‹ Histoire du siège de MissolonghiChapitre 2 sur 21 · PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRE

La nouvelle de rinsurredion de la 'Grèce fit tressaillir FJ^urope entière. Des braves de tous

les drapeaux voulurent se ranger sous l'étendard de la Croix. Tous les peuples civilisés comprirent qu'ils avaient une dette à acquitter.

Mais on n'a vu jusqu'ici qu'une partie de la question. On n'a parlé que de la reconnaissance qu'on devait à la Grèce antique. Or, ce n'est pas seulement pour les services de leurs ancêtres qu'on doit aux Grecs de la reconnaissance; c'est aussi, c'est surtout, pour les services qu'ils nous rendent eux-mêmes tous les jours. Sortant des

9 DifiCOtBS

châdqes et sur le bord de la tombe , ils sont devenus les instituteurs de l'univers. Ils lui don»

nent des instructions plus utiles, peut-être, que celles de leurs aïeui? Au moment où, d'un câté<, les honteuses doctrines que répandent les agents du pouvoir, de l'autre, les systèmes étranges que quelques hommes propagent au nom de la liberté, . détruisaient en Europe la morale des nations, les Grecs ont réfuté par leurs exemples et ces doctrines et ces systèmes. Tandis que de vils agioteur^ de consciences font de la religion un moyen d'aller aux honneurs par les bassesses, les . Grecs nous ont ùni voir encore cette religion qui est un moyen d'aller au ciel par le martyre. Tandis que de nouveaux publicistes, régentant, du haut de leur ignorance, les grands politiques de tous les temps , osent traiter les héros d'espèce improductive, d'herbes parasites qu'il faut arracher du champ de la société ^ les Grecs ont su , par des modèles d'héroïsme et de d,évouement , réveiller dans tous les cœurs cette vrâx divine qui nous crie,: Le courage est le pre-

PR^UMllTiLfllS. ^

mier besoin de tous les êtres qui ont une vie à défendre; le courte est la première vertu de tous les hommes qui ont une patrie. Tandis que la guerre, se dénaturan^omme toiis les aûrts, n'étût plus en Europe qu'un échange de cor^ ruptions, un marché de sang et de chaînes, les Grecs Tont rappelée è sa pureté première, ils font rendue de nouveau nn duel entre les nations. Une foule d'hommes à qui l'on avait fait oublier jusqu'à la Véritable signification de tous les mots de la politique, et que des voix généreuses n'avaient pu guérir de leurs erreurs, ont retrouvé, èn étudiant les fastes des Orées ^ ce que c'est que liberté, tyrannie, trahison, civisme; et, les yeux mouillés des larmes de Tadmiration, le cœur palpitant de ilkdsies pensées , ils ont ve* poussé d'insidieuses et misérables arguties, pour devenir le^ disciples de cette politique franche et pure qut n'a besoin ni d^ombii^ ni d'amal^ games, parce que, soutenue par le courage, die ne craint pas de séparer son camp , et ne

se réserve (i^nt de wtmite.

lO

Vous exagérez, me dira -t -on; ce que voiis appelez l'héroïsme des Grecs .n'est que Telfet de la nécessité. Les souffrances de ces infortunés , en proie à de férpce^ainqueuFs, étaient deve* nues insupportables tout autre peuple traité avec la même cruauté se serait insurgé avec la même vigueur. C'est possible. Mais pourquoi .les Grecs étaient-ils ainsi traités? Pourquoi leurs vainqueurs se sont-ils montrés plus féroces que quelques autres? Farce que les Grecs n'ont pas voulu renoncer à leurs doctrines pour recevoir celles de Tétranger ; parce qu'ils n'ont pas voulu , comme des nations mille fois plus capables de résister, se traîner d'apostasie en apostasie , d'humiliations en humiliations. Pour passer aussic6t dans les rangs victorieux, pour prendre part aux honneurs et à la puissance, ils n'avaient pas * même besoin de recevoir les vainqueurs sous des arcs de triompbe et des odes. à la main; il leur suffisait de dire : Je suis musulman. Mais ils ont reculé devant l-iniamië, de ville en ville , de rochers en rochers , de cavernes en cavernes ;

PAÉLlBfflNAIRE. .11

mais il s est toujours élevé parmi eux des braves pour défendre le drapieau national ; mais, au moment de voir leurs demeures réduites en cendres s'ils ne renonçaient pasàleur loi, ils ont répondu aux incendiaires : Je suis cfatétien ; mais, sous le sabre des janissaires, qu'un seul mot d'adhésion eût rendus leurs amis, ils ont répondu : Je suis chrétien; mais, sous la massue des bourreaux prête à piler leurs chairs et leurs os vivants, ils ont répondu : Frappe, je suis chrétien. Un peuplé entier s'est montré constant à échapper au déshonneur par la mort, tandis que tant d'autres ont refusé de s'y soustraire par la victoire. Qu'on cesse donc de chercher k affaibhr la gloire de ce peuple. Dans ce qui constitue . précisément nne nation, il s'est élevé au premier rang des peuples modernes, comme ses aîeitx s'étaient placés au premier rang des peuples, aiideiis. Si les autres populations européennes ne lui étàient pas maintenant aussi inférieure^ en courage qu'elles Tétaient jadis eu civilisation , il aurait .pu de nos jours rendre r£urope

la DISCOURS

au patriotisme t comme autrefois il fut sur le

ppifit de l'arracher à la barbarie. La patrie de Lëooidas et de Botxaris aurait pu devenir une école pratique d'héroïsme et de liberté., où se seraient rencoQtrés , connus et unis, les hommes généreux de toutes les nations; où ils auraient montré leur puissance et appris eux-mêmes à la sentir.

Cet avantage qu'offrait aux peuples l'émancipation de la Grèce, et que les peuples n'ont pas compris, n'a été que trop aperçu par les diplor mates à qui la chute de Bonaparte livra les destinées du monde* Ils avaient un moyen sur et houorable de faire cesser le danger qqi pouvait en résulter pour leurs déplorables jiystèmes; c'était de reconnaître et. 4e secourir aussitôt le gouvernement hellénique (i ). Mais le. plus in- ' " ■ ^ * — ■ ■■ ■ (i). A présent eoooré U serait de 4'iDlérét, sinm des.mi<*

nistnes , du moins des rois, de mettre promptement mi terme , par la reconnaissance et la consolidation de Tindé*

pendance grecque, à celte irritation continuelle, à ces alternatives d'indignation et d'enthousiasme qui agitent, tputcs» les populations civilisées.

