‹ Histoire du siège de MissolonghiChapitre 3 sur 21 · PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRE

Fun de nos écrivains les plus célèbres , M. Benjamin de Constant, lui demander de porter au pied du trône le noble vœu de voir le gouvernement tendre aux Grecs une main secourable. D'autres orateurs de nos assemblées politiques, parmi lesquels on doit citer MM. Lainé et Alexis de Noailles, ont soutenu avec dignité, avec chaleur, les intérêts et les droits des Hellènes. Ces mémorables discussions ont retenti d'un bout à Fautre de la France; elles ont réveillé partout des idées utiles, des sentiments plus utiles encore.

Un comitéy où siègent des hommes recommandables sous tant de rapports, avait déjà reçu pour les Grecs de pieux secours, qu'il dirigeait vers leur patrie, après les avoir provoqués par son exemple plus encore que par ses exhortations. Les offrandes devinrent alors plus nombreuses et plus considérables. La musique et la peinture payèrent un tribut à la patrie de Terpandre et de Zeuxis. Les femmes les plus distinguées parcoururent la capitale pour recueillir les dons des citoyens : leur noble exemple fut suivi dans les

principales villes de la France. Au nom de Mis-

solonghi, le pauvre même trouvait quelque chose à offrir pour soulager la misère des héros; et, dans l'histoire de cette malheureuse cité, j'aurai le plaisir de rappeler ces généreuses quêtes dont la France doit s'honorer.

Mais je ne vois dans tout cela que de l'humanité, de la justice, et surtout le sentiment qu'on arrachera le dernier du cœur des Français, Fadmiration de la valeur : j'y cherche en vain de la politique. Les Grecs devaient attendre de nous des secours plus importants et plus prompts : rien n'eût été plus facile que de leur en donner de décisi& dès les premières années de leur lutte. On ne peut douter qu'une foule de jeunes citoyens n'eussent volé avec joie à la défense de la Grèce, si des voix accoutumées à exercer de Tinfluence les eussent appelés à remplir ce devoir. Malheureusement, lorsqu'une révolution a lutté long-temps contre de puissants ennemis, presque tout ce qu'il y avait d'habile et d'énergiquement vertueux dans la génération qui commença cette lutte, est mort sur les champs de bataille, sur

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les échaiaudsy ou sous les poignards. Le petit nombre de vrais patriotes* échappés à tant de périls, lassés et mécontents,- se tiennent à Técart, ou bien, parvenus à un grand âge, ils peuvent difficilement trouver en eux toute l'activité nécessaire à la véritable politique; ils auraient besoin d'élre secondés. Mais quelques-uns des hommes les plus médiocres de la génération décimée ont occupé des places, ont acquis des richesses, se sont Élit un nom : le. peuple est habitué à se laisser guider par eux. Ils se liguent pour tromper, pour circonvenir le reste de leurs vénérables contemporains, et pour étouffer les hommes fortg de la génération suivante; ils n'admettent au partage de leur influence que des jeunes gens Êiibles ou aveugles, qui ne leur causent aucun ombrage; et il suit de là que, faute d'une direction sage et ferme, une jeunesse ardente et généreuse semblerait plongée dans l'apathie. On sent les nombreuses conséquences d'un pareil oiat de choses; mais je ne dois parler ici que de .son influence sur notre conduite envers la Grèce.

Dès le commencement de l'insurrection, je prévis (et cela était facile) , que les Grecs, admirables dans la guerre de montagnes contre des hordes indisciplinées , n'avaient rien à craindre des Turcs ; mais je prévis également que les ministres de la sainte-alliance trouveraient moyeia de leur opposer des troupes régulières , et que dès-lors, ce ne serait plus qu'avec des troupes régulières que les Grecs pourraient résister sans un trop grand désavantage. Combien que j'approuvasse les efforts de Baleste et de quelques autres officiers européens pour former les Helr lènes à nos manœuvres , je n en espérai aucun succès. L'établissement d'une armée disciplinée aurait détruit la grande influence des capitaines. Gomme le soldat est attiré sous leurs drapeaux par la seule confiance personnelle qu'ils loi ins* pirent , la destitution d'un de ces chefs équivaut souvent au licenciement de son corps d'armée. Le gouvernement est donc forcé de les ména* ger, tandis que des troupes réguhères une fois établies, il pourrait éloigner les chefs sans se

