‹ Histoire du siège de MissolonghiChapitre 10 sur 21 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

ARGUMEjNT.

Détails sur un ouvrage singulier des assiégeants , appelé par rinççénieur Koccini digue dtuninn. — Reschid s*cnipare du bastiuQ Franklin. — Ses troupes sont arrêtées par la seconde enc^te que les Qrecs avaient élevée. — Afiivde dea généraux Kitsos Tsavellas, George Yaltinos et Go4ta

• Pbotoinara. — ^Nouvelles de l'armée de'Karaïskaki. — Travaux des Turcs contre les retranchements intérieurs. — J^es Grecs reprennent le bastion Franklin et s'emparent d'une partie de la di^ue d'union. — Consternation de Reschid." R^niaaances publiques à NapoU pour célébrer la courage de la garnison dans lea deux pceimers assauts. — Discours d'Athanase Polysoîde. — Construction delà batterie Routsonicas. — Nouveaux travaux de Reschid. — Découragement de ses troupes. — Succès de Karaïskaki. — Proclamation de la juute de Missolonghi. — Les Grecs détruisent la digue d'umion.

Lk sérasker se consolait de tant de désastres par les progrès des travaux qii'il avait entrepris contre le bastion Franklin. Je crois convenable que nous nous arrêtions un moment sur la cou* struction de cet .ouvrage colossal qui prociu^

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aux Turcs un succès momentané. C'est ce qui caractérise ce siège , et peut le- mieux donner une idée de l'état où se trouve, chez les Ottomans , Fart de i attaque des places, même quand ik ont avec eux des ingénieurs autrichiens.

D'ailleurs Reschid avait mis toute sa confiance dans ces travaux singuliers, et ce fut à les détruire que les Grecs employèrent leurs plus grands (efforts.

On se rappelle que, dès le commencement de juin 9 les Turcs élevèrent vis4-vis de la batterie Norman et à quatre vingts toises des murailles, luS amas de terre que les Grecs croyaient destiné à soutenir une batterie de brèche , mais dont la hauteur les étonnait ; et que, plus tard , lorsque les assiégés virent cette immense plateforme se continuer vers les murailles, ils crurent qu'elle devait servir à mettre l'ennemi à couvert du feu de la tour de Coraï et du bastion Botzaris , pendant qu il s'avancerait pour combler les fossés du Franklin. Mais ce n'était pas là le seul objet que se proposaient Reschid et ses ingénieurs. Malgré les pertes que leur faisaient éprouver les boulets et la mitraille du Rosciusko et du Guillaume-Tell qui battaient en flanc leur montagne de terre , et dispersaient les parapets dont ils cherchaient à se couvrir, ils s'opiiiiâ-

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traient à pousser cette espèce de digue. Lorsqu'ils eurent comblé les fossés et attaché le mineur au bastion Franklin , fait brèche et livré Tassaut infructueux dont j'ai donné le récit , ils continuèrent à exhausser leur ouvrage qui tou» chaît presque au rempart. Le 8 août, vers 9 heures du soir, une partie de la garnison du Franklin- s'élança contre la téte de la digue ^ et parvint à s'en emparer après une demi -heure de combat. Mais, exposéé au feu des retranchements plus éloignés, elle fiit forcée de l'abandonner. Cette attaque ne servit qu'à doubler l'activité des assiégeants, et dans peu de jours leur montagne de terre fut plus élevée que les parapets du bastion. Alors , profitant de l'avantage de" plonger rintérieur de cette partie des remparts (i), ils parvinrent à s'emparer du Franklin , après une affaire très-vive où Keschid perdit une partie de l'élite de ses troupes , mais dont je n'ai pu me prociu*er les dét;ails. Une fois maitre du bastion , le sérasker fit continuer jusqu'aux murailles et unir avec le terre-plein la téte de son agger colossal.

Si j'ai donné difiSérents noriis à cet ouvrage

(î) De pouvoir tirer de haut en bas sur l'intérieur du bastion que son parapet ne défend plus.

I^O UiSTOlAE DU SIÉGK

Insarre, c*est qu'en effet on ne $ait comment

iVppeier. U ressemble à-la-fois à un imiueuse QOMsUier de tranchée qui seteit, ifiiant au rem* pàrt , ce que sont les cauùtters ordinaires quant au chemin, couvert ; il ressemble au$&i à l'agger des ancieiis, et à la digue élevée devant Tyr par les soldats d'Alexandre pour parvenir jusqu'aux murailles malgré lobstacle de k mer. Frappé de eettedemiére ressemblance, l'ingénieur en chef de la place, le généreux Jiocciui» adopta le nom de éltgue d^union^ et je m'^en servirai -maà^ quoique ce nom réveille l'idée de circonstances locales bien différentes de celles que présentai^ MSssolongbi. Gomime on voit d'après k distance à laquelle elle fut commencée , cett^igue avait quatre-vingts toises de long; vers le milieu elle formait un angle pour se diriger directement contre le Franklin. Sa largeur variait depuis ti ois toises jusqu a cinq et demie. La plate-forme était protégée par des parapets de gabions construits de front et sur les âancs (i ),

On doit éire surpris que des ingénieurs européens aient consumé tant de temps et de peine à un serabkble travail » tandis qu'il leur était si

^i) Rapport de riogénienr en chef à la junle de la Grèce Occidentale.

