CHRONIQUE
LE COMMA:^DiuZrT DES ÎLES STE-H^RGUERITE,
-f II
Le i5 juillet, les ennemis étoient campés à Gagnes, petite place située au bord de la mer, sous le canon des fies $te- Marguerite» commandées alors par M. de la Mothe-Guérin. Ce commandant n'avoit pour toute garnison que quatre compagnies détachées dont les soldats furent obligés de remplir Toffice de canonniers. Ils s'en acquittèrent si bien et avec tant de succès que les ennemis, qui youI oient faire une extrême diligence , se trouvèrent foudroyés par une pluie continuelle de boulets , ce
qui les contraignit à faire balte. Le duc de Savoie envoya dire à M. de la Mothe-Guérin qu'il eût à cesser sur l'heure le feu de son canon sous peine de n'avoir aucun quartier^ ni lui, ni sa garnison. A quoi le conunandant francois répondit : « Le premier qui « aura l'audace désormais de venir avec une semblable coromis- « sion et d'approcher seulement de l'île , je le fois pendre sur- « le-champ. » £t il continua le feu.
Alors le duc de Savoie fit approcher l'armée navale ; ce que voyant, M. de la Mothe-Guérin mit de nouvelles pièces en batterie et redoubla son canon sur l'armée de terre , afin, de faire croire que sa garnison étoit nombreuse et qu'elle n apprében-doit rien.
C« y^pjtn réussît au mieux. La flotte resta dans rinaction ^ et les princes allemands , furieux y firent afficher partout un pla-* card ainsi conçu :
« Au nom de Tempereur , défense est faite , sous peine de ^ la yle et du feu , d'avoir auqun commerce avec la garnison 1 des îles Sle-Marguerite. »
M. de Savoie fit ajouter :
« Tous ceu^ qui exécuteront ponctuellement ces ordres, se- « ront déchargés de la capltation, des tailles, des droits établis a sur le sel et le tabac et des autres impôts. »
Plus tard , à la Valette , quelqu'un vint à parler au duc de Savoie de M de la Mothe-Guérin : « Cest sous le feu des îles it Ste-Marguerite , répondit ce prince, que j'ai mieux connu ft qu'en iiuçun s^utre lieu que j'étois en pays ennemi. »
(Relation du àège de Tonton par M. Dévias novembre 1707.)