‹ Histoire du siège de MissolonghiChapitre 11 sur 21 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

Reschid ne songe plus à des attaques de vive forée; il s'occupe de fortiôer son camp. — Il essaie encore d*èntrer en négociition* ^Aéponie. itteggiquedei Grees»*i^aniiMai

I^MrnîsoB. — Rescbîd abandoiuM} ses ouvrages et se Tpeûre dans son camp. — Joie des Missolonghiotes. — Exposé de letat des remparts à cette époque. — Craintes de Reschid. "^Retour de la flotte turque. — £fiBorts infructueux de ViaooU pour s'olivrÎT l'entrée 4u pdiet — Bérbarie dn sénsker éAvert ses priBonmers éb gMte.*^ «Afrii^il!I« bi^slilin sons les murs dé la plaee«-r!Cab1eiMi de la Motée^ —Embarras du gouvernement grec. — Moyens employés pour fournir aux dépenses d'une nouvelle expédition na« ^rale.

L'affaire que je viens de décrire finit Ja pre* niière période du sié^e. Tandis ^ité la jgarnison était renforcée quelques jours après par; les corps du général Sadimas, des Ucut^u^nls

généraux(i )Yasilis Patzis, et Cbiistodoiiios Uadgi Pélrou, et du chiliarque Giannakis Stratos, le découragement et la peur augmentaient d'heure en heure dans le camp de Rescbid. Ses batteries ne répondaient que faiblement au feu de la place. 11 parut dès-lors abandonner toute idée d*un nouvel assaut, et ne songer qu'aux moyens de défendre ses positions. On ne le voyait plus amasser des monceaux de. terre^ couronner de nouveaux cavaliers ou élever 4es digues duni^n. Ses ingénieurs cherchaient à métamorphoser en petit fort' la > batterie quHls avaient construite sur les ruines de l'église de Saint- Athanase. Il faisait venir de Prévésa les bois nécessaires à la construction de magasins pour ses vivres et ses munitions de guerre. Ayant appris que ses troupes campéte devant Anatolioo avaient déserté , il envoyait un autre corps se saisir de cette position. £n même temps, il chargeait des détachements

(i) AvTiaTpftniYeç , c'est-à-dire, lieutenant du général» cfomme nous appeloDS UeutenaDt-coloncl le Ueiitenant du colonel o^ui qui le remplace en son absence, le secontf officier du régiment Le mot de lieutenant-général a chez nous une acception différente ; mais je n*aî pu trouver d'autre terme pour rendre le sens de l'expression grecque, et indiquer lo gt*ade qu'elle désigne.

DE MISSOLOirÛHI. aof

de cav<alerie d'observer les rives de rAchéloiis; et de protéger 'ises contois. Gorame les chevaux manquaient de vivres dans le camp, ii avait ordonné de tes conduire à Janina où ils passeraient rhiver; mais les cayaliers, ne voulant' pas s^en séparer, s'emparaient, pour les nourrir, d'une partie des vivres destinés à ce qui restait des ouvriers grecs , qui presque tous avaient péri de misère. Des maladies graves régnaient dans l'armée assiégeante. Tout portait Reschid à abandonner une entreprise qui ne lui présentait plus de chances de succès. Mais les menaces du Sultan le retenaient toujours, et la garnison vit bientôt qu'il était décidé à passer l'hiver sous les remparts.

Alors les chefs civils et militaires de la ville se réunirent dans l'église de Saiut-Pantéléîmon, pour délibérer sur les mesures à prendre d'après cette décision dusérasker. Ils étaient pleins d'espérance. . Si leiu« remparts n'offraient sur plusieurs points que des ruines, l'arrivée de nouvelles troupes avait Êiitplus^ même après tant de combats, que remplacer les morts' et les blessés. Si Reschid montrait une constance inébranlable, son armée affaiblie et découragée ne servait plus son ardeur. Ses communications devenaient taujours plus difficiles , taudis que peu de semaines

s'écottUdenC sans que quelque Taisseau grec fit entrer dans la ville de nouvelles provUioDS. Le seul ennemi qui pût leur inspirer quelque effroi^ la faim, semblait alors menacer plutôt leurs adversaires que leurs soldats. .

La junte de.^uvernement publia une nouvelle proclamation pour engage tous les habitaol^d^ la Grèce Occidentale à seconder les efibrts de Karaïskaki, et Ton continua à travailler aux fortifications intérieures qui remplaçaientlesparties des remparts détruities par le feu des Turcs.

Reschid voulut tenter encore d'entrer en négociation, il fit jeter dans la batterie Mpnta* lembert une lettre où il demandait une entrevue aux cbefs de la garnison. Sa lettre fut repyoyée dans ses retranchements , avec ces deux lignes pour toute réponse : Les Grecs n'ont, a^ec les Turcs d'oiUre oommumicuUon que eelle. iiûê armes ( i ). Pour rendre plus active cette espèce

de con£irenoe, les assiégés creusènent, sous la direction de Sotiropoulos , une noavèlle mine

qui s étendait depuis la brèche- du bastion Bo* Isaris jusqu^au retranchement eimemî^ en tsa^

versant le chemin couvert. L'explosion produisit

J^E MlSSOLOSfGBX. ao3

l'effet désiré. Elle renversa le retranchement, et 6X sauter les Turcs qui le défendaient. L«e feu de$ batteries et la iîisîUade qui suivirent tuèrent encore une centaine d'infidèles. LesQrecs ne perdirent <me deux soldais.