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aisé de parrenir jusqu'aux fossés par de simples tranchées;, ou est surtout étonné qulb raient continué, quand déjà, la brèche était praticable au Botzaris et sur plusieurs autres points. Ils avaient été sans doute £rappé& de cette réflexion de Végèoe . Quel secours resie^tM^ lorsque ceux qui espéraient leur salut de la hauteur de leurs murailles y voient les remparts des ennemis plus élevés que les leurs (1)? Peut^tre aussi voulurent* ils flatter le goût de .Keschid, qui paraissait enchanté de cette montagne artificielle.. Il ne dou* tait point qu'une fois maître du Franklin, il ne le fut de toute la ville. Mais les Grecs ayant eu la précaution d'établir des retrânehemeuts et des ^ coupures des deux côtés de la gorge (2) du bastion , d'ouvrir , plus loin de nouveaux fossés., et d'élever derrière ces fossés de nouveaux rem* parts, il se vit arrêter par cette seconde enceinte; et, au lieu d'envelopper les,assiég!eants, il fut^à son tour, enveloppé par eux dans le bastion qu'il avait conquis.

(i) Quid auxilii superest, cum hi, qui de miirorum

altitudine sperabant, repentè suprà se aspiciunt altioreœ . hostium murum? (de re MUitan^ lib. 4» cap^xvu.)

(a) L'entrée du. bastion du côté de la ville « Vendroit où la courtine est interrompue pour faire place aux ailes du basticHi qui s'avancent vers la campagne.

Ija HISTOIRE DU SIEGE

Toute la garnison travaiUait nuit et jour k

ces fortifications intérieures. Ou y plaça deux obu&iers, l'un de douze pouces, l'autre de six. Le feu de ces pièces et ceiui des batteries Goraï, Guillaume -Tell etKosciusko, bouleversaient sans cesse les défenses construites par les Turcs sur leur digue. Ceux-ci parvinrent cependant à rélever encore par de nouvelles rangées de sacs et de gabions, afin de découvrir la ville et l'intérieur du nouveau retranchement; mais les Grecs déjouèrent ce projet, en augmentant aussi la hauteur de leur sebond rempart au moyen de gabions remplis de terre.

Alors Tenumii, après s'être fortifié dans lé .Franklin, creusa sous ce bastion trois galeries, qu'il poussa vers les fortifications intérieures, et se mit à transporter de la terre par ces trois ouvertures pyur élever des retranchements contre la seconde enceinte. Exposés au feu des Grecs qui les frappait de tous côtés, les travailleurs turcs souffraient beaucoup; mais quelquesuns des soldats qui gardaient le nouveau rempart ne se contentèrent point de ce genre de combat, presque sans péril pour eux. Quoiqu'ils ne pussent espérer de se maintenir dans le Franklin, trente d'entre eux s'élancèrent à l'improviste sur les Ottomans, dispersèrent les terres amassées,

DS MISSOLOJVGHl. 1^3

se rendirent maîtres d'une partie des trapus les

plus voisins, et les détruisirent. Les Turcs, que le preàiier cboc avait étonnés, s'étaient enfiiis sur la digue d-union ; hientot cependant ils revinrent de leur e£froi, et reprirent leurs positions, après un combat d*nne demi -heure. La garnison perdit dans cette action quatre guerriers, .'parmi leaqueljs se trouvait le vaillant chiliarque Spyros Contoghîannis. La veille, un boulet avait privé la Grèce du chiliarque Kitsos Costa, digne fils de la Seliéide, que son compatriote, le brave Dimos Riniasas, avait précédé de peu de jours dans la tombe. Ces pertes cruelles répandaient le deuil parmi les assiégeants. Mais un des héros de Souli, Ritsos Tsavellas, arriva bientôt dans, les murs : des vaisseaux l'amenèrent de Grionéri avec une partie de son coips d'armée. Les généraux George Yaltiuos et Costa Photomara arrivèrent en même temps. Ces che& an-p noncèrent que les heureuses attaques de Raraïskaki et de ses frères d'armes avaient forcé les ennemis à se concentrer dans Salona et sous les murs de Missolonghi , que tout le reste de la Homélie était. libre, et que les habitants, qui s'étaient réfugiés sur les montagnes, revenaient dans leurs foyers. Tandis qu'une partie des corps de ces trois généraux entrait à Missolonghi , le

reste ftliaît se réunir aux troupes de Karaïskaki;

campées à Dragameste et sur d autres points da Xéroméros^ pour couper, s'il était possible^ ou du moins ' pour gêner , les conuDunications *de Keschid avec TÉpire.

'Uespoir de cette diversion, le renfort que Tenait de recevoir la garnison, et surtout les approvisionnements apportés par la flotte, fabaient mépriser aux assiégés l'avantage obtenu par Fennemi.^Si Keschid occupait un des points les plus importants de leurs fortifications, leurs ouvrages intérieurs Tempéchaient de faire des progrès; et ils se promettaient bien de le chasser dans peu du bastion, et. même de renverser cette meuse digue dont Reschid paraissait si fier. Celiii-ci continuait à faire transporter à travm ses galeries une immense quantité de terre dont on formait, au-delà du Franklin, les parapets des lignes établies contre la seconde eitoeintô. Il conatruisit sur le flanc gauche de la digue une batterie dirigée «outre la tour de Ccurd, dont le feû lut disait éprouver de grandes pertes, et il plaça sur le front de la même digue une pièce de ca-^ non pour battre le contre-rempart.

De leur côté,, les Grecs s'occupaient sans relâche à terminer le retranchement intérieur; ils élevaient contre la digue d'unioa une batterie

DK MISSOLOJNGHI. l'y 5

masquée, à laqudle ils donnèrent le nom du fa*

rneiix capitaine souliote , Koutsonicas. Au milieu d'un feu meurtrier, les deux, partis employèrent plusieurs jours à ces divers travaux d'attaque où de défense. Quoique les Taures souffrissent bien plus que leurs adversaires, dont les coups étaient dirigés avec une toute autre habileté, les Grecs éprouvèrent aussi des pertes douloureuses. Le jeuue Pantéléon Platicas, tué le a8 d'août, excita particulièrement leurs regretsr : touteja ville sui-

^ vit son cercueil. £n prononçant son oraison ftinèbre, l'évéque Joseph s'adressa surtout aux jeunes camarades du héros, pour les exhorter à imiter sa valeur, dont il recevait la récompense

• dans le ciel. En même temps le chiiiarque Tsilikis mourait à Anatoiico des blessures qu'il javait reçues le 1 5 de ce mois.

