LIVRE VI
rougir de i'oiiprobre de son lit , depuis la répudiation de sou épouse ; qu'il ne pouvait plus inspirer de Tombrage aux jeunes Césars , désormais pleioennient affermis dans un rang aa-dessus de toule rivalité; qu il demandait la permission de rejoindre à Rome les objets de sa tendresse.
Mais Auguste se complaisait alors dans de nou*velles* espérances , et même dans Télolgnement d'un gendre , /Ion t il avait éprouvé ingratitude, doiil il redoutait les intrigues. Il le refusa sèchement, l'invitant à ne prendre aucun souci de ceux qu'il s'était montré si empressé d'abandonner. Livie ne put obtenir d'autre adoucissement à celle rigueur qu un vain titre de lieutenant du prince , accordé pour déguiser Texil de son lils.
Des nouvelles de l'ile de Samos parvmrenl àKhodes sur ces entrefoites. Tibère apprit les hommages prodigués à Gaïus César ; raffluence des proconsuls , des députés des provinces , de» iiionarques alliés; les propos que Lollius et ses autres ennemis tenaient contre tui. Il partit pour cette ile , se flattant de leur impo*ser par sa présence ; mais il n'obtint qu'un froid accueil du jeune prince , déjà prévenu contre lui pai* leurs calomnies. On Taccusait d'entretenir des intelligences avec les ofliciers des légions qu'il avait com* mandées dans la Syrie , de remplir k s. pi oviiices de ses ^émissaireSy de faire soilder les esprits sur des changements dans le gouvernement.
Ces délations furent transmises à Auguste. Trbére , qui venait de renlrer dans Rhodes , fut réduit à expliquer toutes ses démarches. Il protestait de sa lidélilé, il sollicitait un surveillant qui pût rendre témoignage de ses actions et même de ses discours j ii portail au
S1£CLË 1> AUGUSTE.
loin ses regards jaloux 5ur la marclie du jeuae Césai , qui revenatl des c(^tes de 1 Ârabîe (1). { 17. Le roi des Partiies avait proYoqnë la raptore de» Bégociations par son arrogance. Dans la lettre remise à ses ambassadeurs, il ne supposait pas même qu'on pût contesfer son intervention dans les affiiires de FArmènie , c'était nn droit attaehè à sa couronne ; Il exigeait qu on fui renvoyât ses frères , retenus en otage : c'était la première coodilion de la paix qu'il offrait aux Romains. Auguste lui déclara dans sa réponse qu'il n'obtiendrait jamais la paix s'il ne renonçait pas à intervenir dans un royaunoe allié de l'empire , et ne lui donna pas le titre de roi , qui ap» partenall à Vonone, Tahié de ses frères. Pbratacès ayant répliqué par une 1( itr n menaça lUe , où il désignait Auguste sous le simple nom de César, et prenait pour lui-même le titre de roi des rois, des
ordres avaient élé transrais snr-le champ à Caïus César pour 1 invasion de la Mésopotamie.
Lollius était nommé président de la Syrie. Ils'aTanja à la tète de Tarmée , pour Pétablir en quartier dlifver dans les environs de l'Euphrate , et pourvoir aux préparatifs de la guerre. Caïus César se détourna avec sa suite pour visiter Jérusalem , dont le r^e brillant et tragique d Hérode venait d'accroître la célébrité. Il admira la magnificence de son temple , mais il refusa d'y offrir des sacrifices. Sa réserve fut approuvée par^ Auguste , qui lui en avait donné l'exemple lorsque , dans son séjour en Égypte, il avait même éludé d aller voir le temple d'Apis; et Ton sait que les Aomains eonfondatent le culte des Juifs avec les superstitions ^yptiennes.
(I) Suél., m., 11 €l Miiv.