Peu de jours' après, onreçul: daiis la ville une le^tr^ d^ K^aïskaki et des autres généraux de rAcamanie» Us avaient attaqué pendant la nuit le canip turc de Karvansajra. Leurs troupes, après ay/p^r ^orgé plus de trois cents barbares, et refoulé le reste dans la mer, s'étaient emparées de ce camp retranché. A la vérité, le défaut de pro^ visions les avait forcés k l'abandonner aussitôt poujp rfstQurner à Dragameste , mais ih avaient eipammé avec fux cent trente chameaux, quatrevingts mulets et trente chevanx de choix pris à l'ennçmi. .Un seul Grec avait péri dans cette afibune, et deupc seulement avaient été blessés^ Les généraux ajoutaient qu'à leur retour à Dragameste» on leur av^it.assuré qu^ Biesçbid venait de détacher contre eux ciiiq mille hommes de son camp; ce qui, disaient-ils, leuj: était fort agréable, d'abord par la confiance qu'île avûent en eux-mêmes, ensuite parce que le départ de ce corps rendrait plus {aale la défense de MissoloQghi (i).

(ij iKîttrti de Karaïskaki et des auUes généraux du camjit

ao4 HISTOIRE J>U SIÈGE

La garnison voulut célébrer ces bonnes nouvelles pat UD autre succès. Depuis quelques jours était arriré dans la villé un habile ndinêur nommé Constantin , envoyé par le gouvernement deNapoli. Malgré les difficultés qu'àppdsait: à son entreprise la qualité du terrain , il avait conduit une mine sous la fameuse digue d'union* Le j3 octobre, aux premiers rayons de l'étoile du matin, la fusillade la plus vive partit de tout le flanc droit des remparts, se mêlant au bruit de rar*tillerie. Cette attaque avait pour but d'engager les Turcs à se concentrer dans leurs postes. Bientôt le 'feû cessai et lorsque le soleil parut sur rhorizon , Constantin fit jouer la mine. L'expio^ sion fit peu de bruit, mais ses ravages furent terribles. I^a poudre divisée dans plusieurs fours renversa en éclatant le reste de la digue d'union, emporta dans les airs un certain nombre d'ennemis, et couvrit au loin leurs bataillons d'un nuage de terre et de fumée. Alors le feu rj^oommence sur les remparts ; les Turcs effrayés -abândofinent leurs ligues et s'enfuient. Les portes de la ville s'ouvrent; les Grées ^ précipitent sur les fuyards, les chassent à trois cents toises des mu-

d'Acarnanie , adressée à la juiitc de Missolonjjhi et aux. chef» de la garuisou, suus la date, du 3u septembre.

DE MISSOLONGHI. •aoS

rsriUes, et revieiment chargés de. têtes sanglantes, crarmes de toute espèce et de plusieurs étenilards turcs. Ils rapportèrent que les ravages de la mine s'étaient étendus jusqu*à un café où les chefs ottomans se réunissaient tous les matins, il est à remarquer que tandis que les Grecs ne perdaient que deux hommes, dans une sortie qui dura plusieurs heures,, quatre femmes étaient tuées dans la ville par un seul boulet de soixante livres.

Pendant quelques jours , le feu continua des deux cotés Bans aucun événement remarquable.

Le 17 (i) au soir commença une pluie abondante qui redoubla vers minuit. Le calme le pliis pro* fond régnait alors dans le camp du sérasker.

Des soldats jettent; du haut des murs quelques grenades dans les retranchements turcs. Au mo* ment où la première éclate, ils entendent quelques cris; l'explosion de la seconde n'est suivie d'aucun bruit , d'aucun mouvemént; quand la troisième se rompt, même silence.; Étonnés un moment, les Grecs s'élancent bientôt de toutes leurs batteries dans les ouvrages des assiégeants; Us les trouvent déserts; ils savaneent, les parcourent , sans entendre le pas d'un seul homme ,

(1) Le 5. •

ao6 HISTOIRE ntt nria^

saiis Voir briller cme épée. Alors, ib bràlent les

couronnements , renversent les palissades, et enlèvent tous les bois qui peuvent servir à des codstrnctîofis.

La lueur des flammes réveille les habitants de Missolonghi /ils deiûaiident la eaùse de Tin* cendie. Ce sont nos frèires, répondent les soldats, ce sont nos frères qui brûlent le catinp abftndfonnë paf les Tiircsl Ces niots voleM d^ bouche en bouche , on s'embrasse, on se félicité mutuellement; toute la villeest àl'instant surpied, etdès qtrePatiroreManehît lescièux, lesbdtmnes, les femmes , les enfants, se précipitent hors des portes: La foule sé pressé avecorgiteil an tmtieu de ce labyrinthe d'ouvrages menaçants que ses défensevrS ont rendus inutiles^ £lle ahne à fouler les ruines dè cettie- digué d^imiort si long-temps redoutée. Reschid est encore devant leurs yeux, il n'a fait que resserrer ses troupes au pied du mont Aracynthe : si ses batteries les plus voisines des murailles sont abandonnées, celles qjoTû avait fcoiikfruftés à trois on quatre cents toisés des remparts tirent encore sur la ville; mais, habitués k dornlir tranquHles an brnit de ses grenades et de ses bombes, les Missolonghiotes ne font pas même attention à son feu. Les femmes ramassent les planches, les paniers, épars au mi-