Après avoir terminé ses lignes au-delà du Franklin, Tennemi rassemblait, selon son usage, une immense quantité de terre vers la gauche du contre -fossé creusé par la garnison. Il espérait le combler, comme il avait comblé ceux de la place; mai& à peine les terres approchaient* elles des bc«*ds du lossé que les Grecs les enlevaient à la dérobée : en même temps ils préparaient, d'après le conseil et sous la direction de

176 HI8TOIAE DU SiÉ&E

Panagiotis Sotiropoulos , une mine chargée avec trois bombes du plus grand calibre. Le 3i août, vers midi, ils y mirent le feu, et aussitôt après rexplosion, ils s'élancèrent sur les retranchements turcs les plus avancés. En un cUn-d^œil tous ces ouvrages furent renversés. Effrayés de lardeur des chrétiens, les assiégeants S0 réfugièrent dans leurs retranchements plus éloignés. De là ils faisaient pleuvoir une giréle de grenades de fer ou de verre sur Tintrépide garnison. Vaine défense! Les Grecs, méprisant tous les périls, et redoublant de valeur à mesure que les dangers redoublent, s'emparent de tous les travaux construits derrière le Franklin.

Tont-à-côup la bannière de Reschid paraît sur la digue d'union. Le sérasker vient exhorter son armée, ses batteries grondent de toutes parts, et ses troupes asiatiques commencent du haut de la digue une fusillade soutenue; mais un incident ne tarde pas à diminuer Tenthousiasme que causait la vue de la bannière des satrapes. A peine est-elle plantée sur la digue, que les balles des chrétiens lui enlèvent son minaret. Les vainqueurs suivent les fuyards dans le bastion ; ils y rentrent en même temps qu'eux. Ce n'est pas seulement avec le fusil qu'on combat; c'est avec des pierres, des bâtons, des grenades lancées à la main. Après

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avoir détruit les ouvrages élevés par les assiégeants 4ans le Franklin, les vainqueurs s'a»

▼ancent contre la àigue dunian, .Les burbares tirent leurs sabres, et les agitent audessus des letranchemenls derrière lesquels ik se cachent. La garnison grecque ne daigne pas tirer Tépée; c'est avec des bâtons et des pitres qu'elle abat, qu'elle brise , et ces sabres qui se montrent seuls, et ces têtes tremblantes qui veulent en vain se dérober aux coups*^ Les barbares épouvantés cherchent enfin leur salut dans la fuite. A minuit, les Grecs avaient repris tout le bastion Franklin, et les Turcs se retnmdiaient sur la digue, * .

On vit souvent, dans ce combat, les chrétiens saisir avec la main les grenades de verre qu'on lançait sur eux , et les briser contre les murailles pour en empêcher l'explosion. Des en&iits de quinze ans se mêlèrent aux guerriers; ils n'a^ valent que des pierres; mais toutes celles que leur renvoyait l'ennemi Paient sanglantes,* et marquaient ainsi que leurs coups avaient porté.

La religion et la liberté comptèrent dans ce jour vingt martyrs, panai lesquels se trouvèi^t le chiliarque Apostolakis Yarguiaditis et le chi>liarque Georgakis Ntankas. Quarante-cinq guerriers furent blessés. Le lieutenant -général du

l*]6 HISTOIEK DU SIKGÈ

oorps de Ritsos Tsavdlas, le braire GefM^ge TsâveUas, fut de ce nombre, ainsi que le portenka^ ffteaii du même- corps, Blaroentoois, et Oiaima-

kis, frère du général Ratzicotzica , dont le corps, composé des habiUnta armés, £at celui qui soof* frit: le plus ( i )• Les Ottomaiis chargèrent de leurs morts plus de cent chevaux, et fiu^ent encore ^ligés d'en eBiparter.beaucDap à brm d'homme. Ils perdirent au moins trois cents de leurs meilleurs soldats. Ago^Yasiaris fut blessé à la 4ete d'im coup de pierre, et au bras d'une balle. Mais ce qui consterna surtout Keschid , fut de se voir enlever la positioD sur laquelle il avait fondé son dernier espoir. L'abattement se peignait sur son front ; ses yeux versaient des larmes; il ne savait q[ue répondre aux plaintes de son armée, qui demandait à grands cris la levée du siège, et qui réclamait la solde de plusieurs mois. Pendant qu'il véflédiîisait améremrat à l'imprudence qu'il avait commise, en promettant au Grand- Seigneur de s'emparer de Missolonglii avant les fêtes du Baïram , pendant qu'il songeait à la pe» tite quantité de munitions de guerre qui lut résinent, une bombe tombe près de lui sans éclater; ïl la considère, et reconnaît qu'elle provient de

( i) Il eut huit morts et quinze blessés.

DE MISSOIiONGHI. 179

la feiiduHe de (^oostantinoplè. Outré de eolère, il s'écrie : Perûde Topai! il a veadu aux infidèles^ pour qn'ib tlm aenrent contre moi» Ics nuttii^ tiens que le sultan m'envoyait pour les combattre 1 Reschid se trompait ; Topai n'avait point vendu ces bombes. Les vaisaeaini grecs ne le$ avaient payées qu'à coup§ de canon.

