HISTOIRE DÛ SliGE
auteur du pocme de Dimas (1)* et qui, nommé
cette année-là même représentant de Missolonghi au séoat hellénique , ue tarda pas à s'y .montrer
le plus éloquent des orateurs politiques delà
Grèce régénérée.
Servant de refuge , non-seuleinent aux Souliotes, mais encore aux autres peuplades les plus belliqueuses de FÉpire et de la Thessalie , entourée d'une population guerrière , la capitale de la Grèce Occidentale était comme le quartiergénéral des héros de la Hellade. Un conseil de guerre, tenu dans ses murs le 11 janvier 1824, offrait la réunion des noms les plus illustres, et de. dignes représentants de tout ce que la Grèce avait produit de plus grand pendant la longue lutte qui précéda Tinsurrection générale» et ia prépara.
On y voyait le jeune Ritzos Taavelias, digne rejeton, d'une famille consacrée à jamais par le bonheur de compter deux générations de héros CDiDiparables à tout ce que Rome et la Grèce antique ont enÊmté de plus étonnant; le frère du vainqueur de Karpénisi, le vaillant Constantin fiotzairis, qui, au milieu des capitaines, étinoe^ lants d'armes dorées .et de ricbes broderies, se
(i) Imprimé à Paris en 1821,
fait remarquer par le sayon de poil de chèvre, et par des armes qui n'ont pour ornement que la victoire; et son oncle, le vieux ISoti Botzaris, iUastré, vingt ans auparavant, par ses exploits* au passage du pont de Coracos , où il ne cessa de balancer le succès qu'en toml^t sous sa cinquième blessure, et qui v^ait, en i8aa, d'arrêter, pendant trois mois, toute Tarmée d'Omer Yrionis devant les rochers de Souli, dont il fut le dernier polémarqiie.
Près de ces héros de la Selléide siégeaient ceux de la Thessalie et de TAcamanie, le vieux Mitzos Kontoghiannis , et son ueveu Spyros, qui soutenaient Técl^t d'une maison où , depuis longtemps, l'autorité de capitaine de Klephtes se transmettait, de père en fils, avec une épée ornée de cette devise : Ce glaive fiappartieni qu*à celui qui ne craint point les tyrans, qui sait vi9Te libre ^ et pour qui V honneur et. la gloire sont la vie (i); et Giannakis Bouoovallas, descendant du plus célèbre des Klephtes dont les combats, racontés dans une poésie mâle et concise, enûam*-
(1) ôwoioç Tjpxvv&u; fî'èv yT.çet,
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gS HISTOIRE DU SIEGE
niaient, depuis plus d'un siècle, Tardeur des gUQmers de TOlynipe et d'Agrapba.
Enfin , des hommes , dont le nom n*était ianieuz que par leurs propres exploits, augmentaient encore l'édat de cette assemblée. Je citefai dans le nombre Nicolas Stournaris, dès long-temps chef des Armatoiis de la vallée de TAchélous, re-' nommé pour sa prudence et son intrépidité, et célèbre surtout par une victoire remportée dans le Macrinoros sur Ismaél Pliassa; Cara^Hiscos^ qui commandait avec Stournaris dans cette journée, et qui seconda si bien l'immortel Marcos dans Fattaque aadaciease d'Aita; Macris, dont j'ai déjà parlé; le brave Liakatas, et plusieui's autres guerri^ consms de la.viotoire et chers à la patrie.
Malheureusement pour Missolonghi, ces chefs intrépides n'avais pas seuleHieiit à défendre la Grèce Occidentale : le Péloponèse réclama souvent leur secours. La seconde révolte de Colocotroni força le gouvernement d'y appeler plusieurs corps de llouméiiotes (j). Ils eurent bientôt soumis les rebelles ; mais, pendant leur absence, on avait abandonné le blocus de Patras, dont la
(i) Les Grecs nomment ainsi les habitants de rÉtolic, de l'Acaruanle et de la Phocide.
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possession donnait aux Turcs tant de moyens de se maintenir sous les murs de Missolonghi, et • dont le gouverneur Jussuf, qui en était en même temps le pacha, avait déployé des talents militaires bien rares parmi les Musulmans.