PEiLIMUTAUlE. l3

ûuent de ces hommes d'état ne pouvait se résoudre à permettre que lA Grèce iul libre prèa de l'Italie dans les fers. Tous répugnaient à laisser voir aux peuples que le courage peut quelquefois conduire au bonbeur. lia se réunirent pour condamner la Grèce. Ils espérèrent d'abord qu'elle succomberait sous les seules forces de Mahmoud. Mais sa résistance héroïque les contraignit biteflitôt à dévoiler leurs projets contre toutes les nations. Si quelques cabinets ont montré de la ré« pugnance à seconder le croissant; si, pendant que les Anglais faisaient aux Grecs une guerre ca€hée (i), nos ministres ont conservé du moins unô neutralité véritable » le chef du cabinet autrichien ii 'd pas tardé long-temps 4 les entraîner dans sa-route, combien qu'elle soit opposée aux sentiments de quelquea-uns d'œtre eui^. On aurait préféré qu^ les Turqs se chargeassent seuls du massacre de six millions de chréttefis; on aurait préféré pouvoir dire comme Pilate, lorsqu'il

(1) nôXt|ftOc iaat^xH » à mol guerre non déclarée.

l4 BISCOORS

livrait le Christ aux bourreaux : Je m'en lave les mains. Mais, puisque les Turcs ne suffisaient pas, on est allé à leur secours. Ou a d'abord essayé la corruption, qui ailleurs réussissait si bien; on a inyenté vingt protocoles de soumission, on a façonné des chaînes de vingt formes différentes, pour les faire accepter aux Grecs. Ces tentatives dn^choué; l'or qui marchandait la trahison, les sophismes qui promettaient de la déguiser, ont été repoussés avec dédain. Alors on a dit : Ici . cë n^est pas'un jeu; les sentiments répondent*aux paroles. Notre système serait détruit si un seul pays de l'Europe, tant petit soit-il, pouvait régi^ sans nous sa destinée. Noiis perdrions ainsi tout le fruit de la guerre que nous avons déclarée au patriotisme: c'eèt, au contraire, le moment de la finir. Que nous importe la dignité des rois? c est à nos pl^aces qu'il faut songer. Grands capitaines de FAutriche, dressez des plans de cam- * pagne pour les Turcs; officiers fr^çais, courez instruire les nègres musulmans au massacre des blancs chrétiens ; que nos chantiers soient ou-

PRÉLIMIHAIRE. l5

verts au noble satrape d*Égypte; qnenos marins préservant les vainqueurs de Psara des iofortunes du vaipqueur de Chios.

Ainsi ont parlé quelques diplomates, et personne, ni roi ni peuple, ne s'est opposé k leurs desseins. Ils ont déjà convoyé dans la Grèce les supplices, la. famine et l'incendie. Chaque jour, sur la cafte de cette contrée couverte de sang et de ruines, ils effacent les noms des villes. qui ont cessé d'exister parce que leurs habitants ont voulu être libres; ils comptent avec délices les chrétiens que leurs dignes ofQciers conduisent, dam les sables de T Afrique, à Fèsclavage et à l'apostasie; ik attendent avec impatience llieureux instant où la Hellade, repeuplée par les nègres de Darfour, n'aura plus de sa population chrétienne que les ossements des guerriers engloutis sous les décombres des forteresses, des prêtres ensevelis sous les ruines des autels, des femmes et des enfants écrasés sous les débrb de la Croix.

Leur attente, je lespère, sera déçue ; la Grèce

1 6 JNMOilBS

Iriomphera. Mais, si jamais elle isuccombe, alors, BOUS mpatrant cette tena où ils auront rétabli ie boa ordre et la paix, ils nous diront ; Voyez ces cendres et ce sang! voilà ce qu'on gagne smvre sa pqnscieiice. Voyez ces noirs devenus possesseurs des plus beaux pays de l'Europe! voilà ce qu'on gagne à s^ précipiter en aveugle dans tous les crimes que nous commandons. Obéissez comme ces nègres, ou craignez le sort des Grecs«

. Plus ce peuple est illM&tre par ses aieux et par ses actions , plus ib coippten t sur la terreur qu'imprimera son châtiment; plus, di$en^iIs, Pefserople sera salutaire. Cejtte espér^ce les trompe. Les peuples leur répondront : On peut, pour votre l|Qn pfaisir, anéantir une nation peu nombreuse, sans armes y sans pain, sans organisation; mais des nations puissantes et pourvues de tout ce qui ' est nécessaire k lenr défenseM... mm. L'exemple nous indigne sans nous effrayer, et ie manifeste du duc de Brunswick est plus aisé à exécuter dans les plaines de la Morée que dans celles de la Champagne.

PAiUMUfAUt£.

•Alors Uftr se repentiront de leuritriompbe. lU

rOQt à la fois. Les sacrilèges qui s'étaient char--

le. règne de k sainte-aUiaiice, cm. aura ooeopté

par millions les martyrs que, sous les Néron et les Domitien , on ne comptait que par milliers. . Mais, me répondra-t-on peut-être, ce B'est point parce que les Grecs sont sincèrement chré-

tiens, ce nfest pas même parce qulb ont wnlii s'afiGranchir, qu'on seconde leurs ennemis; c'est parce quon a craint que, si la lutte durait longtemps, elle n'amenât enfin une rupture entre les puissances. Misécable prétexte que celai Le moyen d'abréger la lutte n'était point de secourir les Turcs, caria résohitîon deleors irictimes était connue, et il &at toujours du temps poli^ égorger un peuple. Le seul moyen était, au coBr

i8 BM&amA

tinaires oomme je Tai déjà dil, de recoonaltre a«r*l^haiBp rindépeDdance de la Gxèce. Aiors^ en même temps qu'un prévenait la fermentation pvoduile en 'Europe par la Yuë d'âne véritable gtidsre.nationaief on était à la diplomatie un su<jet de discussions et d'hostilités. Les Grecs devemkiit étvai^ers aux querelles des Turcs et de$ Busses; aucrae puissance n'efirayait les autres Ipttr son agrandissement, et ce statu quo^ si doux, ne aouffirait aneune atteinte. Si donc on n'avait voulu qu'éviter la guerre, on aurait secouru ou du moins reconnu le gouvernement hellénique.

Mais, mm, oe sont des séditieux qu'on a voulu détruire; car tout homme est séditieux, qui hait Vftbjectioo, qui ose écouter sa eonscieiide, et qui 'nCt cherche point ses devoirs dans les» dépêches autrichiennes

Bién ne peut souatratre è cet anathème. U pèse imr tous les partis, sur toutes lès opinions, sur les amis de Taristocratie comme sur ceux de Téga-» litévtsur les apôtres de la itaie ùionarchie eonune sur œux de' la répuhlique ,' sur les catholiques

PRiLIMlNiklRK. ig

gallicans comme sur les réibrméf. Aussi tous les partis, toutes jes opinions, se sont-ils réunis contre un pareil système. Ils ont tous hit entendre le même cri : Secours aux Grecs! Victoire à la Croix ! Ce cri devient tous les jours plus général dans les dasse» éclairées de la aodétéi Les hommes même vendus au pouvoir secourent en secret les martyrs de la Grèce, espérant peut-être ainsi faire taire leurs remords» Mais pour qu'une opinion de* vienne une puissance, poqr qu'elle ait le droit de commander, il faut qu'elle s^empare du peuple^ qu'elle pénètre dans les chaumières et dans teft chapips du laboureur; c'^st là qu'est la forc^ des nations. Tous les amis de la dignité nationale, tons les amis de l'humanité, tons les apdtrfs la piété sincère, doivent faire les plus constants elForts pour répandre dans nos campagnes la pitié et l'admiration dues à nos frères d'Orient.' Dans une grande partie de l' Allemagne, le peuple même prend un vif intérêt à. la cause des Grecs; On voit les paysans accourir dans les villes po/dr demander des nouvelles d'une lutte. si glorieuse.