Lés battmes ennemies restièrent deux jours sans répondre au feu de la ville.* Reschid cher^ chait à se fortifier encore vers le milieu de la éSgae.d'tmioÊkj k quarante toises àu-delà dn prêt ^ mier camîier qui touchait au Franklin, et dont les Grecs s'étaient emparés. Tout concourait à dbanger en craintes sa superbe confiance. Une maladie épidémique se déclarait dans son camp. Chaqué jour les troupes grecques ^ répandues dans rÉtolie et dans l'Acarnanie , enlevaient une partie des vivres et des munitions destinés à l'en* tretien de son armée. Un de ces corps venait d'attaquer le traître Yarnakiotisy campé à Kandela, et après lui avoir £ùt éprouver de grandes pertes % l'avait poursuivi jusqu'à Vonîlsiamea. Quinze defs soldats de ce misérable avaient été pris en vie et conduits à MissobnghL Une dépêche, apportée à la garnison par Fcscorte chargée de les amener, annonçait que Karaïskaki, laissant dans l'Apocouros une force suffisante pour' empêcher

l8o HISTOiaS DV SIÈGE

toute communication entre Reschid et les Turcs de Salona, avait traversé Karpénisi et se dirigeait vers le Yaltos, afin de coaper aussi les commuoications du sérasker avec Arta : de sorte que Tannée des assiégeants risquait de se voir bloquée bientôt par terre et par mer.

Sur ces entre&itesy la goélette du capitaine Giriaque Brouscos entra dans le port de Missor longhi. Chargée de vivres et de munitions de guerre» elle amenait aussi aux assiégés un sous* lieutenant et cinq canonniers du bataillon d'artillerie formé à Napoli.

Damomentque les Grecs s'étaient vus maîtres du Franklin et d'une partie de la digue cT union , ils avaient entrepris de creuser sous cette, digue une mine considérable, qu'ik achcfvèrent le a sep* tembre ; ils ia ûreut jouer à huit heures du soir. £Ue détruisit les retranchements turcs les plus avancés. Dès-lors l'ennemi , exposé sans défense au feu des Grecs, se hâta de se couvrir par un rempart plus éloigné; L'explosion avait mis hors de combat environ deux cents hommes, qui, presque tous , faisaient partie d'un corps d'élite formé par Reschid pour reprendre le bastion FraukUn (i).

(i) Joonuil du siège publié dans les Chroniques helléniques.

DE MISSOLOTOBI* iSfl

Combien les assiégés se réjouissaient nlors de n'aToir écouté, dans leur.détresaç, que.Ia vcnx de llionneai*! Le danger, qu'ils avaient méprisé , décroissait devant eux de moment en moment, et leur gloire grandissait chaque jour^ ïoute la Grèce célébrait leur valeur; tous les courriers leur apportaient quelque nouveau témoignage de la reconnaissance nationale. Ils ne, purent, surtout lire sans une vive émotion le. récit des. réjouissances publiques qui avaient eu Ueu à liapoli de Romanie pour fêter la délivrance de leur port, et leurs exploits dans les deux premiers assauts* Le .16 août, les membres du Pouvoir Exécutif, les sénateurs, les ministres^ les chefs militaires, et un non^bre immense de citoyens, réu^ nis dans l'église métropolitaine,^ avaient adressé à. l'Éteruel l'hymne de triomphe et dictions de grâces. Athapase Polysoïde avait terminé, par .un discours éloquent cette auguste cérémonie. Ses paroles, reproduites par I4 pres§e, faisaient paU piter d'orgueil et d'un nouveau dévouement le cœur des généreux Missolonghiotes. Après avoir reproché aiUL PélopQnésiens la tji^deuf qui remplaçait leur enthousiasme, après avoir déploré les revers dont ils n'avaient pas su préserver leur patrie, l'orateur s'était écrié : « Je m'adresse main tenant à toi, ville sacrée de Missplonghi; oui.

i8ar uiBioiRB 00 niÉOE

sacrée, et c'est avec le respect le plus profond que \û fdole en esprit t<m sol ensanglanté, ifuand je songe à tous les prodiges qui se sont renouvelés tant de fois dans ton sein. Faible encore . et sans remparts, tu- résistas, il y a trois ans, à douze mille Albanais, conduits par l'habile Omer^ Vnonis, et lorsqu'ils osèrent t'iqpprocber , txk te vis bientôt environnée d'une foule de ces malheureux , tombés sous les mains redoutables de tes vaiUaints défenseurs. La journée du a4 d^ cembre est gravée dans ton histoire en lettres d'or et à jamais ine£&çables. A peine fortifiée ^ tu fis trembler à ton seul aspect le faroudie pacha de Scodra, et tu le contraignis à déclarer,^ en te- regardant de loin , <iu'il te jugeait impre^ nabte. Par cette réputation, qui était juste, tu enflammas encore la rage de cette bête féroce à &ee liamune, qu^on appdle le sultan. Du fend de son sérail, où la barbarie et la mollesse ont placé leur trône, il osa tracer avec du sang Tordre de ta destruction.- Épuisant, pour une dernière ten^ tative , toutes les troupes qui lui restaient, il en* Toya contre toi un chef plus redouti^le que tous eeux qui t'avaient déjà combattue, Rioutaki , que suivaient trente mille soldats. Qu'ont produit ses efforts? Rien que montrer plus clairement sa fid^ blesse, et lui ôter toute espérance dune nouvelle entreprise contre toi.

