LIVRE III
iJlGUBIENT.
A,rrivée do U flotte tnrqve dev«il MisidoiigliL-— Noufeaux efforts des assiégeants.— lU oonlilent les fossés.*^ Entrée d'une flottille ottomane dans le bassin de la Tille , qui
dès-lors est bombardée par terre et par mer. — Les mu-nitions des Grecs s'épuisent ainsi que leurs vivres. — Reschid leur propose de capituler.— Réponse de la garnison. — Brèdie au bastion Botiarîs et pranier assaut. — KoulEfUes propositioiis du sénslterw .— Quelques obeft
(hésitent. — Indignatiott des soldats. Propositions d'un capitaine autricliien, — Réponse de Noti Botzaris. — Lettre de Lampros Véïcos à Tahir-abas. — 'Second assaut. —
. Victoire des assiégés. — Arrivée de la flotte grecque. — Bataille navale. — Sortie d'une partie de la garnison combinée ayec une atta<ine de Karaiskaki.
Xjx lo juillet, aax premiers rayons du soleil,
les assiégés virent la mer couverte de vaisseaux. Incertains un instant, ils reconnurent bientpt le pavillon ennemi. La flotte turque se composait de trente- ne ujf bàtiiueiits de guerre, dont huit frégates et douze corvettes. Aien né pouvait être
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plus funeste aux défenseurs de Missolonghi. Le
petit nombre de vaisseaux grecs entrés depuis peu dans le port n'avaient apporté que de bien faibles secours. Une fois les Tunis maîtres de rentrée du golfe , les provisions de bouche et les munitions de guerre, qui conunénçaient à devenir rares dans la ville, ne pourraient plus être renouvelées. Les assiégeants, au contraire, allaient passer de la disette à l'abondance. Lai flotte leur fournirait des canons, des projectiles, des outils , et joindrait au feu de leurs batteries lé feu de ses nombreux vaisseaux. Déjà le camp de Rescbid retentis^sait de nouveau de ces cris féroces, interrompus depuis quelque temps : bientôt les travaux furent poussés avec une nouvelle vigueur. Une batterie, armée decanons de soixante livres, s'éleva contre la partie orientale des remparts. En peu de jours rennemi s avança jusqu'à Favant-fossé, devant une grande partie du front de la place. Le feu du Kosciusko et du Guillaume- Tell, prenant en flanc les ouvrages dirigés vers le Fk*ankKn , gênait extrêmement les approches. Les ingénieurs de Rescbid firent tirer à ricochet, et de la manière la plus soutenue, contre ces deux batteries, dans l'espoir de les démonter; ils ne purent y réussir. Néanmoins, en sacrifiant un grand nombre de soldats, ils parvinrent, le i4
M MISSOLOiVGHI. l4f
juillet, à pousser leur amas colossal de terre jusqu'à dix toises du Franklin , et commencèrent à jeter dans Favant-fossé du sable et des rameaux d'olivier. Le même jour, leur troisième parallèle s achevait devant la partie orientaledes remparts; ils. s'avançaient à la sape volante (i) jusque sur )a crête du glacis^ et tentaient de combler le chemin couvert.
Les Grecs, tout en continuant leurs retranchements intérieurs, élevèrent de nouvelles batteries. La principale, placée entre celle deMacris et celle de Rigas, tirant à boulets rouges contre le parapet de la troisième parallèle, le détruisit
(i) Lorsque les tranchées approchent de la place-, le, feu des remparts ne permet plus de travailler à déôoovér(. Les. soldats du génie, chargés de conduire la téte de l'ouvrage ,
sont obligés de se faire un abri contre la moiisquetcrie. Alors le premier travail, l'ébauche de la tranchée, s'appelle sape. Il y en a de plusieurs sortes; je ne parlerai que de deux. Ordinairement, les travailleurs se couvrent avec des gahlons qu'ik remplissent de terre à mesure qu'ils les posent, dont ils bouchent les intervalles avec des sacs à terre, et qu'ils couronnent de fascines. C'est ce qu'on nomme la sape entière. Mais il arrive que, pour aller plus vite, le sapeur se contente de placer sur le tracé de la tranchée un certûn nombre de gabions sans les remplir. C'est la sape voiante.