DISGOURS

Le récit des exploits des Botzaris et des Nikitas occupe leurs veillées; et souvent , au milieu des travaux du jour, s'ils aperçoivent un voyageur revenant de l'Italie ou des [Mrovînces illyriennes^ ils abandonnent leurs charrues , accourent sur sa route, se pressent autour de lui, et ne le laissent continuer son chemin qu'après avoir écouté avec transport tout ce qu'il sait des combats, des succès, ou des malheurs de la nation héroïque.

Cet empressement général n'existe point en France. Le peuple allemand serait -il meilleur que le peuple français? La différence qu'on re* marque entre l'intérêt que chacun de ces peuples prend à la position des ^ellèues ne viendraitelle pas plutôt de ce que les hommes éclairés, et particulièrement les pasteurs des campagnes, ont propagé parmi les Aileii^iaricls le ;Kèle de la cause sainte? Leur conduite ést pour nous un exemple à imiter. Que tous les Français investis de la confiante des paysans de leur contrée s'empressent de leur peindre la misère et l'héroïsme des Gr^cs; que les ministres du ciel racontent à

PRBUMINAIRE. 2 1

leurs paroissiens la constance des nouveaux martyrs. Déjà qUelques-uns de nos prêtres ont rem* pli ce devoir sacré : espérons qu'ils trouveront de nomlnreux imitateurs, que tout le clergé consultera sa conscience plutôt que les circulaires ministérielles, et prouvera que personne n'a le pouvoir de rendre à ses yeux la croix divine un objet de proscription. Ah ! çi nos pasteurs veulent donner à la religion un nouveau lustre , qulls saisîssenit une occasion si belle; que, du haut de la chaire, ou du moius au sortir de l'église, ils disent aux fidèles assemblés :

Mes frères, si, ce matin, en venant assister aux saints mystères, vous aviez rencontré un malheureux qui, près d'être dévoré par une bête féroce, vous demandât de quoi charger le fusil qui pouvait le défendre, Tauriez-vous refusé? Non. Eh bien ! la position de cet homme est celle d'un peuple entier, d'un peuple chrétien comme vous, et dont les aïeux ont répandu sur toutes les nationales plus nobles, les plus importants bienËiits. Des barbares, sortis des déserts de l'Asie, veu-

22 DISGOUKS

leiit lia ravir sa religiou et &a liberté. Ils démo^ lissent les églises, ils incendient les villes , ils massacrent les habitants. Les enfants sont jetés à la mer, les femmes renfermées dans des sacs remplis de serpents, les vieillards pilés sous le marteau; les prêtres, les évéques éeorchés vivants et brûlés à petit feu. Il y a cinq ans, ce peuple comptait quatre millions drames; à peine en reste*-t-il trois millions. Cependant ce peuple est brave; il se défend avec une héroïque con« stance : mais il manque d'armes et de pain» Me$ frères, quelques secours peuvent le sauver. Je vous demande pour lui l'argent que vous alliez dépenser aujourd'hui dans des amusements frivoles. Lui refuserez- vous cette légère offirande? la refuserez-vous au Dieu qui viqnt de descendre sur nos autels, et qui , par ma voixi vous la dO" mande pour ses martyrs

Certainement ce laiigage ue retentirait pas eu vain dans nos campagnes. Or, ce ne sont pas les souscriptions du riche, ihou plus que ses impptSt« qui foruient des ma&ses; ce sont les souscâp*

PRKUMIN/VIRB. 23

ijoQSi .CQjuine.ies impôts, du pauvre. Il ue s'agit que de ri^ndre général le iiioa¥éiDeiit.df la ^dttH rité. A vingt sous par téte, IcsFrançals donni§-' raient trente millions.

. Quatid on veut agir sur tons les- esprits, il fiiuf; ^ parler à toutes les. passiona» Faisons dpnc an^

tendre la voix, de rialérét personnel aux hommes qui pourraient se montrer aourda à Tinitérèlr national, à l'intérêt du (genre bumain» Le.gonvèrnement grec possède dlmmeuses biens natio»' naux, presque sans produit^ parce qu'ils sobii sans culture, mais susceptibles de devenir extrémemeut iécoiuls eutre des mains industrieuses. Des étrangons pourraient stms doute acquérir 'à très* bas prix une partie de. ces biens; et ^ sïls consacraient de légères sommes à les mettre en valeur 9 ils se créeraient £u»lemenl de grandes fortunes. Les propriétés particulières même 8on| • à si bon marché, qu'avant VintiaSion d'Ibrahim, on pouiiail; acffuérir pour cinq cents îfrancs nn^ mison et un jardin à TripeUtza. ^es Grecs masH qiient de. manufactures , et sont cependant tyès*

a4 ' DISCOURS

curieux de la richesse des vâtements et des armes. Un £uropéea actif etiofteUigent, qui établirait chez eu^e.des ateliers, serait sur de bénéfices énormes. Les spéculations commerciales, qui, dans les états parfenus au comble de la. civilisation , deviennent imprudentes du moment qu'elles dépassent certaines «limiles, trouveraient dans la Uellade un icbamp immense à féconder.

Déjà plusieurs négociants anglais ont résolu de: s'y éfeafalir dès que la guerre en aura consolidé rindépendance. Or, un excès de population commence à se faire apercevoir en France comme en Angleterre. On va se fixer en Arnaque , malgré Téloignement et les dangers du climat. Combien il serait plus avantageux de se trans> porter. en: Grèce, sous le climat le plus pur, au milieu des plus beaux sites du monde, chez un . peuple aimable,' et reconnaissant des secours qu'on lui aurait donnés! Là, tout serait enchaiH teur ; quelques années de liberté auraient efbcé , dans 'les parties de la Hdiade qui avaient subi la conquête, tous les vestiges de quatre

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PAELlMlIfAIRK. 25

siècles d'esclavage; et le calme de la victoire aurait adouci la fierté un peu farouche des peu- {riades héroïques, pour qui ces quatre siècles n'out été qu'une suite de combats et d'exils , de malheurs et de vengeances. Le Français, devenu citoyen de la Grèce, verrait la' civilisation croitre autour de lui aussi rapidement que ses moissons.

' Ceux même des commerçants qui ne vou*.

draient point quitter leurs foyers, ont le plus grmà, intérêt au succès des Hellènes/Les pirates barbaresques,queles gouvernements européens veulent bien effrayer de loin à loin, mais ne veulent pomt détruire , seraient bientôt anéantis par les Grecs. Leurs repaires disparaîtraient des côtes de la Méditerranée, et nos vaisseaux marchands, tranquilles dans toute son étendue, n'auraient plus à redouter que le caprice d'un dey d'Alger ou de Tqnls les soumit au pillage, à la peste ou à l'incendie. '

Quant à nos littérateurs, à nos artistes, ils ne doivent pas seulement aimer la Grèce comme le

36 PISCOUftS

berceau de la civilisation; ils doivent y voir encore un sujet d'émulation et d'espoir. Sous les chaînes, ou sous les menaces des barbares, le peuple grec a conservé un sentiment profond des beaux-arts qui ne se retrouve au même degré daus la masse d'aucun des* peuples civilisés. Pour vous en convainarei, tisetc jdans les voyageurs le récit de Tenthousiasme généial produit par les kymues de Higas, des pleurs qu'ils firent couler dans les chaumières comme dans le sein des palais. Lisez les çbants popu^ laires , si nombreux dans la Uellade | et composés, pour la plupart, par des bomtnes qui ne savaient pas lire. Lisez surtout les chansons klepbtiques. Au milieu des défauts les plus choquants, vous y trouverez quelque ehôse de i'mspiralion jpoétique d'Homère. 11 e^t vrai que (ces hymues sont fort supérieurs à tous les au-: très. Gomme les Klephte» étaiepi les trais re-) présentants du patriotisme de la Grèce, les rhapsodes des ivlephtes étaient les vrais représentants fie son génie. L'éclat de l'imag^n«fMl

PRiUIII»i«lRE. ^7

et la ^orce de la pensée s etaiect réfugiés, avec ie courage, sur lès oimeft du mont Olympe,* loiljours 'êàVQnAé des dieux.