OB MISflOUNiaKI. |83l

«c Je t'appelle sacrée; et tu l'es en effet, puisque, depuis le eonnneneeoieiit: de oette gamté^ tu es restée sans tache, et tu n'as jamais été proËinée par les pieds des barbares. Je t'appelle sacrée en£n, parce que ta aa été jugée dignd d'avoir pour défenseurs pendant leur vie, et après leur trépas pour reUcpies déposées dans ton sein, les plus grands hommes qui brillent dans This-; toire de THellénie. Tu possèdes le corps de KiriaoouU Havromicbalis, qui déploya tant de vakw

dans le glorieux combat de Splantza. Tu possèdes les restes du plus grand général et du meiUeur citoyen de la Grèce, de Marcos Botsaris, qui, dans les plaines de Carpénisi, s'éleva au-dessus même de Léonidas. Tu possèdes les os du général Norman , qui combattit et souffrit pour notre lin berté autant que nous*méme&; enfin, tu gardes dans tes entrailles les entrailles du poète Byron,' qui, après avoir chanté de loin sur une lyre harmonieuse la beauté de la Grèce, et déploré ses malheurs ayaut qu'elle ne brisât les chaînes de la tyrannie, vint ensuite preodre part à ses com^ bats; qui, admis au nombre de tes citoyens, forma pour ta défense les plans les plus 'utiles, et qui, frappé d'une mort prématurée, expira avec le doux nom de la Grèce sur les lèvres (i). »

i84 HisToiu DU iites

Ce qui achevait d'enthousiasmer les Missolou-

gfaîoteS) c'était la fin de ce discours, où Poiysoide,

oXÛpuTOÇ dlvTiçdÔTi; isfo Tpiûv x^'vMv eîç <^û^ixa j^iXtâ^aç ÀXëavûv, IXi^TiM <irl Mf aX^c TÔ« {«ix^tpupiaTiow Ô|ti^ Bpvtfviiv» mù t^iç Ijibirpoo6lv 90tt Ttfva «t«(Alva mU at|MiTe»iXi9|Uvft «r«ft(i«Ta

çij6kpàc X*^^ yTtv à m Trpof&âxciv «ev. 6 »' t«3 ^iiiufi.€p(ov

eivai i^fA.tpa p.è xP^aà xat âveÇoîXeiTrra Ypàp,{AaTa ft{ç rà xp^vixà t^; iço^icLi oou Ytypa|i.f&tviQ. ôxu^tttOelaa ^okiçy irpo'jxoiÇtc ^tà [u(vnc rîiç I^Tif uenc «ou f<^iMç Tov Âycpttxov Iltutow rnç 2xô^ffltc « koc tov IjMfiK 6m»pq8vtc( 9t |M»p^tv, v« «• vofuoy i«tfpOiiTev. Teiaûnt vO(u* CofUmq lud «Sac ^^nldc ^fl^t^ Iri yuSUm XAmotv tOG àvBpiMre- (A^pf ou 6Y)p(0O ZonXriveu , éiA th ^éUç tûv xapep^ieiv tou , 9irM àoiaTixri •h^uitoibua. xal Pop êapoTT,; c^ouv çYificvcv tôv ôpo'vov rm*

ftMc xàç «tf t«c»6ttaotc ^flifuic rcu ^là rw TtXttfToCav ye^ àv if^TO<

lxaCT^p9«i«Kv ; ^x^ SXXo ^iCûttCit Tcapà và ^etÇr -rnv Â^va(«.iav rou irpexârà aou.

4fiT«gS«i» T«G iro^TOf Ay&voc ffuntc dbcipota xsl A(A(«mc«

«Il dvo{Aà!^(i) TeXcffTrâvToiv, <Jioti r^iiiOr; và ex^iî C^vTaç (jlÈv iTpci|x3cx,ouç, iiroOayo'vTaç Upà xstf&TiXia èva7ccTtôei|AivA cts roùc xdXirou; oou.

m ]iiis8oi.oNGtti. i85

après de doulouieuses réflexions SQr les dangers de k patrie, avait exhôrté de ndtaveau lés Pélo-^ pouésiens à se rendre dignes de partager les lauriers qui ceignaient la tête des guerriers de la Grèce Occidetitale.

Cités ainsi pour modèles à leurs compatriotes, les défenseurs de Mi^longbi virent dans ces éloges robligation d'en mériter de plus grands. Partages entre le soin d'affermir encore les foir^ tîfications intérieures, et celui de retarder les travaux de Reschid , sans cesse en mouvement; i •*-••• ' . ' •• ■

Wf iftvt^'^ 9ft'(iflC roi»' Kupteèxo6Xyi«MatjpO(xixaXv) , içiç à^çwév» f(ç

i^tix(^ aÔTOÛ Toiî At«ivt^eii {miçfnp9ç tic irt^ta^oK toS Kopimnidou* I^mc «oxxeAA to5 FifiASveS ç^aTuyoS Npfitd&reu» ïx'^

ÎHiip Tfiç xeti»9c IXtu6eptac* lirl tùôtciç çoXaTTStç irpoaen eîc ràwrXflîy- X>»» aou xaX rk ankâyyya. toû âoi^t'pLOU Ao'p^'ou Bûpovoç, 6 diroTo; àçow (fti TTiv TToiYiTtxtiv Toti jyopfAOvtov Xûf ttv li^oXt |fcflwpoOtv xà fuatxà xàXXn

pO{ ToQ Iv^^ou dly&vtfc tkiç* luà h ^ , tlç rhrt MttoXo'^fov o&t&v tmv iPOiXtrAv aou ouvaptOuviOeK ciX^ auXXâêei rà ttXéov awTTnptet axécS'ta (Jtà oi , i^-ndyin àirà âu^ov 6àv&Tov to yXuxb ovo|<.a rii( ÉXXoc^oç itç

]86 msTOiBs w

lour»à-toiir ouvriers et aoldals» leurs- jour$ et soavf nt leora nuits* se palsaient dani des Inir

vaux continuels , mais le sentiment du devoir et Vatteote de U gloire leur rendaient la &tiguû aussi l^ière que les périls leur étaient cbers.^

Le feu de la batterie masquée de Koutsonicas, où ils avaienl placé ou canon de la plus grande portée, deux pièces de campagne et un mortier, désolait les assiégeants, fieschid mit tout en usage pour réteindie. Il rassemUa ses meilkuis ca^ nonniers dans les batteries qui pouvaient la d^ couvrir. Mais leurs boulets, quoique mieux di* rigés que de coutume, ne Tatteignirent point 4iors les barbares lancèrent une foule de bombes et de grenades, qui ne produisirent pas plus d'effet. Toutes ces tentatives, renouvelées pendant plusieurs jours, ne parvinrent qu'à &ire de légères dégradations au parapet de la batterie. Le capitaine K. Tsérigoti qui y commandait, non content de battre la digye d union, dirigeait quelquefois ses bombes sur le camp ennemi, et contraignit Reschid à reporter au pied de PAracynthe un grand nombre de ses tentes.

