‹ Histoire du siége d'OrleansChapitre 14 sur 24 · AA · texte numérisé non relu

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tuos ; le seeond en l'honneur de saint Mamert, patron de la cathédrale; le troisième en l’honneur de saint Euverte, le quatrième en l’honneur de saint Aignan ; à la station des Tourelles, le verset commençant par ces mots : Vos quiin turribus eslis aperile porlas; au retour, sur le pont, le cantique composé par Moïse lorsque Pharaon eut été submergé dans la mer Rouge (1), et le cantique de Débora.

Dans l’ordre des prières arrêté en 1773, par ordonnance. de l’évêque d'Orléans, ces psaumes et cantiques ont été maintenus ; aujourd’hui encore ils font partie de l'office. En rentrant dans Sainte-Croix, on entonne le Te Deum.

On disait aussi deux oraisons, lune où sont les mots : exoranies ul Aurelianorum civitatem quam de hostium manibus liberare dignatus es, gb omni in poslerum adversilate custodias ; l'autre dite oraison de saint Aignan, où on lit : præsta, ut sicuti ad supplicationes sancti hujus pontificis (Aniuni) civilati Aurelianensi in af- ” flictione positæ succuristi, la... Ïl est à remarquer que les termes de ces deux oraisons sont généraux et s'appliquent aux deux délivrances d'Orléans, la délivrance du siége des Huns en 451 et la délivrance du. siége des Anglais en 1499.

(1) Exode, 15.

En 1483, un motet spécial, moitié français, moitié latin, fut composé par le maître des enfants de chœur de Sainte-Croix, qui reçut de la Ville, pour ce travail, quatre écus d’or (1). Ce motet, destiné à être chanté désormais à la station de la Porte-Dunoise, fut transcrit en deux exemplaires de chacun huit pages de parchemin, reliéés en cuir vermeil, l’un pour les chantres de Sainte-Croix, l’autre pour les enfants de chœur (2). Un autre motet se chantait à la station de Saint-Paul. Lemaire, qui écrivait en 1645, rapporte ces motets tels qu’on les chantait de son temps. C’est un mélange d’actions de grâce adressées à Dieu, de remerciments à saint Aignan, à saint Euverte, à la sainte Croix, dont la fête (3 mai) avait coïncidé avec la levée du siége, d’éloges à la Pucelle et à ses compagnons Dunois, La Hire et Xaintrailles. Voici quelques versefs :

Commune d'Orléans, élevez votre voix, En remerciant Dieu et la Vierge sacrée, Quand jadis à tel jour, huictième de ce mois, Regarda en pitié le peuple orléanois, Et tellement chassa nos ennemis Anglois, Que la Duché en fut en joye délivrée.

A Ja douce prière

Dont le Roy Dieu pria, Vint Pucelle bergère,

(1) D s'appelait Éloi d’Amerval.

(2) En 1643, ils étaient usés. Les Procureurs les firent renouveler. — Comptes de commune, 1484 et 1643.

Qui pour nous guerroya. Par divine conduite Anglois tant fort greva, Que tous les mit en fuite, Et le siége leva.

Ecce crucem Domini, fugite partes adversæ per quam vicerunt lilia leopardos de Anglia (1).

Judith et Esther, nobles dames,

Et plusieurs autres vaillantes femmes,

Par le vouloir du Dieu des dieux

Bataïllèrent pour les Hébrieux.

Tout ainsi pour notre querelle

Batailla Jeanne la Pucelle. -

Salve nos Christe Salvalor per virtutem sanclæ crucis, qui demersisii Anglicos in Ligeri, miserere nobis (2).

Regardez comme Glacidas

Fut noyé, et d’autres grand tas,

Sallebri frappé d'un canon,

Dont mourut à confusion ;

Car Notre-Dame et saint Memart (Mamert) Les grevèrent de toute part.

Saint Euverte les mit aussi

Et saint Aignan en grand souci.

(4) Fuyez, ennemis; voici la croix du Seigneur, par laquelle les lis ont vaincu les léopards d'Angleterre.

(2) Sauvez-nous, Christ sauveur, qui par la vertu de la sainte Croix, avez englouti les Anglais dans la Loire, prenez pitié de nous.

Or, prions donc pour le ban capitaine

Sage et prudent, Monseigneur de Dumois, Que Dieu le mette en la glaire hautaine, Poton, La Hire et tous les bons François.

Les chantres et enfants de chœur qui chantaient ces motets étaient placés sur des échafauds en planche qu'on dressait sur le passage de ka procession.

