LA FJLRTIE DE GHA.SSE DES GARDES DE LA MAEI29E
Le a 5 juillet, pendant que le duc de Savoie étoit encore à Pignans , une centaine de houzards du comte de Brancr , poussèrent jusqu'au village de Cuers , le pillèrent , le saccagèrent et s'y établirent. M. Schéridan, garde de la marine, qui avait des communications fréquentes avec le pays, ayant ap{)ris cela , assembla une vingtaine de ses camarades tous grands chasseurs , et leur proposa d'aller, en partie, chasser £(nx
liousards Allemands ; sit6t dit , sitôt fait. Airivés à Cuersy M. Sehéridan se rendit seul chez, le Consul pour avoir des nouvelles des pillards. Celui-ci croyant d'être perdu, s'il les découvroit , assura qu il n'en avoit aucune ; mais le garde mariae lui ayant mis le pistolet sur la gorge , force fut au Consul d'avouer où ils étoient. Aussitôt le jeune marin rejoignit ses camarades, et ils coururent tous au lieu indiqué. Là ils trouvèrent en effet les houzards qui ne s*attendoient à rien , les attaquèrent vivement, en tuèrent trente-huit, en blessèrent ' cinq qu'ils firent prisonniers , chassèrent le reste du village et s*emparèrent d'une trentaine de chevaux. M. le Commandeur de Beaujeu, capitaine des gardes de la marine, avoit eu connaissance de cette partie de chasse d'un nouveau genre et qu'à coup sûr il n eut jamais permise. Il étoit fort inquiet sur le sort de ces jeunes gens qu'il appeloit des fous et des imprudens , quand il les vit revenir tous les vingt. Il n'eut pas même la peine de leur demander s'ils avoient fait bonne chasse : ils étoient partis à pied et revenoient à cheval amenant cinq prisonniers .
(Lettre de M. de Metz, colonel du Vexin, au général Medavi, i^^ août 1707.)
VBHOSAKCB nu PEINCE EUGÈirB.
Les consuls du Revest se voyant chaque jour en proie aux détaijliemens des ennemis , demandèrent une sauvegarde qui
leur ftit accordée par le prmee Eugène, moyemant quime livres par jour; mais un parti françois étant venu dans ce villagv et n'ayant pas trouvé cette sauvegarde établie dam les foraws, il Fenleva ; ce q[ui étant venu à la connaissance de ce prinoe^ il alla au Revest , d*où il dépécha un trompette à Toulon pour se plaindre de cet événement. Les généraux françois répond* rent que cette sauvegarde avait dû être enlevée parde quelle n'était pas bien établie. Cette réponse ayant piqué le prince Eugène , il fit sur-le-cbamp mettre le feu au village y sans avoir égard aux lois de la guerre.
(Relation de M. Devize.)
PETIT COmCXXCK DU DUC DK SAVOIX.
Le due de Savoie , qui se souvenoit que Tempereur Yespasien a dit : Xe gain est tou/ours bon de quelque part qu'il vienne y faisoit vendre chèrement à la Valette le vin qui appartenoit au fermier de la dime du prieur de ce lieu et tout celui qui s'étoit trouvé dans les caves des particuliers. Il faisoit aussi vendre chèrement les huiles que les paysans avoient été contraints de lui abandonner.
( Relation de M. Dcyise.)
LE axcAGpon*
M. de RamatueUe, capitaine-général de la côte, dinoit chez moi le 12 juillet avec trois de tes amis , loriiqif on tint nfainegrtir ^e deux brîgaiitiii& et deiut chaloupe»' se détachoient de la flotté des alliés ^ ^noient au cap de Bénat ; aussitèt nous nous lerAmes de table^ nous primes les aimes et nous sortîmes au nondnre de 3o. JTordonnai qu'on laissât le^ ennemis mettre pied à terre ^ et ayant assemblé mon monde, je voulus les Voir de près. Je £s à mon fils cadet» qui battoit bien le tambour 9 de le prendre^ et au lieu ie la marche^ je lui fis battre un rigaudon. Toute notre troupe fut charmée et pouisa un ^rand cri de joie. Nous nous avançâmes veini mon vignoble, par où il ftlloit que les ennemispassassenfpotir arriver jusqu'à noDs) nousles vîmes bientôt paroltre soiscante ; mais à peine nous eurent-ils aperças et entendu le rigaudon, qu'ils demeurèrent si déconcertés, qu'ils prirent la fuite. Kous les poursuivîmes et leur fîmes deux décharges qui en blessèrent quelques<»uns. Notas rimes beaucoup* te soir, de la victoire remportée sur les troupes du duc de Sa<^ voie par un rigaudon.
