‹ Histoire du siège d'Orléans, et des honneurs rendus à la PucelleChapitre 4 sur 7 · U HISTOIRE · texte numérisé non relu

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que par sa grâce, n*oserait pas lui refuser une chose demandée de cette façon. Néanmoins une vive opposition lui fut faite dans le Grand Conseil. On se récria en alléguanfles vœux formés dans le public pour un résultat définitif, le mauvais effet d'une retraite opérée à la veille d'un triomphe certain , l'énormité des sommes déjà dépensées pour le siège , et finalement le plus grand nombre s'arrêta à l'opinion d'un aigre parlementaire qui dit qu'il ne fallait pas « que le roi mâchât les morceaux pour les faire avaler par un autre. »» Le duc répondit avec plus de modération qu'il n'entendait profiter du dommage de personne ; qu'il avait cru de son honneur de faire valoir le droit d'un absent; qu'on pouvait comprendre ce droit autrement que lui , mais que , pour son compte , on ne le verrait plus figurer dans une poursuite qu'il trouvait injuste. Effectivement, le lendemain, en prenant congé des députés Orléanais, il fit partir avec eux un trompette porteur d'un ordre qui enjoignait à tous les Bourguignons, Picards et Flamands , ses sujets , de s'éloigner incontinent du siège. Par là, l'armée s'affaiblit de seize cents hommes au moins, dans un moment où il lui aurait fallu gagner au lieu de perdre.

Autant cette bonne fortune eût causé de joie si elle était advenue au milieu de la terreur qui suivit la bataille des Harengs , autant elle fut peu

remarquée lorsque Poton de Xaintrailles en apporta la nouvelle. La disposition des esprits était telle, que même Faequiescement complet aux propositions de la ville, si l'ambassade Tavait obtenu, aurait risqué de n'être plus du goût de personne. Au lieu des faux -fuyants à l'idée desquels on s'était abandonné d'abord , il n'était plus question que de se débarrasser des Anglais par une victoire éclatante ; la cause du duc avait cessé d'être séparée de celle du roi; enfin Orléans avait retrouvé son vieux nom de « cœur de France » et tous les sentiments attachés à ce nom. Un changement si entier, si imprévu avait pour cause l'attente où l'on était de Jeanne la Pucelle.

Qu'était-ce donc que celte Jeanne la Pucelle, dont le nom opérait ainsi avec la puissance d'un talisman?

Une pauvre jeune fille, encore enfant par plus d'un côté, ouvrière de la campagne, née entre une chétive population de paysans qui, par un prodige de constance , soutenaient encore la cause de Charles VII sur un point de la Meuse, à l'extrémité de la France conquise. Cette fille, bonne et compatissante, avait pleuré toutes les larmes de ses yeux aux discours qu'on tenait ^utoiœ d'eUe sur les maux du royaume. Courageuse et réfléchie, elle refusa de croire que la France fût, comme on le disait, descendue au tombeau; exaltée par le sentiment d'une piété rare , elle crut

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