Les oraisons de l'office. contiennent, on l’a vu plus haut, des actions de grâce pour la délivrance de la ville, due particulièrement à l’intercession de saint Aignan. son patron ; mais il n’y est fait aucune allusion à lintervention de la Pucelle. C’est dans les motets seulement qu’elle est citée en compagnie de Dunois, La Ilire et Poton, et il est à remarquer que ces motets n’appartenaient pas à l'office religieux proprement dit; ils ne sont pas notés dans les processionnaux, Successivement approuvés par les évêques d'Orléans. Et en eflet, ils n'étaient pas chantés, durant la marche du cortége, par le clergé des paroisses et des chapitres, mais pendant les stations, par des enfants de chœur et des chantres placés sur des estrades.

M. Buchon, et M. Quicherat plus târd, ont publié, d’après un manuscrit de la bibliothèque impériale, une collecte qui contient le passage : ut sicut populum luum per manum fœminæ liberasti, sic Garolo, regi nostro, brachium uicto-

riæ erige ut hostes qui in sua confidunt multitudine queat in prœæsenti superare. Cette collecte composée vraisemblablement au temps de Charles VII, fait mention de la délivrance du peuple de Dieu par la main d'une femme, mais non de la délivrance spéciale d'Orléans. Elle a pu être introduite dans quelque office; il ne paraît pas qu’elle ait jamais pris place dans l'office qui se célébrait à Orléans le 8 mai. Les oraisons de ce dernier office contiennent, on l’a vu plus haut, des actions de grâce pour la délivrance de la ville, due particulièrement à l’intercession de saint Aignan; mais il n’y est fait aucune allusion à l’intervention de la Pucelle *,

Sermon. — Ïl était d'usage à Orléans que toute procession füt accompagnée ou suivie d’un sermon. Aussi voit-on l'ordonnance de l'institution de la fête comprendre un sermon qui se prononçait dans la cathédrale à la rentrée du cortége. Aujourd'hui, on le prononce avant la sortie de la procession; mais ce changement n'eut lieu que fort tard. Un religieux, appartenant aux ordres mendiants, était habituellement chargé de cette prédication. Quelquefais ce fut un chanoine des chapitres, quelquefois aussi un prêtre ou un religieux étranger. En 1507, le « prêcheur » fut l’évêque de Sisteron, confesseur du Roi.

L'objet de ce discours était, au XVè siédle,

de remercier Dieu de la délivrance de la ville : « Sermon que on fait à la procession chacun an à la fête de la Ville, pour le remercier de la levacion du siége. » Bien entendu, on ne pouvait le faire sans parler de la Pucelle et prononcer son éloge. Cet éloge devint peu à peu le sujet tout entier, si bien qu'aujourd'hui le sermon qui se prononce n'a d'autre nom que celui de panégyrique de Jeanne d'Arc. Il arriva parfois, vers la fin du XVIIIe siècle, que ce panégyrique fut prononcé à un point de vue trop humain.

M. l'abbé Dubois s’en plaint dans ses manuscrits, et rappelle le caractère primitif de ce panégyrique, qui était « une oraison sur le sujet . du bienfait reçu de Dieu, qui a délivré Orléans et toute la France par les armes d’une pucelle. »

En 1460; le sermon avait été prononcé par Jean Martin, docteur en théologie. Les Procureurs le firent « écrire et noter en deux livres » aux frais de la Ville.

En 1759 et en 1760, un même prédicateur fut entendu. Ses deux sermons ont été imprimés avec le titre de : « Discours sur la Pucelle d’Orléans et sur la délivrance d'Orléans, prononcés dans l’église cathédrale de la même ville, l'un le 8 mai 1799, l’autre le 8 mai 1760, par le père de Marolles. » C’est le plus ancien des panégyriques qui nous sont parvenus.

Depuis lors, plusieurs autres panégyriques ont

été imprimés par les soins de l'autorité municipale ”.

Châsses. — Dès l’origine, les châsses des saints furent portées à la procession. En 1435, il y en avait trois : celles de saint Aignan, de saint Euverte et de saint Mamert. Mais leur nombre s’augmenta rapidement; on vit successivement paraître les châsses :

1439. — De saint Samson, de Sainte-Croix, de l’abbaye de Bonneval (1);

1443. — De saint Flou, de saint Avit, de saint Marceau ;

4445. — De saint Victor, de saint Evroul, de saint Pouair ;

1447. — De saint Mesmin, de saint Georges;

1453. — Des Ozannes (2) ;

1459. — De saint Laurent;

1473. — De saint Grégoire ;

1521. — De saint Benoît, de saint Maclou, de saint Balthazard, de saint Doreste, de saint Paul, ermite, de sainte Barbe, de sainte Jeanne, de saint Quiriace, de saint Vincent.