lieu des retranchements , et les emportent dans lètin chaumières; Des en&nts conduisent desbestiftc^cpiipaissent l'herbe restée aux enTirotis de la forteresse. A travers ces groupes paisibles , ou apetéevs&t des soldats indiquant aVeô^ fielté les positions de l'ennemi, le théâtre de leurs différents succès. « C'est jusqu'ici que nous avançàmesdaiis h sortie de septembre, (fesl là qtie je saisis un étendard, c'est ici que fut blessé Tsavellas. disaient; p«istout*à*coup, rejoints par une troupe de leurs camarades : Puisque ces intrépides Musulmans, s'écriaient-ils, se sont éloignés hors de la portée* du 'foril^ il fiiut bien que ttom dUons à eux. £n sfyant! Victoire à la croix 1 £t bientôt on les voyait tout près des reitiparts enncÂiis, provoquer les infidèles, et engager de légers combats dont ils ne revenaient jamais sans quelque dépouille.

Ce fut alors surtout qu'on put juger combien il avait fallu de courage et de constance {>our résister dans une place tellement endommagée. Le bastion Botzaris offrait une brèche praticable de quarante-chiq pieds; les batteries Coraî, Ignace^ Koccini et Macris étaient dans le même état. La courtine qui liait ces batteries entre elles avait aussi beaucoup souffert, de sorte que le fipnt

ao8 HISTOIRE DU S1K6E

(les'fonificatiotis était presque éo ruines ( i ). Du coté du couchant , tous les efforts de rennemi s'étaient portés sur le bastion Franklin* au moyen de la digue d'union. A la partie orientale, Tescalade avait été préparée par le comblement des fossés qui défendaient les batteries Macris, Rigas et Montaient bert.

. Le premier soin des Grecs, toujours dirigés par Fhabile ingénieur qui avait fortifié la ville, fut de réparer autant que possible ces d^radations en même temps quHls détruisaient les travaux des assiégeants. Taudis qu'une moitié des ouvriers nettoyait les fossés, et commençait à rebâtir les endroits démolis , l'autre renversait le labyrinthe d puvrages élevés avec tant de peine par les Turcs. Ceux-ci s'occupaient, de leur côté, à fortifier leur camp d'hiver. Bientôt toute leur armée fut entourée de fortes lignes défendues par. trois tours en pierre et de nombreuses batteries. Ces divers travaux n'empêchaient point le bombardement de continuer. Rescbîd goûtait encore le plaisir de tuer journellement dans la ville quelques femmes, ou quelques enfants. La gar-

(i) Rapport d(; l'ingénieur en chef à la junte de Misso- ]unglii, daté du 6 ( i8 ) octobre.

UK MISSOLOITGHI. HOg

nison , cherchant 4çs combatft pkt» honorables , sorlait souvent des murs, et provoquait, les barbâtes. EUe désolait leurs travailleurs, et lorsqu'ils osaient répondre à son appel, ^t se hasarder VA instant bons de leur camp, ils s'y rentraient jamais sans uné perte considérable. Dans une de ces rencontres p^it le brave Kitsos TsBOaris, chiUarque du corps d'armée de Nicolas Zerva. En général, c'étaient surtout les héros de . Souli qui s'exposaient dans, ces scMties.

Ce tat ainsi que se passèrent la fin d'octobreet le commencement de novembre sous les rours> de Misaqienglii. Dans, le ménoe temps ^ la petite* armée grecque de la Phocide obtenait aussi des succès. Les généraux Gouras, Grizioti et Yasios^ détaèhés du camp établi devantS^lona^s^étaient portés vçrs les Thermopyles, et avaient battu deux fois reqnemi sur ces montagnes dont le seul aspect double la valeur des Grées. Dans leur inarch^ paiir.rentrer au camp, ils avaient eu'* core dispersé un détachement turc à Roussali.. Les Êorps de Yassios et de Grizioti avaient ensuite remplacé , sous les murailles de Salona, ceux de Conslantin Botzaris et des autres chefs souliotes, qui, s'avanç^^nt avec Gouras vers le Catapbyghi, s'étaient précipités sur le camp ottoman d'Ampliani, dont le chefétait tombé sous

UiO HISTOIRE DU blÉOE

leurs coups avec un grand nombre de sokiaU>

Les Turcs de Salooa, effrayés de ces défaites^ avaient ^bandoané la ville, le 6 novembre (i)^ et, pressés pal* les Grecs, non-seulement ils n'avaient pas eu 1^ temps de l 'ioeendier , selon leur coutume, mais encore. Us avaient laissé la phtpart des maisons pleines de munitions de toute espèce, et abandonné au vainqueur leurs tm* tes, deux pièces de canon et leurs malades (2). iTun autre côté, Karaïskaki que les Albanais n'avaient pu déloger de Dragamcste, gênait toujours leurs communications avec l'Epire, et quelquefois, tombant à Timproviste sur d^ corps <j^taehés^ les méttait en fuite, ou les taillait en pièces.

Reschid^ iuquîet de sa' position, donnait l'or-

dre qu'on lui envoyât de la Romélie sept cents ouvriers pour remplacer ceux qu'il avait perdus; il faisait venir dè Prëvésà, d'Arta et de Jànina dçux cents mulets rendus nécessaires par la perte de ses diameaux & Raivansara ; il s'adres* sait même aux ile& Ioniennes pour açlieter des

(i) Le aS octobre.