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priver des soldats. Les capitaines chez qui le paitriotisine ne &i3ait pas taire tout sentiment personnel) ou qui n'étaient pas en position de comprendre tous les avantageas de la tactique européenne y devaient par conséquent se liguer pour £Bare avorter toutes ces tentatives indivi* duelles. Le seul moyen d'engager les Grecs à adopter la discipline d'où pouvait dépendre leur salut, était d'ouvrir en France des registres où s'inscriraient tous les hommes qui voudraient passer en Grèce, de leur donner un point de ralliement sur le sol hellénique où ils se seraient rendus séparément , et là d offrir aux Grecs un corps^modèle , qui se fit respecter des capkaims^ qui par ses succès montrât d'ahord au peuple l'avantage immense de notre manière de combattre , sendt de point d'appui aux guérillas de* venues ses tirailleurs , et , se recrutant par la seule force de la persuasion, formât le noyau d'une armée (i).

(i) colonel Fabvier n'aurait point rénasi sana la ter-

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Quelques personnes en France n'avaient pour cela qu'à vouloir. A leur voix, six mille Français au moins, l'élite de notre jeunesse, se seraient présentés avec transport Le nom seul de ces hommes célèbres sur lesquels se fixait l'attention du public aurait pu su£Sre. Je n'aoïab pas demandé autre chose. Mais je vis bientôt qu'il était inutile de songer même à leur en parler.

Faire moi-même un tel appel paraissait une folie.' Fatigué de tant d'occasions perdues pour la liberté , je Tatnais cependant osé, si mon* poème de la Guerre nationale^ pris pour ce qu'il est, c'est-à-dire pour nn ouvrage de politique , avait attiré sur moi les regards de mes

reur qu'ont inspirée les tronpes rentières d'Ibrahim. Ce ne

fut qu'après le débarquement des Égyptiens que les membres du conseil exécutif proposèrent au sénat la formation d'un corps de soldats disciplinés. Encore le ^énat refusa-t-il d'abord: la prise de Navarin put seule le forcer à donner son consentement Enfin, même après de si cruelles leçons» trois mille Grecs, au plus, se sont rangés sous le drapeau du brave officier français.

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jeunes concitoyens. M^àis des hommes qui sont, ou (lu moins se disent , dans des camps opposés , s'étant réunis pour le présenter comme une production purement littéraire, j'ai du garder le silence , et je n ai pu qu'exprimer le regret que j'éprouvais. Voici ce que j'écrivais, il y a seize ,mois (j).

« La Grèce a fourni les premiers exemples de ce que peut un homme et de ce que peut une nation. £lie a légué au genre humain tout ce que le plus hçureux climat , secondé par les

plus heureuses institutions , a créé dans son sein de grand et d'utile. Tous les peuples lui doivent en masse leur civilisation. Tous les hommes éclairés lui doivent individuellement une foule d'émotions délicieuses et profitables que l'héroïsme de ses guerriers, le génie de ses poètes, de ses orateurs , de ses artistes , ont excitées dans leur ame. Jamais dette ne fut si immense et ne

(i) Dans la Semaine ( XXVI* livraison , page février i8a5).

6l DISCOURS

put s^aoquitter à moins de frais. Si le monde laissa long-temps sa bienfaitrice languir dans les fers des barbares, au moins, lorsqu'elle s'est agitée pour en sortir, lorsque son courage seul a balancé la puissance des Turcs, et que le moindre secours pouvait faire pencher la balance en sa &Teur, ce secours aurait-il dû lui être accordé. Je ne parle pas des gouvernements; ils pouvaient avoir pour n en rien Êdre des raisons qu'il ne m'appartient pas de discuter ici. Je parie des simples citoyens. Dans d'autres temps, si Ton avait appris la révolution grecque , et qu'avec le ton d'une aroe forte let généreuse, un homme eût dit : « Suivez -moi; que l'élite de la jeunesse française donne à la Grèce une armée : nous avons tout reçu des anciens Grecs , nos talents et nos lumières ; acquittons-nous en consacrant ces talents et ces lumières au service de leurs fils j» ; à l'instant les personnes les plus distinguées par leur position sociale auraient frivorisé |de leur influence et de leur fortune une si noble entreprise ; et bientôt