Pour les porter, il fallait cent quatre hommes, Pendant les stations qui se faisaient aux Tourelles, à Saint-Paul et à la Porte-Dunoise, on

(1) Envoyées par l’abbaye de ce nom.

(2) Rameaux jetés sur les pas de Notre-Seigneur.

les déposait sur des tréteaux recouverts de tapisseries appartenant à la Ville.

En 1569, les églises furent pillées par les calvinistes, les châsses brisées, les reliques jetées au vent, et lorsqu'en 1565 la procession fut reprise, les Orléanais n’y virent plus cette longue suite de corps saints, qui étaient depuis cent cinquante ans l’objet de leur vénération et la sauvegarde de la cité. Désormais on ne porta qu’une châsse, celle de saint Marceau, qui seule avait échappé à la destruction. Les débris des

autres reliques qu’on avait pu sauver meurent

que plus tard de nouvelles châsses.

Chapeaux de fleurs. — En 1458, les enfants de chœur paraissent avec des chapeaux (couronnes) de violettes blanches, « fillolées » d’or (1), usage qui s’est maintenu jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. En 1659, on avait ajouté des bouquets aux couronnes. Ces bouquets étaient offerts non seulement aux enfants de chœur et aux chantres, mais à tous les membres du clergé, aux échevins et aux autres personnes dont le cortége était composé. Quelquefois on mettait des couronnes sur les chefs des saints.

Luminaire. — Quatre cierges de cire jaune (4) Des couronnes semblables étaient employées aux usa-

ges mondains. En 1455, la Ville avait offart aux demaiselles Villequier de Gaucourt douze. chapeaux fillolés d'argent,

brûlaient sur l’autel de Sainte-Croix pendant les matines qui se chantaïent le 7 mai, et pendent l'office du 8. Ces quatre cierges sont mentionnés pour la première fois en 1455. L’usage de les allumer et l'emploi de la cire jaune pour leur fabrication se sont maintenus jusqu’à la fin du XVII siècle”.

Torches de la Ville. — C'était un usage établi dès avant le siége, qu’à toutes les processions M Ville fit porter des torches décoréès d’écussons à sès armés et garnies de boisseaux semés de cœurs de lis d'argent. Ces torches, en cire verrméille (XVe et XVIe siècles), en cire jaune (XVIIe et XVIIe siècles), pesaient huît livres chacune. Leur noïbre, qui était de six en 1435, fut porté à dix en 1455, à seize en 1597.

Échelettes. —C'étaient des clochettes à la main qu’on sonnait dans les rues pour annoncer le passage de la procession. Cet usage existait dès l'année 1435.

“ Procureurs. — La fête étant offerte par la Ville, les procureurs ou échevins y tenaient une place considérable. Ils faisaient les invitations au clergé et conduisaient la procession, revêtus de leurs robès d’écarlate rehaussées de velours noir; - Chacun tenait à la main un cierge de cire blanche

garni d’un écusson aux armes de la Ville et un bouquet. Dans l'après-midi, ils allaient aux vigiles à Saint-Aignan; le lendemain, ils assistaient à la messe des morts dans la même église, et se: présentaient à l’offrande. Ce dernier usage s’était conservé jusqu'à la suppression de la fête religieuse, en 1791. Lors de son rétablissement, en 1803, il fut repris et n’a été abandonné qu’en

Diner offert par la Ville. — La cérémonie religieuse du 8 mai se divisait en deux parties : le matin, messe, procession et sermon; dans l'après-midi, vigiles des morts à Saint-Aignan. Dans l'intervalle, on allait diner ; mais soit qu’on n’eût pas le temps dese rendre chacun chez soi, soit qu’on eût de la peine à se réunir une seconde fois pour aller à Saint-Aignan, soit qu’on trouvât convenable que la Ville fit le jour de sa fête une politesse à ses échevins et aux personnes attachées à son service ou invitées à la cérémonie, on résolut de ne pas se séparer et de diner ensemble. Ceci arriva’ pour la première fois en 1443, où l’on voit, par le compte des dépenses du trésorier, qu’une somme de vingtsix sous six deniers parisis fut payée à « Jehan de Troys le jour de la procession, vie jour du mois de may, pour despense de bouche faicte en son hostel par les Procureurs et autres de la

— 181 — Ville. » Dans la suite le diner fut donné à l’'H6tel-de-Ville.

