LIVRE YI
Livie coDsidérait d un œil de triomphe ce palais i 12. qu'elle avait rempli de deuil , cet èpoiix qui lut de* mandait des consolations pour les douleurs dont elle Favait accablé. Dans les réuuions intimes de ses partisans, elle s'applaudissait de son habile politique; avant de frapper le coup imprévu qui venait de ravir aux jeunes Césars 1 a[)pui de leur mère, elle avait eu l'adresse de les éloigner de Kome.
La présence de Gaïus César lui eût surtout paru redoutable; car elle voyait Auguste, charmé de ses rapides progrès , l'amener aux assemblées du sénat , le pi^ndre pour assesseur dans ses jugements» lui abandonner même la présidence du conseil assemblé pour prononcer sur la demande du fils d'Hérode. I^Ilc avait donc insinué que la connaissance des aifaires pu* Mtques ne pouvait lui suflBre, que Texpérience des camps et raffection des soldats lui étaient bien plus nécessaires. Caius César était parti pour Tinspection des légions qui statloniMdent alors sur le Danube, et Lucius César, Jaloux de cette faveur, avait obtenu une semblable mission pour visiter les ports de iTtalie. Entourés de flatteurs adroits , enivrés par de brillants hommages, tous deux goAtaient sans trouble les prémices trop séduisantes du pouvoir suprême. La disgrâce si cruelle et si imprévue de leur mère les jeta dras un profond accablement. Faibles , sans expérience, incertains de Taccueil qui les attendait à Rome, ils n'osèrent pas même solliciter leur retour.
Livie leur inspirait ces craintes par ses agents, et se promettait d'abuser encore de leur absence. Une occasion favorable venait de s uOï ir pour solliciter le
Ctlig. , 23.— TacU., Ann. , 1 , 53.— l'iuL, Api ph(. , Aiig — Maciob. . Sat. , 0. — Pandecl. , 1. 2^. s s de Adulter. - Pline, XXI, a.
rappel lie Tibère; Auguste paraissaii alaroié daa mih Telles qm loi étaient parreoues de rArniénie.
Lesoulèvemeot des Arméniens avait éclaté au tenfips de la retraite de Tibère. !Nous avons vu ces peuples , exjûtèa par les manœuvres secrètes d'Auguste, lui demander pour roi Tygrane, et, bientôt après, dégoûtés de ce roi élevé à Rome , enhardis par les offres de secours des Parthes, prendre les armes pour le renverser. Ramenés à la soumission par Agrippa , Ils laissèrent même le fils et la tille de Tygrane le remplacer sur ie troue ; mais , après la mort prèmatiuée de ces jeunes princes, instruits qu'Artabaze avait été nommé sans les consulter, ils sindignèrent de ne pouvoir obtenir qu'un roi imposé par les Romains. L<es rassemblements tumultueux qui se formaient dans plusieurs provinces provoquèrent alors cet:e mi^on . de Tibère qui décida sa retraite à Rhodes.
Auguste bèsitait à prendre un parti sur le pro^ consulat de rOrient : il ne voulait pas , dit Zoûm , rappeler à la tête des armées les illustres capitaines qu'il en avait éloignés , et ses fils adoptib étaient trop jeunes encore pour cette importante mission. Art»haze reçut néanmoins, par ses ordres, les secours du président de la Syrie. Les Arméniens, vaincus dans les premiers combats , achevaient de perdre oourage par le refus de Pluraate de venir à leur secours , lorsqu'ils ci[>i)rir( nt quun nouveau roi Tavait remplacé sur le trône.
$ 15. Phraate venait de périr; Tecmosat cette belle es-
m. clave quil reçut en présent d'Auguste, avait abusé de sa faveur pour le trahir. D'abord sa concubine, et, quand elle lui eut donné un fils » devenue son épouse, elle avait acquis un ascendant sans bonies sur son