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les listes d'inscription eussent été remplies par une foule de nouveaux croisés ^ dont on aurait pu n'indiquer qu'en Grèce le lieu de. rassemblement, pour éviter de donner le moindre ombrage aux gouvernements européens. Mais l'homme qui de nos jours aurait . osé tenir ce langage n'eût reçu pour réponse que ce sourire

d'une pitié qui semble dire : « Il faut que

vous ayez l'esprit bien mai tait pour trouver une idée qui ne nous est pas venue , et le cœur bien malade pour nourrir de si romanesques intentions. » Hus cet homme se serait montré capable de rendre cette armée infiniment utile, et aux Grecs , et à toute la civilisation européenne, moins on l'aurait écouté

a 11 a donc fallu renoncer à tout effort collée-

tif et, en quelque sorte, national. Ce n'est qu'individuellement que les Français ont pu porter à la prèce le secours de leurs bras. Mais ceux qui n'auraient pas eu des papiers constatant qu'ils avaient servi, ne pouvaient espérer d'être utile* ment employés dans un pays où ils étaient iu-

connus; et, d'un autre coté, les anciens soldais,

ou ne pouvaient s'enthousiasmer d'eux-mêmes

pour la cause des Grecs, ou n'avaient pas les

moyens de subvenir aux frais de leur route. Par

conséquent, quelques officiers seuls ont pu suivre

les mouvements de. leur cœur. »

Ces réflexions-avaient paru depuis long-ten^s,

lorsqu'on a voulu former à Bruxelles une légion de Philhellènes. 'Les auteurs de ce projet n*ont

point réussi, parce que leur appel en faveur des Grecs n^était signé d'aucun nom fameux. Il paraît donc que , pour le moment du moins , ce mode de secours est impraticable. Ke pourrait-on en essayer d'autres? Ne se trouvera-t-il point auprès d esrois quelqu'un qui , les aimant pour euxmêmes et non pour l'argent qu'ils répandent, leur montre combien leurs agents compromettent et offensent la royauté , en représentant la destruction des Hellènes comme nécessaire à ses iu- 'téréts? Ne se trouvera-t-il personne auprès du souverain pontife , qui lui fasse sentir combien il honorerait sou règne, s'il appelait tous les

PRÉLIMilf AIRE. 65

priuces chrétiens au secours des chrétiens d'Orient?

On a dit que Léon XU en avait Tuntentioii. Je ne vois pas ce qui pourrait s'opposer à ce noble projet, dont racGomplissenient mê semble un devoir. Le souveraûn de Borne redouterait -il la colère de l'Autriche? Non; M. de Metternich, quel que soit son pouvoir en Italie^ n'oserait tenter contre le Saint-Siège ce que Bonaparte s'est repenti d'avoir osé. D'ailleurs, je ne puis croire que le successeur de l'apôtre crucifié comptât ses intérêts personnels pour quelque chose, quand il s'agit des intérêts de la religion.

Je me garderais bien de garantir le succès de sa demande; mais elle pourrait, même eu ne réussissant pas, produire quelques effets futiles, et particulièrement rafiermir la foi que l'indifférence siu: les infortunes des Hellènes ébranle de toutes parts.

La conduite des cabinets et le silence du Saint- Siège, si l'un et l'autre durent encore quelque • temps, feront plus d'incrédules dans le reste de

6Gi DISœURS PliUHIVAIRE.

l'Europe que les Turcs et les rènégats ti'égorgeront de croyants dans la HeUade.Les peuples, s'i* maginant que leurs chefs parlent toujours de la religion sans y croire, ne regarderont plus là religion que comme un instrument de politique; et peut-être finiront -ils, dans l'aveuglement où on les aura conduits, f^ar renoncer à tontes les? idées religieuses, sans lesquelles il n y a point de morale pour les nations, et par conséquent point d'ordre social possible. *

On est loin de prévoir les suites que peut avoir le martyre d*un peuple. Ce spectacle inouï dans les annales de Tespèce humaine doit pror duire, s'il s'achève, des effets égalemeut inouïs.

POST-SGRIPTUM.

Pbndakt que je revoyais ce ducours (i), on a répandu le bruit que rassemblée d^Épidaure avait décidé de donner à la Grèce un roi, et un roi étranger, Heureosement la nouvelle est fausse. De sourdes intrigues ont amené cette proposition ; mais elle a été repoussée. Que les Grecs y prennent garde ; s'ils tombent dans ce piège, ils sont perdus. De pareilles insinuations sont un nouveau moyen de les détruire , lyouté aux canons d*Ibrabim et aux ingénieurs de Reschid. Leur opinion sur la forme que doit avoir leur gouvernement est connue : qu'ils ne sacrifient jamais cette opinion à des considérations étrangères. . La Grèce a pour alliés toutes les nations de l'Europe. Elles ne lui ont porté, il est vrai, que de faibles recours : mais j c'est Tassentiment des peuples qui seul l'a sauvée de sa ruine, qui seul empêcha le côn,grès de Vérone de la traiter comme TEspagne et Tltalie.

