PETIT COMMERCE DU DUC DE SAVOIE
Le duc de Savoie, qui se souvenoit que l'empereur Vespasien a dit : Le gain est toujours bon de quelque part qu'il vienne , faisoit vendre chèrement à la Valette le vin qui appartenoit au fermier de la dîme du prieur de ce lieu et tout celui qui s'étoit trouvé dans les caves des particuliers. Il faisoit aussi vendre chèrement les huiles que les paysans avoient été contraints de lui abandonner.
( Relation de M. Devize.)
ii niciti'in.
M. de Ramatuelle, capitaine-général de la cote, dinoit chez moi le 11 juillet avec trois de ses amis, lorsqu'on vint in avertir que deux brigantins et deux chaloupes se détachoient de la flotte des alliés et venoient au cap de Bénat ; aussitôt nous nous levâmes de table, nous prîmes les armes et nous sortîmes au nombre de 3o. J'ordonnai qu'on laissât les ennemis mettre pied à terre, et ayant assemblé mon monde, je voulus les voir de près. Je dis à mon fils cadet, qui battoit bien le tambour, de le prendre, et au lieu de la marche, je lui fis battre un rigaudon. Toute notre troupe fut charmée et poussa un grand cri de joie. Nous nous avançâmes vers mon vignoble, par où il falloit que les ennemis passassent pour arriver jusqu'à nous ; nous les vîmes bientôt paroitre soixante ; mais à peine nous eurent-ils aperçus et entendu le rigaudon, qu'ils demeurèrent si déconcertés, qu'ils prirent la fuite. Nous les poursuivîmes et leur fîmes deux décharges qui en blessèrent quelques-uns. Nous rimes beaucouple soir, de la victoire remportée sur les troupes du duc de Savoie par un rigaudon.
( Lettres de M. de Bénat sur le siège de Toulon, 1707.)