LIVRE SEPTIÈME
GERMAMlGliS.
ANS OB ROMie 757 — 759.
i Auguste était renfermé dans son palais torsque sou $ i^. tombeau s'onnvit povr reoevoir le dernier et le plus
cher de ses fils d'adoption. Près de sut c oniber à la violence de sa douleur , il ne soupçonnait pas qu elle pût être aggravée ; mais 11 reçut alors les dépêches secrètes des agents qu'il avait envoyés dans l'Orient. Il apprit les rumeurs déjà répandues sur Taltentat qui avait eiyenimé la blessure de Gains César, snr la complicité de ses faux amis, sur les Intrigues de Quirinus ; les soupçons remontaient mênie jusqu'à Livie. Mais la trace du crime était effacée , et toutes les recherches seraient inutiles. Devait-il néanmoins les ordonner ? Il irriterait les coupables sans les punir ; ses efforts impuissants aliéneraient de lui son épouse. Il ne pourrait satisfaire à i'opiniôn publique et aggraverait sa propre infortune ; il se ravirait Tunique affection qui pût désormais soulager son cœur.
Ses angoisses s'accroissaient encore par les propos des vieillards qui parvenaient jusqu'à lui , rappelant' les débuts suspects de sa puissance. Ses remords les avaient même devancés quand il s'était vu ravir le
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plus doux frU éê ses succès par «ne eiCastrophe trop
semblable à ceîle qui les avait jadis préparés. C'était eu eflet par la mort simultanée des deux cousulsqull avait alors établi les fondements de sa domination ; et lorsque de trop justes soupçons s'élevaient contre lui , il avait arrêté les poursuites (fêjà commencées. Au déclin de son âge , lorsque les deux lils qu'il s'était destinés pour appuis venaient à la fois de succomber, il se voyait réduit à étendre sur !e crime qui les lui avait ravis le même voile dont il avait jadis couvert ses propres attentats.
Ainsi s'ouvrait devant ce prince , que les respects des peuples semblaient élever au-dessus des mortels , eeOe eaniére nouvelle dont il éprouvait d^ kè en* nais, dont il pniMenlait les dangers. 8ft conatMee était abattue, il n'espérait plus dans sa fortune , il se montrait insensible aux événements qui sigaalaieni avec le plus d*éolat sa toate-pmssanee. Une pompe solennelle avait jadis célébré la soumission forcée des Parthes. U reçut alors avec înditlèrence riiommage volonlaiiv que ces peuples lai faisaient oirir par leurs ambassadeurs.
Piiraiacès n'existait plus : diassé du Irùne par ses si|{ets , que sa tyrannie avait soulevés contre lai » il était allé mourir en exil. Orode, nomméâsa place, et devenu bientôt non moins odieux , venait d être assassiné dans un festin. Les Parthes invoquaîentd'Augoste on lermeà leurs divisions » et lui demandaieai pour rot l'un des (ils de Phraate, qui étaient retenus dans Rome en otage. Auguste choisit i ainé , ce même Vonone dont LoUius avait réclamé les droits pour les fiiire acheter par Phrataeés ; il célébra son avé* oement au Irène par des fêles et le renvoya comblé
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LTVftE VII
de ppèmito. Mm celle courte dimaleB B'amil e^ porté eacuB eoviafeiiieiil à ses doalemi.
Une crise si violente fit concevoir aux ennemis de livie 1 espérance de lai oppo§er son andeene rivale. IlsalligvèreBl qae la Jasliœ d'Auguste étail satiolaSte par le long et cruel exil de Julie; qu il devait enfin écouter sa tendresse ; que le retour d'une vicUme si chère pouvait seul caimer de trop justes legiets. D'illustres citoyens les secondèrent , les uns zélés pour le prince , les autres humiliés de la domination de son épouse. Ce vcmj devint populaire ; lorsqu'il pen^ut am speetade, des suppUcatïsiM imaBiiBes deiMittdéreiit
la grâce de sa iille.
Augosteexprinia son relus avec dureté : il souhaita auE citoyais des êmam et des Ailes telles que Julie* Cet emportement d'un prince qui s'était toujours montré bienvaillant daas de semblables occasions sembla moins attester sa rigueur que d^iautUes re* grets; la perte de sa fille était oonsomiuée sans retour.
Juiie put le reconnaître lors même que dans la suite elle obtint un adoucissement à sou eiûi et la permissiou de s'étàMir à Rhége sur le eontioeut; car eUs la (ievail à 1 épouse même qui l'avait sacrifiée à sa rivalité , et achevait de i liumiUer par sa commiséralkm. ËUe refut p«r la même voie quelques secours péeiittiaires : tristes cousolatioDS , et qui ne pouvaient même l'abuser sur son avenir. Elle connaissait trop bisu l'implacable époujL qui s'élevait alors sur la ruine de teus les sîans pour ne pas prévoir le sort qui rattendaità 1 avènement de Tibère.
L'em[)ortement d'Âuguste , iorsqu'ou le sollieitait j ^, peur Julie^n'étaitpassettiementiuspiré par ses regrets. 757. Il prouvait un vif ressentiment des murmures qu'a*
v»t pmroqnte llmpunitè de laltantat Amt Cmos César était la Tidime ; quand Tloiitilité des potirsoitaft
élait évidente , il s'indignait qu'on lui imputât de les avoir refusées.
Les faistorieiis ont été ainsi réduits à des préeomp-'
fions, mais d'une telle gravité , qu'ils ont presque unanimement accusé Livie , encouragée à ce crime par ses croyances saperstitieuses. I^ons avons vu que Ti«bére partageait sa confiance dans les prétendus secrets de ia divination par les astres. Dion nous le montre , à son retour de Aliodes , pleinement convaincu que les prédiettons des astrolof^ues sur sa grandeur future seraient accomplies, et que linfiexible destin avait condamné les jeunes Césars. Livie redoutait déjà leur vengeanee pour le désastre de leur mére ; elle parUH gea la conviction de son fils , et se regarda conrinie l'instrument de leur perte , annoncée d avance par les arrêts des destinées.
Les intelligences que l'épouse d'Auguste s'était ménagées dans les provinces , et dont on a pu juger par ses liaisons avec la cruelle Salomé , j^uvent asses qu'elle n*avait pas plus manqué d'agoits pour commettre le crime , que de ressources pour en effacer les traces : elle avait d'ailleurs entouré Caïus César de ses créatures 9 et surtout elle était assurée du dévouement de Quirinus. L'importance du service qu'elle exigea de lui peut être appréciée par la grandeur de la récompense. Malgré l'obscurité de son origine, elle lulûtob* tenir la main d'Emllia Lepida, quiavaitétéfianeéeà Lucius César , et (iiù était égalenienl, par sa naissance et par sa fortune , i un des premiers partis de l'empire.
Pline fait assez entendre que l'unanimité des convictions avait fait une profonde impression sur Au-