(a) Rapport des géDéraux Constantin Botxaris, Ceorgaki D. Dracos , Tousa Zerva, Gioti Tankli, et Alliaisastf Koutsonicas, daté de Salona le a6 octobre.

1)£ MiSSÛLONGfil. 911

bcri9 destinés. à h oonatruction-cle: ses. magasins; mais les négociants de Ste-Maitre, instruils que les objets dcniaiidés' devient serar aux ennemis

des chrétiens, refusèrent de livrer la moindrje chose au commissaire du sérasker.

Se s soldats , rebutés par la perspective* de passer Thiver hors de leurs fojers, et fatigués des pluies qui. devenaient très-^iéquentes, oontt* nuaienl à déserter journellement II ne lui restait plus qu environ douze mille hommes. Xi pouvait craindre de voir les coips grecs de Dragameste et de laPhocide, se réunissant aux Missolonghiotes, venir à leur tour l'assiéger^ et ce n était pas encore là ce qui le tourmentait 1er plus. Les terribles mots : Missolongfii ou ta téte^ lui iaisttent toujours redouter de. voir arriver dans son camp le fatal Rapidgi-bachi. Pour détourner la colèreLduSultan , il proposa une entrevuie au pacha de Patras et 4 d'autres dueb , et se fît donner par eux des certificats portant qu'il avait déployé les plus grands, talents ainsi quek plus noble constance , que l'interruption du siège était devenue nécessaire^ et n'avait eu d'autre cause que la lftcheté.des troupes^ et la fuite :de Topai- Pacha devant quelques bateaux de Klephtes. Peu rassuré cependant par cea attestations, dont quelques unes n*ét^nt pas sans fonde*

ai2 HISTOIRE Dh SIÉGC

ment, il portait toujours snr son front Viaquiétudé

6t renniii. Déplorable condition des esclayeal après avoir attiré. sur iètur télé .la tiaine du genre humain pour satisfaire aux ordres de leur maître, il faut qu'ils tremblent encore de son courroux^ Reschid n*av»it cf antre mùjén de Cacher à ses soldats son découragement extrême, qu'en punissant le leor ^mc la'démiéiesévérîtéi La colère seule reportait quelque vigueur dans ses yenit; <et, de même qu'il ne s'obstinait k rester dèvant Missoloiighi que par la' oraînte dé la mort, il ne retenait ses troupes dans son camp que fKir ki terreur des supplices;* - •

Tout-à-coup, de ce camp si triste et si sombre, s'élancent des cris de j^ie, et trois 'déçbarges d'artiHterie grondent^ans-ies'airs pour^reinèrcier la fortune. C'était le 1 8 novembre. La flotte turqtiè ?enait de paraître prés^dù rivage. Fort» de plus de cent yaiisseaûx, elle s'avançait dans le golfe, et se déployait aux yeux des assiégés devant le fbit^de Vassiladis.' Btemût eHë se dirigea vers Fatras et Lépant^, où elle débarqua des ppoTisiai» de téui genre.

Peu de jdurs's'étaietit écoulés, lorsqu^nne ca^nonnade long-temps soutenue et partant de i'exr trémité dû golfe, addioiuça' qqe la flotte gredque^ revenue sur les côtes de l'Étolie, attaquait le ca-

DE MISSOLONGHI. l 3

pitan* pacha. Le lendeioaiu, les deux- flottes

combattant toujours, se rapprochèrent assez de la ville pour qu'on put les apercevoir du haut des remparts. Ix>rsque le canon de-Mtaouli cessa de se faire entendre,' les batteries de Reschid tirèrent ides .salves de réjonissancé.- Cependant les assiégé croyaient au contraire qoe leurs com^ patriotes avaient triomphé; car on avait vu du rivage la flotte ennemie rompre sa ligne aprèsl'embrasement d'un de ses vaisseaux. Pendant la nuit on entendit encore une- vive canonnade du côté de la mer. •

Miaouli, quoiqu'il n eût que treute-quatre bâtiments, n'avait pas hésité » s'avancer eonii^e la flotte ennemie. Après avoir eomiMittu aveé laplus' grande valeur pendant deux jours et deux nuits, il anrait envoyé un farildol contre la plus forte, des frégates turques. Mais le bâtiment incendiaire, privé de son grand mât par un boulet, au lieu de Sr'attafdier k la «frégate, n'avait piu qu'enflammer'un brick voisin ; et la violence du vent avait bientôt séparé les deux ^flottes^ Ëlliis^ restèrent deux jours à manœuvrer lén présence Finie'de

. l'autre; le combat recommença le Les assiégés ne pouvaiènt voir les frooavemehtBî des na^ vires, ils entendaient seulement le bruit des

' canons. Les cloches de toutes les églises deMisso-

2t4 HISTOIRE DU SIÈGE

longbi réunirent Içs fidèles au pied des aulela pour appeler Tassistance divine sur le pavillon de la croix. Ces prières ne furent point exau-» cé«s.£n vmkkl^ebande iajlellade(i)r^àauhl9i't t-il ses efforts; en vain, pendant «ne semaine entière, selança-t^il^ tantôt la nuit^ tantôt le jour^ contre un ennemi si supérieur en nombre^ que dirigeaient déjà plusieurs oÉficiers de marine européens; il ne put forcer Topai à la fiiite» ni s'ouvrir Tentrée du golfe ; et, après des prodiges d^ valeur, il fut obligé, par le défaut de vivre», de retourner dans le port dliydra.