Mais même dans les pièces corpposées loin des Limeri (i), dans- les dugo^ons de XaiâiQa« dans, les distiques de l'Arcbipel, vous découvrirez souvent TexprasAon poétique, firuil; de cette «eosibiUté vive et proConde , si rare partout ail* leurs et si commuoe chez les Grecs. Cette noble nation , une f3is paisible dans le snccès, doit de* venir pour l'Europe un auguste tribunal d'appel où toutes les œuvres du talent qui aurout été négligées ohes les autres peuples oomme inutiles dans les jeux de la bourse , pourront enfin ob» tenir justice ; où les accents des grandes ames, qui ne sont ploa compris dans les autres latiguea.de l'£urope^ pourront, en passant dans la. langue grecque,. se faire, entendre à des cœyvs digues dfi.ks éoou^r. Là , ni>s poète» ne seront (m

(i) C'est le nom que donnaient les Kleplues à leurs principales stations, espèce de petits caipps placés U'urdiuairo sMr les montagnes les plus escarpées.

2 8 msGOiiAs

forcés y pour réussir , de mettre en antithèses les chants de la liberté, ni d'aiguiser eu madrigal les discours d'un héros, lis ne tiendront pas leur rang des caprices d'un libraire; ils seront jugés par leurs pairs. Déjà la littérature grecque, à peiné renaissante, peut se glorifier* de poésies pleines de verve et d'éclat; et cependant ce n*est que dans quelques années que les hommes les plus forts pourront saisir Ja lyre; ils ont maintenant autre chose à faire : Eschyle est i Marathon.

' Cette expression est plus exacte qu'on ne le croira peut-être. La lutte actuelle est en quelque sorte la répétition de la grande guerre médique. Les f^eh parlent et agissent , vivent et meurent comme Léonidas. Comme Tancienne Télésille , les. femmes de Souli sauvent leurs époux et arraohent la victoke aux tyrans (i); les mers de Salaœine ont revu de faibles barques attaquer

• (i) C'est ce trait qu'on a voido porter sar la scène française, et que, jusqu'à ce jour, la censure a pris soin d'en écarter.

PR£L]M1JNA1R£. 2Q

les immeoses uavires des barbares. Des voix éloquentes ont prononcé l'oraison funèbre des braves égorgés par les bordes du nouveau Xei-xès; et déjà, dans les plaines d'Épidaure, sont marqués les fondements des nouvelles propylées qui doivent remplacer l'bumble chaumière où les représentants de la Hellade échappée aux fers ont temi la première de leurs Rassemblées nationales. La Grèce n'a besoin que de la liberté pour renouveler & nos yeux tous les prodiges de son antique splendeur. Le germe en existe encore dans le caractère et dans lesprit des Grecs de nos jours.

Les Grecs ont été, ils sont encore Tobjet des accusations les plus injustes. Si ces accusations n'avaient été répandues que par des Turcs , des Juifs, ou des journaux autrichiens, elles n'auraient trouvé aucune croyance. Malheureusement des hommes désintéressés, des officievs^ même partis pour dtfendre la Grèce , ont donné, par des rapports infidèles , quoique sincères , quelque apparence de vérité à ces funestes imputations.

3o i>isco(]ms

Des' voyageurs qui n'ont eu de rapports .qn*aveâ des Grecs esclaves , nous ont peint la nation en* tière d'aprè» ces Grecs dégénérés, à peu près comme si Ton peignait les Français dans les an^ ticbambres de nos pachas. S'ils ont parlé quel* quefoisr des peuplades Ufares et guerrières , ils noi;is ont donné la version répandue par les Turcs et leurs complaisants; on dirait une bis* foire de Mina ei de ses troupes prise dans les bulletins de Napoléon. Quant aux offiders qui , revenus mécontents , ne se sont pas assez déâés de leur mauvaise humeur, ils auraient du n*ao cnser qu'eux*mémes de leur désappoimtem^.

Un peuple n'est pas barbare pour ne pas donner des places de colonel quand il n'a point de riment; il n'est point stupide pour ne pas reconnaître au premier coup d'œii qu'on est habile dam un art qu'il ignore ; il n*est point trompeur pour ne pas accomplir des promesses • entendues autrement qu'il n'a voulu et n'a pu les £siire. £n allant sevl en Grèce t il»£idiait a^al^ tendre à prendre , comme Sauta*»Â08a , un moufr*

PBI^UflirAfRB.

qnet et un atagan ; il fallait s'attendre k manquer de rations dans un pays où il n'y a point (le service des vivres, à trouver de la défiance (jicz des hommes que tant d'émissaires chefchaient à tromper. Il fallait apprendre la langue du pays, prouver sou dévouement par ses périls, sa valenr par ses exploits, ses talents par quelque conseil donné sans prétentioa, par quelque mouvement ordonné dans nnt drccmstance oà 'les généraux grecs n'auraienl; su qne faire. Que si l'on ne pouvait se résigner à unç attente pénible , il fallait isetournfr dans sa patrie eu disant, sans aigreur : Je me suis trompé. C'est ce que plusieurs braves ont fait , c'est ce que tous mraîcnt du faire.

-Essayons de rendre justice à. une nation que la plupart de ses défenseurs , cédant à ce déplorable système dé concessions devenu si gé< néral, n'osent louer un moment qu'après avoir accumulé contre elle une foule de reproches.

Ne disons pas comme eux: Les défaute des Grecs viennent de leur esclavagé ; vôyons seulement si les Grecs ont plus de défauts que nous.

3a DiacouES

Quant à leurs vertus politiques, je pourrais me dispenser de rien ajouter au tableau que j'en

ai tracé dans les premières pages de ce discours; et je me bornerai à une seule obserration. Tandis quWe secte qui dierdie à s'introduire parmi nous, et qui ne trouve que tropude prosélytes, ne voit rien de si patriotique que Tardeur de s'enrichir, la plupart des négociants grecs ont trouvé qu'il était plus beau de déposer leurs richesses sur Fautel de la patrie, et beaucoup ne se sont pas bornés à cette o£Ërande. Avec leurs richesses^ ils ont équipé un vaisseau, ils Font défendu avec leurs bras, ils l'ont décoré de leur sang. Les habitants d'JHLydra, deSpetzia, d'Ipsara, ne souffraient aucun outrage , n'éprouvaient aucune crainte. Ils se gouvernaient d'après leurs lois. Aucun musulman n'avait la permission de mettre le pied dans leur île. S'ils eussent suivi les doctrines qu'on voudrait nous faire adopter, ils n'auraient pu désirer un sort plus beaa que celui-là. Tranquilles, ils se seraient crus indépendants; riches, ils se* seraient crus glorieux, et ils