(i) Au mois de juin dernier.

P08T-8GRIPT1X]f.

Si les Grecs restent fidèles à l'indépendance et à la liberté | cet a58eDtiiiient des nations européennes, d^ Tenu chaque jour plus prononcé, plus général, plus actif, forcera, tôt ou tard, les gouvernements à reconnaître la nation |;recque. Si, au contraire, ils fléchissent et ternissent leurs exploits , les peujdes se sé^ pareront de leur cause; on Terra cesser des secours qui , d'un moment à l'autre , peuvent devenir importants, et les cabinets pourront alors, sans craindre d'exaspérer les nations, se liTrer ouTcrtement 'contre eux à une haine que cet acte de j faiblesse n'aura fait qu*enhardir sans l'apaiser. La Sainte-Alliance condamne rindépendance comme la liberté : elle ne reconnaît à aucun peuple le droit de se donner des institutions, il n'y a de légitime à ses yeux que ce qui émane de ses baïonnettes. Il&udraitreceroirun roi donné par M. de Mettemîch, ce qui ne 'serait que changer de pacha; ou bien il faudrait se disposer à défendre contre ce ministre-dictateur un roi élu par le peuple ^ car l'Autriche le poursuiTndt avec tout Fachamement qu'elle a montré contre la Hellade républicaine.

La faiblesse et la lenteur de leur gouvernement (i) j^ûTcnt donner aux Grecs le désir de Toir un seul homme diriger leurs af&ires/ Ce désir est naturel, il

(i) Ceci , connue on voit, était écrit avant l'installadon

liU nouveau gouvernement grec, qui paraît avoir plus d'ensemble et d'activité que n'eu montrait l'administration .qu'il remplace. ^

posT-scnmnif^ 69

est sage. L'unité de directioii est peat-*étre Ul chose la phis utile dians une Intle telle que k -leur. L*his*»

toire ofire bien peu d'exemples d'une as8eii]l)lée qui surpasse en activité les cabinets coalisés coiktre^e; Que les Grecs confient donc* à* une seule tète le Soin de les guider. Mais est-il nécessaire que cette tete porte la couronne? N'y a-t*ii d'autre gouyemement que k monarchie ou le W«ne ^'unë assemblée? L« meilleure forme de république n'est-'clle pas celle ok le pouvoir suprême est exercé temporairement par un mandataire' du, peuple, constd , présîdeiit ,'dietateuir f Ak»4, tandis qu'un seid homme a ^ k directionb des moyens , la direction des volontés^ reste toujours à la nation. On jouit des avantages attadiés^ à k - conoen* tration dupouroir, sanîi en- craindre lés dangers; les garanties contre sa force sont dans sa courte durée. Toujours près de son élection et de son jugement , le magistrat suprême ne saurait oublier son mandat, ni conoeroir k projet d'y manquer; Le fdidAt»il<? il n'en aurait pas les moyens; tout-puissant pour le bien , il n'a point de iorce pour le mal ; il trouve partout des compagnons de gloire,'«îl-<dfeiehemc'ett "wmn des complices. Que l'exemple de Bonaparte n'el^ fimye pas ; s'il n'eùl été consul que pour un au , il

serait resté, dtojren. * * •

Vous avez raison , me repondent quelques Grecs . recommandables par leurs vertus comme par leurs talents , mais nous ne-savoa» à-^qui remettre le-ûu^ deau de radminîstnitîon publique : • nous «m»' une

TO POSMCRIPTDM.