tlie cofMtan-paoha, resté maître du champ de bat^le, eut tout le loisir de transporter dans le CQinp .dn 6toid(iep..toùt ce <]ui pouvait être nécessaire à la continuation du siège. Re&chid prouva aux assiégés Tabondance de* ses munitions, en entretenant sans relâche un feu teiv rible. II. ne paraissait cependant pas songer à ae rappsQcber des muraiUes; mais ses soldats commençaient à menacer la garnison de la prochaine arrivée d'Ibrahim. £n. a ttendmt^ ils chei^ ' okaieot.à lasser les C&reca.par les funestes effets du bombardement, et à les effayer par des spec^ taiîles pareils à celui que je vais déoife. •

DE MISSOLONGHT. SI 5

Le ao (i) décembre, on aperçut des remparts les cbeis ennemis qui s'avançaient sur une de leurs batteries; ils parurent donner quelques ordires et se retirèrent. Bientôt d'énormes pals furent dressés au-devant du camp turc. Un prêtre revêtu de ses habits sacerdotaux , deux femmes^ plinsienrs enfants et quelques autres ca{iti6 y souffrirent le supplice le plus horrible, et y restèrent exposés comme pour avertir ks défén- 9ekm de la ville du sort qui les attendait C'était la manière dont Keschid traitait depuis quelque temps tous ses prisonniers de guerre (a). - ' '

Ces restes effrayants paraient encore le camp du sérasker, lorsque, le a4 décembre , la musique militaire anno>nça que d^ ÏVançais conduisaient à son secours les Arabes d'Ibrahim. Quatre mille de ces malheureui^, débarqués à Crionéri, s'avançaient dans le plus grand appareil. Six étendards flottaient sur leurs têtes; l'artillerie ouvrait là marche, que feitnait la cavalerie. Us dressèrent leurs tentes à quelque distance de ceHes des hordes asiatiques et des soldats européens. Ainsi des troupes des trois parties dé l'ancien monde se trouvaient réunies contre une &ible garnison.

(i) Le 8.

(a) Chromquts dfi diissolonghi,

jllfi HJSTOUUt OU sutoK

Les as&iqgés u'éprouyèrelit aiicuue crainte; un aiitre senliiiieiit remplîMaift Jeurs âMs« En Yoyaiit des officiers français marcher en téte des Egyptiens^ en entmdant les Umbours fivnçais régler la marche de ces barbares , l'indi* goatiou soulevait leur coeur; et, dans le même instant 9 la pitié pour un grand peuple nimiil<^ lait leurs yeux de généreuses larmes : O Frauce! s'écriaient- ils I ib fi<mt passés les jours -de ta gl(Mrel..M Les siècles de saint Louib et d'Henri FV sont passés, (i)! Bientôt une autre idée venait les affliger ^profcmdéineiit Qu'était donctleTenu le courage des Péloponésiens ? Quoi ! disaieiitils^ . ils. nous, avaient proinis de nous, délivrer de Reschid, après avoir-détnnt Ibrahim: et quand nous avoQS réduit Reschid à Timpuissance de rien entreprendre t Us n'ont pu metne occuper le satrape égyptien; et tous les ennemis se riassembleut sous nos. murs, comme s'il n'existait que nous de soldats greos* . Ici, il devient nécessaire de jeter un coup*d'œil sur les événements die la Morée^ sOr les. csoses qui permirent à Ibrahim de traverser tout le Pé» loponèse pour veqir mettre te siège clevaiit une

(<) Oi «tâvtc T«G dbyteii AWcr^ûuuxftl tcv a' É^mu tirtpoao».

. m ' MlttOLON GHl. a 1 7

place , située sur la frontière opposée à celle qu il avait d'abord envabie.

On ne peut se figurer l*étonnement et la terreur que produisirent parmi les Moréotes les armes et la tactique des Égyptienâ. Nous avons vu des troupes d'insurrection à peine organisées attaquer de vieux soldats, et en triomphe!*; nous avons même vu des citoyens, n'ayant à la main qu'une faible pique, s'avancer sans crainte contre les meilleurs régiments. Afaâs du moitn citoyens étaient familiarisés avec la vue des armes de leurs ennemis; s'ils n'étaient pas encore formés aux manœuvres, ils les connaissaient, ils les avaient vu exécuter cent fois. Pour les paysans de la Morée^ au contraire, tout dans les troupes d'Ibrahim était étrange, inconnu, les armes, les évolutions, la musique militaire, les tambours. Le petit corps de Baleste n'avait pu leur en donner l'iidée : la plupart d'entre eux l'avaient à peine aperçu. Habitués à combattre ta désordre des Turcs en désordre coniipe eux, ils frémissaient à l'aspect de c^s masses qui tondraient comme un seul homme sur leurs pelotons épars. Lors* que leur feu n'avait pu en arrêter la matche, vaineihent essa]raient-ils d'opposer l'épée à la baïonnette : une fois atteints, ils étaient vaincus. Tant que les braves de la RcMnélie furent avec

ai 6 HISTOIRE DU SIÈGE

eux, ils crurent encore la résistance possible;

mais, quand ils n'aperçurent plus les drapeaux de fiotzaris et de Tsavellas, une stupeur soudaine endiatna leurs mains. En perdant Tespoir de vaincre, ils en perdirent le pouvoir.

