‹ Histoire du siége d'OrleansChapitre 12 sur 24 · VL — RÉHABILITATION DE LA MÉMOIRE DE JEANNE D'ARC · texte numérisé non relu

VL — RÉHABILITATION DE LA MÉMOIRE DE JEANNE D'ARC

” Isabelle Romée, mère de Jeanne d’Are, Pierre et Jean « dits d'Arc, » ses frères et ses autres parents, adressent une requête au Saint-Siége, à l'effet de « recouvrer leur honneur, celui de Jeanne, et d’abolir la note d’infamie dont sa mémoire est injustement entachée (1). » Le pape Calixte IL donne eommission à l’archevêque de Reims, aux évêques de Paris et de Coutances, d'informer sur le procès et la sentence de condamnation de la Pucelle. |

Déjà Charles VIT, se trouvant à Rouen (février 1459), avait chargé Guillaume Bouillé, doyen de Noyon, et Jean Bréhal, inquisiteur de

| | (1) Ad recuperationem honoris sui et dictæ Johanne, ac ad abolendam infamiæ notam et inde indebite susceptam. — Texte du rescrit, QuICHERAT, IT, 97. -

la foi, de procéder à une information préliminaire.

L'instruction ordonnée par le Pape est commencée d’après les formes scrupuleusement mid'utieuses de la procédure canonique. Le promoteur des causes criminelles de la cour épiscopale de Beauvais, le sous-inquisiteur de la foi dans le diocèse, Guillaume de Hellande, évêque de Beauvais, et les héritiers de Pierre Cauchon, sont assignés comme défendeurs. L’évêque décline la responsabilité des actes de son prédécesseur Pierre Cauchon; personne ne comparaît pour les défendre.

Du 24 février au 16 mars 1456. — L’archevêque de Reims (1), se transporte à Orléans et entend trente-huit témoins, parmi lesquels (2) :

Jean d'Orléans, comte de Dunois;

Raoul de Gaucourt, bailli d'Orléans au temps du siége, à ce moment grand-maitre de lhôtel du Roi, âgé de quatre-vingt-cinq ans.

Charlotte, épouse de Guillaume Havet, âgée de

(1) Jean Jouvenel des Ursins, archevêque de Reims depuis 1449.

(2) Dans cette enquête, l'archevêque fut assisté de Guillaume Bouillé, de Jean Patin, de l'ordre des ‘Frèies-Prècheurs, professeur de théologie et sous-inquisiteur de la foi; de Jean du Mesnil, docteur ès-lois, official de Beauvais; de Jean Martin, de l'ordre des Frères-Prêcheurs, vicaire de l'inquisiteur, et de Jean Cadier, bachelier ès-lois.

trente-six ans, fille de Jacques Boucher, trésorier du duché d'Orléans, qui avait partagé le lit de Jeanne pendant son séjour dans la maison de son père, du 29 avril au 10 mai 1499.

Des informations semblables sont faites à Paris, à Rouen, à Lyon (1), et dans le lieu de la naissance de Jeanne d’Arc.

1456, juillet. — Sentence de réhabilitation prononcée dans le palais archiépiscopal de Rouen, par l'archevêque de Reims, l’évêque de Paris, l’évêque de Coutances et Jean Bréhal, juges délégués du Saint-Siége (2).

Par laquelle sentence le procès poursuivi et les jugements rendus contre « Jehanne d’Arc, vulgairement appelée la Pucelle, » reconnus iniques, dolosifs, calomnieux, erronés en droit et en fait, son abjuration et ce qui a suivi, sont déclarés vains, nuls et sans valcur.

Proclamation de la sentence sur la place de Saint-Ouen, de Rouen, et sur la place du Vieux- Marché, au lieu même où Jeanne avait été brûlée.

(1) Pour recevoir la déposition de d’Aulon, ancien écuyer de la Pucelle, qui était à ce moment sénéchal de Beaucaire et peut-être capitaine du château de Pierre Scise, près Lyon.

(2) Sur « la canse poursuivie par Isabelle d'Arc, honnête veuve, Jean d'Arc, prévôt de Vaucouleurs, Pierre d'Arc, chevaliers, autrefois mère et frères germains de défunte Jehanne d'Arc, de bonne mémoire, vulgairement appelée la Pucelie, demandeurs. »

Du 2 au. 29 juillet. — Arrivée à Orléans de l’évêque de Coutances et de Jean Bréhal, porteurs de la sentence de réhabilitation. Procession à Saint-Samson, au cours de laquelle la sentence est proclamée. À cette procession sont portées les six tarches de la Ville. Pierre d’Arc, frère de la Pucelle, y assiste 7,

Les Orléanais ne s'étaient pas un instant démentis dans leur reconnaissance envers la Pucelle. Is avaient pleuré.sa mort, nourri sa mère, adopté ses frères, béni sa réhabilitation, Tout ce qui tenait à elle, la ville d'Orléans se l'était pieusement approprié, en avait fait son patrimoine, c'était sa propre mémoire qu'elle honorait dans la sienne. Alliance et communauté que le temps a consacrées : Jeanne d’Arc et Orléans sont devenus des noms iñséparables, et dans la langue de l’histoire cette noble enfant, qui paur obéir à Dieu était venue des marches de Lorraine meltre sa jeunesse, sa grande âme et sa vie au service de la France, s’est appelée la Pucella d'Orléans.

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