PBiUMllfAIEK.. 33

auraient continué à jouir de cette facile gloire. Qu'ont-^iis fiût? Au premier coup de canon tiré contre l'étranger , qui n était plus leur tyran, mais qin était toujours leur vainqueur, ils ont aenti que de ce jour seulemcpit la carrière de la gloire s ouvrait pour eux. Tous leurs comptoirs se sont fermés; leurs taisseaux^ oeasant d^ courir aprè^ ia fortune, n'oat plus cherché sur les mers que la victoire ou la mort; leurs mains u'ont plus s^ d'autre iliéHer que celui de Gomi>attre, -de furéparer les brûlots^ de creuser les mines oii ils s'engloutissaient en criant : Vive la Grèce! . .On opposesà peut-^étre à ce lableau-celui des habitants.de la Morée laissant les hordes d'ibra^ him parcourir et dévaster sans obstacle leurs jiillages et leurs champs^ et Ton me demandera si 43 est encore là du patriotisme. Je réponds oui, sans hésiter. Les Moréotes ont montré peu d'ap> titude à la. guerre, peu de couragé dans Fesprit; -tasia l!abseoce de ces qualités a £ait mieux resmtàt encore léur hôiireur pour la trahison. Alors méam qu'ilà ont remmicé à se défendre, l'idée de

se souiueU^e ne s'çst pas présentée à eux. lis ont fui les promesses du vainqueur comme ses armes. Ils sont, allés, dans, des cavernes vivre libres jusqu'à ce qu'ils mourusseut de faim. Cette manière d'accomplir le vœu grayé sur leurs armes let sur leurs vêtements : éXsuOpue ii dovaroc .(la liberté ou la mort), est loin sans doute d être la meilleure, mais elle a aussi son mérite, et bien des. gens qui peuvent en rire sont loin d'être assez patriotes pour l'imiter. Pour moi, je n aulais .donné que des larmes à . la malheureuse fiimiliiQ que j'aurais trouvée expirante dans le creux d ua rocher et dont les mains défaillantes m'auraient montré cette, devise brodée sur le manteaa qui allait lui servir de linceuL Je ne sab pas mén^e si le patriotisme ne se déploie pas avec plus, d'énergie dans cette constance sans espoir que daas le plus brillant enthousiasme. Ce que je crois ceirtain , c'est que plusieurs de nos soldats, qui, pour, défendre la patrie, se précipitaient avjeç le plus ^e joie sur les redoutes de J'emmapes . et les batteries Aréole, auraieat

PRÉLlMUfAIRE. 35

hésité, SI la victoire leur avait paru impossible, à courir dans les gorges des Vosges ou da Jura pour assister tranquillement à Tincendie de leurs biens et à Tagoilie de leurs proches.

D'ailleurs, qu*un homme aille en Grèce, le glaive d'une main, deux millions de l'autre (et comment parmi tant de riches cet homme ne se trouve-t-il pas?); qu'il se rende à l'entrée de ces cavernes, et qu'il dise à ces malheureux : Venez, mes amis^ Tènez mourir avec moi comme il convient desgensd'faonneur; ne craignez rien pour vos familles, voilà de quoi leur acheter du pain pour les noiirriF jpendant votre absence. À Tinstant tout ce qui peut porter les armes se pressera autour de lui. Les hommes lui demanderont quelques jours pour transporter dans ces sou • terrains les aliments de leurs enfants et dp leurs mères^ et ils reviendront suivre ses drapeaux. Les Moréotes ne* refusent point de se battre; mais, disent-ils, si nous laissons nos familles dans la plaine, elles seront égorgées; si nous les abandonnons sur les viontagoes, l'ennemi ne dé-

couvrira point leur asile, mais eUes mouixoot (le faim. En restant près d'elles, nous les défen^ dons dans la plaine, et sur les monlagMs nos secours prolongent au moins leur agonie. Ce n'est point^ dans leur l>ouche, une défaite de la peur; ce motif de leur inaction n'est malheureusement que trop vrai. Moins aguerris, moins courageux que lesBouméliotes, la vue des bataillons égyp-i tiens pourrait encore les troubler; mais je ne doute point qu'un cbef qui aurait le sentiment de la guerre ne trouvât prQmpteijMnt lé moyen df 4i^îp^ fspèâe de oraiote supearatitiettae qiie la vue des baïonnettes leur a d'abord in* spîsée* Jk ont toùtes les vertus du eîtcryéd, ils açquemraient bientôt, près doliii, tontes les qualités du soldat. . * ' • .

U i^te- maintenant à examiner la conduite privéedesiGrecs. lci,les fMréventtons pemsent être plus diiûcilet» à détruire : les. preuves qu'on leur oppose sont moins ^iitanlies et nmns incôa* testables» On est obligé de se borner à discuter les diverses assertions des voyageurs. Avant de

PRKLlUlUAitiE. 3^

me «uivre dans cet examen, qu on me permette une réflexion. £sl-il possible qu un peuple sans Ter tus privées déploie tant dje vertus publiques? Celui qui craint U honte sur le cbamp de bataille^ racceptera-t-il dans les occupations de la paix? Celui qui sacrifie sa vie à Thonmur, refusera -t- il d'y sacrifier de moindres intérêts? ravoueqùe j'ai de la p^ne k le croire.- Une ame ne peut pas être à la fois généreuse et tile, courageuse et lâche; et par la même raison que je confierais avec assurance des fonctions publiques iceux que j'aurais vus grands dans la vie privée* je ne peux me figurer méprisables dans leurs FdMion» particuKères ceux que j'ai ym d-héfotqnes citoyens.

Les premières des vertus privées sont celles qui s'exercent dans ie sein de la famitte ; les premiers devoirs sont ceux dé fils , de père« d'époux. Or, les ennemis même des Grecs ont reconnu que nulle- part le dévouement envers ses proches n'était si général que dans la 6rèce« L'hisloire des Hellènes en offre à chaque page

38 DISCOUBS

des eraroples adinbables. Une simple séparation

de quelques années produit généralement parmi eux'une douleur qu'on ne-Yoit en France que dans quelques fiimilles; et les procès entre pa-» rents, si communs dans le reste de l'Europe, sont presque inconnus chez eux.

Leur conduite envers les étrangers a servi de texte à de nombreuses déclamations. Mais, sur ce point comme sur. tant d^auti^, j'entends beaucoup d'injures, et pas une plainte. Je les vois , pendant leiu: esclavage et depuis leur aifiranchissement, exercer l'hospitalité la plus touchante. Au milieu d'une guerre affreuse et irrégulière , quand il n'y a pas un homme sans armes et pas un bataillon d'organisé, quand les tribunaux sont encore muets et que les violences pourraient être rejetées sur le compte des ennemis, je vois, des Français, des Anglais, traverser, sans escorte, avec un bagage considérable, une grande étendue de pays ravagé, suivre des routes tortueuses, dominées par des montagnes où de* puis long- temps erre mie population consumée

PRiLlMIlTAîRE. 3^

par la fiiim, et ne rencontrer que des soins et

des secours désintéressés. £n serait-il de même en Italie? en seraît-il de même en France?

Les Maïnotes, il est Trai, forment une exception. On les a vu$!quelquefois piller indistinctement amis et ennemi^Sbb cela n*est-il pas* arrivé aussi à des corps de troupes des nattons les'pfais civilisées?, et d'ailleurs les Maïuotcs forment -ils une grande partie de la population grecque (i)?