Alors, quelques émissaire^ profitant de re&oi général, vinrent proposer à la Grèce de se donner un roi étranger, conune le seul moyen d'é-^ cfaapper i la condamnation prononcée par la Sainte -Alliance. Des hommes faibles s'y résignaient; mais le nombre en fut petit, et les guerriers, les dtoyens, renouvelèrent leur serment, de vii^re libre ou de mourir. Cette décision pouvait £m*e attendre une résistance héroïque; on se serait bien trompé. A rapproche des Égyptiens, presque tous les Moréotes s'enfuyaient dans des rochers inaccessibles. Les soldats qui restaient sous les drapeaux refusaient de marcher, ou obéissaient sans espérance et sans vigueur. La plupart des généraux , des sénateurs , des membres du gouvernement, ne savaient plus que se livrer à de vains projets, à de mutuelles r^iminations. Il ne faut point s'en étonner; c'est l'effet ordinaire des revers. Dans lés calamités publiques, chacun s'irrite de voir sur le front des autres la crainte qu'il a^dans son ame, et de n'enténdre que des plaintes, quand il cherche

Bs lîisiOLOirGHi. «19

flea. consolations. De là cette aigreur, ces divisions soudaines qui smvent toujours- les grands désastres. Que si, au milieu de ces hommes cour-t sous la destinée, il en parait un dmt la téte haute et fière peigne l'audace et l'assurance, son seul aspect, eu soulageant tous les coeurs, les dispose à Taimer; son calme, au milieu du trouble général, le fait paraître d'une nature su-périeure;-et si , avec Faccent d'un grand caractère, il s'écrie : Suivez- moi et ne craignez rien, aussitôt tout s'unit pour marcher à sa suite, et chacun, fatigué de ses propres pens^, ne pense plus que par lui. Les divisions cessent, les craintes se dissipent, la force revient avec Funion et l'espoir. C'est la présence d'un tel homme qui a manqué aux malheureux Hellènes.

S'il se fût rencontré psàrmi eux, il se serait particulièrement opposé à la demande de la protection de l'Angleterre, convaincu que c'est surtout dans les instants d'un grand péril, que les gouvernements doivent se garder de toute me^ sure^qui peut avoir l'apparence de la crainte. Au lieu d'implorer le cabinet anglais, il eût chassé à . l'iiistant tous les hommes qui osaient parler de protection étrangère; il eut eSàcé dans les acfea du gouvernement ie titre de provisoire; et, nommé dictateur, ses premières paroles eussent annoncé

aaO HI8TOIBB DO SIEGE

la certitude du ^uceès : alors, sans aucun doute, lésurmées ensscnt'retrottVéieui^oourage , et avec le courage , la victoire. Sinon , que lui restait-il à faire? Laisser dans Napoli et dans Corkiti^ les garnisons qui s'y trouvaient, abandomiér à Ibraiiim le reste du Péloponèse, et se porter^ à marcbes fi)roées et par des mouTemènts «ecrètement concertés, contre l'armée de Reschid. Elle était détruite eu un jour par cette attaque combinée avee une sortie de la garnison de lifissolongfai; les vainqueurs se portaient sur Salona, et les Péloponésiens, unb aux Rooaéliotes, retournaient sur Ibrahim , qu'ils pouvaient alors défier même en bataille rangée. Certainement^ Bonaparte eut exécuté ce plan, méroe lsiTtec des soldats moins habitués que les Grecs aux marches les plus étonnantes. On m'objecteva «ans doute la difficulté de fournir des vivres aux troupes en marche. Mais on sait que les troupes qui croient marcher à la vicloire savent troirrer du pain on s'en passer : on connaît la merveilleuse sobriété des Grecs. D'ailleurs^ l'^thoustasxhe inspiré aux soldats se serait communiqué aux paysans, et cet enthousiasme eut trouvé moyen de lever toutes les diffiouU<ès.

Puisque personne en Grèce n'avait su prendre l'ascendant que les peuples effrayés ne re-

m MissotpuGjEii.' oai

fusent jamais à rhomme qui montre une conyictioo iuiûme et réilécbie. de k certitude du

Mais on pQuyait espérer du moins que les Mo* réotQ^^ saii$ ofier atliaqiiec itn tigoe . Tamnée d'Ibrahim, la détruiraient en tiétail. Rien ne semblAÎI; si (9A?Ue dftusi.uapay» coupé en tous $ens pair dea mctnlagiiiea inacoossibles , dëa ra«

vins profoiuis ,^ d'étroits défilés^ dans un pays où il n'y a pxwfie point d^- vout^* praticalfles xtt poor les voitures, ni poU* la- cavalerie. LotM que I))r^bim s'engageait dans des sentiers quipermettent à peine m^h^r quatre de froat. et que dominent partout des montagnes boisées, k qucâ pouvait lui 9^vir la tactique, de «ses :tîx>u^ pes? Çes soldats ne devaient<rils pas^ -être: décimés par les Grecs embusqués ^aus les forets, et tirant k lpi$ir derrière le$ arlMnes , les rochers^ les buissons ? Que si l'ennemi voulait occuper d'avançe çes hauteurs ou. ien faire fouiliec, les corps chsu^gés de cette inisaiOo lie dévaieitt-ils. pas être détruits? La connaissance des localités

ne doonait^^lle tpy't l'avantage aux Grecs^

Quelle facilité aussi pour intercepter, dans de pareille^ routes , le^ couvais d'ui:^ armée qui ne pouvait tirer ses vivres que d'un ou deux ports!' Quand « ce dont je suis autorisé à douter, le