Djjitioii y nous n'^¥ons pqint de chef» j il. nous manque un fi^hyw^ Tsi peiiie.à çrqif^]&itàinmuktkee$ affîi* g^anMf fiarolcs. peuple, ch^ qui la constance du caractère s'uiûjC généralement à la promptitude de V^ri^;» .n<- devrait p^s. nuinqu«r. d« poUûquei ^ un peuple qui possède le f^tîmDnt den chosea grandes çt nobles , ne devrait pas méconnaître les politiques qu'il a d^ns son seiu. La j[ioii|iqu^.est de tQ^» 1^4 celui q^i.4adge le»n|OÎiia uni; giufide ûMmciîfm : If^ nations barbares o|it produit plusieurs de ces hommes pou^ ^uj le çbangement des empirer nifs^tqu'up jf^u* . JliiMf^i; çeifiplaiqtes fuss^nc-eliei^ W^CMt JV^àn dpinne le pouToiir ^ 'm ànojm^ cela suffira. On Yçi Ipin avec de la constance , du courage et du dér youei^nf,;A|Utta)^;f^jl'oin s^it se ifard^r du TorbSi^ qii«p.a^tiop fi9^ymh à» W JQ?m», sul^siitné leçons et aux exemples des véritables hommes d'é^ tj|t. Q'^iU^u^ft • k de la Grèçe , une fois recpunu

|iour!Jin'mî patri^^:M4mt j€is.eQnsafls..de)UMtf,l«

icfais politiques detlUjUPope. Or , quaad il n'y en aurait point mâiintenant qui fussent en vue} il en existe à «oupiaftrKCanmt. le, dit JBpniqpartey dhif^igiandétat i^* mabnant nëoéssalSrenient dans . son sein au mcins

Un, il ne s'agit que de le connaître, et l'influence de ses conseils sur la Grèce le mootnecaii peut^tœ À •es compafxkii^ et enit destina» , -

La formation dun catp» de troupes disciplinées rend plus iaci^e Vi^^hlisseiuent . d'un> gouvernemeut fart. Quand ow.trQn^ ne seKrômnft ^!à:iiiBe «xé*

pofr-»fciiiPTU]f« 71

cuter le» ordres du dictateur , elles rendmient d 'im* mmueê lervîoes à Vému Lea Grecs enuoàeatitmcom^ dit-on, rëgalitë de la liberté, comme l'égalité defes» olavage. Mais chez un peuple passionné pour les talentSi â est âiié de répandre les idées de la Térhable égalité , qui n'est que l'inégatilé namrelle eomervée dans les institutions ciyiles. 11 est aisé de faire sentir mx' citojens que les Tenus et les talents sont* des let^ très de noblesse, des breYets «de eonmandement ,

donnés par rÉternel à ses fils de prédilection. 11 est aisé de leur prouver qu en se soumettant à Télu de la nation , c'est à la ni^on eUe^méne qu'on se son* met, et de changer leur envie de désobéir à son man* , dataire en un désir louable ^ètre appelé parles su£* frages 4^ la patrie, à rhonneor dei le remplaceiv *

* U ûrat que ce dief soit 'mflitaire : c'est une qualité indispensable pour le président d'une république, si Ton ne veut pas voir un général renverser et le préeident et la république ene^-niéiM. lies sopldmea diei prétendus philosophes qui ont soutenu Je contraire , n'ont servi qu*à détruire la liberté (i). Mais j'en entends fMsdîte psff là qu'il ftûUe quece chef ait iàk lagu^rrey

(fo'ilitoit génénd oii^lffieier. H ftiit seulement ipne U

1 ■ i III . 1 I .1 ■ i T . m

(1) En indisposant contre, elle Une partie de l'armée, qui doit en être le plus ferme soutien , puisque de toutes les classes de citoyens» les militaires sont ceuKqui ea retirent le pies d'avantages. * 1

7^ POST^SCRIFTUK.

ilictateur puisse, dès le jour de son élection , porter dftni les CMnps de grandes coimaÛMiices milîtairet, que par sa valeur il enthoiinaBiiie les soldats , que par des plans, venus de lui ou de ses amis d' Europe ^ il montre aux généraux «{u'ils gagneront, même en nofnmée, à n'être pour une année que ses lieutenants» Quelques mois de ce gouvernement changeraient la face des a££ûres. Je croirais alors possible de réunir en Grèc^ cinquante mille soldats, sontemu -par dis mille Européens d*élite , que guideraient les hommes les plus distingués de diaque nation* Il n'y a pas d'armée turque qui tînt contre ces forces«là. D'ailleurs, on pourrait agir sur là diplomatie des puissances étran* gères. Il serait facile de prouver à Tempereur de Rus- , sie que les, secours donnés aux Turcs ne sont pas uni* quement dirigés contre la liberté, mais encore eonére lui. Tôt ou tard , la Russie , rendue à ses vrais inté^ rets, tentera de s'emparer des Dardanelles. On ne veut pas le souCbrir, parce qu'alors eUe aurait du commerce^ et, par le oommeroe, la seule force qui luimanque, celle des richesses. On sait que dans ce moment rien ne pourrait l'en empêcher. On ne veut pas mettre la France, en état dy porter obstacle^ Le seul moyen qu'on ait trouvé est de répandre parmi les Turcs les armes et la discipline de FËurope. Les Turcs sont braves et forts, ib ont long-temps fait trembler toute la chrétienté. Une fois disciplinés, ils pourront, aidés de TAutriche et de TAngleterre , résister aux troupes r^ulières des Russes, tandis que leur cavalerie MÎati*