On accuse encore les Grecs d'être vindicatifs, soupçonneux et avares. Sans prouver ici qu'unes

(i) Même panni les Maïnotes on trouve de. nombreux

exemples du désintéressement uni à la valeur. Cette peuplade a produit quelques-uns deshommçs qui se distinguent le plus honorablement dans la guerre actuelle. U serait inutile de rappeler des noms .chers à tpos mes lecteui:s; mais je crois devoir saisir, l'occasîpn de. réparer ijme injustice de la renommée. Le nom du brave Tsalaphatinos n'est pas encore parvenu jusqu'à nous. Aucun de nos écrivains , aucun de nos journaux n'en a parlé, et cependant il mente, de ne pas rester inconnu. Je pense que mes lecteurs verront avec intérêt une courte notice sur cet^homme^^xtraordinaire; je le crois d'autant plus, que les philhellèoes français y trouveront un devoir à remplir. Je n'ai fait, eu quelque sorte f

4d DtSGOUBS

tengeàoce juaie est quelquefois un devoir au

lieu d'être un crime, je demanderai si tout

luniné ltenAttaCrè Itavh^ ▲ ^'^iÉS^lilfîliMhios, né an^VillégeîAél^loD^ était patme

et ne savait ui écrire ni lire ; mais la confiance qu'inspiraient son courage et »a fidélité avait engagé le bey de Maîoa à le placer au premier rang de ses gardes. A peiiie 'rsahtphatiiiof ent<l iiiwnhiwwn da projet d^MtorreelkAi coil^ftre les Turcs, qui! embrassa i|vec transport TespéraBoe de la liberté. C'est un usage très-répandu parmi les modernes Spartiates, lorsqu'ils nourrissent une haine profonde contre quelqu'un, de laisser croître leur barbe jusqu'à ce qu'ils soient vengés. Tsalapkatinos jura de ne phts couper la àieooe tant qu'il y aurait un Turc en Grèce , et promit, ainsi que son liomonymeKliaï Mbfvromîchalis,d<nitt<Hrt le monde connaît la mort glorieuse , de ne rentrer dans sa maison que quand sa patrie serait libre. Il prit les armes , commença par engager smi frère à lesdiTre, et fat bientôt entouré dîme petite troupè fbrm^ de ses pareàts et de ses ands. SCvHî des rochers de fa Laconie ,* U se procura «fabord une histoire grecque; il la portait toujours avec lui. Toutes les fois que dans les courses qu'il entreprenait pour chercher les combats il rencontrait quelqu'un qui savait Hre, il te conjurait de haà faire la lecture de quelque pàssage de ce livré, ▲piiis en avoir écouté dénxou trois pages, il priait le leé* teiir de cesser, et de marquer l'endroit où ils s'étaient arrêtés. Ensuite il s'éloignait, portant son livre sous le bras, et

PKÉutMiakin. 4i

homme offensé n'a. pas. le désir de venger son offense; je demanderai si parmi ceuK qui ré-

lîepasttiit dans son espiit tout es quil venait à'emfeaéte.

De cette^ manière , il apprit en peu de temps toute Thistoire de ses aïeux , et s'en servît après dans chaque circonstance pour encourager ses csasarades. Plus tard» portant dans ses. mardies de l'encre, «ne plumer et du papier, il apprit à tifte et à écrire; et envoya activent, soit au gouverneroenr, soit aux généraux, des plans d'attaqiie ou de défense écrits de sa raain et qui eurent un heureux succès.

Il ne s'est livré presque aucun combat important dans le P^oponése, dans la Grèce Oecidentale, on daâs la G«nèce Orientale , que TsalaphatînOS n'y ait para le pMuer, ewl'tant les antres par sàn exemple. An ocAnmeneement de Vittsurrection, il fut chargé par Mavroniichalis de parcourir certains districts du Péloponèse, pour exciter le courage des habitants qui n'osaient prendre les armes. 11 y courut, et les implit d'enthousiasme' en leur r retraçant Ué eosploits de leliff» «env et les affronts que senffraîent' de la part des Turcs les fils de si nobles ancêtres.

Bientôt, sous la conduite de Kariacouli Mavromichalis , le plus beau , le plus fertile en stratagèmes et le plus sage des Spartiates de noe|iMii« ^ Tsalaphatinos prit part an san* glant combat litre à Yalteas| contre le.Siaia*bey. II reçut la coB i ni e ndement d'un- des postes fortifié par le9 Grec«. An moment où les ennemis s'élançaient sur le retranchement, il tua de sa main deux porte-étendards qui avaient osé y piauler leur bannière!. Voyant quelques-uns de ses soldats de^

4a msGOOBs

primait ce désir, il en est beanooap qui en triomphent par grandeur d'ame; si ce n'est pas,

comgés par le gnnd nombre el la fureur des Ottomans, il se plaça à la gorge de la redoute, et, les yeux ëCjBeelants

de colère et de courage , il menaça avec serment de tuer aussitôt quiconque oserait en sortir sans son ordre.

Plus tard, suivait, le jeane Elias Mavromichalis, il garda l'istlune de Gorinthe josqa'à la chute de Tripolttsa. De là, il se rendit à Adiènes et d'Athènes à Ceristo dans l'Eubée , où il se distingua dans plusieurs affaires. A son retour au sein du Péloponèse, au moment où Dramali s'avançait et que le général Riganios était envoyé, à la téte de 700 soldats, pour défendre le passage de Fisthmei TiMlapbatinos coumt de Inirffiéme à ce poste si important , n'ayant aTec lui qae quelques parents et d'autres Spartiates. Sa troupe se composait en tout de treize hommes. Higanios, peu fait à la guerre et consterné du nombre des Turcs, ne tarda pas à ' pvendre la fuite. Le courageux Tsakpbatinos consenrad'abord sa position avec ses treize camarades, il tua qnelt\ues hommes à l'ennemi , et , après avoir vu tomber trois des siens, il ne se retira qu'en bon ordre. Il courut ranimer le courage de quelques habitants du Derven, et réussit à leur persuader de se saisir avec loi de l'isthme, pour couper les communications de DramalL H parvint ainsi à priver de tout secours ce visir insensé, qui n'avait laissé aucun poste dans un défilé d'une telle importance. Au milieu de tant de combats , le généreux Tsalaphatmos ne prit et ne reçut aucune dépouille, excepté un cheval gris, dont il se servit jusqu'à»

PAiÎLlMirfAIJlE. 43

au contraire , chez la plupart, parce qu'au molueut de 1 injure ils manquent de courage, et

momentoù il accompagna Pierre Mavromichalis à Missolonqu'asâégeait ^ion Omer-Vrionis. Là il fut chargé d'in* specter les gardes « et tont le monde s'étonnait de yoir combien il savait enflammer les Spartiates, tantôt leur rappelant rintrépiclité et les hauts faits de leurs aïeux, leur citant l'exemple de Léonidas et des trois cents, et tantôt, comme sabi d'une inspiration soudaine^ lear prédisant des triomphes à eux-mêmes» et leur racontant des songes qu'il a dit depuis a^oir été inventés pour frapper leur imagination. Par ce talent d'encourager les soldats, talent trop rare et qu'il déployait partout avec le même bonheur, il s'attira bientôt un tel respect et une telle considération de tous les Grecs » qu'on vit souvent sury^r des querelles dans les armées» dont tons les corps se disputaient à qui le compterait dans ses rangs.

