‹ Histoire du siècle d'Auguste et de l'établissement de l'empire RomaineChapitre 92 sur 160 · LIVRE Yl · texte numérisé non relu

LIVRE Yl

quaors des jeui, elle avait cbai^ê la slatue de Marsyas dans le Forum » pour signaler ses scandaleases victoires par autant de trophées.

Parmi tant de sénateurs qu'Auguste avait vus si facile» à ses voloQlés , il ne s'en trouva pas un seul qui lui fût assez dévoué pour faire suspendre ees funestes révélations, ou |>oiir [irovoquer mi ajournement Le décret qu'il avait proposé fut rendu dans la même séance ; Julie fut condamnée h la réiégatiou dans la petite île de Pandataire , depuis Sainte- Marie , située près du golfe de Pouzzoles. Après lui avoir fait siguifier un libelle de répudiation au nom de Tibère, Auguste renvoya dans cette tie avec sa mère Serlbonia, qui avait demandé à la suivre, pour adoucir les rieurs de son exil. 11 la soumit à une surveillance sévère , étendit les prescriptions jusqu'à sa table et à ses vêtements, et défendit toute visile qu'il n aurait |>as expressément permise.

Gracdius fut conduit devant le prince , qui s'emporta à sa vue , et , se jetant sur lui , le frappa avec violence. « Votre loi , dit-il , avait prescrit la peine. » Auguste confus se retira dans son appartement , et se fit excuser de ne pas assister au repas qu'il donnait à ses amis. Gracclius fut reléi^ué dans l île de Cerci ne , située à quarante milles du coutioent de TAfrique , où il devait passer quatorze ans dans les privation» et les ennuis. Tibère , qui parvint alors à Tempire , l'envoya tuer par ses satellites.

La plupart des autres complices de Julie furent condamnés à mort. Auguste , dit Tacite , viola ainsi sa propre loi. iNous verrons ailleurs comment il setait autorisé à invoquer des lois d'un autre ordre ^ et à punir, comme un crime dimpiété, Tat*

3f6 SIECLE D'AUGUSTE.

tentai qvi avait soQillé la famille sacrée ilee Gésan* L'un des complices, qui était membre da tribunat,

lift fui mis en jugement qu'à l'expiration de sa magistrature; mais c'était ïeSdi des liabitudes d'Auguste, qui n'avait fias cessé de maintenir le respect altacbé an caractère sacré des tribuns, car son esprit était d'ailleurs aliéné et comme possédé par une furie domestique. Lorsqu'il ordonna d'amener devant loi Phœbé, affranchie et confidente de sa Slle,on lui répondit qu elle s'était pendue de désespoir : «Teusse mieux aimé , s'écria-t-ii avec emportement , être le père de Pbcebé que de Julie ! i»

Ses eunemis lui insultèrent par d'atroces libelles , ils aliribuaieut sa sévérité aux ressentiments d une incestueuse jalousie. Cette imputation calomnieuse n'eût acquisaucun crédit sans le caprice insensé de Caligula, qui soutenait ensuite que sa mère devait la naissance aux amours d'Auguste avec Julie, plutôt que d'avoœr Agrippa , un soldat parvenu , pour la souche de sa famille.

Mais les consolations des flatteurs du prince lui étaient plus douloureuses encore que ces outrages. Ils

uvaienl imaginé de supposer ou de dévoiler leurs propres intortunes. Les accusations d'adultère se multipliaient sans mesure ; les maisons les plus illustres voulaient partager avec la maison impériale Toppiobre qui la faisait rougir. Auguste fit rendre un séoalus-consuUe qui imposait silence à ces lâches adulations. Le délai pour intenter une accusation contre la iemine fut réduit à six mois, uGe prescription de cinq ans fut établie pour tous les autres déiiUi que réprimait la loi des adultères (1).

d: Scncc. , De bicv. vil., 5. De btiicf. , M, ai — Suél. , Aug. , 05 —

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