22QL HISTOIRE bu SIÉOE

service des avant-postes, des édaireurs et deéi flanqueurs se serait fait parmi les troupes égyptiennes avec le même soin et la même iptelli'' gence que dans nos armées^ et n'aurait laissé au* cune espérance de surprise, les Grecs, même en renonçant à' tonte attaque contre les corps principaux , en s'éparpiiiant comme pour une grande chasse , et ne conservant que quelques points de ralliement^ pouvaient, dans les huit mois qu Ibj:ahim a employés à parcourir la Mo^ rée, le mettre hors d*état de rien etittepl«ndré« N'eussent-iis fait qu'enlever tous les mois se^ grand'gardes^ touCeâ les semaines fte^ postes avancés y tous les jours la moitié de ses sentincflles perdues et de ses coureurs , que s'emparer d'un convoi snr dix, le chef des barbares n'aurait pu faire sa jonction avec ses renforts , il était perdu. MalheirôuSement personne ne sut persuader aux Moréotes la facilité de cette guerre de détails; personne n eut assez d autorité sur eux pour dissiper la crainte en quelque sorte superstitieuse que leur avaient inspirée les bataillons égyptiens* Colocotroni montra vainement un grand zèle , vainement il obtint quelques légers succès. Ibrahim ne trouva jamais d'obstacles, et ne manqua jamais de vivres.

Méprisant les troupes pélopouésieunes, il

jugea que deux ou trois places fortes saffiraietit

pour contenir la Morée, et porta tous ses efforts

giés rhéroïsme et les destinées de la Grèce. Plein de confiance , il laisse une garnison dans Tripo* Ulza, retourne à Modon, y reçoit dix mille hommes de nouvelles troupes débarqués à Navarin le 6 novembre, envoie son in&nterte par mer à Patras , traverse de nouveau toute la Morée avec sa cavalerie, et s embarque à Patraa pour Missolonghi.

Si le^ Grecs fussent restés maîtres de la mer, comme dans les premières campagnes, cette tentative dlbrahim eût sauvé la Grèce. Les héros de la ville sainte ^ préservés de la famine^ au-» raient détruit cette armée fière de tant de suc* ces. Mais l'empire de la mer échappait au pavillon de la Croix. La flotte grecque qui n'avait, pu mpécher ni l'arrivée à Navarin des renforts venus d'£gypte , ni leur transport de Navarin à Patvas, semblait n*étre plus en état de vaincre l'amiral ottoman. Ce changement de fortune a vivement étonné les amis des Grecs. Je dob dire la vérité, quelque pénible qu'elle soit; je k dois à mes lecteurs et aubraveMiaouli. Cetiutrépideamiral a déployé Tannée dernière le même cdurage , les mêmes talents, le même patriotisme, qui lui

HISTOIKE nu 8ILGK

avaient; procuré dans (es campagnes précédentes de si éclatants succès. Mais la flotte d'Hydra a souTenl pam seule devant Tennemi ; les Spezzîotes, soit tiédedr , «oit défaut d'approvi* siounements^ sont retournés plus d'une fois dans leur port an moment du plus pressant danger; d*un autre côté, la flotte des barbares était plus nombreuse et surtout mienx équipée que jamais ; l'Europe avait fourni an Suhan de» bâtiments à vapeur guidés par des chrétiens; et des vaisseaux de diverses puîssanoès , dioisis parmi les plus fins voiliers, étaient sans cesse en alerte pour surveiller les mouvements deMiaouli et en prévenir leurs alKés. Ce (ut dn moins un avis de ce genre qui , s'il faut eu croire les Grecs^ fit échouer la tentative concertée par leur flotte pour incendier colle des Turcs dans le port de Suda.

A toutes ces causes de désastres, se joignaient, le défaut d!argetit| et la rareté des vivres, bien plus ftioestes aux armées navales qu'aux autres troupes. Depuis long-teifaps la terre, dans une grande partie de la Grèce, n'avait reçu aucune semence. Soûs le phis beau ciel du monde, le sol le plus fécond n'était plus remué que pour élever des retranchements ou pour creuser, des tombeaux. Les vignes, les forêts d'oUviers, d*orangerset de^

DM HISSOLOKGBI.

cédrats , avaient été livrées aux flammes ; les barbares n'avaient consiervé que de loin à loin quelques arbres destinés à servir de gibets. Dans un pareil état de choses, les flottes grecques, bien loin de port^ l'abondance dans les places assiégées, ne renfermaient même pas toujours les provisions nécessaires aux matelots. Avant chaque nouvelle expédition, un temps précieux se perdait à trouver de l'argent pour Téquipement des xiavires : ce qui/ise passa au sujet des derniers secours parvenus àMissolonghi va fournir un exemple de ces lenteurs.

Nous avons vu qu^au commencement de dé* cembre, la division envoyée dans le golfe de Fatras, avait été forcée, par le défaïut de subsistances , de retourner en toute hâte à Hydra. Il est vrai que dans une lettre adressée à la junte de Missolonghi par les primats de cette ile, ils attribuent ce manque de vivres aux fâcheux hasards qui ont empêché l'arrivée d'un brick chargé de provisions et qu'ils avaient envoyé vingt jours auparavant (i); mais toujours est-il qu'à peine pouvait-on fournir aux besoins des marins.

