‹ Histoire du siège de Toulon par le duc de Savoie, écrite sur notes, pièces et documens de 1707;Chapitre 4 sur 109 · LA PARTIE DE CHASSE DES GARDES DE LA MARINE · texte numérisé non relu

LA PARTIE DE CHASSE DES GARDES DE LA MARINE

Le 25 juillet, pendant que le duc de Savoie étoit encore à Pignans , une centaine de houzards du comte de Braner , poussèrent jusqu'au village de Cuers , le pillèrent , le saccagèrent et s'y établirent. M. Schéridan, garde de la marine, qui avait des communications fréquentes avec le pays, ayant appris cela , assembla une vingtaine de ses camarades tous grands chasseurs , et leur proposa d'aller, en partie, chasser aux

htmsards allemands; sitôt dit, sitôt fait, .\ni\es à Cuers. M.. Sehéridan se rendit seul chez le Consul pour avoir des nouvelles des pillards. Celui-ci croyant d'être perdu, s'il le* décoin roil , assura qu'il n'en avoit aucune ; mais le garde marine lui ayant mis le pistolet sur la gorge, force fut au Consul d'avouer où ils étoient. Aussitôt le jeune marin rejoignit ses camarades, et ils coururent tous au lieu indiqué. Là ils trouvèrent en effet les houzards qui ne s'àtfcendoient à rien, les attaquèrent vivement, en tuèrenl trente-huit, en blessèrent cinq qu'ils firenl prisonniers, chassèrent le reste du village et s'emparèrent d'une trentaine de chevaux. 31. le Commandeur de Beaujeu, capitaine des gardes de la marine, avoit eu connaissance de cette partie de chasse d'un nouveau genre et qu'à coup sur il n'eut jamais permise. Il étoit fort inquiet sur le sort de ces jeunes gens qu'il appcîoit des fous et des imprudens, quand il les vit revenir tous les vingt. Il n'eut pas même la peine de leur demander s'ils avoient fait bonne chasse : ils étoieni partis a pied et revenoient à cheval amenant cinq prisonniers .

Lettre de M. de 3Ietz, colonel du Vexin, au général Medavi, ier août 1707.)

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vi ngp.ance dl pri.nck kugéxe.

Les consuls du Revesl se s oyanl chaque jour en proie aux chemens des ennemis, demandèrent une sauvegarde qui

leur fut accordée par le prince Eugène, moyennant quinze livres par jour; mais un parti françois étant venu dans ce village et n'ayant pas trouvé cette sauvegarde établie dans les formes, il l'enleva ; ce qui étant venu à la connaissance de ce prince, il alla au Revest , d'où il dépêcha un trompette à Toulon pour se plaindre de cet événement. Les généraux françois répondirent que cette sauvegarde avait dû être enlevée parce qu'elle n'était pas bien établie. Cette réponse ayant piqué le prince Eugène, il fit sur-le-champ mettre le feu au village , sans avoir égard aux lois de la guerre.

(Relation de M. Devise.)

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