Le gouvernement, frappé de la valeur et du désintéressement de ce* généreux citoyen , avait décidé, l'an dernier» de lui donner trois mille piastres (environ i,5oo francs) pour qu'il les envoyât à sa fSemme et à son fils. Il ne voulut pas les accepter , et il répondit : « Le repos que ma femme et mon fils goûtent à Sparte leur suffit; pour moi, je rac contente de l'espoir de voir bientôt la terre de mes aïeux entièrement .délivrée de ses tyrans. Donnes cet argent à la patrie» elle en a plus besoin que moi.»

. Mais lorsque Tsalaphadnos vît Pierre Mavromichalis se disposer à envoyer à Paris son (ils Démétrius, qui devait y

qu'ensuite leur ame n'a pas la force de nourrir

leur ressentiment jusqu'à l'instant favorable pour l'assouvir. Je ferai observer que^ comme la re* connaissance des bien^dts» la vengeance des ou* trages est la mémoire du cœur y et que cette . mémoire est forte ou languissante selon que le cœur lui-même est ou faible ou vigoureux. lies Grecs devront à celte faculté de Tarae leur gloire et leur libertés II ne faut ps» s'étonner qu'elle' soit si ardente chez eux : quatre siècles de

4tre élevé snx frdê du comité philhetténique , H iopplU le

chef de Sparte de s'entremettre auprès des philhellènes français et du comité » pour qu'ils reçussent aussi son pauvre fils, âgé dedouxe ans. « Si je sois» dit -il, ignorant et illettré 9 qto àtk minas moA- fils ne reste point barbere et privé des iomières de llnstnictioB 1 Cest la seule marque de reconnaissance que je demanderai jamais à ma patrie et aux amis de la Grèce. >»

Gertaioement ce noble vœu ne peut tarder à être exaucé, ▲iprès avoir appris de son père le patriottsme et la valenr, le jeune Tsalaphatinos viendra s'instruire parmi nous dans les sciences qui rendent ces vertus plus utiles encore. ïieaf secours que le comité consàcre à l'éducation de jeunes Grecs sont dus surtout à ceux dont les parents n*ont d^autte riebesae que la gloire.

pMtejmvAiRE. 45

malheurs et d'outrager ont pris soin de Texalter.

La même infortune a prodait, et devait nécessairemeat produire , ce penchant aux soupçons que reproehent ans fidlènes cei» qui Toni fait naître et ceux qui s'efforceni de i entretenir. Pendant plus de trois cents ans^ les Grecs ont pu se dire à tonte heure : Que prép9tre contre moi le vîsir, le mousseliiOy le cadi? Maintenant^ ils peuvent se dire chaque jour : Que trame^n contre ncraa k Gonstantinople, à VienM^ à' Londres» à Paris? Dans unepmille gituationt il faudrait être stupide pour ne pas être méfiant. Mais cette disposition des esprits ^t-ielle produit en Grèce plus de mauvais effets qu'ailleurs ? Au contraire ; malgré toutes lescauses qui devaient la favoriser, elle n'a peut-être jamais enfanté aucun excès. On n'a point vu^ comme dans Saragosse, les officiers les plus dévoués à la pabrie.imnioléa parce qu'ib avaient été chassés d'une position qu'il était impossible de défendre; * on n'a point vn , comme dans Paris , les généraux les plus fidèles calmer par lenr supplice les

4G DISCOUHS

craintes qu ils iospiraieot; à une assemblée. Peutêtre même les Grecs ont-ils plus d'une fols porté trop loin la confiance; et je ne Tois pas ce qui pourrait donner le droit de les trouver trop soup*

çonneux?

A-t-on plus de raisons de les taxer en niasse

d'avarice? Une réflexion bien simple suffira pour prouver que non; Des hommes qui ont peine à pourvoir aux besoins de leurs familles peuventils être avares? et n'était-ce pas , n'est - ce pas encore la position de presque tous les Grecs ?

Que quelques che& aiént voulu s^enncUr par le pillage^ ou même par des concussions, qu'estce que cela prouve? que ces che& ressemblent à la plupart des nôtres, et voilà tout. On ne peut uuUemeut donner leur cupidité comme une preuve de celle de la nation. On le peut d'autant moins, qu'à l'opposé de plusieurs pays où l'on trouve en général plus de moralité dans les daases éclairées que dans le peuple, le peuple, chez les Grecs, vaut mieux que ses. patriciens. ' Beaucoup de gens ricbes et pubsants ont encore

PaiLIMIHAlRE. 4?

plus de yertua que de richesses: même avant la

révolutioo, les Phanariotes se glorifiaient avec justice des Mourousy etdesMavrocordatos; mais plusieurs des chefs avadent fini par prendre quelque chose des habitudes musulmanes. Du reste, ou sent bien que cette dernière observation ne peut s'appliquer aux peuplades qui n'ont jamais été soumises, telles que les Souliotes, les montagnards de l'Olympe et d'Âgrapha. Là, tout est encore héroïque. La liberté, les périls, en out écarté la corruption. Pour bien juger les (ïrecs, il feut les diviser en 'trois classes : ceux qi|i ont été souvent mb en contact avec l'étran^ ger par les humiliations et le pouvoir qu'ils en recevaient ^ ceux qui ne Font approché que dans les combats qu'ils soutenaient contre lui; enfin, ceux qui ne l'ont connu que par les malheurs qu'ils supportaimt éa silence. ?Cette dernière classe forme l'immense majorité de la nation; et toutes mes recherches me portent à adopter l'opinion d'un écrivain anglais (i), qui pense que ■ ■ . ' ' f ' ■' ' ' ' '

(i) H. Édouard Blaquière.

jces iofortuiiés ont autant et peut-être plus de vertus qu'aucune autre population chrétienne.

Je n'ai encore parlé qiie des bonimes. Les femmes grecques méritent une attention spéciale «t un jugement à part. Les plus mortels eapemis de leur nation rendent justicea leurs vertus. Soumises à des usages sévères qui ne leur permettent pas les amusements qu'elles trouveraient dans le reste de l'Europe^ elles s'en dédommagwit.par l'exercice de tous les devoirs. Renfermées dans le sein de learsfiunilles , elles savaient naguère y en«tretenirlagaitéaumilieudesaouffirancesy lecalme au milieu des affronts. Depuis le commencemept de la guerre, plus exposées qne leurs époux, sans prétendre comme eux à la gloire, elles ont pmi trouver une compensation k tant de maux dans la possibilité de fiûrjs de plus grands sacrifices aui^ objets de leurs affections ; et, ce qui met le comble à leur dévouement, jamais elles n'ont donné un lâche conseil à l'époux qu'elles idolâ^ traient, au fils qui fâisait leur bonheur.

- Si-maintenant nous passons à l'examen des

£aicultés intellectuelles, nous trouverons , chez

les hommes comme chez les femmes , une aptitude prodigieuse à Fétude de tous les arts, uu amour de la poésie et de l'éloquence tel qu'il ne s'est jamais rencontré chez les autres nations que dans Félite de la société. La promptitude avec laquelle les Grecs saisissent tout ce qu'on leur enseigne a fait dire à des observateurs éclairés que, selon l'expression d'un ancien philosophe, ils ne paraissent pas apprendre, mais se ressouvenir (1).