Le sérasker s'opiniàtrait à compter encore

sur sa digue. Il continuait à exhausser la par* tie de cet ouvrage dont les Grecs ne s'étaient

m MissoumoHi. 1 87

point empalés, il fusait construire une batie-> rie à cent einquMite ioMB des remtiarts, m bc9 de la x:ourtine qui liait la tour de Corai an Rnnklm, et il commeaçaît à élever vu noiH

veau monceau de terre contre le flanc gauche de ce iMistioD. Cétait sur ce point que se concen-^ traient tous ses efforts; il négligeait toutes le»

autres attaques. . • . .

Malgré robstiuatioQ de son Orgueil» rinc{uié«%

tude ne le quittait plus. Il voyait les Grecs «fi"* hardis encore par leurs derniers succès , sourire de 8€» menaces^ Ao eontraire^ ses soldats entiè^ rement découragés , demandaient, à grands cris^ la levée du aiége ; etpltwitsurs^ sans ea attendre Tordre , s^ébhappâient en troupes de son camp et rentraient dans leurs foyers. Ago^Vas^aris proposa au sérasker de se retiiw à lanitift pour

s'y reposer pendant l'hiver, tandis que lui, Vas» siaris, resterait sous les murs de Missolonghi^ et «tdi^ait d'engâger la garnison à lut livrer la ville. Mais cette proposition fut mai reçue de Reschid. U savait cpi'eu' l'aoœptant il exposait sa tête, et d'ailleurs il ne pouvait se résoudre à une démarche qui le rendrait la risée de sea enuenis. Cependant les Albonaîa exigeaient îm^ périeusement leur solde , à raison de soixante et dix piastres par mois; les Guègoes se disaient

i88 ' umoïME iMT sûtes

atteints de la nostalgie, et ne pouvaient plus résbier au boom de raroir lenr pajrs. Les Turcs asiatiques seuls restaient tranquilles, mais n'en fbnnaient pas moins le projet d'abandonner le eamp à la première. oocasion. En Tain Resddtd prodiguait -il .les promesses et les fausses nonyellas.Scmascenâûit .étaitperdusiir des troupes * fatiguées d'un si long siège , effirayéeii de tant de pertes et souvent privées , d'une partie de leurs rations.

Pour comble de malheur, les Turcs postés dans FAçamanie étaient sans cesse battus par les troupes de Earaiskaki , les habitants du Y altos se. réunissaient à lui, et la junte de Missolonghi, pour attirer sous ses drapeaux tous les citoyens de la Grèce Occidentale qui s'étaient enfuis, venait de leur adresser la proclamation sui- Tante :

« L'invasion de l'ennemi dans votre patrie vous a. forcés à fuir sur- une terre étrangère' pour éviter la mort , la servitude et l'outrage. Du sein de votre asile vous avez vu, avec une profonde douleur, des ennemis féroces profiiner de leurs pas impurs la terre sacrée de la patrie , recueillir tous les firuits de vos sueurs, dévaster, brûler vos campagnes et les changer en déserts. Vous en étiez indignés , et votre indignation était

D£ MISSOLOffGUI. 189

d'autant plus amère que vous n'aviez aucun moyen d'empêcher le mal. Vous attendiez avec une vive impatience le moment de voos éhlicer où vos devoirs patriotiques et une juste vengeance vous appelaient. : Vous l'attendiez; eh bien ! il est venu ce moment si désiré. DifFérents généraux combattent avec succès votre ennemi; vous savez ce qu'ils ont déjà fidt, et uôus dé« vons espérer qu'ils feront plus encore. '

« Vous bom^z-vous à être témoins de leurs combats? Qu'attendes- vous pour quitter votre asile ? Seriez-vous indifférents à leurs efforts pour la délivrance de votre patrie?- Qu'est-ce qui vous empêche de remplir votre devoir et de venger tdus les maux que vous ont faits les barbares en pénétrant* dans vos foyers? Craignez- vous d'être trop faibles ? Cette crainte est sans fondement, puisque vous aurez des soutiens noin- ' breux qui déjà combattent seuls l'ennemi. Peutêtre êtes-! vous arrêtés par la peur de n^anquer de vivres et de munitions ? Cela non plus ne doit pas vous retenir. Le gouvernement a envoyé à Dragameste des; munitions, des vivres, et un inspecteur chargé de* les distribuer : bien plus, il fait partir une escadre pour vous secourir.

«c Ainsi connaissant qu'il ne vous reste aucun

IgO lUSTOIBS M SUÉGB.

prétexte pour demeurer étrangers aux combats ^ doâYeot délivirer votre payd » ooure& tous oà cbacoti de rom pourra oooibaUre aveeâes frères pour chasser 1q& Turcs de sa maison, de ses champs , enfin, de m patrie^ Si mainteoauk von» resle!s encore inactifs , si maintenant vous re* juaex encore de courir où tant et de si grands devoirs vous appellent ^ voua montrerez par votre indifférence que tout ce que vous avez souffert, vous Taves soufiert parce que vous avez voulu le souffiîr; et le gouvernement, la nation, le monde entier vous accableront. de reproches el diront qu'il est juste que vous vi^ viez malheureux et loin de votre patrie, puis^ que vous n'avez pas voulu la délivrer d'un en« nemî barbare. Mais non ! non , vous ne souf* frirez pas qu'un tel reproche vous soit adressé! Réveilles » vous de votre léthargie, reprenez votre première indignation , sablssez vos armes et courez vous réunir k vos frères pour anéantir les Turcs ; courez affranchir votre patrie pour y vivre libres, heureux, et rendre vos noms glorieux et honorés dans toute la teire (i). »

(i) H nP02ap. AiEïeïN. ta thî aïtik. maaaos

EniT ponH.