Les chefs d'Hydra exposèrent en même temps

(t) Voyez les pièces justificatives, 4.

aa6 HISTOIRE du siège

a^x chefs la Grèce, la nécessité de prendre des iQesures pour mettre les vaisseaux en état de repartir au plus vite. Dès ravant-veille ( 1 7 dé* ceinbre), le Pouvoii! Exécutii cousidéraut la né* cessité d'armer toute la flotte, et ne trouvant d'autre moyen de faire face aux dépenses delarmement qu'une vente de terrains nationaux, avait proposé au sénat de eonsentir à cette -mesure, malgré , les décisions de rassemblée générale d'A^ros qui défendaient de semblables alié» nations. Cette mesure était nécessaire : comme le disait le Président dans son message au sénat, détait la seule sur l'efficacité de laquelle on pût cqmpter, et les chefs de la Grèce devaient en aiCcepti^ sans crainte, la responsabilité. Mais le sénat en jugea autrement. A la lecture de la lettre des primats dtiydra, on proposa dans cette assemblée une cotisation ^nérale des prln-» cipaux habitants de Napoli , à commencer par ^s séuateurs, Cett^. proposition fut accueillie avep transport. Tous les membres présents sou-^ SQriv^ent aussitôt; on envoya, la liste de sousgripMop et le projet de décret au gouverne*ment, afin que ses membres souscrivissent ainsi q^e les ministres. On engageait aussi le Pouvoir Exécutif à publier une proclamation pour inviter tous les citoyens à contribuer, selon

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lem moyens, à l'équipement de la flotte et à la défense de Mtasolonghi. Cette predanatioD

pajcut le 1 9 décembre ( i ).

Dana la séance du lendemain , le sénat nomma une commission chargée de recueillir toutes les ofibandea. Il reçut un message dans lequel le Pouvoir E3cécutif , après aroir témoigné la joie que lui causaient les généreuses souscriptions des sénatein, annonçait qu'il avait envoyé aus plu» riches habitants la Mste dressée par le sé« nat, eu les engageant à payer sans délai la cotisalioli fixée pour chaemi d'eux» Les membres du gouvernement s'étaient hâtés cle contribuer eux-mêmes ainsi que les ministres et leurs en^ ployés, et Us adresai^ent au sénat l'état de ces souscriptions qui s'élevaient à quarante-deux

mille deux cents piastres;- Après la leçtuireiclB la liste, le sénats jugeant que quelqoes-ufiis de ceux qui y étaient portés n avaient point Q^ert «ne somme assez forte, chargea demi 4e . m

membres de se rendre auprès du Pouvoir ExéciHif) pour lui transmettre cette observation» e% pour inviter toua les employés à £Mre des sar çrifices proportionnés à leur fortune, ainsi qu'aux besoins de la patrie (a). Qes contributions vo*

(x) Voyez les pièces justificatives , 5.

(a) Compte rendu des séances du sénat , dans le Journal génértU de la Grèce,

aa8 HiffioiBB du siégb

lontaires suffirent pour mettre la flotte dliydra en élat de repartir. C'était parles mêmes moyens que Missolonghi avait été déjà sauvé; et ces appels au patriotisme avaient produit de nobles exemples de désintéressement. On avait vu, en 182a , Nikitas doublement honoré par le surnom de Turcophage, et par celui du moderne Aristide, s'étonnant de trouver vide encore l'autel de la patrie élevé pour recevoir les offrandes qui devaient arracher FÉtoIiè aux coups d'Omer- Vrionis, tirer de sa ceinture un sabre étincelant d'or, et- le déposer sur l'autel en disante a Je ne puis donner davantage; c'est tout ce que je possède. )> Au même instant Démétrius Ypsilantis avait fait apporter toute son argenterie, et la foule, excitée par l'exemple de ces généreux chefs, s'était empressée de multiplier les dons. On pouvait encore compter sur lê- renouvellement de ces offrandes patriotiques. Cependant, tout le monde sentah qn'il fallait se créer des ressources plus sûres et plus vastes. Une pétition des habitants de la Grèce Occidentale, proposait, pour parvenir à ce but, ou une alitoation de biens nationaux, ou une contribution générale avec hypothèque sur les terres de l'État. Plusieurs citoyens publièrent leurs idées sur ces divers modes de fournir aux besoins de

m M18SOLOV6HI. aag

la patrie. Mais le temps se consumait en délibérations. Chaque jour faisait sentir davantage l'absence d'une direction unique et ferme, si nécessaire dans de telles drconstances.

Par nn nouveau message du 3o décembre, les membres du Pouvoir Exécutif rappelèrent au sénat le projet qu'ils avaient présenté pour sub-^ venir aux dépenses des divisions navales. Les sénateurs crurent encore ne pouvoir permettre qu'un emprunt hypothéqué sur les biens nationaux. Après une discussion de plusieurs jours, parut une loi qui réglait les conditions de cet emprunt et en fixait la somme à un million de tallers d'£spagne (i); loi insuffisante, et qui, comme il était aisé de le prévoir , ne produisit aucun effet. Retournons maintenant, avec MiaouU, vers la capitale de la Grèce Occidentale.

(x) Voyea les pièces justificatives , 6.

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