( LettMf de M. ck Béntt sur I0 iièg* de Toulon. 1707.)
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MOTBN DB SB PROCtJBltR DB L'âRCBIIT.
M. Lebret Toyniift cpie les choses pressoient extraordiiudrement et qne les fonds de la cour ne pouvoient assez t6t arrÎTer , s^ayisa d^enToyer prier quatre personnes des plua ae»créditées de la yille de Marseille de le venir trouver. H leur représenta , après qu'elles se furent rendues chez lui , Tétat violent où se trouvoit la Provence et sa perte inévitable, faute d'argent. Ces MM . répondirent qu'ils voyoient bien le danger 9 mab qu'ils n'en avoient point et qu'U ne seroit pas poi^aible d'en trouver dans la conjoncture présente parce que chacun songeoit à ses prppres affaires , . et que , ne pouvant deviner les suites qu'aurait Fentreprise de M. de Savoie on ne savait en qu'elle situatioçi. on pourroit se trouver. L'inten* dant convint de leurs raisons , il les approuva et leur dijt qu'il ne leur demandoit point d'argent , ni même qu'ils en empruntassent, mais que chacun d'eux lui donnât un billet de mille écus, payable au porteur, au mois de mars prochain, et qu'il leur en donnerolt sa reconnaissance portant promesse de les en acquitter. Ces messieurs y ayant agréablement consenti et ayant fait leurs billets , il les pria d'une autre chose qui fut de publier ce qu'ils venoient de faire : Ils voulurent s'en excuser ; mais en ayant été pressés par l'intendant , ils s'en vantèrent enfin comme pour s'en faire un mérite parti* culier. Le bruit ne s'en fut pas plutôt répandu dans la ville , que d'autres voulant les imiter , allèrent faire de semblables offres à cet intendant ; il les reçut très gracieusement , et il loua beaucoup leur zèle , disant qu'ils méritoient d'être conpiifé^ de sa Majesté et de toute la Province^ ce qui . rendit la
chose si pubUqpie que les écheyins et beaucoup d'autres, à leur exemple, Youlurent avoir part à la gloire d'avoir aidé la patrie : de sorte, qu'en motns de deux ou trob jours, M. Lebret se fit cent trente à quarante mille écus en billets tous payables aux porteurs, de tout ce qu'il y a de personnes les plus accréditées dans la ville. Comme ces billets ne paroissoient d'aucun secours , chacun cherchoit à deviner comment M. Lebret en pourroît faire de l'argent ; il s*y trouvoit en effet beaucoup de difficultés; le peu de temps , l'ennemi aux poites de la ville, et l'incertitude de ses progrès et de ce que l'on deviendroit, rendant la cbose très difficile; mais M. Lebret avoit bien prévu cet obstacle et savoit tout ce qu il devoit faire. Quelques marchands de la même ville de Marseille avoient des piastres et il. les pria de les lui vendre; il se trouvoit quelques difficultés d'abord, causées par la crainte qu'ils eurent que leur argent ne leur fut pas sitôt rendu ; mais leur ayant fait voir les billets dont il étoit porteur et qu'il avoit à leur donner en paiemetit , leurs traités furent bientôt conclus , au moyen de son obligation particulière qu'il leur donna en surabondance de faire acquitter chaque billet à son échéance. Il eut donc par ce moyen cent trente à quarante mille piastres (ju'il porta aussitôt à la monnoie du roi à Aix , et qu'il fit fondre pour en faire des pièces de dix sols. Ce coup de prévoyance et de prudence a fait en partie le salut de la province.
( Archives de l'intendance de la province. J
lAS PATSiJIB WKàrÉK^mx.
Le Colonel PfeffervOm fat dëtacbéy au commencétnent d*aoûty avec 200 cbeyaiix pour aller chercher des fourrages dans les montagnes <pi*il trouva garnies de milices qui tirèrent sur lui; il ne laissa pas cependant d'enlever une assez grande quantité d*herbes; mais à son retour, il trouva tousles paysans du pays debout et en armes , fesant un feu roulant sur ses cavaliers , ce qui Tobligea d'abandonner tout son fourrage et de revenir au camp. Le duc de Savoie , chagrin de ce mauvais succès , détacha le colonel 5t-Amour avec 400 fantassins et aoo chevaux avec ordre d'exhorter les paysans provençaux a quitter les armes et à rentrer chez eux , à quoi ceux-ci répondirent par des coups de fiuil.
( Relation 4l« M. P«rice. )