(i) Malheureusement ces dispositions naturelles n'ontpn

jusqu'aujourd'hui être cultivt'es que dans un petit iiuriiljK! d'individus. Au moment où l'iusuirection éclata, les études qui, depuis quelques, années, renaissaient en Grèce, n'avaientpas encore eu le temps de répandre les lumières 4ans une masse considérable de eitoyens. Cest ce qui fait penser à d'excellents esprits que la nation n'était pas tucot e mûre pour la révolution y qu'il aurait fallu pouvoir attendre quinze ou vingt ans de plus. Alors seulement , disent-ils, il y aurait eu parmi les Hellènes dans la force de Tâge assez d'hommes éclairés potu* diriger le peuple et conduire. habilement une lutte si périlleuse. Mais l'indignation et la souffrance pouvaient diflicilenicnt se soumettre à ces calculs. D'ailleurs, tant de Grt:cs qui ont eu le bonheur de périr les armes à la

5o DISCOURS

Et voilà le peuple qu on veut faire disparaître de la terre, qu'une diplomatie odieuse insulte officiellement et combat en secret! Les nations laisseron^elles achever le massacre d'une nation? Ne trouveront -elles aucun moyen de l'arracher au supplice ordonné à Constantinople et sanctionné à Vérone (i)? Souffriront-elles que leurs

main sous le drapeau national , seraient morts esclaves dans ces quinze ou vingt années , et n'auraient pu entrevoir l'aurore de la liberté. Gardons-nous donc de reprocher aux auteurs de riosarrection Tardenr avec laquelle ils ont devancé l'heure du dévouement et de la gloire; mais déplorons le préjugé fatal qui ne vent pour chef d'une grande entreprise qu'un homme décoré des épaulettes de général. Ce préjugé, partout si fiueste , en donnant h Ypsilanti la direction de la campagne de Moldavie, priva la Grèce de Télite de ses jeunes citoyens dont Féducation avait cultivé et mûri le génie , nobles fleurs qui devaient parer long-temps la patrie, et qui tombèrent sur les rives de l'Oltau, en exhalant leurs premiers parfums.

(i) Les conditions nécessaires pour qu'une dominatioii quelconque soit légitime , trop mécoonnéa par un congrès qui qualifia les Grecs'de rebelles , ont été rappelées depuis , nou-seuknu nt dans des écrits remarquables, mais , comme je vais le dire , à la tribune des Chambres, filles l'avaient été auparavant, et dés l'époque même du congrès de Vérone , dans la chaire de l'Athénée de Paris. L'auteur d'un

PRÉLIMIITAIRE. 5l

soldats et leurs marins se fessent les aides des bourreaux turcs (i)?

Le peuple français, plus que tous les autres peiiples, doit aux Grecs son affection et ses secours. Malgré les reproches qu'ils adressent à

COUTS sur les principes de la société civile put, sans sortir de son sujet, prendre pourexempU les Grecs , et renverser une à une toutes lés accusations élevées contre eux. On a parlé de ^enthousiasme ezdté par tselïesétmee ; d'excellents juges l'ont citée comme preuve de l'impression que peut produire sur toutes les opinions le don si rare d 'unir à la plus haute énerve une modéiation dont la dignité ne se dé» ment jamais. Pour moi, je n'ai voulu que fixer une date, et constater qu'an moment mé|ne où les doctrines sans lesquelles il ne saurait y avoir d'orj^anisation sociale étaient repoussées par ceux même qui passent pour avoir le plus d'intérêt à les maintenir, elles ont été hautement défendues 9 et qu'on a su dès- lors associer le public à leur défmise. Il ne me conviendrait pas de rien ajouter à ce fait , mais il était moins permis à un frère qu'à personne de l'oublier ou de l'omettre.

(i) La marine autrichienne traite les Grecs comme si la guerre était déclarée entre Vienne et Napoli. U semblerait même que l'amiral du conseil antique veut à toute force obliger les Hellènes à repousser enfin ses hostilités , pour que l'Autriche ait un prétexte de faire marcher contre eux ses armées plus redoutables que ses escadres.

5a DISCOURS

nos ministres, les Hellènes témoignent encore

pour nous une prédilection marquée. Leur caractère n'a aucun rapport avec celui des Anglais et des autres peuples du Nord; leur esprit ressemble beaucoup à l'esprit français, tel qu'il était avant la corruption des dix dernières années. 11 y a comme une sorte de confraternité d'armes entre les deux peuples. Vers la fin du dix-huitième siècle, des Français ont rougi de leur sang les rivages de i'Epire, et, quinze ans plus tard, des Souliotes sont morts dans nos rangs à Champ- Aubert, à Montmirail, à Mûntereau.Dailleurs,les Grecs doivent leur insurrection à Kigas, et Bigas à notre révolution; et ils n'ignorent point que, si Bonaparte ne nous eût pas asservis, la liberté aurait passé, sous nos drapeaux, de l'Italie dans la Grèce.

Aussi n'ont -ils pu voir, sans Fétonnement lé plus profond, qu'il se trouvât des français assez vils pour courir d'eux-mêmes se baigner dans 1« sang des populations de la Hellade, ou assez lâches pour soufiru: qu un ministre les chargeât

PAÉLIMINAIBE. 53 "

de cette mission. La généreuse Hélène Athanasios , en s'adressant , au nom de toutes les dames grecques , aux femmes chrétieimes de tous les pays, ne souhaite à ces malheureux d'autre punition que les reproches de leur conscience ^ l infamie de leur nom^ et Vhéiitage honteux et coupable qu^ils laisseront à leurs enfants. Une Grecque peut se borner à ce vœu; les Français ne le peuyent point. Si les chrétiens complices d'Ibrahim échappent au fer vengeur des Hellènes, et que le soin de diriger nos destinées soit confié à un ministère qui tienne à l'honneur de notre pa-

trie , la France demandera au maître de TÉgypte

Textradition de ces hommes qui se sont placés eux-mêmes hors des lois des nations civiUsées, et les renverra dans la Grèce, savourer, sur un pal, les douceurs de la justice turque, qu'ils ont voula y rétablir.

£n attendant cette réparation solennelle, le brave Fabrier, indigné de la flétrissure qu'ils impriment au nom français, s'efforce de l'effacer, en portant parmi les troupes grecques la disci-

pline qu ils ent enseignée aux barbares. Si ses premières tentatives n'ont pas été heureuses, ou n'en doit pas moins attendre de lui d'importants et glorieux services. Il représente en Grèce la véritable opinion 'publique de la France.

Cette opinion a fait entendre d'énergiques protestations. De généreux écrivains se sont plu à retracer les exploits, à £aûre valoir les titres de ce peuple, dont on prédisait chaque année la ruine inévitable, et qui, chaque année, s'élevant sur les débris d*une nouvelle armée turque, apparaissait plus grand aux yeux de l'univers.

' L'auteur des Martyrs a dignement employé Fascendant que lui donnent tant de succès et de renommée à servir la cause des nouveaux Eudore, livrés à des animaux plus féroces que les tigres du cirque romain. Il a obtenu de la Chamr bre des p€Ùrs une honorable réprobation du trafic honteux] qui fait servir nos vaisseaux à la traite des blancs. La Chambre des députés a entendu l'un de ses membres les plus distingués,

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