IJp«c Skwç Toi»ç AxapvavAç naX Xotircùc AuiuumXXa^toç towc

M HfgBOtATO&l. 191

Cet appel aux sentiments les plus actifs du tœnr hnmaiii devait ranimer le courage des ha«

IIIIKUI

•i( Un* yfiv M và fliiTiBatTft éw6 tiv «é^Ktov, tè» «iAiiffidl«| wtà

Mtraftûyiov oa< dhrdEvèp«Mrov ^x^p^v MtAiNcréSvra as rô fitapVv ir<î^

Tou TTiV Upàv yîi^ T-îi; Ilarf i^oç (Tccç , ^larp^x®'''^* » xotiovra xal èpyj-

lnpoaj&lwtt jià dbipm àwMrt|Mviieca» (Mtv çvf¥^ égydhn hk yit irtrdc|tTf Simo rk ««rpuiTtxa aaç xP'^i f^t* ^«(s Ix^txiiai; a«c

èîrpoffxixXoùoav. Triv ÈTVpoaps'veTe aÙTTiv ttiv 7tYftr)v, xai î^où ffOaaev

Hic.

Md^Tupi; Xoiir^ t&v i^Mvfiiv tcav, aelc n irpo(r|jLiviTe xal ^èv àçi* vtTt dlauXov adt; ; Âtart à^ia^optlri tli rà xivniAara» rà inoîa ytvovrat ^ik tvv «iroXûrpcMnv tHç vclt^î^oç ax; ; Tî aâc ^|A7ro<^t2^gt âirè TW W( xfl^uTi xghç ««Cl Toû và <N^u(«Hrt rôaa wutà»

và ^vaty ^lOTi Ix*"*"* âp'tsTûùç ^oyîOoÙi; àywviî^Ojxé'vouç Vie^r, xarà twv

xol «oXcfAif o^ia ; M-nTt ^là roûro «^iv ivpéirti >»à pieveTe éiriot** 1^ Atotxmotc If^vrtn Mil IpuXtv tic Ap«y«fiirov xal tf of àc xal mXi|Mf •mI ffttmçiv vèrà (MtpiiCl^ ç^Xlat mû Mamv0k* èùntiu* «p^

192 HiSTOIftB Dy SIÈGE

bitants de l'ÉtoUe .et de rAcaraanîe, qui s'étaient retirés en grand nombre dans les tles Ioniennes. Leur retour prochain devait grossir la petite armée de Karaiskaki^ et dès-lors il devenait probable que les communications de Res-

{Aevere â^iâçopoi eî; rcî»; àywvaç, ot oiroïot yi^ovrai <^ià ttiv iXeudepuatv TÔv TOiruv oaç, rpe^art Skoi 6itc\} xadevac ^x't XP^^C (7U(<.- «e)lt{ftio|i (li rohç dUXouc dt^iXfOuc reu, ^tà và ^lû^p hfif^^

Tou. xflU Tiipa ^ipt menMtn, Ion xal Té&p«^^W 'rpl^m 9iroii t^A

ottç, OTi Ôaa inâbt-zi tol è-ïraOeTe, <^iOTi iQÔéXaTe • kolI to Éôvoç, â Ar oUfXTi;, xal 6Koa{xcç ûXoç 6à aàç xanrjyopiîffouv, xai 6à eîiroûv, 3ti aï; âp(M(ti va (iîrt ^uçuxwc» kai IÇm div^ «ar^t^ft a«(, ^i^rt ^èv H"

XTiôapycv aaç • «vaXaCere ttiv 'Trpwrnv dtyavâxTïjaîv aa;, ^pà^erc Ta aviosTt ^x^p^^ • Tpi^ar» và ^cudtpttattt T^lv Harf t^a aac ^là

Tt|«i^ xal ^^Kv tic fXev rèv xtfafiov.

MsdoXoyyiov a8 Aùyoûçou z8a5.

A. OipkfilDC.

Ô Fev. rpa(&* 4>. UkurSu.

Cette prodamatUm n'est signée que par deux membres

de la junte, parce que le troisième, George Canam^- s'était

rendu à Napoli, pour siéger dans le sénat. '

chid avec rÉpireseraieirt'bîeiilÂt interro^ipcies.

Cette considération, jointe à toutes celles dont j'ài déjà parlé , aurait sans doute 4élerininé le sérasker à lever promptement le siège ; mais Reschid était retenu par la erainCe de , (a colère de Mahmèud. Pendant qu'il hésitait, arriva dans son camp un capi^lgj-bachi chargé de lui répéter ees mots que son maître' lui avait adressas en le nommant sérasker : Missolonghi ou ta tête. Cette phrase énergique mit un terme à soi} indéci^r sioo. IL ordonna un nouvel assaut. Mais Ije dé* couragement était si graud parmi ses troues qu'il pi|t à pdne déterminer deuzmille honunes à promettre de commencer Tattaque. Les Grecs instruits de cet ordre en attend^ent^re?;écution avec la plus vive impatience. Pendant quelques jours, voyant sans cesse des préparatifs et jamais de tentative, ils provoquaient l'ennemi du haut de leurs remparts à cesser tant de travaux inutiles et à s'avancer franchement au combat.. £nfin 9 ennuyés de l'attendre ils..i^ésQluren9i de Taller chercher. ' . • .*

Une mine considérable a,vait été creusée soi^ les retranchements élevés par Reschid devant le bastion reconquis. Une autre , plus faible, devait donner , par son explosion^ le signal du combat, en même temps qu'elle engagerait les

ig4 HISTOIBE BU SIÈGE

barbares à se rassembler dans ces retranche-* rnenls. ...