POST-aCRIPTUM. 73

que luttera contre les Cosaques , et que les Persans feront âur d'autres iiontièM une importante dim» sion. Jusqulei les Moscovites aunûent trouyé de puis^ sants auxiliaires dans les Grecs établis au cœur du pays ennemi. Mais si les Africains remplacent la population chrétienne de la Grèce , la Turquie d'Europe opposera à ses adversaires une masse compacte et homogène « uniquement composée de vrais croyants*

En attendant , on cache aux yeux des Russes ses véritables desseins , sotis le voile d'une expédition projetée contre les Indes, au moyen des troupes égyptiennes. Mais conunent TEmpereur peut-il se laisser tromper par de si grossiers mensonges ? L'Angleterre sait très-bien que dans l'état actuel de TEurope, on n oserait former réellement un pareil projet, et que, rofàt^n y elle n'en aurait rien à craindre. Elle sait très-bien que les Égyptiens , ruinés, accablés par leur satrape , sont prêts à s'insurger contre lui ; qu'ils n attendent , comme ils le disent à qui veut Tenlendre» que rarrMe desehapeaux (i). Elle sait très-bien qu'un débarquement de vingt mille Anglais suffirait pour mettre entre ses mains toutes les forces de l'Egypte,

(i) Voyez, entre antres ouvrages, eelui de M. Ambroise Hrmin Didot, où; sons le titre modeste de fhtes êtvn

voyage dans te Levant^ on trouve des observations aussi intéressantes qu'instructives, des réfleiLions judicieusM, et des peintures frappantes de vérité.

^4 MST-flCRipnnff.

tandis qtie si les victoires dlbrahim pamoaieiit « comme on Tespère, à minnomer la répugnanoe des

Turcs poyr la tactique chrétienne, Ja résistance des Sultans contre les Gzars serait peut - être décuplée. Je ne dis pas que les Tues de la Rvssie devins^ sent pour cela inexécutables ; mais ce n'est pas moins une grande imprudence de la part de l'Empereur que de permettre de semblables tentatites. U triom* pkerait certainement ; mais la conquête d'un pays indispensable à la prospérité de l'empire ^ lui coûterait au moins -cent mille bommes et cent millions dé plus; On ne sait comment s'expliquer un pkireil aveuglement dans un homme que sa position met trop au-dessus des arguments irrésistibles d'un ambassadeur anglais ou autrichien. Serait-il retenu par la crainte d'éprouTer le sort de son père? Auraitil (je ne puis le croire) y des lumières sur les causes du trépas d'Aleiandre, enlevé aussitôt que la du patriarche et Taspect de la croix, l'eurent, dit-on , rendu à la religion, à l'humanité, à la politique? Aumdt-il été frappé de ce que 1 impératrice Élisabeth n*a pu revoir Pétersbourg? Dans ce cas, ii y aurait un moyen bien simple de dissiper ses craintes. On n'assassine pas un empereur à son quartier-général et sous l'égide de la victoire. Le sang de Bonaparte aurait été payé plus cher que ne pourrait Fètre celui de Nicolas, et cependant, il ne s'est trouvé personne qui le rqpandÎL Si le tyran de la France n couru quel* ques périls, c'est de la part des amis de la liberté

P0ST-8CRIPTUM. 'j5

Or ceux-là ne vendént jamais leurs bras , et , s'ils s'armeoty ce ne sera point contre les intérêts des Grecs. Depuis que la France, nourrie vingt ans de doctrines empoisonnées | languit enfin dans un délire sourd , la Russie aurait pu devenir maîtresse de l'Europe. L'Angleterre et TAutriche TonJt senti. Elles se sont liguées contre elle , et, lui mettant un bandeau sur les yeux , elles travaillent tranquillement à sa ruine. Si ce bandeau ne tarde pas à se déchirer , elles auront travaillé en vain; si non, la Russie regrettera un jour la France. '

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