Les convives étaient avec les échevins, le consell et les notaires de la Ville, le prévôt et son lieutenart, le contrôleur des deniers, les membres du clergé qui avaient officié à la procession, le prédicateur et son compagnon, quand ce prédicateur était un religieux, le chevalier du guet, son lieutenant (1565), le gouverneur, l’évêque (1643), les notables de la ville (1526), . les étrangers de distinction (1493). A la suite du diner, on distribuait du pain et du vin aux prisonniers du Châtelet.

En 1539, le prédicateur avait cessé d’assister au diner, mais on lui réservait un plat, ou plutôt quelques friandises ou mets particuliers lui étaient offerts et envoyés au nom de la Ville. À dater de cette époque, l’article des comptes de . dépenses relatif au repas du 8 mai se termine chaque année par les mots : « Ÿ compris le plat du prêcheur. » A la fin du XVIII siècle, ce plat du prêcheur était remplacé par un présent de vingt livres de sucre et vingt livres de bougie. |

A dater de 1684, il y eut un second diner le lendemain, après l'office des trépassés. À ce diner, il était d'usage d'inviter le prédicateur de la veille, le prieur et les chanoines de Saint- Euverte.

En dehors de ces diners, des présents de vin et de gâteaux étaient faits aux personnes de tous rangs et de toutes professions qui figuraient à la procession, aux fournisseurs et aux ouvriers de la Ville.

Ces usages se sont maintenus jusqu’à la fin du siècle dernier *,

Mystères el divertissements mililaires. — En 4435, une somme de trois réaux d’or fut donnée à « Guillaume, le charron et aultres pour leur aider à paier leurs échaffauds et autres despenses par eulx faictes le vue jour de may que ilz firent certain mistére au boloart du pont durant la procession. »

On ne sait ce que représentait ce mystère, sur lequel les comptes de commune ne donnent pas d’autres renseignements. Mais ces mêmes comptes apprennent qu'au mois de mai 1439, qui.

était le dixième anniversaire de la délivrance de la ville, il y eut aux Tourelles un divertissement pour lequel on dressa des échafauds qui coûtèrent cinquante-huit sous parisis. Ce divertissement élait un simulacre de la prise des Tourelles, et 1l y eut ceci d’intéressant, qu’on y vit reparaïilre l’étendard et la bannière de l'un des anciens défenseurs de la cité, Gilles de Laval, seigneur de Retz. Étendard et bannière que Relz avait laissés sans doute en quittant Orléans

après la levée du siége, et que la Ville acheta d’un habitant qui en était détenteur. Voici en quels termes cette dépense est inscrite au compte de commune : « A Jehan Hilaire, cent dix-sept Sous parisis pour l'achat d’un esiendard et bannière qui furent à monscigneur de Reys, pour faire le service de l'assault comment les Tourelles furent prinses sur les Anglois le vine jour de may (1). » .

Il ne paraît pas que les années suivantes semblable représentation se soit renouvelée; les comptes de ville ne mentionnent rien jusqu’en 1446, où il est question d’une somme de quatre livres seize sous parisis payés à Molinet Gaulcher, peintre, et « à ses compagnons, qui jouërent le mistaire de saint Estienne le vie jour de may.»

Toutefois, l'usage de rappeler l'assaut des Tourelles par une démonstration militaire dut se maintenir; tout au moins fut-il repris vers le milieu du XVIe siècle. En 1549, on payait soixante-cinq sols tournois pour dix livres de poudre à canon employée « à faire jouer l’artillerie de la Ville sur les Tourelles le Jour de la feste de ladicte Ville, durant la procession générale dudit Jour. »

À daler de ce moment, les comptes signalent

() En valeur intrinsèque, huit francs quarante-six centimes. .

un cortége militaire qui va s’augmentant chaque année. Trompettes ordinaires de la Ville, dizainiers, cinquanteniers, centeniers vêtus de hocquetons armoriés aux armes de la Ville; soldats du guet portant un drapeau blanc aux armes de France et d'Orléans; compagnies de volontaires de la milice, précédées chacune de ses tambours et d’un étendard rouge à une croix blanche; compagnie des arquebusiers (1), qui se tenait sur la Motte-Saint-Antoine et sur les Tourelles, d’où elle saluait la procession de mousquelades et de décharges de boites et de fauconneaux.

