations de Syllœus , général d'Obode , roi des Arabes Nabathéons. Alarmé des préventions qu'elles inspiraient à Augusle , il ii osa d abord remplir sa mission. Mais Obode étant mort sur ces entrefaites, Syllsnis (ut accusé de Tavoir empoisonné , et conduit à Rome devant le prince. iNiculas plaida la cause des Naba-
ikéeos ; il obtiol que Sy lisus serait condamné aa der* nier supplice.
En prouvant le crime de Syllaeus, Mcolas avait dévoilé la noirceur de ses calomnies; Auguste regrettait d avoir trailé Hërode avec rigueur, et les ambassadeurs d'Arétas, qui s*était fait élire roi des Nahathèenssans son aveu , étant arrivés sur ces entrefaites, il refusa de les admettrez son audience, résolu de Joindre l*Arabie Nabathéenne aux états du roi de Judée. Une lettre imprudente d'Hérode lui fit perdre le truit de cette bienveillance. Abusé par les calomnies de sa sœur Salomé , qui avaient déjà causé la mort de Marianne, qui poursuivaient alors les deux fils de cette épouse infortunée, il Privait pour demander la permission de les faire condamner.
Auguste fut révolté des transports violents d'Hé* rode, ne se doutant pas que lui-même serait bientôt égaré par de semblables emportements. Il lui accorda la triste satisfaction d'immoler ses deux fils à setf soapçons , et abandonna le projet de confier de nouveaux étals à un roi qui se montrait si peu maître de ses passions : les excuses des ambassadeurs d'Arétas furent accueillies, et son élection fut confirmée.
Sulpicius Quirinus était alors président de la Cilicie. La répression des peuples du mont Taurus, qui désolaient tous les pays voisins par leurs brigandages, et la soumission des llomonades , obtenue par de sanglantes victoires y lui avaient mérité les ornements du triompbe. Livie venait de lui faire obtenir la délégation d'Auguste , alors avidement briguée , pour procéder en son nom au cens dans la Judée. Saint Luc lui a donc justement attribué le cens de ce royaume allié , quoique la Syrie , dont H dépen-
UVR£ YI. 305
dait, eûl aiors (>our président SeQtius Saturninus (1).
Le consulat de CalvMîus et de Pappienos , Tao 750 $ 6. de Rome, fut remarquable par la paix profonde qui régua dans 1 empire , et ne fut pas même altérée par des troubles domestiques. Le monde était dans le calme et semblait absorèé par les pressentiments qui lui annonçaient d'aufres destinées. Un»» èw non ville venait en effet de commencer : landisque^dans la cité souveraine, Auguste tentait d'affermir, par rbérédité , do raves changements aux lois cl aux mœurs des peuples^ dans une ville obscure de la Judée se préparaient , pour Tordre soeial » des innovations d'une bien autre importance. Le S5 décembre de Tannée précédente , dans Bethléem , où les opérations du cens avaient appelé tous les Juifs issus de la race de David, venait de naître le Fils de Dieu, qui avait revêtu une nature morlelle pour se dévouer au sa luules hommes.
L'ère chrétienne fut toutefois reportée à quatre ans après cette époque, mais ce fut Teffet d'une erreur de chronologie qui a été plus tard constatée.
Les transports furieux d'Hérode dans celle occa* sion sont étrangers à notre sujet. Il suffit de dire que les calomnies dont les deux fils de Marianne avaient été les victimes étaient inspirées par son fils d'un autre lit, par Antipaler, qui voulait perdre ses deux liittés. Hérode découvrit bient(^t que ce lils dénaturé , impatient de recueillir sa succession , avait formé un complot pour l'assassiner. Son indignation ranima ses forces , qu'une maladie incurable avait épuisées; il ne songea plus qu'à tirer vengeance d'un monstre trop digue de lui.
^1) Strabon, !»b. XU.^PUne, V, S7.»Tertul in Marc., IV, 19. — Usseriu5 , Sur Tan 5 mnt JéMS-ChrItt.
306 SIÈCLE D*A1XGU8TE.
QaiotiUii» Vaiw, qui devait toquArir 4aBs ia swto une si triste célébrité , venait alors de remplacer
Satuminus dans la préiidenee de la Syrie; Hérode accusa devaot loi son ûls , qu'il iît coodauuier à mort. Lorsque cette seuteoce tùi somniw à la confirmatiou
da prioee, Auguste se touiua vers ses assesseurs : Il vaudrait mieux ^ dit-il , être le pourceau que le ûte dHérode.
Le roi de Judée venait d'immoler cette dernière
victiuie lorsqu'il succomba lui-même à sa maladie. Ainsi se termina, par de cruelks infortunes » la carrière jadis si brillante do seni monarque , parmi tant (le rois alliés de l'empire, qui eut obtenu quelque renom uiée. Il la dut tour à tour aux actions héroïques qui élevèrent si haut sa fortune > an génie éminent qui lui concilia Testlme des cbefe de Tempire, aux passions sans frein qui lurent si funestes à sa famille et à ses sujets.
Archèlaus, Talnédes trois fils qui lui restaient , et quiêlait nommé seul héritier par son testament, vint à Rome , pour en solliciter la confirmation. Il n'obtint que la moitié des étals de son père ; faulre moitié fol partagée entre ses deux frères et Salomé.
Les autres dispositions d'Hérode ne lurent pas plos respectées, malgré les legs faits au prince d'une somme considérable y de meubles d'un grand prix , et d'une riche vaisselle d'or et d'argent. Sabinu>, procurateur de la Syrie, était accouru après le départ d'Arcbélaûs; secondé par Varus , il avait vidé les caisses publiques et pris possession des châteaux où se gardaient les trésors du roi. Tous deux n'abandonnèrent la succession aux héritiers qu'après Tavoir entièrement dépouillée.
Dix ans après , Archélaus , mandé à Romè pour