Le 21 septembre (i) apfès midi, au birik de cette mi&e qui ôt sauter quelques Turcs, le feu le plils yit pal%il de tovtqs les battttfies depuis celle de Rosciusko jusqu'aux ruines du bastion

Botzaris. Les assiégeante y répondirent avec

fariey foudi^yatit lâ batterie* de Koutsonicas

avec leurs boulets les plus forts, celles de kosdusko et de Guillaume^Tell av^e des âeiiii*boii« lets enchaînés; et avec des bombes, des grenades, des bouiels de petit calibre, les retran* chemeiits intérietirs élètés derrièiw le Ftei|kli«., et la partie de Tenceinte que défendaient le bastion Bùtzsîris et les batteries de Miaoïdt et dé Coraî.

Des nûées d'Albanais et de Gaclamanes sorti* rent des teixtes driessées an pied' des montagnes et s'avancèrent pour soutenir la première ligne de leur année. Des càvafiersr munis de fbneté poussaient vers la vtlle, comme des troupeaux , ceux que la voix des chefs ne pouvait engager à marcher. Reschid quitta sa tente, et vint, suivi de toute sa garde , se placer dans ses postes avancés. Au milieu de la plui violente fiisiUade

(i) Le 9.

les Âtbanais et les Gûègaes tent^ent Tassaut; ih fatent re^poiMéd alfec pette.

Cependant le féu cesse sur tout le front du i«mpâtt, éxeepté àu bàstiûll Fr«BkIin. RèSéUd ctoît que' toiité la garotocK» iB^séit pcfitéé dans ce bastioB; il ordoone à ses tFoupes placées devant les hàttètUiê' iie Àigàs, d«Maori$ et deMôiitâ-' lembert , d'escalader les remparts. Les Grecs qui §;É^da(ie&t ces! posted, eaché^ derrière les mtorâiHès^ 'làbfienl les îtifiMies S'approcher ^ét^ se montrant tout-à-coup, les épouvantent, les dispersent, et les forçait k fuir^ trelAblants èff confus, vers leurs retranchements. La mitraille des battiôrié» Voisiaes, et partia^liènéBOtent de h limette de GiiillàniM d'Orange, tés pouMi^ dans leur* fuite et redouble leur terreur. Toutà«c6up lé "àol tr^emMe : du sèin de la terre éft* tr'ouverté et grondante, s'élance avec hnpétuosité tin tvaa^ nôit mêlé de fuméé , de terre et dè débtiÉ êè fdcfiiers, eftlerant avec lui dans les airs des têtes, des mains, des pieds, qui retombeùt , tes tMn- ^ur lés* phalanges torques jknir y recevoir la sépulture, les autres sur les remparts chrétiens pour y rester exposés comme dés trophées de la irictoire. Bientôt cé nuage s'abaisse, enveloppe et étouffe toiis ceux que l'explosion avadt épargnée. ' .

1^ HISTOIRE DU SléOE

Uqe terreur panique s'empare des Musulmans, on les yoit fiiir çà là se bouchant les oréflles avec les mains, et ne sachant où se réfugier. La'mUraillci les poursinit,' les baUes se joignent contre eux à la milraillé, une partie de la garnison se précipite sur les débris de leur retranchement* Le sabre k la main , les Grées se disputent à qui reviendra vers ses chefs chargé de pins de dépouilles.. Les, larges crevasses dont l'explosion de la mine avait rempli le tlBtrain, les empêchent seules de pousser jusqu'aux secondes lignes des Turcs.

Reschid désolé avait vu s'évanouir, en un dtin-id'<eil, le.iruit de tant de travaux et de soins: U se lamentait sur sa mauvaise fortune , et les Grecs, pour irriter ses douleurs, lui criaient du haut des remparts : Ou es- ta , fim&ron* de Reschid? Où caches-tu ta pompe asiatique ? Que ne viens-tu tenter cet assaut général dont tu nous as si souvent menacés? Repose-toi maintenant sur les promesses de ton prophète ! ' . Lorsque les soldats- entrée dans les gouffres ouverts par la mine, en eurent rapporté les lambeaux sanglants qu'ils avaient trouvés à la sur.- £aice des débris, les pionniers y descendirent avec leurs outils, retournèrent les terres et les j^planirent. Ils découvriiient. un grand nombre

DE MlSSOLOKGHl. tg'J

(le cadavres ottomans et deux ouvriers chrétiens vivant encore sous les ruines qui les avaient ensevelis. Les barbares voyant que les Grecs , arrêtés par le bouleversement du terrain , ne pouvaient plus les poursuivre, retournèrent sur les ruines de la digue d'union , et après avoir baisé la terre, ils agitèrent dans lair leurs glaives nus en menaçant les vainqueurs. Les cbrétiens souriant de mépris , ne daignèrent pas même se servir du fusil ; ils se contentèrent de leur jeter des pierres 9 des morceaux de bois , et s'occupèrent aussitôt à renverser ces montagnes de terre amassées i si grands frais.

Les Turcs avaient perdu plus de cinq cents hommes. Yanousis Sevianis avait été blessé, ainsi qu'Aslan-Bey, atteint à la téte par une pierre au moment de l'explosion de la mine. Les chrétiens regrettaient quinze morts,et comptaient trente-cinq blessés. Parmi ces derniers se trouvaient un jeune homme de quatorze ans, nommé Antoine Bacas, qui déjà dans l'assaut du a août avait montré la plus brillante valeur; Constantin Tsavellas,run des iieutenants^énéraux du corps que guidait son frère Ritsos, et Atli. Zervasqui commandait aussi sous son frère Nicolas.

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