Dans l’après-midi, cette même compagnie des arquebusiers, précédée de son drapeau, qui était vert, rouge ct blanc (2), avec un écusson aux armes de la Ville, retournait aux Tourelles où elle tirait un prix « royal (3), » donné par la commune. Ce prix se composait, en 1649, de cent cinquante livres tournois, six bouquets et trois douzaines d'aiguillettes de soie verte *. |

Le représentant de Jeanne d'Arc. — Au mi-

(1) Ancienne compagnie des arbalétriers établie dès le XIVe siècle.

(2) Le vert était la couleur du duc d'Orléans, le rouge et le blanc les couleurs de l'écusson de la Ville.

(3) Ainsi nommé de ce que celui qui abattait l'oiseau était roi de la fète.

. lieu du XVITe siècle, un jeune homme « vêtu à l'antique, représentant la Pucelle, » se tenait sur les Tourelles avec les soldats de la milice pendant le défilé du cortége. Symphorien Guyon, en rapportant « celte coutume, » ajoute qu’elle était un « reste de l’ancienne réjouissance publique. » Mais il est à présumer, d’après le costume du représentant de la Pucelle, qu’elle ne remontait qu'aux dernières années du XVIe siècle. C’est d’ailleurs l’époque où les réjouissances militaires avaient commencé à occuper une grande place dans la célébration de la fête de la Ville. |

Les troupes se répandaient ensuite dans la ville, conduisant triomphalement le représentant de la Pucelle, qui reçut le nom de « Puceau. » Ces promenades amenèrent des désordres et des scandales; pour les faire cesser, le clergé consentit à introduire le Puceau dans la procession, ce qui eut lieu pour la première fois en 1795. Il portait le costume du temps de Henri IV, aux couleurs de la Ville, qui sont le jaune et-le rouge, et suivait la procession accompagné de son père ou d’un parent qu'on appelait le « parrain du Puceau. »

En 1803, lors du rétablissement de la fête religieuse, on ne songea pas à y faire figurer l’ancien représentant de Jeanne d’Arc; mais en 4817, M. le comte de Rocheplatte, maire de la

Ville, ayant voulu restituer à la fête du 8 mai son ancienne splendeur, les traditions furent consultées, traditions plus ou moins vagues, d’après lesquelles le Puceau reparut avec un cérémonial que les précédents du dernier siécle pouvaient justifier, mais qui étaient sans rapport avec la donnée historique des siècles antérieurs. |

Le Puceau figura dans la procession jusqu’à sa suppression en 1831. Lorsqu'elle fut rétablie en 1840, l'administration municipale ni le clergé ne jugérent à propos de l'y introduire de nouveau.

Rosière. — En 1786, le duc et la duchesse d'Orléans se trouvant dans la ville, exprimérent le désir de contribuer à la solennité de la fêle du 8 mai en dotant une jeune fille née dans « les . murs, » laquelle serait choisie par le corps municipal, sur la présentation de l’évêque. La dot était de cent vingt livres (1). Les chapitres de Sainte-Croix et de Saint-Aignan ajoutèrent trois cents livres pour les frais du mariage, qui fut célébré le 8 mai dans la cathédrale, après le panégyrique ; deux échevins tinrent sur les époux le drapeau de la Ville en guise de poêle. La même

(4) L'évêque, sur le rapport de commissions de notables formées dans chaque paroisse, désignait trois noms.

cérémonie se renouvela en 1787 et en 1788.

Cette dernière année, la somme donnée par le duc d'Orléans fut de douze cents livres; la Ville donna trois cents livres pour les frais de noce.

Frais de la Fêle. — Ils étaient supportés exclusivement par la Ville. Le prédicateur, les enfants de chœur, qu'on rémunérait en leur donnant de quoi acheter des « petits pâtés ; » les porteurs de châsses, etc., étaient payés par le trésorier de la commune; Ja cire nécessaire pour les torches et les cierges, les chapeaux de fleurs et les bouquets, les échafauds des stations, le diner, figurent dans les comptes de chaque année.

Famille de Jeanne d'Arc. — Au XVe s'écle, Jean du Lys, fils de Pierre d'Arc, et seigneur de l’Ile-aux-Bœufs, venait tous les ans de sa. terre de Vilers, près Orléans, pour assister à la procession de la Ville; 1l y avait le pas, eton portait devant lui un cierge auquel était appliquée une pelile image de la Pucelle.

Dans les siècles suivants, les membres de la famille de la Pucelle qui se trouvèrent à Orléans le 8 mai furent l'objet de distinctions analogues

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